mercredi 4 septembre 2013 /

Des banques "belges" très flamandes...

Les grandes banques "belges" sont dirigées quasi-exclusivement par des Flamands: Johan Thijs pour KBC, Jos Clijsters pour Belfius, et Rik Vandenberghe pour ING. BNP Paribas Fortis a comme CEO Max Jadot, "étiqueté" francophone, mais bien qu'il soit parfait bilingue, il sera probablement bientôt remplacé par le Flamand Stefaan Decraene, ex-dirigeant de Dexia, groupe bancaire tristement célèbre pour ses deux faillites successives, sous la direction de ce personnage.

Chez Belfius (détenue à 100 % par l’Etat belge, et donc censé respecter un certain équilibre linguistique), tous les membres du comité de direction sont Flamands: Jos Clijsters (ex-dirigeant de Fortis au moment de la scandaleuse faillite de ce groupe bancaire et assurance), Dirk Gyselinck, Erich Hermann (erronément qualifié de francophone par la Libre), Luc Van Thielen, Dirk Vanderschrick, et Johan Vankelecom.

Quant aux banques de taille moyenne comme Argenta ou Delta Lloyd, elles sont aussi dans les mains de dirigeants Flamands. Cette main-mise flamande sur la secteur financier est aussi flagrante au sein de Febelfin, la fédération du secteur bancaire dirigée par le Flamand Michel Vermaerke.

Ce constat implacable n'est pas sans conséquence sur le recrutement du personnel, et sur les décisions relatives à ce que ces dirigeants flamands appellent les "départs naturels": la cooptation entre Flamands jouent un rôle primordial. Inutile d'être bilingue: il faut être Flamand. Selon le journal Le Soir, "Cela créerait un sentiment de frustration auprès des francophones et aussi un certain exode". Etonnant, non?

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dimanche 6 janvier 2013 /

L'extrémisme flamand de la société de transport De Lijn fait fuir les annonceurs

Depuis qu’il est stipulé dans les statuts de la compagnie flamande de transports en commun De Lijn qu'elle ne peut afficher des publicités qu’en néerlandais (article 3), tant en Flandre que dans la Région bruxelloise bilingue, elle est confrontée à une fuite massive de ses annonceurs (Source: De Morgen: "Taalzuiverheid kost De Lijn een fortuin"). Selon le quotidien flamand cette intransigeance linguistique lui coûterait annuellement la bagatelle de 2.9 millions d'euros.

Les campagnes publicitaires pour les vêtements « Forever 21 », le spectacle de Britney Spears « Femme Fatale tour » ou encore « Australian Home Made Ice Cream » ont fait l'objet de plaintes formulées par des groupuscules de l'extrême droite flamande (e.g. TaalRespect, etc.) parce qu’elles n’étaient pas en néerlandais, donc en violation avec les statuts de De Lijn. Peu importe qu’il s’agisse ici d’une marque ou du nom d’une tournée, on aurait dû les traduire en néerlandais.

La Ministre flamande de la Mobilité Hilde Crevits (CD&V) a décidé de renforcer les contrôles et les annonceurs sont désormais triés sur le volet. Ainsi la campagne d’affichage du film « Omar m’a tuer » et la campagne pour promouvoir l’apprentissage du néerlandais, qui s’adressait bien entendu à des non-flamands, ont été refusées. Les annonceurs du film "Hobbit", ont eux décidé de se tourner vers la STIB, la société de transport en commun bilingue de la Région bruxelloise, vu la difficulté de traduire "Hobbit" en flamand.

De Lijn est déjà massivement présente à Bruxelles, Région officiellement bilingue bien qu'à 90% francophone. De Lijn remplace progressivement les transports en commun de la Région bruxelloise (STIB), tout en restant unilingue flamande, avec la complaisance de l'exécutif bruxellois qui ne fait pas respecter l'obligation de bilinguisme. Les projets d'extension de De Lijn à Bruxelles sont multiples. Elle prévoit notamment la création de lignes de trams en remplacement de lignes de la STIB. Les publicités bilingues sont donc interdites. Et les Bruxellois qui auraient un litige avec De Lijn sont jugés de force en flamand par des juges flamands.

Illustration: six bus De Lijn, en file indienne, à la place Rogier, Bruxelles. La société de transport en commun, unlingue flamand, prend la place de la STIB, société de transport bruxelloise bilingue








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samedi 5 janvier 2013 /

Les néo-nazis représentés dans une dizaine de communes flamandes

Le "cordon sanitaire" - qui veut depuis 1992 qu'aucun parti flamand ne s'allie au parti néo-nazi flamand Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok, parti politique flamand interdit depuis 2004 pour racisme), pour gouverner, quel que soit le niveau de pouvoir - a été rompu dans une petite dizaine de communes de Flandre. Ce sont les voix des partis traditionnels flamands, dits "démocratiques", ainsi que le parti nationaliste d'extrême-droite flamande N-VA, qui ont permis l'élection de membres du Vlaams Belang dans ces communes.

Tant à Liedekerke, qu'à Westerlo, Zandhoven, Buggenhout, Lebbeke, Steenokkerzeel, Liedekerke et Coutrai, au moins un candidat du Vlaams Belang a été élu au sein du conseil de police ou du conseil du CPAS (centre publique d'aide sociale). A Denderleeuw, les néo-nazis sont aussi sollicités, en position d'arbitre, pour apporter leurs soutiens de l'extérieur à une coalition communale composée du CD&V (Chrétiens Démocrates & Flamands) et de la N-VA. Aucune décision n'a cependant été prise, pour l'instant.

Sur les ondes de la RTBF radio, le sénateur CD&V Rik Torfs a estimé que la stratégie du cordon sanitaire était une erreur. Il déclare "Sans le cordon sanitaire, il (ndlr: Bart De Wever, président du parti d'extrrême droite N-VA et maire d'Anvers) n’aurait jamais été là où il est, parce que les nationalistes (ndlr: les néos-nazis du Vlaams Belang) auraient été mieux représentés ... Je crois que le cordon sanitaire doit être au fur et à mesure oublié parce que cela stigmatise une grande partie de la population flamande" (Rik Torfs (CD&V): "Le cordon sanitaire fait le succès de Bart De Wever").

Pour rappel, les partis d'extrême droite et néo-nazis flamands, représentant environ 45% des intentions de vote en Flandre, ont pour objectif, dans une première phase, d'absorber politiquement la Région bruxelloise (leur "capitale")  dans un Etat unilingue flamand, tout en réduisant la Région wallonne (leur "jardin") à l'état d'une simple colonie flamande, dans le cadre d'une "confédération belgo-néerlandaise". La sixième réforme de l'Etat, votée par les partis traditionnels francophones, est basée sur la suppression de droits démocratiques et judiciaires des francophones de l'agglomération bruxelloise et de Bruxelles, en échange d''argent (le "refinancement de Bruxelles").



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jeudi 3 janvier 2013 /

Fourons: les flamands refusent les élus francophones

Le nouveau conseil communal de Fourons, territoire wallon qui a été annexé par la Flandre en 1962, désormais une commune dite "à facilités" pour les francophones, n'est composé provisoirement que de 10 élus flamands. Leurs 5 collègues francophones n'ont pas pu prêter serment ce mercredi 2 janvier 2013 parce qu'ils n'auraient pas rentrés tous les documents exigés par l'autorité flamande, selon les dires du maire flamingant Huub Broers. Les francophones y voient une nouvelle mesure vexatoire. José Smeets, échevin francophone non installé, n'avait pas été averti de cette obligation: "Huub Broers a dit que nous sommes censés connaître la loi... Nous, on sait ce qu'on vit ici, et on pense beaucoup aux wallons et aux francophones qui devront subir de tels comportements et de telles façons de penser de la part de certains flamands .. .A une certaine époque, on a obligé des gens à porter l’étoile jaune sur base de lois qui avaient été votées. C’est le retour de l’intolérance; je serais gêné d’agir comme vous".

Archives: L'annexion des Fourons, territoire wallon d'expression française, par l'envahisseur flamand.
Le problème communautaire des Fourons from FrancophonedeBruxelles on Vimeo.

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mardi 25 septembre 2012 /

New York Times: "La Belgique se sépare (enfin)"

Le New York Times est un des quotidiens américains les plus importants. Ces dernières années, il a publié plusieurs articles sur la crise communautaire que traverse la Belgique. Des journalistes sont venus en Belgique, ils ont relaté et expliqué les faits. Ils ont notamment suscité la colère des autorités flamandes, en 2008, pour avoir qualifié leurs pratiques à l'encontre des francophones de la périphérie bruxelloise de "forme non-violente de fascisme" (The New York Times: "Une forme non-violente de fascisme"; Lire aussi: The New York Times: "La Belgique vacille avec la montée du nationalisme flamand"The New York Times: "La division linguistique, à petite échelle, dans une ville belge"; La commune de Liedekerke interdit les enfants francophones des aires de jeux et expose son racisme au New York Times).

Le New York Times a publié ce 22 septembre 2012 une carte de ce que pourraient être les nouvelles frontières dans le monde (New York Times: "The New World"). Le quotidien américain constate que les frontières ont toujours bougé. Il n'y a aurait donc aucune raison pour qu'il en soit désormais autrement. Parmi les pays qui disparaissent le New York Times identifie la Belgique. Il est écrit: "Divisé par une ligne linguistique entre locuteurs français et flamands, ce pays autrefois uni et dominé par les français, dérive depuis des décennies vers la séparation. Des observateurs font remarquer que s'il n'y avait pas eu Bruxelles, une enclave dans le nord flamand, officiellement bilingue mais principalement francophone, la Belgique aurait éclatée depuis longtemps. Etonnement, c'est Bruxelles, dans son rôle d'abréviation de l'Europe, qui pourrait faciliter un divorce. Alors que l'Europe s'intègre, les frontières nationales deviennent moins importantes que les lignes de séparation ethniques et culturelles".

Présent à New York dans le cadre d'une mission à l'ONU, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a tenu à répondre à cet article (RTL: "La Belgique se sépare": Elio Di Rupo répond au New York Times). Il a déclaré "La majorité des citoyens veulent garder le pays. Il y a du travail. Je sais qu'il y en a beaucoup qui disent 'ça n'ira pas'. Mais moi, je me bats pour garder notre pays uni".

Capture d'écran du New York times



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mercredi 19 septembre 2012 /

Van Rompuy et l'extrémisme flamand

Geertrui Van Rompuy, l'épouse du Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy (CD&V, "Démocrates Chrétiens et Flamands"), dirige la liste unique flamande "Respect" à Rhode-Saint-Genèse, une commune de la périphérie bruxelloise, placée arbitrairement en Flandre, où la majorité francophone bénéfice encore de "facilités" (Lire: La frontière linguistique).

Madame Van Rompuy a choisi Ludo De Becker comme numéro deux de sa liste. Cet individu, qui travaille pour les supermarchés "Colruyt", a rédigé en 2008 un pamphlet qui condense la littérature des nationalistes flamands: suppression des "facilités" accordées aux francophones, annexion de Bruxelles à un Etat flamand indépendant, etc., le tout résumé sous le slogan régulièrement scandé par les milices fascistes (TAK, KVHV, etc.) et néo-nazies flamandes (Voorpost, NSA, etc.) autour de Bruxelles: "Franse Ratten, Rol uw Matten" (en français: "Rats français, pliez bagage"). Il a également pastiché l'affiche du film "Der Untergang", qui représentait Hitler peu avant sa mort, en remplaçant le visage du nazi allemand par celui du Roi Albert II. Jusqu'à la révélation de cette affaire, il y a quelques jours, il crachait les mêmes propos haineux à l'encontre des francophones sur son compte Twitter, sous le pseudonyme d'inspiration néo-nazie "HerrLoedow" (désormais, "Loedow").

Reportage RTL: La liste flamande "Respect" dirigée par Madame Van Rompuy à Rhode Saint Genèse


L'épouse du Président du Conseil Européen a refusé de retirer ce néo-fasciste de sa liste flamande. Au contraire, elle le soutient, et a déclaré "Ils ont trouvé un texte qui, en effet, est inacceptable pour les francophones, et pour nous, texte d'archives". Les propos haineux disséminés dans un pamphlet et sur Twitter, jusqu'à ce mois de septembre, par l'adjoint de Madame Van Rompuy, seraient-ils donc des "archives" estimées "acceptables" par les flamands?


Comme prévu, les dernières reculades des partis francophones MR, PS, CDH, et Ecolo, notamment l'acceptation de la suppression de droits judiciaires et politiques des francophones de la périphérie bruxelloise, placées arbitrairement en Flandre, dans le cadre de la sixième réforme de l'Etat ("scission de BHV" en échange du "refinancement de Bruxelles"), ont amplifié l'extrémisme nationaliste flamand, désormais triomphant, et incarné par l'épouse du Président du Conseil Européen.

Pour rappel, Herman Van Rompuy est un extrémiste flamand de tendance ultra-conservatrice catholique. C'est lui qui a déposé le texte de loi pour scinder BHV, et c'est lui aussi qui milite pour la suppression des "facilités" accordées aux francophones (chez eux), et la co-gestion flamande de la Région bruxelloise, quel que soit le résultat des élections démocratiques. Notons également qu'il a participé ce mois de septembre à une manifestation nationaliste flamande autour de Bruxelles, "De Gordel" (en français: "La Ceinture"), en compagnie des milices flamandes du TAK et du Voorporst.

Mme Van Rompuy dirige la liste flamande "Respect".

Lire aussi:

RTL: "Polémique: le passé d'extrême-droite du n°2 flamand à Rhode-Saint-Genèse ressurgit"
Coulisses de Bruxelles: "Herman van Rompuy, européen à l'extérieur, nationaliste à l'intérieur"
La Libre: A Rhode-Saint-Genèse, le Respect se perd
Le communautaire selon Van Rompuy
Van Rompuy: "encore plus Flamand que les Flamands"
Gordel 2012: propos indécents d'Elio Di Rupo
Le Monde: "Les mauvaises fréquentations de Mme Van Rompuy"

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mercredi 5 septembre 2012 /

Gordel 2012: propos indécents d'Elio Di Rupo

Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a déclaré ce dimanche 2 septembre sur la télévision publique flamande (VRT) qu'il regrettait de ne pouvoir participer au "Gordel" ("la Ceinture"), un événement nationaliste flamand annuel qui symbolise le carcan dans lequel la Région bruxelloise est étranglé, et qui vise à affirmer le caractère flamand de la périphérie bruxelloise (Lien). M. Di Rupo a également refusé de voir dans le Gordel une manifestation politique. Il a déclaré sans rire: "Cela reste avant tout un événement sportif et familial" tout en soulignant que "beaucoup de familles francophones y participent" (!).


Ces dernières années, le mot d'ordre du "Gordel" portait sur la suppression de droits politiques et judiciaires des francophones de la périphérie bruxelloise ("scission de BHV"), ce que Di Rupo et son gouvernement (côté francophone: PS, MR, CDH et Ecolo) ont finalement largement accepté en échange d'une rétribution financière temporaire attribuée à la Région bruxelloise. Le volet "refinancement de Bruxelles" de la sixième réforme de l'Etat est en effet la "compensation" accordée par la Flandre à la "scission de BHV", qu'elle exigeait. En clair, une variante supplémentaire sur le thème "droits contre argent".


Les principaux "leaders" politiques flamands étaient bien présents. Selon Steven Vanackere, ministre fédéral flamand des finances (CD&V), le Gordel a contribué "à la sensibilisation sur un sujet important qui a été enfin résolu". Selon Eric Van Rompuy (CD&V), "Le Gordel, l'essentiel, c'est un message politique. C'est une ceinture autour de Bruxelles qui dit que les six communes à facilités doivent rester en Flandre". En clair, après avoir obtenu la "scission de BHV", le CD&V annonce déjà le mot d'ordre de la prochaine édition du "Gordel": la suppression des facilités linguistiques, accordées aux francophones dans les six communes de la périphérie bruxelloise, où ils sont pourtant majoritaires.

Parmi les autres participants au "Gordel", on a notamment noté la présence de la milice fasciste du TAK ("Taal Actie Committee") et du "mouvement flamand" (VVB), qui ont notamment établi des "postes de contrôle" le long du parcours de cette "ceinture" autour de Bruxelles. La milice néo-nazie du Voorpost était également présente. Une centaine de néo-nazis flamands ont notamment scandé: "Faciliteiten stommiteiten" ("Facilités stupidités"), "Franskiljons buiten" ("Fransquillons dehors") et "Adieu aan de Walen, gedaan met betalen ("Adieu aux Wallons, fini de payer").  Le Président du Voorpost, Johan Vanslambrouck, a ensuite tenu librement un discours haineux sur le parvis de la maison communale de Rhode-Saint-Genèse.

Gordel 2012: "L'événement sportif et familial auquel Di Rupo aurait souhaité participé". Sur cette photo, l'annonce d'un "poste de contrôle" flamand établi dans la commune majoritairement francophone de Rhode-Saint-Genèse.


Le "poste de contrôle"


Un des "contrôleurs"


La route vers le domicile de la maire de Rhode-Saint-Genèse (Mme Myriam Delacroix-Rolin, CDH) a été fléché par les fascistes flamands.


Un responsable de la milice fasciste du TAK, qui a participé à l'agression physique de Mme Rolin le 26 juin 2011 (Lien), offre un T-shirt au Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy



Le Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy, lors du Gordel 2012.



La milice flamande néo-nazie du Voorpost défile dans nos rues ce dimanche. Un événément "sportif et familial auquel Di Rupo aurait souhaité participé".



Lire aussi:

La Libre: "Maingain: Di Rupo "a donné raison aux fascistes flamands""





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mardi 24 juillet 2012 /

Un club de football de la périphérie bruxelloise exclu pour usage du français

Il y a deux ans, le groupe de pression flamingant "Vlaamse Actie Grimbergen" (VAG), lié au parti d'extrême droite Vlaams Belang, avait adressé une pétition à la bourgmestre de la commune pour dénoncer l’usage du français par les enfants, majoritairement francophones (80%), qui fréquentent le club de football local, le KFC Strombeek, du nom d'un quartier de Grimberghen qui a été annexé par la Flandre lors de la fixation arbitraire de la « frontière linguistique » en 1962-63. La scène se déroule à quelques dizaines de mètres de l'Atomium de Bruxelles (Lien: Strombeek: Les sportifs francophones devront s'entraîner en flamand).

Le collège communal de Grimbergen a décidé en ce mois de juillet 2012 d’exclure le club de Strombeek du conseil du sport de la commune « pour usage excessif du français durant les entraînements des équipes de jeunes ». Cette décision a aussi une implication financière pour le petit club (deuxième division provinciale): l’usage des terrains communaux lui sera facturé deux fois plus cher. La commune avait organisé des « contrôles » linguistiques, d’où il ressort que malgré les efforts du club, des entraîneurs de jeunes s'expriment encore en français avec des enfants francophones alors que d’autres donnent leurs recommandations dans les deux langues. Insuffisant selon l'échevin du sport de la commune, Jaak Cauwenberghs (CD&V).

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vendredi 25 mai 2012 /

Nationalisme flamand et déni belge francophone

Pascal De Sutter, psychologue politique, donne son opinion dans le Vif/L'Express: "Je suis intimement convaincu que les Flamands ne veulent pas réduire leur territoire à la seule Flandre. Ils souhaitent simplement que les Bruxellois acceptent de vivre « à la flamande » dans la capitale de la Flandre. Et que les Wallons minoritaires acceptent aussi de vivre « à la flamande » dans une Belgique démographiquement, politiquement et économiquement dominée par la Flandre. D'ailleurs, les Flamands ont déjà conquis pratiquement tous les postes clés, prestigieux et rémunérateurs de la Belgique fédérale. Tout serait plus simple et les problèmes communautaires disparaîtraient si les francophones acceptaient une fois pour toutes la réalité d'une Belgique flamande (Vlaams België) où il faut apprendre à vivre « à la flamande »." Pascal de Sutter:"Les Flamands sont-ils d'affreux nationalistes ?"

A la lecture des élections françaises, la très versatile Béatrice Delvaux, éditorialiste du quotidien francophone belgicain Le Soir explique à nos amis flamands, dans une carte blanche publiée dans "De Morgen", ... qu'il n'existe pas d'identité belge. Elle ajoute que l'identité des belges francophones est elle-même très faible. Immergés depuis leur enfance dans la langue, la culture et la politique française, ils sont devenus "accros à ce pays". Le Soir: "Merci la France!"

L’identité flamande s’est construite aussi sur les francophones de Flandre. La politique nationaliste d'homogénéisation linguistique et culturelle menée par la Flandre implique qu'ils disparaissent progressivement. La jeune historienne Céline Préaux se demande si on ne vit pas la fin de la Flandre belge: La Libre: "Le lent déclin des francophones de Flandre";  Lire aussi: La Libre: "Flandre belge, c’est très bientôt fini !"

Le belgicain Armand De Decker (MR) se vante d'avoir poussé le FDF à quitter le MR. Selon lui, il fallait accepter les exigences nationalistes flamandes pour "éviter l'éclatement du pays". Il ajoute: "une fois la (sixième) réforme de l'État adoptée, le FDF est amené à disparaître". Le Soir: "Armand De Decker : « Le FDF est amené à disparaître »". Lire aussi: La Libre:"En 2008, Maingain bloquait déjà les réformes de l'Etat !""La Libre: "Gosuin: "Armand De Decker sera le premier à faire des concessions à la Flandre""

La sixième réforme de l'état n'étant pas encore conclue que le ministre-président de la Région flamande, Kris Peeters (CD&V), déclare que la septième est inéluctable. En réponse, le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué (PS), annonce les prochaines concessions de Bruxelles pour "sauver notre pays": des transferts de compétences bruxelloises vers l'Etat fédéral et la régionalisation de l'enseignement francophone, soit la co-gestion flamande. Le Soir: "Picqué : « La sixième réforme de l’Etat nous a consolés »

Le dernier "baromètre politique" indique qu'une majorité des électeurs flamands voterait pour des partis indépendantistes. Il s'agit de la N-VA (38,6% des intentions de vote) et du Vlaams Belang (12%).  La Libre: "Les nationalistes flamands grimpent encore". Par ailleurs, les indépendantistes flamands sont donnés favoris pour diriger Anvers, la première ville de Flandre. La Libre: "Bart De Wever ferait un score "monstre" aux communales à Anvers". Lire aussi: La Libre: "Maingain: "La montée de la N-VA traduit l'échec des accords institutionnels"


Le gouvernement flamand a présenté sa « Charte pour la Flandre » avec le mot "nation" dans le préambule du texte.  Selon le ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V), il s'agit d'une « étape intermédiaire » avant une véritable constitution flamande. RTL: "La “constitution flamande” avance doucement mais surement"; L'Avenir: "La charte de la nation flamande est née"). Pour Patrick Dupriez (Ecolo), Président du Parlement Wallon, "Ce n’est pas un problème pourvu que l’on s’inscrive dans le cadre d’une Belgique consolidée." (Le Soir: "Charte pour la Flandre : « Il n’y a pas lieu de se sentir agressé tout de suite »").

Le déséquilibre linguistique au sein l'armée "belge" se creuse: la clé de répartition prévoit que chaque grade compte environ 60% de flamands et 40% de francophones. En réalité, les généraux, les hauts gradés et les autres fonctions à responsabilité (attachés de Défense à l'étranger, officiers dans les organismes internationaux, etc.) sont très majoritairement occupés par des Flamands (environ 80%). Denis Ducarme (MR) et Patrick Moriau (PS) veulent "épargner le CD&V et son ministre de la Défense". Quant au Colonnel Gennart, il s'est muré dans le silence depuis qu'il a rejoint le MR (La DH: "Le déséquilibre linguistique s’est creusé en 4 ans").


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dimanche 20 mai 2012 /

L'Assemblée nationale française dresse un constat lucide de la Belgique

L'hebdomadaire "Le Vif-L'Express" a publié dans son édition du 18 mai un dossier intitulé "La France enterre la Belgique". Les élus français, réunis au sein de l'Assemblée nationale, ont en effet acté "noir sur blanc" que la Belgique était en voie de disparition: "La question n'est plus de savoir si elle survivra, mais quand et comment elle disparaîtra". La mission parlementaire d'information avait été confiée à Robert Lecou (UMP, Hérault) et Jean-Pierre Kucheida (PS, Pas-de-Calais). Ils ont interrogé une quarantaine de personalités politiques belges actives ou à la retraite, des politologues, journalistes, hommes d'affaires, diplomates, francophones et flamands.

La conclusion du rapport de ces deux hommes dépêchés par Paris est claire; les jours de la Belgique telle qu'elle survit aujourd'hui sont comptées: "Le pouls qui a été pris du pays est faible. C'est celui d'un Etat au bout du rouleau, qui a épuisé ses dernières cartouches pour maintenir le "brol"...Nul ne saurait prétendre ranimer une âme belge qui n'apparaît plus que par éclipses". Ils ajoutent que les Flamands agissent comme des égoïstes , qui ont oublié "que la prospérité passée de la Wallonie a été bénéfique pour la Flandre ... Ils ne pourront être satisfaits que si le cordon belge est coupé ou, tout au moins, largement distendu ... Une interrogation substiste sur le projet politique final de la Flandre". La France ne dévoile pas son plan B: le rapport indique simplement que "nos interlocuteurs wallons n'ont pas exprimé le souhait de rejoindre la France".

En attendant, les élus français ne manquent pas de critiquer l'attitude de la Flandre nationaliste et conquérante. Lors du débat à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Kucheida (PS) a  souligné que les politiques flamands agissent comme des "égoïstes, ingrats, et même fascistes par certains comportements, proches de l'exaction". Les députés français Jacques Myard (UMP, Yvelibes) et Christian Bataille (PS, Nord) ont donné leur opinion au Vif.

Pour Jacques Myard (UMP) , on observe depuis des décennies que "deux nations de langue et de culture différentes ne veulent plus vivre ensemble ... l'Etat belge, largement artificiel et voulu par les anglais, est dans un processus de dislocation inéluctable... Ce qui se passe en Flandre est assez démentiel, en tout cas indéfendable. Quand on viole à ce point les règles européennes, lorsqu'on observe une telle remise en cause des possibilités de parler sa langue, je ne peux que dénoncer des méthodes fascistes. Cela fait frémir". Et l'avenir? "Il appartient aux Wallons et aux Flamands de se déterminer. C'est à eux d'enclencher le preocessus d'autodétermination. Sans doute, à terme, une entente entre Wallons et Frnaçais sera à définir, sans qu'il y ait rattachement de la Wallonie à la france du jour au lendemenain".

Pour Christian Bataille (PS), le rapport "souligne l'ingouvernabilité apparente de la Belgique du fait de l'instabilité de son niveau fédéral ... La Belgique a tenu, et bien tenu, face à l'Histoire. Mais elle est aujourd'hui confrontée à une telle exacerbation nationaliste ... le discours de Bart De Wever comporte beacuup d'éléments communs à l'extrême droite autrichienne ou italienne: intolérance, égoïsme, racisme, refus de l'étranger." Il ajoute "La France devra accueillir à bras ouverts la Wallonie, cela me paraît naturel. Wallons et Français n'ont jamais été séparés que par des frontières artificielles. Mais si la France se manifestait aujourd'hui sur ce sujet, ce serait très maladroit".

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mercredi 11 avril 2012 / Libellés :

Nokia vous présente sa nouvelle application "Brussel Vlaams"

Le fabricant de téléphones portables Nokia a mis à jour son service de navigation "Nokia Maps", présenté comme le fer de lance de sa nouvelle génération de GSM appelée "Nokia Pulse". L'objectif est de permettre à ses utilisateurs d'"explorer votre monde et d'obtenir un itinéraire vers tous les lieux où nous souhaitons aller".

FDB a testé cette nouvelle nouvelle génération de "smartphones" Nokia, destinée à concurrencer, entre autres, l'Iphone d'Apple. L'utilisateur peut choisir sa langue dans l'onglet "préférences" et la légende des cartes s'adapte automatiquement. Facile. En théorie.

Si vous choisissez le néerlandais, le nom des communes bruxelloises, les rues, commerces, musées, et lieux de visites s'afficheront en néerlandais. Mais Nokia réserve une très mauvaise surprise pour les Bruxellois ou les touristes qui ne parlent pas le néerlandais. Pour rappel, 95% des Bruxellois sont francophones. Et une minorité de touristes sont flamands ou parlent le néerlandais.

Les anglophones sont en effet dirigés vers la version flamande de la carte de Bruxelles. Un touriste américain ou japonais ne trouvera donc pas la place mondialement connue sous le nom de "Grand Place". Il devra chercher la "Grote Markt". Porte de Namur? "Naamse Poort". Gare Centrale? "Station Brussel Centraal". Le jardin botanique? "Kruidtuin". Avenue Louise? "Louisenallee". Comme si, pour Nokia, Bruxelles était une ville unilingue flamande, alors qu'elle est officiellement bilingue.

Et pour les francophones? Nokia a repris certains noms de rue en français. Mais l'essentiel est disponible en flamand, uniquement. Ne cherchez donc pas l'Université Libre de Bruxelles (ULB), Nokia l'a rebaptisée "Vrije Universiteit Brussel". Le parc du cinquantenaire? Dites plutôt "Jubelpark". La grand place? "Grote Markt". Le domaine royal de Laeken? "Koninkijk domein van Laken". Les étangs d'Ixelles? "Vijvers van Elsene". La gare du midi "Station Brussel Zuid". Les caves de Cureghem? "Kelders van Cureghem (De)"

En cliquant sur votre endroit de destination, Nokia vous donne davantage d'informations. Un francophone qui cherche, par exemple, le musée des instruments de musiques, devra d'abord taper "Muziekinstrumenten Museum". L'adresse lui sera alors donnée en ... flamand: "Hofberg 2, 1000 Brussel, Brussel" (Lien). Le musée d'art moderne? Tapez "Museum Voor Moderne Kunst". Nokia vous donnera l'adresse suivante: "Regentschapsstraat 3, 1000 Sablon, Brussel" (Lien). Et cela, alors que vous avez choisi le français (ou anglais) comme votre langue dans "préférences".

Lien vers le site "Nokia Maps": Lien

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mardi 6 mars 2012 /

Bruxellois Recense-toi!

L'actuelle frontière entre la Région bruxelloise bilingue et la Région flamande unilingue hérite de la frontière linguistique fixée en 1963, alors que la Belgique était un Etat unitaire. Cette frontière a été fixée sur base du recensement linguistique de 1947, et il n’y a pas eu non plus de consultation populaire pour demander leur avis aux habitants concernés.

Une importante population francophone a donc été placée arbitrairement dans ce qui allait devenir la Flandre unilingue flamande. Un nouveau site internet donne aujourd'hui la parole à tous les Bruxellois avec une revendication claire, simple, positive et pacifiste: "Soutenez le principe d'un recensement autour de Bruxelles, que vous habitiez Bruxelles, sa périphérie ou ailleurs.". Plus une commune se recense, plus le bleu s'y intensifie.

Bruxellois Recense-toi

Lire aussi

Le Soir: Un Bruxellois vous propose de dessiner « votre » Bruxelles
La Libre: Bruxellois, recense-toi
RTL Vidéo: Création d'un site internet pour recenser la population bruxelloise

Autre liens: 

La frontière linguistique
BHV: le déni permanent de démocratie

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samedi 3 mars 2012 /

L'Open VLD présente "Brussels Cosmopolitan"

Le parti libéral flamand Open VLD a diffusé un dépliant électoral qui présente sa vision de la Région bruxelloise (Lien). En pages intérieures, une carte dite du « Bruxelles cosmopolite » rebaptise les communes bruxelloises en fonction de la présence d’habitants d’origine étrangère: "Casa of Casablanca" pour Molenbeek, "Little Turkistan" pour Schaerbeek et Saint-Josse, "Galiciëtown" pour Saint-Gilles, "Paris 16e arrondissement" pour Uccle, "Polish Corner" pour Laeken, "British Garden City" pour Boitsfort et Auderghem, "Little Lisboa" pour Ixelles, etc. Notons que la commune d'Anderlecht, partiellement amputée d'une partie de son territoire au profit de la Flandre, n'existe plus selon l'Open VLD: elle a cédée sa place à une commune flamande du nom "Oud Beersel" ... Certains chefs-lieux apparaissent: Tanger, Tetouan, Seuta-Gibraltar, Brooklyn, ...

Le parti libéral flamand donne également la répartition des Bruxellois selon leur origine: il y aurait 32% de "belges-belges" (des belges nés de parents belges, "des Bruxellois avec des grosses moustaches qui habitent dans le quartier des Marolles"), 32% d'européens, 68% de "autres" et 36% de non-Européens et immigrés (soit un total de 168%...). Cette stratégie flamande de différenciation des Bruxellois en fonction de leur origine ethnique vise aussi à montrer que les "belges" francophones ne seraient qu'une "minorité" à Bruxelles, et ce afin de pouvoir mieux contester le statut du français dans la capitale (NB. 95% des Bruxellois sont francophones, qu'elles que soient leurs origines). Très discutable d'un point de vue moral, cette méthode est également absurde. En l'appliquant à Londres, le statut linguistique anglais de Londres serait contesté, parce qu'habitée par de nombreux anglais issus de l'immigration!

La carte envoyée aux Bruxellois par l'Open VLD (cliquez pour élargir)


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mercredi 15 février 2012 /

Une école flamande de Bruxelles punit les enfants qui parlent français

Les quotidiens francophones appartenant au groupe "Sudpresse" ont rapporté ce mardi 14 février 2012 que l'école flamande "Sint-Pieterscollege" (Lien), située à Jette, dans la Région bruxelloise, a décidé de punir les enfants qui parlent le français dans la cour de récréation (Lien).

Dans une note envoyée aux parents des élèves, la direction de cette école flamande, dirigée par Véronique Vanhercke, écrit "Un bon linguistique sera distribué aux enfants qui parlent français dans la cour de récréation. Si du 27 février au 30 mars l'enfant reçoit trois bons, il devra assister à une séance d'étude linguistique le lundi 26 mars entre 15h15 et 17h45". Il semble donc que seule la langue française est ciblée par l'établissement scolaire (et non pas, par exemples, l'arabe ou l'anglais).

C'est la première fois qu'une école flamande, située à Bruxelles, décide de pratiquer une telle discrimination, en dehors des heures de cours, à l'encontre des enfants francophones. En 2006, l'école flamande de Merchtem, située dans la périphérie flamande de Bruxelles, avait suscité l'indignation en raison de sa décision d'interdire l’usage de toute autre langue que le néerlandais à l’école. A l'époque, une mère (flamande) avait déclaré au quotidien français Libération: "On ne va tout de même pas interdire à un frère de parler en français à sa soeur dans la cour de récré. Eh bien si" (Lien).

De son côté, la directrice, Véronique Vanhercke assure que ce sont les enfants eux-mêmes qui sont demandeurs de ce durcissement du règlement (sic). "Pourquoi être plus sévère? Parce que les remarques, faites jusqu'à présent, ne portaient pas leurs fruits. Quand nous en discutions avec les enfants, ils nous répondaient qu'ils ne faisaient pas l'effort car le système n'était pas assez sévère... Oui, oui, des francophones nous disaient cela". Et la directrice de conclure sur une menace explicite: "Les parents ont signé un engagement à soutenir leurs enfants. S'ils ne font pas cet effort, ils ne réussiront pas", ... indépendamment de leurs résultats aux examens scolaires.

La question se pose également de savoir pour quelles raisons des parents francophones inscrivent leurs enfants dans des écoles flamandes ...

Véronique Caprasse, échevine FDF de l’enseignement à Crainhem, une commune "à facilités" de la périphérie bruxelloise, conteste la méthode utilisée. Elle déclare (Lien): "Ce n’est pas comme cela que l’on va donner aux enfants le goût d’apprendre une autre langue ... C’est normal de sanctionner un enfant lorsqu’il a un comportement incivique (bagarre, insultes…) mais parler sa propre langue, comme ça dans la cour de récréation, n’a rien d’incivique. C’est aussi tout le côté spontané des enfants." Elle se demande même si cette mesure n’est pas une attaque ciblée contre les francophones: "Un enfant qui parle anglais ou arabe dans la cour de récréation est-il aussi réprimandé ?"

Sur son site internet, l'école flamande "Sint-Pieterscollege", située à Bruxelles, explique fièrement qu'elle affrète des bus afin d'encourager les enfants flamands, situés en Flandre, à étudier à Bruxelles.


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mardi 14 février 2012 /

Un député insulté par la police parce qu'il parle français ... à Bruxelles

La quotidien francophone "La Dernière Heure" a rapporté aujourd'hui la mésaventure subie par le député régional Ahmed Mousshin (Ecolo), vendredi 10 février 2012 (Lien). Ce dernier a appelé la police après avoir été interpellé par une dame, affolée, à proximité de la gare centrale, alors qu'il se protégeait du froid polaire.

Ce député régional aurait été traité de "grosse merde" par une policière de l’unité 5339 de la zone de police Bruxelles-Ixelles ... parce qu'il a parlé en français à Bruxelles. La DH écrit: "L’agente a décrété qu’en tant que Bruxellois, Ahmed Mousshin devait parler en néerlandais (“Vous vous trompez. ce serait plutôt l’inverse”, lui a-t-il en substance rétorqué)."

L'homme va déposer une plainte auprès du Comité P (la police de la police) ...

Lire aussi: La police belge gangrénée par le nationalisme flamand

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dimanche 29 janvier 2012 /

Archive 1989: Reconnaissance de la Région bruxelloise

La Loi spéciale du 12 janvier 1989 a reconnu la Région bruxelloise. Les Bruxellois auront donc dû attendre près d'une vingtaine d'années pour que la révision de la Constitution de 1970 (première réforme de l'Etat), qui a divisé la Belgique en trois Régions (wallonne, flamande et bruxelloise, article 107quater), soit aussi effectivement appliquée à la Région bruxelloise. Celle-ci dispose désormais des mêmes institutions que la Région flamande et la Région wallonne.

Cette longue "mise au frigo" découle d'un refus flamand de voir créer une troisième Région majoritairement francophone. En contrepartie de la reconnaissance de la Région bruxelloise, en réalité la simple application des accords relatifs à la première réforme de l'Etat, les partis flamands ont obtenu de nombreuses et importantes compensations supplémentaires qui ne font cependant pas encore de Bruxelles une Région à part entière, contrairement à la Région flamande et à la Région wallonne*.

  • Tout d'abord, Bruxelles est amputée d'une partie de son territoire, en particulier des communes majoritairement francophones qui sont rejetées en Région flamande, sur base de la frontière linguistique arbitrairement tracée en 1962-1963 (majorité flamande contre minorité francophone)
  • Une partie des compétences bruxelloises est placée sous la tutelle de l'Etat fédéral (majoritairement flamand)
  • La Région bruxelloise ne dispose pas de son autonomie constitutive. Elle n'a donc pas la capacité juridique de fixer par décision de ses seules instances la composition de son parlement et de son gouvernement ainsi que certaines règles de fonctionnement. La Région bruxelloise adopte des "ordonnances", dont la valeur juridique n’est pas équivalente à celle des lois fédérales et des décrets régionaux de la Région flamande ou de la Région wallonne. La Cour d'Arbtirage peut aussi annuler des décisions bruxelloises si elle estime qu'il y a eu "excès de compétences".
  • Le suffrage universel est refusé aux Bruxellois; les partis flamands sont sur-représentés à Bruxelles, quel que soit le résultat des élections, tant au sein du parlement que du gouvernement. Par exemple, ce dernier sera paritaire (2 francophones et 2 Flamands).

Par ailleurs, la reconnaissance de la Région bruxelloise par les partis flamands est couplée au vote de la loi de financement des communautés et des Régions. Bruxelles se voit ainsi infliger une loi de financement inique, qui sera intelligemment utilisée par les partis flamands comme future monnaie d'échange, notamment lors des accords du Lombard (2001, cinquième réforme de l'Etat) et de l'accord gouvernemental de Di Rupo Ier (décembre 2011, sixième réforme de l'Etat).

Yves Thiran annonce la création de la Région bruxelloise le 12 janvier 1989 sur la RTBF
  .

Philippe Moureaux (PS, maire de Molenbeek), négociateur institutionnel du PS (socialiste) déclarait en 1989 au micro de la RTBF "Quant à dire que nous avons oublié les francophones de la périphérie, je ne veux pas revenir sur tout, je vous rappelerai simplement que nous avons maintenant dans la Constitution les facilités, ce n'était pas le cas (sic), c'était aussi impensable il y a quelques temps".

Pour rappel, les "facilités" accordées aux Bruxellois francophones, placées en Région flamande, avaient déjà été "bétonnées", c'est à dire implicitement inscrites dans la Constitution, à l'article 129§2 ... en 1963 en échange du refus flamand du rattachement de ces Bruxellois à Bruxelles. Ces "facilités" sont cependant systématiquement violées par les autorités régionales flamandes qui veulent imposer l'unilinguisme flamand sur l'ensemble de "son territoire".

*On notera que la page d'accueil de la "Présidence belge du Conseil de l'Union européenne" donne des informations inexactes. Il est ainsi écrit que "Bruxelles constitue depuis 1989 une région à part entière, au même tritre que les Régions wallone et flamande" (Lien).


Loi spéciale du 12-01-1989 relative aux institutions bruxelloises

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lundi 2 janvier 2012 /

Luckas Vander Taelen: "Cher Monsieur Maingain"

Luckas Vander Taelen est un homme politique belge flamand, membre du parti écologiste Groen!. Il est né à Alost, en Flandre, et il habite actuellement à Bruxelles. Il est député au Parlement flamand depuis le 7 juin 2009.

Dans une carte blanche, publiée par le journal flamand De Standaard, ce 29 décembre 2011, Luckas Vander Taelen s'en prend violemment à Olivier Maingain, président des Fédéralistes Démocrates Fancophones (FDF), et à ses sympathisants (Lien).

Sur base d'une analyse psychologique grotesque, il qualifie Olivier Maingain de "nationaliste pur sang", en soulignant l'origine flamande de sa mère et du sang qui coule dans ses veines (sic). Et il déclare que les membres du FDF sont des "fanatiques", "souvent des Flamands francisés" (re-sic).

Selon Luckas Vander Taelen, Olivier Maingain devrait présenter ses excuses pour une affiche électorale du FDF qui ne lui plaît pas ... et qui date des années 60 (!). Il lui reproche aussi d'avoir défendu récemment la « Nation francophone » chère à Jean Gol, fondateur du parti libéral (Wikipedia).

Traduction libre:

Cher Monsieur Maingain,

Nous avons certaines choses en commun: nous sommes Bruxellois et tous les deux politiquement actifs, mais il y a encore un troisième élément qui nous lie: nos mères sont nées à Alost (ndlr: Flandre). Peu de gens savent que du sang flamand coule dans vos veines.

Vous ne manquez vraiment aucune occasion pour offenser les Flamands. C'est comme si votre extrémisme se nourrit de votre répulsion pour votre propre origine. Ce phénomène est connu: les membres fanatiques de votre parti sont très souvent des Flamands francisés.

J'ai essayé de comprendre ce qui vous motive. Dans Le Soir du 17 décembre, j'ai trouvé un élément important. Vous appellez à la formation d'une Nation Francophone ... En réalité, vous êtes vous-même un nationaliste pur sang (ndlr: en français dans le texte). Parce que vous croyez en un projet étatique qui réunit les citoyens sur base de leur langue. Il est très difficile de qualifier cela autrement que par le mot nationalisme. Et vous êtes vraiment un aussi grand séparatiste que votre ennemi juré Bart De Wever: vous voulez simplement pas que ce pays continue à exister.

J'ai eu l'honneur, dans le passé, de vous proposer, ainsi qu'à ce même Bart De Wever, un beau livre sur l'histoire de la Belgique avec des dessins politiques. Une de ces dessins faisait allusion à une affiche du FDF des années 60. L'affiche m'a fascinée durant tout ma vie passée à Bruxelles. Elle date de la première campagne électorale de votre parti. En lettres gothiques, il était écrit: "Brüssel Vlaams?" Et la réponse du FDF: "Jamais!"

Dans l'histoire politique belge, il n'y a heureusement que peu d'exemples d'une telle campagne politique haineuse qui stigmatise une population. Ou alors, nous devons remonter aux sombres années de la guerre. Et il y a aussi naturellement le racisme du Vlaams Blok pour lequel vous laissez toujours montrer votre répulsion.

Mais cette affiche n'est pas beaucoup mieux que ce que le Blok peut faire de pire. En écrivant Bruxelles avec un tréma allemand, votre parti suggérait que tous les Flamands sont en fait des sympathisants nazis. Des boches (ndlr: en français dans le texte), ce qui était régulièrement jeté à la tête des Flamands dans ces années-là.

Naturellement, cette affiche ne relève pas de votre responsabilité. Mais j'ai essayé de vous dire clairement qu'elle faisait désormais partie de la conscience collective flamande. Elle est le symbole archétype du mépris (ndlr: en français dans le texte) francophone. Pendant la réception, je vous ai demandé ce que vous pensiez de cette affiche. Vous avez haussé les épaules et dit que les Flamands aussi avaient été agressifs à cette époque à l'encontre des francophones. Vous avez cité les "Marches sur Bruxelles" (ndlr: flamandes) et le "Walen Buiten" (ndlr: "Wallons Dehors", expulsion des Wallons de Louvain). Avec ma permission, monsieur Maingain, je pense qu'il s'agit d'une faible défense.

Je n'ai aucune preuve que votre parti ait jamais pu procéder à aucune forme d'auto-critique. Vous devriez le faire un jour. Regarder dans votre propre balcon et demandez-vous pourquoi votre parti a si peu d'empathie auprès des Flamands. Peut-être n'est-ce pas facile pour vous parce que cela a un rapport avec votre propre origine. La haine de soit est une manière peu productive dans la vie humaine, qui conduit souvent au désastre.

Votre parti confond depuis sa formation l'intransigeance avec le fanatisme. Votre FDF s'est toujours présenté comme un parti de démocrates libéraux, mais il n'a jamais été plus qu'un simple amalgame de nationalistes étroits d'esprit. Si vous aviez déjà eu un moment d'introspection, vous auriez déja dû vous demander si vous n'étiez pas l'image en miroir du nationalisme flamand que vous condamnez tellement.

Si vous veniez à comprendre, alors vous pouvez m'écrire une lettre. Et tout ce que j'apprécierais particulièrement, c'est qu'à cette occasion, je puisse entendre enfin de votre bouche que l'affiche "Brüssel Vlaams" est tout simplement horrible et inacceptable. Et si vous le dites publiquement, je mangerai volontiers avec vous. Dans un restaurant à Alost (ndlr: Flandre), bien sûr.

Salutation polie

Luckas


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samedi 24 décembre 2011 / Libellés :

"The Voice": illustration du belgicanisme francophone

La télévision publique belge francophone RTBF diffuse depuis le mardi 20 décembre 2011 une nouvelle émission de télé-réalité intitulée "The Voice Belgique", qui vise à découvrir le nouveau talent musical de la "Belgique" (RTBF: "The Voice Belgique"; Site web). Le concept de l'émission a été acheté par la communauté française, sur proposition de la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan (PS), à la société privée néerlandaise Endemol (Loft Story, La nouvelle Star, Secret Story, Star Academy, Fear-Factor, etc).

Cette émission est produite et réalisée par la RTBF à Liège. Les candidats sont en réalité uniquement des francophones de Belgique, issus de la Communauté française (rebaptisée "Fédération Wallonie-Bruxelles"). La RTBF propose à ses téléspectateurs de rejoindre les "bus chantant à Mons et Charleroi, Namur, et Liège.. habillés aux couleurs de "The Voice Belgique"" (Lien). Les Flamands, majoritaires en Belgique, ne sont pas invités à participer pas à cette émission. Le gagnant francophone recevra pourtant le titre de "Meilleure Voix de Belgique".

La chaîne privée flamande VTM a également acheté les droits à Endemol de produire sa propre émisssion de télé-réalité musicale sur base de ce même concept. Elle est intitulée "The Voice van Vlaanderen" ("La voix de Flandre"), et vise à choisir la "nouvelle étoile de la Flandre (VTM: "The Voice van Vlaanderen"; VTM: "Veel gestelde vragen over the voice van Vlaanderen"). Les francophones de la communauté française ne sont pas invités à participer à cette émission. Mais la VTM n'a jamais prétendu que son émission avait l'intention d'élire la meilleure voix de Belgique, contrairement à la RTBF.

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dimanche 18 décembre 2011 /

Des congolais flamingants saccagent le centre de Bruxelles

Plus de mille belges d'origine congolaise ont manifesté ce samedi 17 décembre à Bruxelles contre la réélection de Joseph Kabila à la présidence de la République démocratique du Congo. Les manifestants n'acceptent pas le résultat officiel de l'élection présidentielle et considèrent comme président régulièrement élu l'opposant Etienne Tshisekedi.

La diaspora congolaise reproche aussi aux responsables politiques francophones du PS, MR, CDH et Ecolo de soutenir Joseph Kabila. De nombreux manifestants africains brandissaient des drapeaux nationalistes flamands ainsi que le portrait du chef de la droite indépendantiste flamande, Bart De Wever (N-VA). Ils scandaient notamment (en français) "Kabila, pd" (sic) et “Liège: cinq morts, Congo: 8.000.000 !” (re-sic). De nombreux africains ont également fait part de leur intention de voter pour la N-VA, et en particulier pour Linda Mbungu, une jeune militante de l'extrême droite flamande qui a suivi toutes ses études en néerlandais à Bruxelles (De Standaard: "Zijn de Congolese Belgen flaminganten?", N-VA: "Linda Mbungu). Un africain déclare à la télévision publique flamande VRT: "Tous les Congolais doivent voter pour la N-VA. Parce qu'ils veulent le changement en Belgique" Il porte une affiche "Vive les Flamands. Les Wallons des Voleurs". Son voisin ajoute "Tous les Africains voteront pour la N-VA" (Lien).

Les manifestants ont ensuite jeté des pierres et des bouteilles envers les policiers à pied et à cheval. Des dizaines de vitrines de commerces ont été brisées, une bijouterie a été dévalisée, et des véhicules ont été détruits et incendiés. Deux civils ont été blessées dont une dame qui a été touchée à l'oeil par les bris de vitre d'un bus vandalisé. Les manifestants africains ont également agressé des journalistes présents sur place. Et les blessés, dans les rangs des policiers, ont été nombreux. On dénombre 16 policiers blessés et l'interpellation de 144 personnes, dont 21 personnes ont été arrêtées judiciairement et mises à la disposition du parquet. Un manifestant, sur place, glissera une phrase de mauvais augure pour les jours qui suivent : “ce n’est qu’un début…"

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mercredi 7 décembre 2011 /

Di Rupo Ier: un gouvernement asservi au nationalisme flamand

La Belgique s'est officiellement dotée d'un gouvernement ce mardi 6 décembre 2011, avec la prestation de serment devant le roi Albert II de la coalition dirigée par le socialiste wallon Elio Di Rupo (PS), à l'issue de 542 jours d'impasse politique depuis les élections législatives du 13 juin 2010, un record mondial.

Cette nouvelle coalition compte six partis: une minorité dans le groupe linguistique flamand (les socialistes du SPa, les libéraux de l'Open VLD, et les chrétiens du CD&V), soit 43 sièges sur 88, et une majorité dans le groupe linguistique francophone (les socialistes du PS, les libéraux du MR, et les chrétiens du CDH), soit 53 sièges sur 62. Les conditions requises pour une réforme de l'Etat, soit la majorité des 2/3 au parlement fédéral (100 sièges sur 150) et la majorité simple dans chaque groupe linguistique, sont obtenues grâce à l'appui "de l'extérieur" des écologistes flamands et francophones (Groen! et Ecolo), rejetés dans l'opposition, à la demande des autres partis flamands.

Ces partis francophones - qui n'étaient "demandeurs de rien" depuis les élections législatives du 10 juin 2007 et la nomination d'Yves Leterme (CD&V) au poste de premier ministre - ont donc fini par accepter la sixième réforme de l'Etat exigée par les autonomistes flamands, confirmant ainsi l'adage selon lequel "les francophones commencent par dire non mais finissent toujours par dire oui". Ils espèrent "sauver notre pays" (Elio Di Rupo) en obtenant une "paix communautaire durable". Pour rappel, c'est ce qu'ils prétendaient déjà lors de la première réforme de l'Etat, en 1970, lors de la création des communautés culturelles et des régions.

On notera aussi que tous les ministres et secrétaires d'Etat francophones de ce gouvernement Di Rupo Ier, sauf une exception, ont prêté serment devant le Roi en français et en flamand, alors que les ministres et secrétaires d'Etat flamands, sauf deux exceptions, ont prêté serment en flamand uniquement. Et afin de lever toute ambiguité sur son rôle de premier ministre de la Belgique, le socialiste wallon Elio Di Rupo a déclaré dans un reportage de la télévision privée flamande VTM "Je suis le Premier ministre de tous les Flamands". Quant à la question de savoir s’il est toujours socialiste, Elio Di Rupo a répondu: "J’étais Elio, je suis Elio et le resterai".

Cet accord gouvernemental pour une sixième réforme de l'Etat s'articule autour de quatre principaux piliers: la scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde), soit la suppression de droits politiques et judiciaires des francophones de la Région bruxelloise et de sa périphérie (Lien), la réforme de la loi spéciale de financement (des régions) et le transfert de compétences de l'Etat fédéral vers les régions, qui appauvriront la Wallonie, et un budget proche des revendications du patronat nationaliste flamand.

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lundi 5 décembre 2011 / Libellés :

Médiamètre RTBF: indicateur témoin de la nature du régime

La télévision publique belge francophone RTBF publie depuis cet été 2011, en collaboration avec la société privée Auxipress, un indicateur du taux d'occupation médiatique des partis politiques francophones et flamands, sur base "des articles de presse, de séquences radio ou télé et d'articles publiés sur les sites internet d'information." (Source: RTBF).

Les résultats de cet indicateur sur la période 27/11-04/12, représentatifs de l'ensemble de la période juillet-décembrer 2011, sont reproduits ci-dessous (cliquez pour élargir).


On constate qu'aucun parti politique d'opposition n'est repris dans cet indicateur. Et pourtant ils sont nombreux: FDF, RWF, PTB+, FN, Pro-Bruxsel, CDF, PP, etc. Pour la RTBF ... ils n'existent tout simplement pas. Comme si tout parti opposition était de facto interdit.

En lisant les détails de la méthode de calculs imposée par la RTBF (ce que le lecteur lambda ne fera pas), on constate avec effroi que tous les partis qui ne comptent pas au moins un ministre ou un secrétaire d'état sont de facto exclus de ce "mediamètre".

Bienvenue dans la démocratie "belge".

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dimanche 4 décembre 2011 /

Taxis: Grouwels propose une charte aux couleurs de la Flandre

La ministre bruxelloise flamande, Brigitte Grouwels (CD&V; 0,46 % des voix), chargée des transports en Région bruxelloise, propose désormais aux chauffeurs bruxellois de taxis de signer une charte aux couleurs ... de la Flandre. Au bas de la page, le bandeau du drapeau flamand est clairement affiché (Source: FDF). 

Brigitte Grouwels avait déjà réussi à b imposer les couleurs jaune et noire avec des damiers sur les flancs des véhicules (rien de tel à Paris, Londres ou Amsterdam). Sa démarche avait été soutenue par le gouvernement de Charles Picqué (PS-CDH-Ecolo), afin de ne pas "jeter de l'huile sur le feu" (sic).

La soumission du gouvernement de Charles Picqué aux exigences nationalistes flamandes portées par Mevrouw Grouwels n'a donc eu pour résultat que de l'encourager dans son délire nationaliste. Et on ne peut lui donner tort, elle ne fait face à aucune opposition.

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samedi 3 décembre 2011 /

40% des intentions de vote pour la N-VA

Le quotidien francophone La Libre a publié ce samedi 3 décembre les résultats du premier sondage mesurant les intentions de vote après l'accord gouvernemental qui ouvre la voie à la formation du gouvernement Di Rupo Ier, du nom de l'actuel formateur socialiste wallon.

A la question "Si des élections étaient organisées ce dimanche, pour lequel des partis suivants voteriez-vous s'il se présentait?", 39,8% des Flamands répondent N-VA, un parti indépendantiste, soit une progression de 4,8% par rapport au dernier sondage effectué début octobre, et une progression de 11.6% par rapport aux élections législatives de juin 2010. La N-VA avait alors obtenu 28.2% des suffrages.

En ajoutant les intentions de vote pour un autre parti indépendantiste flamand, le Vlaams Belang, on constate que la moitié des électeurs flamands veulent l'indépendance de la Flandre.

La reddition des partis politiques francophones face aux revendications nationalistes flamandes n'aura donc servi qu'à alimenter davantage le nationalisme flamand. Comme le disait Winston Churchill au lendemain des accords de Munich: « You were given the choice between war and dishonour. You chose dishonour, and you will have war ». Des propos prophétiques qui peuvent être transposés à la Belgique: « vous avez choisi la soumission, vous aurez la scission ».

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lundi 31 octobre 2011 /

Les Flamands n'aiment pas "Tintin" ... trop francophone

Le quotidien francophone La Libre Belgique a décidé de faire écho à l'information publiée sur ce blog mardi passé: Tintin devrait être rebaptisé ... "Kuifje". La Libre écrit "Le film "Les aventures de Tintin" de Spielberg ne rencontrerait pas le même succès en Flandre qu'en Wallonie d'après les informations de Het Laatste Nieuws ce matin. La cause? Nos voisins du nord n’apprécieraient pas que le réalisateur hollywoodien ait choisi le nom français du célèbre personnage et non "Kuifje". "Tintin" est écrit en grand sur l'affiche néerlandaise du film. Il est accompagné du sous-titre: "De avonturen van Kuifje: Het geheim van de eenhoorn". Sony, le distributeur du film, a expliqué que "Tintin" était internationalement connu à l'inverse de "Kuifje". Cela ne semble pas convaincre puisque le site Het Laatste Nieuws estime que le personnage aurait dû être rebaptisé." (Source: Les Flamands n'aiment pas "Tintin").

Lire aussi

Le Soir: "Les Flamands boudent Tintin, trop francophone"

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dimanche 30 octobre 2011 /

Wallon bilingue chassé de Flandre à cause d'un petit accent

Ricardo Allemon est un Wallon qui vit et travaille depuis 16 ans, à Wervik, en Flandre occidentale, le long de la frontière linguistique avec la Wallonie. Il est parfait bilingue.

Le jeune homme a perdu son emploi il y a quelques semaines. L'appartement qu'il louait à un propriétaire privé ayant été revendu, Ricardo a sollicité un logement auprès de la société locale d'habitations sociales, "De Leie".

Le code flamand du logement ("le Wooncode") conditionne depuis 2006 l'attribution d'un logement social à la connaissance du néerlandais. Ricardo explique "La rencontre s'est très bien déroulée, en néerlandais évidemment. L'employé m'a posé un tas de questions pour remplir son formulaire" Mais alors que l'entretien touche à sa fin, l'employé tique: "Il a décelé dans mon néerlandais une toute petite pointe d'accent qui ne lui allait pas, il m'a alors annoncé que pour avoir une chance d'obtenir un logement, je devais aller suivre un examen à Menin pour vérifier mon niveau de néerlandais." (La Nouvelle Gazette: Ricardo, francophone bilingue au léger accent, rejeté d’un logement social en Flandre).

La Nouvelle Gazette écrit "Choqué, sonné, le jeune Wallon ressent cela comme une humiliation ... "J'ai refusé d'aller suivre cette mise à niveau, insiste Ricardo, car mon niveau de néerlandais est amplement suffisant, et mon passé prouve que je suis intégré, tant au niveau social que linguistique". Pour lui, la stratégie des Flamands est limpide: "On fait tout pour faire partir les Wallons, c'est une évidence". Ricardo vient donc de s'inscrire dans une société de logement wallonne, à Comines ... de l'autre côté de la frontière linguistique.

Lire aussi

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mardi 25 octobre 2011 /

Tintin devrait être rebaptisé ... "Kuifje"

Le journal flamand Het Nieuwsblad s'est indigné du fait que le réalisateur américain Steven Spielberg ait repris le nom de "Tintin" dans son dernier film "Tintin et le secret de la Licorne" (titre original en anglais: "The adventures of Tintin"). Ce journal estime que Tintin aurait dû être rebaptisé "Kuifje", sa traduction en langue flamande (Lien: Het Nieuwsblad: Tintin mag geen Kuifje worden; "Tintin ne peut pas devenir Kuifje").

Les responsables du distributeur japonais Sony de ce film américain sur "Tintin" ont tenté en vain d'expliquer aux journalistes flamands que "Tintin" était connu dans le monde entier sous son nom réel français, "Tintin", et non pas sa traduction flamande de "Kuifje", d'où le titre original ("The adventures of Tintin", avec le sous-titre "De avonturen van Kuifje", en Flandre).

La milice flamande d'extrême droite TAK s'en est aussi offusquée: (TAK: "Tintin")

Pour rappel, l'auteur des aventures de "Tintin", Hergé, de son vrai nom Georges Remi est un auteur de bande dessinée francophone, né en 1907 à Bruxelles et mort le 3 mars 1983 à Bruxelles.

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lundi 24 octobre 2011 /

Delacroix-Rolin: "Cette fois encore, nous sommes vendus"

Myriam Delacroix-Rolin, députée fédérale (CDH) et bourgmestre francophone de Rhode-Saint-Genèse, une commune à "facilités" de la périphérie bruxelloise, placée en Région Flamande lors de la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1962-1963, a livré ses impressions sur le volet institutionnel de l'accord gouvernemental conclu par quatre partis francophones (y compris le sien, le CDH) et quatre partis flamands (BHV:" Nous avons encore été vendus").

Extraits:

Le Vif: BHV scindé, la bourgmestre francophone de la périphérie flamande que vous êtes est-elle rassurée ?

Myriam Delacroix-Rolin: les problèmes dans la vie de tous les jours vont subsister, les circulaires Peeters du gouvernement flamand sont maintenues, la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales aurait dû être reconnue pour parvenir à une véritable solution, ce qui n’est pas le cas. Enfin, trois bourgmestres francophones en périphérie (NDLR : Linkebeek, Crainhem, Wezembeek-Oppem) ne sont pas nommés, au mépris du respect des droits de l’électeur.

Le Vif: Les francophones se sont-ils aplatis ?

Myriam Delacroix-Rolin: Nous savions que les néerlandophones allaient imposer leur volonté aux francophones. Nous avons refusé le blocage, parce que le temps pressait: il fallait former un gouvernement et trouver absolument une solution pour sauver la Belgique. Les négociateurs francophones nous ont beaucoup écoutés, ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient mais ils avaient le couteau sur la gorge.

Le Vif:Les droits des francophones de la périphérie sacrifiés pour le salut de la patrie, en somme ?

A chaque réforme institutionnelle, les francophones de la périphérie perdent des droits et se retrouvent un peu plus en Flandre. C’est chaque fois le même manège: on entame la négociation avec optimisme, on entreprend des démarches auprès des négociateurs, on dépasse les enjeux des partis pour faire cause commune, francophones confondus. On tente de sauver les meubles, et au final on perd. Cette fois encore, nous sommes vendus.

Le Vif:Ce n’est pas très classe, tout ça…

Myriam Delacroix-Rolin: Lors de la réforme précédente, en 2001, il fallait obtenir de l’argent pour l’enseignement francophone. Cette fois, les quatre partis francophones demandaient l’élargissement de Bruxelles en cas de scission de BHV : mais il s’est avéré que les régions bruxelloise et wallonne manquaient de moyens financiers. Et nous avons à nouveau servi de monnaie d’échange.

Le Vif: Où est la pacification communautaire tant louée, dans tout ça ?

Myriam Delacroix-Rolin: La pacification ? Non, non, non ! Il faut vivre dans nos communes à facilités pour savoir que c’est l’inverse. Les provocations de l’autorité flamande sont incessantes, dans tout, tout, tout ! Des décisions de la commune sont suspendues ou annulées, les budgets communaux approuvés avec retard par la tutelle, des subsides sont retardés, des projets en matière de travaux publics sont décidés sans nous avertir: on nous ennuie sur tous les dossiers. Soit la Flandre se décide à nous traiter comme les autres communes flamandes, soit elle continuera à nous chercher des poux. Mais nous sommes et nous resterons des citoyens de seconde zone en Flandre, c’est vrai.

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mardi 18 octobre 2011 /

Coup de force anti-démocratique évité de justesse

Les partis flamands ont refusé ce lundi 17 octobre 2011 de voter l’amendement permettant aux élus francophones du FDF de former un groupe politique au Parlement régional bruxellois. Séparé du MR depuis l’accord gouvernemental sur BHV, le FDF avait entamé les démarches nécessaires pour être reconnu comme groupe parlementaire à part entière. L’amendement, soutenu par tous les partis francophones, a été rejeté par le groupe linguistique néerlandophone, qui dispose d’un droit de veto sur toutes les décisions prises à la majorité parlementaire. Conséquences: le FDF est privé de droit de vote et de dotation. L’objectif des partis flamands est  clair: asphyxier toute opposition démocratique à la volonté flamande de renforcer la co-gestion de la Région bruxelloise par la Flandre (La Libre: "Les FDF reconnus dans le seul parlement francophone bruxellois").

Les députés FDF ont cependant obtenu, à l’unanimité des partis francophones, la reconnaissance en tant que groupe au sein du Parlement francophone bruxellois (le Parlement de la Commission communautaire commune rassemblant l’ensemble des parlementaires francophones du Parlement régional bruxellois). Manifestement, les francophones n’ont pas la même conception de la démocratie que les flamands. Les députés FDF auront donc le droit de vote au sein de l’assemblée francophone ainsi que le même temps de parole que les autres formations. Ils bénéficieront également d'une aide financière qui ne compensera toutefois pas celle qu'ils auraient pu revendiquer s'ils avaient été reconnus comme groupe au parlement régional bruxellois.

Dans un communiqué de presse, le FDF écrit "Il serait carrément surréaliste que ce statut (ndlr : de groupe politique) ne soit pas attribué aux FDF. Déjà que la garantie de surreprésentation flamande permet aux néerlandophones de présenter un seul élu pour constituer un groupe, alors qu’il en faut au minimum 7 du côté francophone… Il y a ainsi 6 groupes politiques flamands pour 17 élus néerlandophones… Et il n’y aurait pas de groupe pour 11 élus FDF !!! A lui seul, Didier Gosuin (17.516 voix de préférence) a fait plus de voix de préférence (17.516 voix) que l’ensemble des 14 élus néerlandophones siégeant au Parlement au sein des partis démocratiques (13.070 voix)." Une claire violation du suffrage universel et des principes élémentaires de la démocratie.

Didier Gosuin, chef de file FDF au Parlement bruxellois, a tenu, ce mardi midi une conférence de presse (La Libre: "Gosuin lance un appel à Picqué et à la majorité"): "Il serait intolérable, inacceptable pour la démocratie que 11 députés qui représentent 15% des électeurs francophones et 15% des sièges ne soient pas considérés comme un groupe, alors que le seul élu de la N-VA est, lui, reconnu comme un groupe. Quelle gifle pour la démocratie ! Nous avons déjà nos bourgmestres non nommés ; voilà que nous aurions nos députés non reconnus". Ajoutons que les partis flamands, qui représentent environ 10% des suffrages, ont la garantie d’obtenir 17 députés sur 89 au parlement bruxellois, soit une représentation de 20%, et ce quel que soit le résultat des élections. Ils bénéficient également d’une parité intégrale au niveau du gouvernement régional (avec un même nombre de ministres néerlandophones que francophones (Suffrage Universel: Faussé à Bruxelles).

L’appel lancé par Didier Gosuin a été relayé, ce mardi, par le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, qui souhaite qu’une solution soit trouvée au problème posé par l’absence de reconnaissance des FDF comme groupe politique au parlement bruxellois. Il demande aux partis flamands de "préserver ainsi la crédibilité de l’institution parlementaire bruxelloise" (La Libre: "FDF: Picqué demande une solution dans le respect mutuel). Charles Picqué a fait savoir à "combien il importait pour le bon fonctionnement du parlement qu'une solution soit trouvée dans un climat de respect mutuel entre les néerlandophones et les francophones de Bruxelles". Le ministre-président s'est par ailleurs dit persuadé que "le souci du vivre-ensemble permettra d'arriver à un accord entre toutes les parties". Il n'a toutefois pas condamné le déni de démocratie perpétré par les partis flamands.

Mise à jour

Les députés FDF seront finalement reconnus comme groupe politique au parlement bruxellois. Dans le groupe linguistique flamand, la proposition est passée de justesse, par 6 voix pour, 2 contre et 10 abstentions. La Libre écrit: "Conformément au compromis trouvé à la suite des tractations menées notamment par le ministre-président Charles Picqué, et le chef du groupe PS Rudy Vervoort, le texte a finalement été adopté avec une majorité dans chaque groupe linguistique, mais aussi une abstention dans chaque groupe politique néerlandophone, comme francophone, de la majorité." Un "compromis" a donc été trouvé pour simplement faire respecter la démocratie ... La Libre: Le FDF finalement reconnu comme groupe politique au Parlement bruxellois

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samedi 8 octobre 2011 /

Capitulation historique des francophones

Après 482 jours de crise institutionnelle, les quatre partis francophones (PS, MR, CDH, Ecolo) et quatre partis néerlandophones (CD&V, Open VLD, SPa et Groen) ont mis un point final ce samedi 8 octobre 2011 à la la sixième réforme de l'État belge en 40 ans. Les négociateurs francophones Charles Michel (MR), Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH) et Jean-Michel Javaux (Ecolo) sont tous satisfaits et parlent d'un accord historique ou de "plus grande réforme de l'Etat de l'Histoire de la Belgique.". L’opposition chez les francophones se limite au seul FDF, actuellement représenté uniquement à Bruxelles (3 députés au fédéral sur 150 députés).

Les francophones, Wallons et Bruxellois, paieront très chers leur attachement aveugle à cette Belgique: suppression de droits politiques et judiciaires des 150 mille francophones de la périphérie bruxelloise, arbitrairement annexés en Flandre lors de la fixation de la frontière linguistique en 1962-1963, suppression de droits judiciaires des Bruxellois francophones pour les affaires civiles, à la discrétion du juge flamand, appauvrissement programmé des Wallons sur 10 ans, et renforcement de la co-gestion de Bruxelles par la Flandre, notamment par le biais d'un refinancement de la Région bruxelloise essentiellement au profit des navetteurs flamands qui travaillent à Bruxelles, alors qu'ils payent leurs impôts en Flandre.

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles pour les affaires européennes, qualifie cet accord de capitulation face aux revendications flamandes (1). Il précise "Le programme de la N-VA est donc en train d’être adopté, mais sans la N-VA, ce qui permettra au CD&V de faire valoir que l’indépendantisme n’est pas la seule solution possible pour réformer le pays". La Belgique est-elle pour autant sauvée? Selon le dernier sondage effectué pour la VRT et De Standaard, après cet accord historique, un des partis indépendantistes flamands, la N-VA est créditée de 35% des intentions de vote (en progression de 6,8% par rapport aux élections de juin 2010). En ajoutant les voix du Vlaams Belang et de la Lijst De Decker, les séparatistes flamands représentent 45% de l'électorat.

Ce journaliste indépendant livre une analyse pointue et critique de cet accord politique, loin de la propagande des quatre partis francophones, réunis pour l'occasion en parti unique, d'"union nationale", dont les opinions sont relayées sans aucun esprit critique par les médias officiels (subsidiés par ce même parti unique). Jean Quatremer termine son billet avec les mots suivants: "Autant dire que l’abdication des Francophones dans les négociations actuelles ne règle aucun des problèmes de fond et ne fait que prolonger l’existence d’une Belgique en phase terminale. Comme le disait Winston Churchill au lendemain des accords de Munich : « You were given the choice between war and dishonour. You chose dishonour, and you will have war ». Des propos prophétiques qui peuvent être transposés à la Belgique: « vous avez choisi la soumission, vous aurez la scission ».

(1) A lire absolument: Belgique: les Francophones capitulent face aux revendications flamandes

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