jeudi 29 juillet 2010 /
L'album photo de la N-VA
Connaît-on vraiment les hommes politiques qui dirigent le parti nationaliste flamand N-VA ("Nieuw-Vlaamse Alliantie)? Sont-ils de vrais démocrates? Quelles sont leurs fréquentations? Quels sont les actes qu'ils posent dans la vie de tous les jours? Cette vidéo présente un album photo qui dévoile une face moins connue de la N-VA.
mercredi 21 juillet 2010 /
Luc Van den Brande et le coucou wallon
Luc Van den Brande (CD&V, parti chrétien-démocrate flamand), ancien ministre-président du gouvernement flamand (1995-1999) et président du Comité des Régions de l’Union européenne, a reçu la médaille de l'"Ordre van de Vlaamse Leeuw" (en français, "Ordre du Lion Flamand") ce 9 juillet 2010 à Dendermonde, en Flandre (Source).
L'"Ordre van de Vlaamse Leeuw" est une organisation du mouvement nationaliste flamand VVB qui défend la création d'un grande nation néerlandaise, comprenant les Pays-Bas actuels, la Flandre, Bruxelles et le Département du Nord en France (le Westhoek français, considéré comme un territoire flamand à reconquérir). Elle est présidée par Matthias Storme (N-VA), avocat et professeur de droit à la K.U.Leuven, membre entre autres du groupe de réflexion nationaliste "In de Warande", de l"Ordre du Prince d'Orange", et de l'organisation étudiante d'extrême droite KVHV-Antwerpen.
L'"Ordre van de Vlaamse Leeuw" est une organisation du mouvement nationaliste flamand VVB qui défend la création d'un grande nation néerlandaise, comprenant les Pays-Bas actuels, la Flandre, Bruxelles et le Département du Nord en France (le Westhoek français, considéré comme un territoire flamand à reconquérir). Elle est présidée par Matthias Storme (N-VA), avocat et professeur de droit à la K.U.Leuven, membre entre autres du groupe de réflexion nationaliste "In de Warande", de l"Ordre du Prince d'Orange", et de l'organisation étudiante d'extrême droite KVHV-Antwerpen.
A la fin de son discours, Matthias Storme rappelle cet ancien reportage télévisé au cours duquel on a pu voir que Luc Van den Brande donnait à son chien des jouets en forme de coq wallon "et non pas un coucou malinois". Pour ces extrémistes flamands, le Blauwvoet, une mouette aux pattes bleues, est le symbole des "heelnederlanders" du 19ième siècle tandis que le coucou représente le wallon. Le coucou est un oiseau parasite qui pond dans le nid d'autres espèces (comme celui du "Blauwvoet") qui, dupes de la supercherie, couvent et nourrissent l'ensemble des œufs de l'envahisseur. C'est "aussi utile pour comprendre Bruxelles-Hal-Vilvorde" ajoute Mr Storme qui cite les vers suivants:
"Coucou wallon, qui déposa ses œufs
Dans un pauvre nid flamand
Nous avons bien fait grandir vos jeunes
Nous connaissons leurs cris, nous connaissons leurs sauts,
Les nôtres les ont poussés dehors
Coucou wallon dans le nid flamand
Nous te connaissons très bien (…)
Si le coucou n’était pas un tel voleur,
Tous les oiseaux l’aimeraient."
Vous aurez reconnu les vers de René De Clercq, qui avait déjà parfaitement exprimé la signification du principe de territorialité en vers".
"Coucou wallon, qui déposa ses œufs
Dans un pauvre nid flamand
Nous avons bien fait grandir vos jeunes
Nous connaissons leurs cris, nous connaissons leurs sauts,
Les nôtres les ont poussés dehors
Coucou wallon dans le nid flamand
Nous te connaissons très bien (…)
Si le coucou n’était pas un tel voleur,
Tous les oiseaux l’aimeraient."
Vous aurez reconnu les vers de René De Clercq, qui avait déjà parfaitement exprimé la signification du principe de territorialité en vers".
René De Clercq (1877-1932) est un poête et "activiste" flamand, membre du "Conseil de Flandre" ("Raad van Vlaanderen"), condamné à mort comme collaborateur des Allemands après la guerre (il s'enfuit aux Pays-Bas). Le "Raad Van Vlaanderen" fut créé le 4 février 1917 par des "activistes" flamands dont Auguste Borms (fusillé en 1946 pour sa collaboration avec les nazis) en vue d'obtenir la "libération nationale" flamande en agissant avec l'occupant allemand (cfr aussi Flamenpolitik / Politique de Flamandisation).
Mr Storme a ensuite remis la médaille de l'"Ordre van de Vlaamse Leeuw" à Luc Van den Brande sous les applaudissements des autres membres de l'organisation. Parmi les prédécesseurs de Luc Van den Brande, on remarque la présence de Léo Peeters et les bourgmestres de Hal-Vilvorde (2005), Remi Vermeiren, (ex-patron de la KBC) du groupe de réflexions "In de Warande" (2006), Herman Suykerbuyk, député CVP auteur d'un décret visant à la réhabilitation des anciens collabos (2007), Frans-Jos Verdoodt (2008), historien et président du "Archief en Documentatiecentrum voor het Vlaams-nationalisme", Eric Ponette, président honoraire de l'OVV (2009)
Matthias Storme (N-VA), Président de l'"Ordre du Vlaamse Leeuw, en conférence avec les étudiants d'extrême droite du KVHV-Antwerpen (dont il est membre), 16 mars 2010. A droite, les jeunes dirigeants du KVHV-Antwerpen (et Gent) fleurissent le 12 avril 2008, la tombe d'Auguste Borms, un nazi flamand, considéré comme une "victime de guerre", un "martyr" de la cause nationaliste flamande.


Un autre poême de René De Clercq:
"Seigneurs du Havre, tenez-vous le pour dit :
Nous sommes germains, non pas latins,
Au coeur ouvert et au sang pur !
N'ai-je mon droit, je n’ai point de patrie,
Ni déshonneur, si n'ai du pain...".
Source: "Havere tegen Vlaanderen", in Dietsche Stemmen, XII.1915, p. 56.
"Seigneurs du Havre, tenez-vous le pour dit :
Nous sommes germains, non pas latins,
Au coeur ouvert et au sang pur !
N'ai-je mon droit, je n’ai point de patrie,
Ni déshonneur, si n'ai du pain...".
Source: "Havere tegen Vlaanderen", in Dietsche Stemmen, XII.1915, p. 56.
samedi 17 juillet 2010 /
Anmistie? N-VA et VB n'ont pas rompu avec les organisations nazies
Plusieurs hauts dirigeants des partis flamands N-VA et Vlaams Belang sont issus des rangs de deux organisations estudiantines – la NSV et le KVHV - reprises dans le chapitre "Extrémisme et Terrorisme" du rapport annuel de la Sûreté de l’Etat (Lien). Il est précisé que la NSV (“Nationalistische Studenten Vereniging”) et le KVHV (“Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond”) soutiennent "souvent" la milice du Voorpost dans les actions qu’il mène et que "le Voorpost soutient à son tour ces organisations estudiantines" (p.26). La NSV et le KVHV sont membres du centre de coordination des organisations flamandes (OVV) .
Le NSV est une scission du KVHV apparue en 1976 (Lien). Son programme se réfère au national-solidarisme, une idéologie qui s’est développée en Flandre dans les années trente, proche du national-socialisme allemand (Lien). La NSV revendique l’amnistie inconditionnelle des collaborateurs flamands avec les nazis et rêve de l’annexion de Bruxelles dans une Flandre indépendante et "homogène". Une bonne partie de la direction du Vlaams Belang est ou a été membre du NSV: Filip Dewinter, Frank Vanhecke, Joris van Hauthem, Koen Dillen, Bart Laeremans (voir aussi Album photo du NSV).
La NSV organise des débats politiques. Notamment à Gand, le 7 octobre 2008, sur la collaboration entre la Flandre et les Pays-Bas, en présence de Filip Dewinter (Vlaams Belang), Marc Demesmaeker (N-VA) et Jean-Marie Dedecker (LDD). Des violents affrontements avaient éclatés entre des manifestants anti-fascistes et le Voorpost (Lien). Marc Demesmaeker, entouré de Filip Dewinter et du chef militaire du Voorpost, Luc Vermeulen, a dénoncé une méthode "anti-démocratique" (Vidéo). Des membres de la direction du Vlaams Belang et de la N-VA cotoient régulièrement la NSV, notamment à l'"Ijzerwake" (voir plus bas).
Le NSV est une scission du KVHV apparue en 1976 (Lien). Son programme se réfère au national-solidarisme, une idéologie qui s’est développée en Flandre dans les années trente, proche du national-socialisme allemand (Lien). La NSV revendique l’amnistie inconditionnelle des collaborateurs flamands avec les nazis et rêve de l’annexion de Bruxelles dans une Flandre indépendante et "homogène". Une bonne partie de la direction du Vlaams Belang est ou a été membre du NSV: Filip Dewinter, Frank Vanhecke, Joris van Hauthem, Koen Dillen, Bart Laeremans (voir aussi Album photo du NSV).
La NSV organise des débats politiques. Notamment à Gand, le 7 octobre 2008, sur la collaboration entre la Flandre et les Pays-Bas, en présence de Filip Dewinter (Vlaams Belang), Marc Demesmaeker (N-VA) et Jean-Marie Dedecker (LDD). Des violents affrontements avaient éclatés entre des manifestants anti-fascistes et le Voorpost (Lien). Marc Demesmaeker, entouré de Filip Dewinter et du chef militaire du Voorpost, Luc Vermeulen, a dénoncé une méthode "anti-démocratique" (Vidéo). Des membres de la direction du Vlaams Belang et de la N-VA cotoient régulièrement la NSV, notamment à l'"Ijzerwake" (voir plus bas).
Filip Dewinter (Vlaams Belang) donne une conférence à l'invitation de la NSV de Gand, le 27 octobre 2009. A droite Bart De Wever (N-VA), le 14 février 2008 (cliquez pour élargir).
Le KVHV est une association d'étudiants catholiques flamands ultranationalistes. Ils plaident pour une Flandre indépendante et conservatrice avec Bruxelles, sa capitale "flamande". L'idéologie du KVHV est basée sur celle des mouvements fascistes flamands qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie (Lien). Le KVHV organise ainsi régulièrement des réunions sur le "Verdinaso", un mouvement fasciste, national-solidariste, fondé par Joris Van Severen, collaborateur flamand qui militait pour la création d'une grande nation néerlandaise, un Etat thiois.
Le 19 octobre 2009, le KVHV accueilla Oswald Van Ooteghem, nationaliste flamand et ancien officier SS (Un blog de Sel). Le KVHV écrit: "Plus de 60 ans après la deuxième guerre mondiale, la Belgique, contrairement à ses pays voisins, n'a toujours pas offert l'amnistie aux collaborateurs. C'est pourquoi le KVHV a trouvé intéressant d'inviter une victime de l'appareil de répression belge pour une lecture." (pp.35-36). Bart De Wever (N-VA, qui rédigea des articles sur le Verdinaso lorsqu'il fut rédacteur en chef du KVHV, 1991 à 1994), Matthias Storme (N-VA), Bruno Valkeniers (Vlaams Belang) et Gerolf Annemans (Vlaams Belang) sont ou ont été des membre actifs du KVHV (voir aussi les photos en bas de page).
Le 19 octobre 2009, le KVHV accueilla Oswald Van Ooteghem, nationaliste flamand et ancien officier SS (Un blog de Sel). Le KVHV écrit: "Plus de 60 ans après la deuxième guerre mondiale, la Belgique, contrairement à ses pays voisins, n'a toujours pas offert l'amnistie aux collaborateurs. C'est pourquoi le KVHV a trouvé intéressant d'inviter une victime de l'appareil de répression belge pour une lecture." (pp.35-36). Bart De Wever (N-VA, qui rédigea des articles sur le Verdinaso lorsqu'il fut rédacteur en chef du KVHV, 1991 à 1994), Matthias Storme (N-VA), Bruno Valkeniers (Vlaams Belang) et Gerolf Annemans (Vlaams Belang) sont ou ont été des membre actifs du KVHV (voir aussi les photos en bas de page).
Bart De Wever (N-VA), à droite sur la photo, participe le 15 avril 2008 à une conférence du KVHV d'Anvers. Gerolf Annemans (Vlaams Belang) le 20 décembre montre sa décoration du KVHV. Cliquez pour élargir (découvrez d'autres photos en bas de page; vidéo: Gerolf Annemans vient fleurir les tombes de soldats SS flamands).


Le Voorpost se revendique comme étant un "groupe d’action nationaliste". Il a été fondé en 1976 par des militants du groupe de réfléxion Were Di, ouvertement nostalgique de l’Ordre nouveau nazi. Le Voorpost voue un culte aux "héros" de la Flandre historique, y compris à ceux de la SS flamande. Il milite pour la destruction de l'Etat belge et la création des "Grands Pays-Bas", une sorte de mini empire pannéerlandais regroupant l'actuelle Région flamande, la Flandre française, les Pays-Bas hollandais et Bruxelles. Françis Van den Eynde (député Vlaams Belang), Roeland Raes (vice-président du Vlaams Belang de 1978 à 2001) occupent des postes importants au sein de cette organisation. Le Voorpost s’occupe, entre autres, du service d’ordre du Vlaams Belang.
La NSV, le KVHV et le Voorpost participent chaque année à "la Veillée de l’Yser" ou "Ijzerwake" avec des membres de la N-VA et du Vlaams Belang (Ijzerwake 2009). L’Ijkzerwake a été présidée par le chef politique du Voorpost, Johan Vanslambrouck, de 1994 à 1999. On peut lire dans le manifeste que l'Ijzerwake milite "pour la mise en place d’un Etat Flandre indépendant. Bruxelles et les territoires qui ont obtenu un statut francophone ou bilingue depuis 1830 doivent indiscutablement revenir à la Flandre". Des hommages sont rendus aux soldats du front de l’est et aux dirigeants de partis nazis flamands qui ont collaboré avec les Allemands, pensant qu’ils allaient ainsi obtenir la création d’un Etat flamand ou pan-néerlandais. Ces organisations commémorent aussi chaque année Auguste Borms "Bormsherdenking", considéré comme l’un des principaux martyrs de l’extrême droite flamande (Lien).
A gauche, le Voorpost et la NSV rendent hommage à Auguste Borms, le 11 avril 2010. A droite, la façade du KVHV à Leuven est ornée du portrait du collaborateur nazi August Borms.


La NSV, le KVHV et le Voorpost organisent et participent ensemble à des manifestations, parfois violentes: le 6 mars 2005 à Linkebeek (périphérie bruxelloise) contre un rassemblement politique francophone (article et vidéo), le 7 octobre 2007 à Rhode-Saint-Genèse (périphérie bruxelloise) contre la présence des francophones (vidéo); le 26 mars 2009 à Leuven (Flandre), pour une flandre indépendante (article et vidéo); le 3 mai 2009 à Bruxelles contre "les rats français" (article et vidéo), le 22 avril 2010 pour exiger la scission inconditionnelle de BHV (vidéo). La N-VA et le Vlaams Belang sont toujours représentés, notamment par Mark Demesmaeker et Gerolf Annemans.
La collaboration avec le régime nazi a été essentiellement le fait de choix idéologiques exécrables des responsables de l'époque. Mais, soixante ans plus tard, deux partis flamands, la N-VA et le Vlaams Belang, qui représentent plus de 40% des suffrages en Flandre, continuent à entretenir des relations avec des organisations à l'idéologie fasciste ou nazie. Les SS et collaborateurs flamands, comme Oswald Van Ooteghem, sont considérés comme héros historiques de la Flandre. Jan Peumans (N-VA), président du Parlement Flamand, ne disait rien d'autre quand il a traité les résistants de "lâches", "assassins", et "crapules de rue" (Lien).
La collaboration avec le régime nazi a été essentiellement le fait de choix idéologiques exécrables des responsables de l'époque. Mais, soixante ans plus tard, deux partis flamands, la N-VA et le Vlaams Belang, qui représentent plus de 40% des suffrages en Flandre, continuent à entretenir des relations avec des organisations à l'idéologie fasciste ou nazie. Les SS et collaborateurs flamands, comme Oswald Van Ooteghem, sont considérés comme héros historiques de la Flandre. Jan Peumans (N-VA), président du Parlement Flamand, ne disait rien d'autre quand il a traité les résistants de "lâches", "assassins", et "crapules de rue" (Lien).
Quelques photos:
Geert Bourgeois (N-VA) donne une conférence au KVHV d'Anvers le 27 novembre 2008. A droite Mark Demesmaeker (N-VA), le 13 novembre 2008, appelle les militants du KVHV de Gand à "passer à l'action" ("Vidéo").
Geert Bourgeois (N-VA) donne une conférence au KVHV d'Anvers le 27 novembre 2008. A droite Mark Demesmaeker (N-VA), le 13 novembre 2008, appelle les militants du KVHV de Gand à "passer à l'action" ("Vidéo").
A gauche, Oswald Van Ooteghem, SS flamand, invité par le KVHV le 19 octobre 2009. A droite, réunion entre le KVHV et le TAK le 21 septembre 2006.


Autres liens:
Un blog de Sel: "Pourquoi la N-VA n'est pas un parti démocrate"; Minneke De Ridder, députée N-VA, militante du TAK et néo-nazie; Parcours idéologique de Bart De Wever; KVHV Anvers ou le rugissement du lion; Arrestation de membres armés du Voorpost; Site Facebook du NSV; Album photo du KVHV Anvers; Album photo du KVHV Gand; Album photo du KVHV Leuven.
Un blog de Sel: "Pourquoi la N-VA n'est pas un parti démocrate"; Minneke De Ridder, députée N-VA, militante du TAK et néo-nazie; Parcours idéologique de Bart De Wever; KVHV Anvers ou le rugissement du lion; Arrestation de membres armés du Voorpost; Site Facebook du NSV; Album photo du KVHV Anvers; Album photo du KVHV Gand; Album photo du KVHV Leuven.
vendredi 16 juillet 2010 /
New York Times: "La division linguistique, à petite échelle, dans une ville belge"
Ceci est la traduction libre de l'article "The Language Divide, Writ Small, in Belgian Town" publié dans le New York Times, le 16 juillet 2010, en page A4 (merci à Jef pour l'info).
"La division linguistique, à petite échelle, dans une ville belge"
Wemmel, Belgique – La plupart des familles qui vivent dans ce quartier aisé de la périphérie bruxelloise est de langue française. Mais la loi dans cette région de Belgique dit que toutes les affaires communales officielles doivent se dérouler en Flamand.
Cela signifie que les rapports de police doivent être écrits en Flamand. Les bulletins de vote doivent être publiés en Flamand. Septante-cinq pourcent des livres et des DVD achetés par la bibliothèque doivent être, oui, en Flamand.
Quand le maire de Wemmel, Christian Andries, préside le conseil communal, il n’a pas le droit de prononcer un seul mot en français, même de traduire, ou l’affaire traitée peut être annulée.
"Bien sûr", a-t-il dit récemment, avec un soupir "C’est absurde".
La Belgique est sans gouvernement – à nouveau. Et ce pittoresque quartier dortoir avec une place pavée donne une image suffisamment claire du pourquoi. L’Europe dans l’ensemble peut être occupée à cacher ses différences, en enterrant les disparités culturelles et des siècles de querelles. Mais pas la Belgique. Elle semble être dirigée dans l’autre sens.
C'était en fait une dispute à propos des droits de vote pour les Francophones qui habitent Wemmel et un groupe de villages similaires qui a fait tomber le dernier gouvernement de la Belgique. Incapable de résoudre le problème après avoir essayé pendant plus de trois ans, le Premier Ministre Yves Leterme a jeté l’éponge (pour la troisième fois) et le roi a finalement accepté sa démission en avril.
A la suite des élections du mois passé, des discussions ont commencé dans l’espoir de former une coalition qui peut diriger la Belgique. Mais même les optimistes ne s’attendent pas à un nouveau gouvernement avant des mois.
Après les élections de 2007 il a fallu aux Belges environ neuf mois pour former un gouvernement. Certains analystes disent que les principaux partis sont encore plus divisés cette fois-ci, et certains se demandent s’ils n’assistent pas au début de la fin de la Belgique.
"C’est difficile de savoir où cela va nous mener" dit Lieven De Winter, un professeur de politique à l’ Université Catholique de Louvain, quoique comme de nombreuses autres personnes il pense que la séparation du pays serait tellement compliquée qu’elle en serait impossible, principalement parce qu’aucun côté renoncerait à Bruxelles, la capitale.
Pour Mr Andries, cette situation n’est pas une surprise.
Un homme amical de descendance flamande, il a jonglé avec les tensions entre les deux moitiés de la Belgique pendant plus d’une décennie, en dirigeant une ville qui est techniquement dans le côté de langue flamande du pays, mais qui est aujourd’hui habitée par de nombreux francophones à la recherche d’arbres et de jardins non loin de Bruxelles.
La maison de Mr Andries a été une fois couverte de pancartes de protestation parce qu’il a été accusé de forcer son bibliothécaire à écrire des lettres en français aux théâtres français se renseignant sur ce qui pourrait être utile à la bibliothèque. Pas autorisé. Il aurait du envoyer les lettres en flamand, qui est en fait un variante belge du néerlandais.
Quand il a invité un chanteur congolais, dont la langue maternelle est le français, à se produire à Wemmel, il y a eu tellement de plaintes et de menaces que Mr Andries dit qu’il a du demander l’aide de la police.
L’année passée, il a été abondamment critiqué dans les journaux flamands locaux pour avoir placé de nouvelles fenètres dans l’école pour les Belges de langue française avant de remplacer celles dans l’école flamande.
Il y a 600 enfants dans l’école française et seulement 400 dans l’école flamande, dit-il. "Il me semblait que c’était l’endroit logique pour commencer".
Mais les problèmes de Mr Andries ne soutiennent pas la comparaison avec ceux de trois autres maires dans cette région flamande, appelée Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou BHV. Ils ont été élus il y a plus de quatre ans mais ils n’ont jamais été officiellemment mis en place. Le problème ? Ils ont envoyé les convocations électorales en français pour les électeurs de langue française dans leurs quartiers. Dans une de ces villes, Linkebeek, 80 pourcent des 4700 habitants sont de langue française.
"C’est difficile à croire" dit Damien Thiéry, qui a gagné les élections: "La Belgique est un endroit ahurissant en ce moment".
La ligne de fracture ethnico-linguistique qui traverse ce pays pourrait difficilement être plus prononcée. Le pays est réellement une fédération constituée de trois parties: la Flandre au nord, la Wallonie de langue française au sud et Bruxelles, officiellement bilingue.
Les Français et les Flamands ont leurs propres partis politiques, leurs propres journaux et leurs propres chaînes de télévisions, ce que certains accusent d’être à l’origine de la situation.
"La division linguistique, à petite échelle, dans une ville belge"
Wemmel, Belgique – La plupart des familles qui vivent dans ce quartier aisé de la périphérie bruxelloise est de langue française. Mais la loi dans cette région de Belgique dit que toutes les affaires communales officielles doivent se dérouler en Flamand.
Cela signifie que les rapports de police doivent être écrits en Flamand. Les bulletins de vote doivent être publiés en Flamand. Septante-cinq pourcent des livres et des DVD achetés par la bibliothèque doivent être, oui, en Flamand.
Quand le maire de Wemmel, Christian Andries, préside le conseil communal, il n’a pas le droit de prononcer un seul mot en français, même de traduire, ou l’affaire traitée peut être annulée.
"Bien sûr", a-t-il dit récemment, avec un soupir "C’est absurde".
La Belgique est sans gouvernement – à nouveau. Et ce pittoresque quartier dortoir avec une place pavée donne une image suffisamment claire du pourquoi. L’Europe dans l’ensemble peut être occupée à cacher ses différences, en enterrant les disparités culturelles et des siècles de querelles. Mais pas la Belgique. Elle semble être dirigée dans l’autre sens.
C'était en fait une dispute à propos des droits de vote pour les Francophones qui habitent Wemmel et un groupe de villages similaires qui a fait tomber le dernier gouvernement de la Belgique. Incapable de résoudre le problème après avoir essayé pendant plus de trois ans, le Premier Ministre Yves Leterme a jeté l’éponge (pour la troisième fois) et le roi a finalement accepté sa démission en avril.
A la suite des élections du mois passé, des discussions ont commencé dans l’espoir de former une coalition qui peut diriger la Belgique. Mais même les optimistes ne s’attendent pas à un nouveau gouvernement avant des mois.
Après les élections de 2007 il a fallu aux Belges environ neuf mois pour former un gouvernement. Certains analystes disent que les principaux partis sont encore plus divisés cette fois-ci, et certains se demandent s’ils n’assistent pas au début de la fin de la Belgique.
"C’est difficile de savoir où cela va nous mener" dit Lieven De Winter, un professeur de politique à l’ Université Catholique de Louvain, quoique comme de nombreuses autres personnes il pense que la séparation du pays serait tellement compliquée qu’elle en serait impossible, principalement parce qu’aucun côté renoncerait à Bruxelles, la capitale.
Pour Mr Andries, cette situation n’est pas une surprise.
Un homme amical de descendance flamande, il a jonglé avec les tensions entre les deux moitiés de la Belgique pendant plus d’une décennie, en dirigeant une ville qui est techniquement dans le côté de langue flamande du pays, mais qui est aujourd’hui habitée par de nombreux francophones à la recherche d’arbres et de jardins non loin de Bruxelles.
La maison de Mr Andries a été une fois couverte de pancartes de protestation parce qu’il a été accusé de forcer son bibliothécaire à écrire des lettres en français aux théâtres français se renseignant sur ce qui pourrait être utile à la bibliothèque. Pas autorisé. Il aurait du envoyer les lettres en flamand, qui est en fait un variante belge du néerlandais.
Quand il a invité un chanteur congolais, dont la langue maternelle est le français, à se produire à Wemmel, il y a eu tellement de plaintes et de menaces que Mr Andries dit qu’il a du demander l’aide de la police.
L’année passée, il a été abondamment critiqué dans les journaux flamands locaux pour avoir placé de nouvelles fenètres dans l’école pour les Belges de langue française avant de remplacer celles dans l’école flamande.
Il y a 600 enfants dans l’école française et seulement 400 dans l’école flamande, dit-il. "Il me semblait que c’était l’endroit logique pour commencer".
Mais les problèmes de Mr Andries ne soutiennent pas la comparaison avec ceux de trois autres maires dans cette région flamande, appelée Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou BHV. Ils ont été élus il y a plus de quatre ans mais ils n’ont jamais été officiellemment mis en place. Le problème ? Ils ont envoyé les convocations électorales en français pour les électeurs de langue française dans leurs quartiers. Dans une de ces villes, Linkebeek, 80 pourcent des 4700 habitants sont de langue française.
"C’est difficile à croire" dit Damien Thiéry, qui a gagné les élections: "La Belgique est un endroit ahurissant en ce moment".
La ligne de fracture ethnico-linguistique qui traverse ce pays pourrait difficilement être plus prononcée. Le pays est réellement une fédération constituée de trois parties: la Flandre au nord, la Wallonie de langue française au sud et Bruxelles, officiellement bilingue.
Les Français et les Flamands ont leurs propres partis politiques, leurs propres journaux et leurs propres chaînes de télévisions, ce que certains accusent d’être à l’origine de la situation.
"Les partis politiques n’ont rien à gagner à dire quelque chose de gentil sur les autres" dit Yves Desmet, l’éditorialiste politique d’un journal flamand, De Morgen, qui a défendu un système électoral national.
Comme de nombreuses autres personnes, il a dit qu’il croyait que la formation d'une coalition serait particulièrement difficile cette fois-ci. Les grands gagnants des élections pourraient difficlement être plus éloignés.
Dans le nord flamand, Bart De Wever, qui soutient un pays flamand indépendant, est sorti triomphant avec 28 pourcent des suffrages. Dans la Wallonie de langue française au sud, les socialistes ont gagné 26% des suffrages.
Et la confusion vient à un moment particulièrement mauvais. La Belgique, comme de nombreux autres pays européens, fait face à des déficits massifs. Certains analystes disent que des décisions économiques sont nécessaires au plus vite.
Un changement de destin économique et une long contentieux entre les Flamands et les Français attisent les tensions. La Belgique, un pays relativement nouveau, a déclaré son indépendance en 1830. Au début, l’aristocratie du pays parlait le français et les régions de langue française – riches de l’industrie minère et de la sidérurgie – étaient souvent méprisantes envers le nord largement agricole. Pendant la première guerre mondiale, la plupart des officiers belges était de langue française et ils ont fait peu d’effort pour traduire aux soldats flamands.
Aujourd’hui, par contre, la partie française de la Belgique – une population d’environ quatre millions – est plus pauvre alors que la Flandre, une population d’environ six millions – est devenue prospère avec une économie diversifiée. De nombreux électeurs flamands n’aiment pas que leurs taxes passent au sud.
Dans certaines parties de la Wallonie, le taux de chômage est proche de 20 pourcent. Néanmoins, les Wallons peuvent refuser un emploi s’il est à plus de 25 kilomètres de leur domicile, dit Mr Desmet, et toucher le chômage. "Dans le nord, il y a des emplois à prendre" dit-il "Cela agace vraiment beaucoup de Flamands."
La querelle des droits électoraux à Wemmel et dans les autres villes de BHV est si compliquée que virtuellement personne ne la comprend. Essentiellement, il donne la possibilité aux électeurs de langue française de BHV de voter pour des partis francophones sur Bruxelles. Un accord similaire n’existe pas pour les Flamands qui habitent dans quartiers francophones. La plupart des analystes politiques dise qu’un maximum de deux ou trois sièges au Parlement sont en jeu. Mais le problème ronge les Flamands.
"Les Francophones ont ici un droit que les Flamands n’ont pas", dit Anniek Bolsens, 37 ans, qui a déménagé vers Wemmel il y a presque trois ans. "La cour constitutionnelle a dit que c’est injuste et cela l’est".
Lire aussi:
The New York Times: "Une forme non-violente de fascisme"
The New York Times: "La Belgique vacille avec la montée du nationalisme Flamand"
Comme de nombreuses autres personnes, il a dit qu’il croyait que la formation d'une coalition serait particulièrement difficile cette fois-ci. Les grands gagnants des élections pourraient difficlement être plus éloignés.
Dans le nord flamand, Bart De Wever, qui soutient un pays flamand indépendant, est sorti triomphant avec 28 pourcent des suffrages. Dans la Wallonie de langue française au sud, les socialistes ont gagné 26% des suffrages.
Et la confusion vient à un moment particulièrement mauvais. La Belgique, comme de nombreux autres pays européens, fait face à des déficits massifs. Certains analystes disent que des décisions économiques sont nécessaires au plus vite.
Un changement de destin économique et une long contentieux entre les Flamands et les Français attisent les tensions. La Belgique, un pays relativement nouveau, a déclaré son indépendance en 1830. Au début, l’aristocratie du pays parlait le français et les régions de langue française – riches de l’industrie minère et de la sidérurgie – étaient souvent méprisantes envers le nord largement agricole. Pendant la première guerre mondiale, la plupart des officiers belges était de langue française et ils ont fait peu d’effort pour traduire aux soldats flamands.
Aujourd’hui, par contre, la partie française de la Belgique – une population d’environ quatre millions – est plus pauvre alors que la Flandre, une population d’environ six millions – est devenue prospère avec une économie diversifiée. De nombreux électeurs flamands n’aiment pas que leurs taxes passent au sud.
Dans certaines parties de la Wallonie, le taux de chômage est proche de 20 pourcent. Néanmoins, les Wallons peuvent refuser un emploi s’il est à plus de 25 kilomètres de leur domicile, dit Mr Desmet, et toucher le chômage. "Dans le nord, il y a des emplois à prendre" dit-il "Cela agace vraiment beaucoup de Flamands."
La querelle des droits électoraux à Wemmel et dans les autres villes de BHV est si compliquée que virtuellement personne ne la comprend. Essentiellement, il donne la possibilité aux électeurs de langue française de BHV de voter pour des partis francophones sur Bruxelles. Un accord similaire n’existe pas pour les Flamands qui habitent dans quartiers francophones. La plupart des analystes politiques dise qu’un maximum de deux ou trois sièges au Parlement sont en jeu. Mais le problème ronge les Flamands.
"Les Francophones ont ici un droit que les Flamands n’ont pas", dit Anniek Bolsens, 37 ans, qui a déménagé vers Wemmel il y a presque trois ans. "La cour constitutionnelle a dit que c’est injuste et cela l’est".
Lire aussi:
The New York Times: "Une forme non-violente de fascisme"
The New York Times: "La Belgique vacille avec la montée du nationalisme Flamand"
jeudi 15 juillet 2010 /
Les étranges cartes de l’office flamand du tourisme
L’office flamand du tourisme est le premier organe public flamand compétent en matière de politique touristique de la Flandre (Lien). Il est sous l'autorité de Geert Bourgeois (N-VA), Ministre du tourisme (entre autres) de la Région flamande.
Plusieurs cartes de la Flandre ont été mises à jour. Le même scénario se répète inlassablement: la Région flamande annexe purement et simplement la Région bruxelloise, réduite au statut d'une ville flamande, un petit rond comme les autres, sans frontières.
Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour l'Espagne. Remarquez la position étonnante de Bruxelles (Bruselas).

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour la France. La Belgique est devenue la Flandre?

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour les Pays-Bas. En rouge: les "villes flamandes"

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour les Etats-Unis

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour la Chine

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour le Japon. La météo est donné pour Bruxelles.


Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour la France. La Belgique est devenue la Flandre?

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour les Pays-Bas. En rouge: les "villes flamandes"

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour les Etats-Unis

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour la Chine

Carte de la Flandre sur Le site web de "Toerismevlaanderen" pour le Japon. La météo est donné pour Bruxelles.

jeudi 8 juillet 2010 /
Neckermann et la géographie de la Belgique
Neckermann est une agence de voyage flamande située à Gand, en Flandre. Elle est reconnue par le bureau de "Toerisme Vlaanderen" (Ministère flamand du tourisme) et offre ses services sur l'ensemble de la Belgique (Neckermann: notre société).
Cet été, Neckermann propose des séjours dans deux nouveaux pays (merci à Florence pour l'info): la Flandre et la Wallonie. La Belgique n'existe plus. La Région bruxelloise est devenue une ville flamande dans un Etat flamand (Lien). Ci-dessous quelques images extraites du catalogue.


samedi 3 juillet 2010 /
The Wall Street Journal: "Pardon my French"
Le Wall Street Journal est le quotidien économique et financier le plus vendu au monde. Il a publié le vendredi 11 juin 2010 un article de présentation des élections législatives en Belgique: “Pardon My French: Belgians Just Don't Speak the Same Language" ("Pardon d'être vulgaire: les Belges ne parlent tout simplement pas la même langue"; "Pardon my French" est une expression américaine employée pour demander pardon après un gros écart de langage; littéralement: "Pardon pour mon français"). Vous trouverez une traduction libre ci-dessous ainsi que la traduction de quelques commentaires rédigés par des citoyens américains.
"Jezus-Eik, Belgique - Rudi Coel grimace à la vue d’un restaurant Thai annonçant "Takeaway".
"On est en Flandre, cela devrait être Meenemengerechten" dit le travailleur social âgé de 50 ans, qui utilise le mot en néerlandais.
La zone euro est dans la tourmente, et des comparaisons sont faites entre la très importante dette publique de la Belgique et celle de la Grèce. Mais le sujet principal des élections générales de dimanche parle d'une problématique bien plus profonde ici: la langue.
Parmi les problèmes qui agitent ce pays Franco-Néerlandais: est-ce que les habitants de la périphérie de Bruxelles peuvent enterrer leurs morts dans une autre que le néerlandais ou est-ce qu'un politicien de 75 ans peut parler en français dans un arrondissement principalement néerlandais.
Un panneau routier traduisant en français le mot flamand pour police est vandalisé avec de la peinture noire à Wezembeek-Oppem


Les tensions qui couvent entre la majorité flamande de langue néerlandaise de ce pays et sa minorité francophone datent de Mathusalem. La dernière querelle, concernant la périphérie de Bruxelles, a fait tomber la coalition gouvernementale au mois d'avril, entraînant les élections législatives du 13 juin.
Des dizaines de milliers de Belges de langue française et d'expatriés de langue anglaise habitent dans les 35 petites communes de la périphérie bruxelloise qui sont au centre de la dispute. Ces personnes ont un statut légal spécial: ils sont en Flandre de langue néerlandaise mais, en vertu du traité de 1963, ils sont traités comme s'ils étaient à Bruxelles pour les élections nationales et certaines affaires judiciaires. Bruxelles est formellement contrôlée par les deux groupes linguistiques, mais, en pratique, elle est essentiellement habitée et dirigée par les francophones.
En dehors des limites de Bruxelles, vous devez faire attention à votre langue. Mr Coel a parcouru des centaines de kilomètres à patrouiller les villages flamands, au sud de Bruxelles, à la recherche de signes qui ne sont pas en néerlandais. Il n'est qu'un activiste flamand parmi des centaines qui défendent avec assertivité leur langue.
Des dizaines de milliers de Belges de langue française et d'expatriés de langue anglaise habitent dans les 35 petites communes de la périphérie bruxelloise qui sont au centre de la dispute. Ces personnes ont un statut légal spécial: ils sont en Flandre de langue néerlandaise mais, en vertu du traité de 1963, ils sont traités comme s'ils étaient à Bruxelles pour les élections nationales et certaines affaires judiciaires. Bruxelles est formellement contrôlée par les deux groupes linguistiques, mais, en pratique, elle est essentiellement habitée et dirigée par les francophones.
En dehors des limites de Bruxelles, vous devez faire attention à votre langue. Mr Coel a parcouru des centaines de kilomètres à patrouiller les villages flamands, au sud de Bruxelles, à la recherche de signes qui ne sont pas en néerlandais. Il n'est qu'un activiste flamand parmi des centaines qui défendent avec assertivité leur langue.
Les panneaux routiers sont vandalisés pour effacer les noms français à Rhode-Saint-Genèse

Ce lundi, Mr Coeil a choisi une rue commerçante de Jezus-Eik (ndlr: Notre-Dame-au-Bois en français) qui part d'une église en briques rouges du 17ième siècle située en Flandre et qui termine sur une autoroute qui entre dans Bruxelles.
L'enseigne d'une boutique annonce "Beauty and Nails" (ndlr "Beauté et Ongles").
"Pourquoi cela ne peut-être schoonheid and nagels?" demande Mr Coel. "Cela ne changerait rien, et au moins vous sauriez que vous êtes en Flandre."
Quand il trouve des contrevenants, Mr Coel écrit des lettres leur rappelant qu'ils sont en Flandre et leur demandant d'enlever tous les mots non-néerlandais de leurs devantures. Depuis qu'il a commencé sa campagne en 2008, il a écrit plus de 1000 lettres, dit-il.
Phalanc Hung, un immigré de 52 ans de Thaïlande qui a ouvert en 2001 le restaurant Wang Kaew avec son panneau "takeaway", doit encore apprendre le néerlandais. "Je n'ai pas le temps", dit-il. "Mes clients parlent tous anglais ou français avec moi."
Le vendeur de pizza Alfami utilise le mot néerlandais pour "à emporter" sur son enseigne. "Regardez, il a pris des leçons de néerlandais, il n'a pas moins de clients", dit Mr Coel, hochant la tête pour approuver.
Il veut bien faire des exceptions. Par exemple, il ne s'inquiète pas si des mots français apparaissent dans la carte des menus "Il ne faut pas être plus catholique que le pape", dit-il. "Et puis, le mot pour foie gras est foie gras."
L'enseigne d'une boutique annonce "Beauty and Nails" (ndlr "Beauté et Ongles").
"Pourquoi cela ne peut-être schoonheid and nagels?" demande Mr Coel. "Cela ne changerait rien, et au moins vous sauriez que vous êtes en Flandre."
Quand il trouve des contrevenants, Mr Coel écrit des lettres leur rappelant qu'ils sont en Flandre et leur demandant d'enlever tous les mots non-néerlandais de leurs devantures. Depuis qu'il a commencé sa campagne en 2008, il a écrit plus de 1000 lettres, dit-il.
Phalanc Hung, un immigré de 52 ans de Thaïlande qui a ouvert en 2001 le restaurant Wang Kaew avec son panneau "takeaway", doit encore apprendre le néerlandais. "Je n'ai pas le temps", dit-il. "Mes clients parlent tous anglais ou français avec moi."
Le vendeur de pizza Alfami utilise le mot néerlandais pour "à emporter" sur son enseigne. "Regardez, il a pris des leçons de néerlandais, il n'a pas moins de clients", dit Mr Coel, hochant la tête pour approuver.
Il veut bien faire des exceptions. Par exemple, il ne s'inquiète pas si des mots français apparaissent dans la carte des menus "Il ne faut pas être plus catholique que le pape", dit-il. "Et puis, le mot pour foie gras est foie gras."
La francophone Sylvia Boigelot est toujours bouleversée par le fait que les funérailles de son père en 2006, dans la périphérie nord de Vilvorde se soient tenues en néerlandais, conformément à une ordonnance locale qui concerne les églises. "Des personnes qui l'ont connu toute sa vie n'ont pas pu comprendre un mot", dit-elle. "Et cela s'est passé avec ma grand-mère, aussi".
Les représentants de l'Eglise disent qu'ils veulent éviter de faire de la politique, donc ils suivent strictement les ordonnances linguistiques locales. "En outre, une messe en néerlandais n'est pas un péché", dit Eric de Beukelaere, un porte-parole des évêques de Belgique.
Les dirigeants politiques flamands ont aussi donné l'ordre aux bibliothèques d'avoir au moins 75% de livres flamands, les campagnes de dons de sang doivent être unilingues flamandes et les écoles doivent être strictement néerlandaises. Ils ont peur que le Français ne l'emporte, comme à Bruxelles. Il existe aussi des lois obligeant de démontrer des liens avec la Flandre si vous voulez acheter une maison ou emménager dans un logement à faible loyer.
Alexia Philippart de Foy, 38 ans, s'est vue refusée la permission d'acheter une maison dans la périphérie sud, à Rhode-Saint-Genèse, parce qu'elle n'a pas pu prouver qu'elle avait des racines flamandes suffisantes. Elle dit qu'elle apprend le néerlandais. "J'ai même inscrit mon enfant de 16 mois dans une crèche de langue néerlandaise", dit-elle.
Geert Bourgeois, le vice-président de la Flandre et un dirigeant d'un parti nationaliste modéré Nouvelle Alliance Flamande, défend la loi: "Les lois d’intégration permettent à tous de mieux s’entendre", dit-il.
Il compare la Belgique au Texas. "Les Américains n’aimeraient pas que les immigrés ne parlent qu’espagnol et demandent le rattachement de certaines villes américaines au Mexique", dit-il.
Il est furibond sur les millards de taxes flamandes qui terminent en Wallonie, la région plus pauvre de langue française, au sud. "La Belgique, c’est comme un mariage où l’un gagne les sous et l’autre les gaspille par mauvaise gouvernance", dit-il. "La solution c'est plus d'autonomie et de responsabilité pour chaque groupe."
La semaine dernière, Mr Bourgeois a refusé que 280 Belges vivant à l'étranger puissent voter parce qu'ils ont envoyé leurs demandes en français dans la périphérie bruxelloise où ils vivaient. "Nous devons placer des limites sinon les Francophones coloniseront la Flandre", dit-il.
Le ressentiment autour de la périphérie bruxelloise est la garantie de positions fortes de la part des politiciens les plus conflictuels de chaque côté de la division linguistique, promettant une longue impasse.
Les représentants de l'Eglise disent qu'ils veulent éviter de faire de la politique, donc ils suivent strictement les ordonnances linguistiques locales. "En outre, une messe en néerlandais n'est pas un péché", dit Eric de Beukelaere, un porte-parole des évêques de Belgique.
Les dirigeants politiques flamands ont aussi donné l'ordre aux bibliothèques d'avoir au moins 75% de livres flamands, les campagnes de dons de sang doivent être unilingues flamandes et les écoles doivent être strictement néerlandaises. Ils ont peur que le Français ne l'emporte, comme à Bruxelles. Il existe aussi des lois obligeant de démontrer des liens avec la Flandre si vous voulez acheter une maison ou emménager dans un logement à faible loyer.
Alexia Philippart de Foy, 38 ans, s'est vue refusée la permission d'acheter une maison dans la périphérie sud, à Rhode-Saint-Genèse, parce qu'elle n'a pas pu prouver qu'elle avait des racines flamandes suffisantes. Elle dit qu'elle apprend le néerlandais. "J'ai même inscrit mon enfant de 16 mois dans une crèche de langue néerlandaise", dit-elle.
Geert Bourgeois, le vice-président de la Flandre et un dirigeant d'un parti nationaliste modéré Nouvelle Alliance Flamande, défend la loi: "Les lois d’intégration permettent à tous de mieux s’entendre", dit-il.
Il compare la Belgique au Texas. "Les Américains n’aimeraient pas que les immigrés ne parlent qu’espagnol et demandent le rattachement de certaines villes américaines au Mexique", dit-il.
Il est furibond sur les millards de taxes flamandes qui terminent en Wallonie, la région plus pauvre de langue française, au sud. "La Belgique, c’est comme un mariage où l’un gagne les sous et l’autre les gaspille par mauvaise gouvernance", dit-il. "La solution c'est plus d'autonomie et de responsabilité pour chaque groupe."
La semaine dernière, Mr Bourgeois a refusé que 280 Belges vivant à l'étranger puissent voter parce qu'ils ont envoyé leurs demandes en français dans la périphérie bruxelloise où ils vivaient. "Nous devons placer des limites sinon les Francophones coloniseront la Flandre", dit-il.
Le ressentiment autour de la périphérie bruxelloise est la garantie de positions fortes de la part des politiciens les plus conflictuels de chaque côté de la division linguistique, promettant une longue impasse.
Tous les principaux partis flamands préconisent d'abroger le traité de 1963, et à l'instar de Mr Coel, ils font activement campagne pour rendre la périphérie bruxelloise unilingue. Ils voient les personnes de langue française comme une force d'occupation qui n'a pas été contenue depuis que la Belgique a été créée en 1830 par les artistocrates francophones comme un Etat tampon entre la France et l'Allemange. "Il y a un siècle, deux-tiers des habitants de Bruxelles parlaient le néerlandais et le reste parlait deux langues", dit Michel Francard, un linguiste de l'Université de Louvain-la-Neuve. "Les dirigeants flamands parlent d'arrêter la "tâche d'huile française" en Flandre".
Les Francophones ripostent. Les électeurs "veulent que l'on s'occupe de l'économie au lieu d'avoir une crise linguistique", dit Christian Van Eycke, le seul membre de langue française de l'assemblée régionale de la Flandre.
A la maison communale de Vilvorde, Eugene Messemaekers, 75 ans, le seul conseiller francophone, commence chaque réunion en demandant de pouvoir faire des déclarations officielles en français. Mais sa demande a été rejetée plus de 300 fois, souvent 29 voix contre une, depuis sa première élection en 1976."
Quelques commentaires de citoyens américains:
"C’est fou, c’est tout simplement incroyable de voir comment un nationalisme aussi rétrograde peut obtenir autant de soutien dans une société européenne du 21ième siècle supposée moderne et avancée."
"Toute personne qui oserait faire aux Etats-Unis ne fut ce que 1/1000 de ce que les Flamands font serait descendue aux cris de « racisme » par tout le monde."
"L’idée qu’un immigré mexicain de San Antonio, ou n’importe où ailleurs aux US ne puisse pas enterrer son père en espagnol est risible. Effacer les panneaux en chinois dans n’importe quel Chinatown aux US ne serait pas uniquement insultant, ce serait illégal."
"Amusant de voir l’Europe éclairée ne pas autoriser quelqu’un à acheter une maison à moins de prouver son appartenance territoriale ... et ils donnent des leçons de droits de l’homme aux US, cela ne s’invente pas."
"C’est un magnifique exemple de la xénophobie nationaliste flamande. Bruxelles est de langue française parce que c’est la langue qui prévaut. Compter uniquement la Wallonie comme francophone et interdire tout recensement linguistique à Bruxelles depuis des décennies est une action d’arrière-garde d’une phalange réactionnaire et haineuse de la classe politique flamande. Malheureusement, depuis la deuxième guerre mondiale, ils n’ont fait que progresser graduellement en Flandre.
Vous voulez vérifier les faits? Allez au musée de l’armée à Bruxelles, les uniformes des nazis ne sont pas tous allemands, ils sont essentiellement flamands. Cela en dit long sur leur politique depuis la guerre. Les tribunaux européens ont condamné la Belgique à plusieurs reprises pour le traitement des minorités locales décrites dans cet article. Déni du droit de vote, interdiction du droit à la propriété et du droit au culte dans sa langue. Les Texans ne voudraient pas immiter cela. Les flamands harcèlent continuellement les francophones tout en vomissant le mythe de leur victimisation. Assez c’est assez. “Ca suffit !” (ndlr: en français dans le texte)"
"Une majorité de la population francophone (Wallons) préfère maintenant rejoindre la Flandre. Cela arrivera facilement et les néerlandophones n’auront plus d’autre choix que de joindre les Pays-Bas. Tout le monde en aura fini avec ce non-sens appelé Belgique et la population de langue française ne deva plus perdre son temps à apprendre un dialecte."
"QUELLE HONTE!"
"Je ne voudrais pas vivre dans un pays qui me dit dans quelle langue les funérailles de mon père doivent avoir lieu."
"La solution claire est de scinder. Même de les unir avec leur nation respective. Cette chamaillerie est si coûteuse pour tout le monde, alors qu'elle peut être si facilement résolue."
"Je ne voudrais pas vivre dans un pays qui me dit dans quelle langue les funérailles de mon père doivent avoir lieu."
"La solution claire est de scinder. Même de les unir avec leur nation respective. Cette chamaillerie est si coûteuse pour tout le monde, alors qu'elle peut être si facilement résolue."
samedi 26 juin 2010 /
Minneke De Ridder, députée N-VA, militante du TAK et néo-nazie
Minneke De Ridder, une flamande de 29 ans, siègera au Parlement fédéral en tant que députée N-VA. Elle a été élue avec près de 10 mille voix de préférences dans la province d’Anvers lors des élections législatives du 13 juin 2010. La liste était tirée par Jan Jambon, député fédéral N-VA, un ancien dirigeant du "Centre de coordination des associations flamandes" ("Overlegcentrum van Vlaamse Verenigingen") et du Mouvement nationaliste flamand Vlaamse Volksbeweging (VVB).
Le grand-père de Minneke De Ridder, Lode Van Dessel, était bourgmestre Volksunie (ancien parti nationaliste flamand) « pur sang » à Nijlen, près d'Anvers. Sa mère est conseillère communale N-VA à Ranst et son mari, Tom Hillen, est président des "Jong N-VA" ("Jeunes N-VA") dans l’arrondissement d’Anvers. Il est aussi membre du mouvement nationaliste flamand VVB et de la milice néo-fasciste du TAK ("Taal Aktie Komitee", "Comité d'Action Linguistique"); cfr site internet de Minneke De Ridder. Le couple a deux enfants. Minneke De Ridder écrit "Nos fils Wout et Ward connaissent depuis leur plus jeune âge leur hymne national et ils le chantent fièrement avec la main sur le cœur, à pleins poumons, chaque fois qu’ils en ont l’occasion". Il s’agit du "Vlaamse Leeuw", l'hymne de la Flandre.
Minneke De Ridder est aussi une militante du VVB et du TAK. Lundi 21 juin, elle déclarait au journal flamand De Standaard « Le TAK est la base de tout » (Lien). Le TAK est une milice privée active dans les communes "à facilités", majoritairement francophones, de la périphérie bruxelloise: badigeonnage des inscriptions en français, perturbations de conseils communaux, manifestations dans les rues aux cris de "Rats Français, Foutez le camp", intimidations des commerçants qui parlent en français avec leurs clients francophones, etc. Minneke De Ridder n'a pas hésité à publier sur son "netblog" la vidéo de son arrestation devant le parlement belge, fin 2007, alors que le TAK manifestait pour la scission de BHV.
Minneke De Ridder, militante active du TAK, arrêtée par la police. Extrait d'un reportage diffusé par la chaîne de télévision néerlandaise NOS
Minneke De Ridder admire son chef Bart De Wever “Avant j’avais un faible pour Filip Dewinter (ndlr, l’homme politique le plus populaire du parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang). Il est aussi très fort dans les débats, mais Bart surpasse tout le monde". Dans l'album photo public de Minneke De Ridder, on la voit présente au grand rassemblement de l’extrême droite flamande "IJzerwake", soutenue par les néo-nazis (Blokwatch). Mikke De Ridder participe également chaque année à "La Fête du Chant National Flamand". Elle explique sur sa page Facebook qu'elle était présente le 3 mai 2009 à la "marche sur Bruxelles" organisée par l'extrême droite flamande. En outre, elle est passionnée pour les "Vlaamse Drumband":
La passion de Minneke De Ridder: les "Vlaamse Drumband". Ci-dessous une copie de la vidéo qu'elle diffuse sur son netblog.
Minneke De Ridder présente sur son netblog une autre vidéo intéressante, celle qui résume peut-être le mieux son parcours idéologique. Il s'agit d'une succession de photos: Staf De Clerck, nationaliste flamand connu pour sa collaboration avec Adolf Hitler et ses encouragements répétés à la collaboration des Flamands avec l'occupant allemand, pensant qu'il pourrait ainsi obtenir la création d'un Etat Thiois; Joris Van Severen (Wikipedia), fondateur du Verdinaso, un parti nationaliste flamand qui voulait abolir la démocratie et reconstituer le Royaume-Uni des Pays-Bas, ce parti a aussi défendu les politiques de Hitler et de Mussolini; des photos des milices flamandes violentes (VMO, Voorpost, NSV), le VVB, et les partis politiques Vlaams Belang, LDD et la N-VA, son propre parti.
Mikke De Ridder, députée N-VA, ne cache pas ses sympathies, notamment pour les collaborateurs, les nazis, et les milices flamandes qui utilisent la violence
Lire aussi:
Le TAK
Les reponsables flamands soutiennent la milice néo-fasciste du TAK
Les patrouilles linguistiques flamandes
La N-VA
Parcours idéologique de Bart De Wever
Le Président du Parlement flamand, Jan Peumans, fait l’éloge de sa famille nazie
Marc Demesmaeker, député N-VA, et la milice néo-nazie du Voorpost
Siegfried Bracke, tête de liste N-VA à la Chambre
Voorpost
Arrestation de membres armés du Voorpost
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samedi 19 juin 2010 /
Nouvel exemple de la purification linguistique
Le gouvernement flamand offre un soutien administratif et politique à l’asbl "De Rand" ("La Périphérie"). Celle-ci gère notamment un guichet de dénonciation linguistique (Lien) très actif dans les quartiers francophones de l'agglomération bruxelloise, par exemple à Woluwe-Saint-Etienne (une commune absorbée par Zaventem), Beauval (absorbée par Vilvorde) ou Grand-Bigard (Dilbeek). Cette association flamande a pour objectif d'éradiquer la langue française autour de Bruxelles en intimidant les commerçants et sociétés qui s'adressent en français à leurs clients francophones.
Ces démarches d’intimidation ne reposent sur aucun texte légal et sont contraires aux principes de la liberté totale de l’emploi des langues en matière commerciale. La Commission Permanente de Contrôle Linguistique a en effet clairement précisé dans son avis n° 26137 du 27 octobre 1994 que "la législation linguistique n’est pas applicable à l’emploi des langues entre particuliers". Les commerçants ont parfaitement le droit de s’adresser à leurs clients dans la langue de leur choix (lire aussi Le Soir: "Périphérie: pub en néerlandais seulement").
Johan Slembrouck, un indépendantiste flamand, répertorie sur son blog la liste des courriers envoyés et les réponses reçues (stupéfiant!). La plupart des commerçants et sociétés acceptent rapidement de ne plus utiliser la langue française dans leur communication. Ainsi la société immobilière "Century 21" écrit: "Votre commune est en effet flamande et la publicité devrait se faire uniquement en néerlandais. Nous en tiendrons certainement compte à l'avenir et notre publicité sera exclusivement en néerlandais. Vous êtes de tout coeur le bienvenu à notre bureau".
Certains commerçants refusent de se soumettre à ce nettoyage linguistique, par exemple "Reno Intérieur". Des mandataires flamands s'adressent alors directement à l'entreprise commerciale afin de la contraindre à enfreindre la loi sur l'usage des langues. Dans le cas présent, le bourgmestre de Malines, Jean-Pierre De Groef, a demandé à "Reno Interieur" de ne plus utiliser une autre langue que le néerlandais. Un mois plus tard, "Reno Interieur" a décidé de ne plus publier des catalogues bilingues.
Récemment, une petite entreprise wallonne a refusé de se soumettre à ces pratiques flamandes illégales et pourtant quotidiennes dans la périphérie bruxelloise. L'échange de courriers est reportée ci-dessous. Il illustre aussi superbement la futilité de vouloir promouvoir le bilinguisme chez les francophones alors que la Flandre revendique l'unilinguisme flamand, y compris dans les quartiers francophones rattachés à des communes flamandes, y compris avec les Wallons. Il ne faut pas être bilingue, il faut être Flamand.
Message envoyé par le délateur flamand (en néerlandais)
Cette semaine nous avons reçu à Woluwe-Saint-Etienne une publicité en néerlandais et en français. La commune de Woluwe-Saint-Etienne appartient au territoire néerlandais et n’offre pas de facilités aux Francophones. Dès lors vous ne devez utiliser que le néerlandais dans toutes vos publicités. Ainsi vous donnez aussi la possibilité aux clients d’une autre langue qui apprennent le néerlandais d’exercer notre langue. Le respect de chacun pour l’unité de notre région est essentiel pour notre cadre de vie.
Nous espérons donc que votre entreprise apportera de cette façon dans le futur une contribution positive à une meilleure conservation dans la périphérie flamande autour de Bruxelles."
Réponse de la société wallonne
"Cher,
Facilités ou pas, personne ne peut nous interdire d’imprimer et de distribuer nos publicités en Français ou même en Chinois …" (en anglais)
"Je préfère répondre en anglais parce que je n’ai pas envie d’utiliser la langue des petits esprits, vous êtes certainement aussi stupide et intolérant que des islamistes …" (en néerlandais):
Réponse du délateur flamand (en néerlandais)
"Cher Monsieur …
Merci pour votre réponse claire. Je vais la transférer à mes amis et aux autorités flamandes afin qu’ils sachent ce que votre entreprise pense de la courtoisie linguistique.
Chers amis,
Aujourd’hui j’ai reçu une réponse !!! à un message que j’ai envoyé à l’entreprise … en rapport avec leur publicité bilingue à Woluwe-Saint-Etienne.
Le ton du message parle de lui-même, la courtoisie ne fait apparemment pas partie de la philosophie de l’entreprise. Sans parler de la maîtrise des langues aussi bien en anglais qu’en néerlandais.
Une homme ou une femme averti en vaut deux."
Réponse de la société wallonne (en néerlandais)
"Cher Monsieur ...,
Si vous le souhaitez, envoyez votre message au pape … Notre publicité était bilingue français / néerlandais et nous avons distribué la même publicité dans la région de langue française et personne ne m’a fait une remarque … peut-être parce qu’ils ont des choses plus intéressantes à faire.
Nous n’allons certainement pas gaspiller du papier et payer une deuxième fois cette publicité, ou je vous enverrai la facture.
Si vous le pouvez, merci de répondre aussi en français ou en anglais parce que moi je fais l’effort d’écrire dans votre langue …"
Si vous le pouvez, merci de répondre aussi en français ou en anglais parce que moi je fais l’effort d’écrire dans votre langue …"
Lire aussi:
Homogénéité culturelle et dénonciation linguistique dans la périphérie bruxelloise
Les patrouilles linguistiques flamandes"
Purification linguistique: la commune d'Overijse installe une centrale de dénonciation
Large soutien politique flamand à la purification linguistique décidée par la commune d'Overijse
Le restaurant "Les Deux" a créé l'émoi en Flandre
jeudi 17 juin 2010 /
Agressé pour avoir parlé français
La police de Leeuw-Saint-Pierre, une commune flamande de la périphérie bruxelloise, a indiqué mercredi 16 juin avoir ouvert une enquête après une agression particulièrement violente dont a été victime un jeune homme de 21 ans, prénommé Miguel (La DH: "Défiguré parce qu'il ne parlait pas flamand!").
Les fait ont eu lieu vendredi 11 juin vers 20h00, dans la commune de Ruisbroek, à moins d’un kilomètre de Bruxelles. Le jeune francophone a été agressé dans la rue, devant un café, par sept Flamands en état d'ébriété, après qu'il eut parlé en français à sa petite amie qui se faisait narguer par le groupe.
L'un des hommes se serait dirigé vers lui en lui lançant "hier spreekt men Nederlands !" ("ici, on parle néerlandais"), avant de lui casser sur le front une bouteille en verre. Six autres membres du groupe se sont alors jetés sur lui pour lui asséner de violents coups de pied au visage "avec leurs semelles de chantier", alors qu'il gisait à terre.
Miguel s’est évanoui sur le trottoir, la tête baignant dans son sang. Le jeune homme a deux dents cassées, le nez fracturé, le front suturé, les lèvres recousues et l'oeil gauche gonflé. Au total, dix-huit personnes ont assisté à la scène et ont fait une déposition à la police. Une seule personne est intervenue pour aider Miguel, un voisin, prénommé Jamel.
Lire aussi
Le Figaro: "Un Belge battu pour avoir parlé francais"
El Mundo: "Un belga denuncia que fue agredido en un municipio flamenco por hablar francés"
Les fait ont eu lieu vendredi 11 juin vers 20h00, dans la commune de Ruisbroek, à moins d’un kilomètre de Bruxelles. Le jeune francophone a été agressé dans la rue, devant un café, par sept Flamands en état d'ébriété, après qu'il eut parlé en français à sa petite amie qui se faisait narguer par le groupe.
L'un des hommes se serait dirigé vers lui en lui lançant "hier spreekt men Nederlands !" ("ici, on parle néerlandais"), avant de lui casser sur le front une bouteille en verre. Six autres membres du groupe se sont alors jetés sur lui pour lui asséner de violents coups de pied au visage "avec leurs semelles de chantier", alors qu'il gisait à terre.
Miguel s’est évanoui sur le trottoir, la tête baignant dans son sang. Le jeune homme a deux dents cassées, le nez fracturé, le front suturé, les lèvres recousues et l'oeil gauche gonflé. Au total, dix-huit personnes ont assisté à la scène et ont fait une déposition à la police. Une seule personne est intervenue pour aider Miguel, un voisin, prénommé Jamel.
Lire aussi
Le Figaro: "Un Belge battu pour avoir parlé francais"
El Mundo: "Un belga denuncia que fue agredido en un municipio flamenco por hablar francés"
mardi 15 juin 2010 /
La N-VA partisane d'une Europe des ethnies
L’Alliance Libre Européenne (ALE) est un parti politique européen fondé par des députés du parti nationaliste flamand Volkunie. Il rassemble 33 partis autonomistes représentés dans 13 Etats membres de l’Union Européenne. Parmi ceux-ci, les séparatistes flamands de la N-VA (issue de la Volkunie), des partis indépendantistes basques, écossais, gallois, catalans, corses, etc. Son Président est Eric Defoort (N-VA), qui a dirigé le Mouvement nationaliste Flamand (VVB) de 2007 à 2009. Au parlement européen l’ALE forme un groupe commun avec les "Verts", et donc aussi les partis écologistes belges « Ecolo » (francophone) et « Groen » (flamand).
LA N-VA précise sur le site web de l'ALE: “Sur le plan politique, la N-VA milite en faveur d’une République flamande, Etat membre d'une Confédération européenne démocratique ... Par rapport au droit international, la Flandre répond déjà à tous les critères auxquels doit satisfaire un Etat, à savoir: disposer d’une population permanente; d’un territoire aux frontières extérieures claires; d’un parlement élu directement et qui désigne son gouvernement, et de la reconnaissance en tant qu’Etat (membre) par le biais de traités conclus avec d'autres pays.” (ALE).
L'ALE montre une carte qui prévoit un remodelage complet de l’Europe, fragmenté en une kyrielle d’entités ethniques. On constate que l’Allemagne sortirait seule renforcée de cette redistribution, compte tenu de l’importance des populations germanophones. On distingue aussi un nouvel Etat "Vlaanderen" constitué de la Région flamande et de deux territoires annexés: la Région bruxelloise, à 93% francophone, et le département français du Nord dans la Région Nord-Pas-de-Calais. La France serait dépecée, tout comme l'Espagne et le Royaume-Uni.
dimanche 13 juin 2010 /
Portrait de Bart De Wever
La Nouvelle alliance flamande (N-VA), le parti de droite séparatiste dirigé par Bart De Wever a gagné les élections législatives en Belgique, avec environ 29 % des suffrages en Flandre. Jamais un parti prônant l’indépendance de la Flandre n’avait remporté un scrutin législatif fédéral. Au total, les partis séparatistes et fascistes flamands obtiennent 40 des 88 sièges du groupe linguistique néerlandais de la Chambre, soit 45%. Bart De Wever est aussi l'homme politique le plus populaire en Flandre sur base du nombre de voix de préférence en Flandre.
Bart De Wever est né le 21 décembre 1970 à Mortsel (Flandre) d’un père membre de la VNV ("Vlaams Nationaal Verbond", "Ligue Nationale Flamande"), un mouvement proche du parti nazi. Son fondateur, Staf De Clercq, antisémite convaincu, pensait que ses appels répétés à la collaboration des Flamands avec Adolf Hitler, lui donnerait l'occasion de créer un État flamand, qui réunirait la Flandre française, la Flandre belge et les Pays-Bas (Lepan).
Bart De Wever est né le 21 décembre 1970 à Mortsel (Flandre) d’un père membre de la VNV ("Vlaams Nationaal Verbond", "Ligue Nationale Flamande"), un mouvement proche du parti nazi. Son fondateur, Staf De Clercq, antisémite convaincu, pensait que ses appels répétés à la collaboration des Flamands avec Adolf Hitler, lui donnerait l'occasion de créer un État flamand, qui réunirait la Flandre française, la Flandre belge et les Pays-Bas (Lepan).
Etudiant en Histoire à la l’Université catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven), Bart De Wever devient le rédacteur en chef de 1991 à 1992 du KVHV d’Anvers ("Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond"), une association d'étudiants catholiques flamands, proche de l'extrême droite, et un membre actif du KVHV de Louvain de 1993 à 1994 (lire aussi: Des étudiants nationalistes flamands manifestent à Bruxelles contre les « Rats français »).
Bart De Wever rédige des articles scientifiques sur le "Verdinaso" ("Verbond der Dietse Nationaal-Solidaristen", "Union des national-solidaristes thiois"), un ancien parti belge et néerlandais, fondé en 1931 par Joris Van Severen, qui militait pour la constitution d'un Etat thiois, formé de la Flandre et des Pays-Bas. Ce parti a défendu les politiques d'Hitler et de Mussolini (lire aussi: KVHV: Lezing Verdinaso).
En 1996, Bart De Wever, est pris en photo, souriant à côté de Jean-Marie Le Pen, Président-fondateur du Front National (FN) français, après une conférence organisée à Anvers par le "Vlaams-nationale Debatclub" ("Club national flamand de débats"), un cercle de réflexion idéologique qui préconise l'unité de tous les courants de l'extrême droite européenne dans une seule force politique (Source: RésistanceS).
Bart De Wever, souriant à côté de Jean-Marie Lepen lors d'une réunion de l'extrême droite européenne à Anvers en 1996.


Passant de l’Histoire à la politique, Bart De Wever fonde avec Geert Bourgeois le parti politique nationaliste flamand "N-VA" ("Nieuw-Vlaamse Alliantie", "Nouvelle Alliance flamande"), qui regroupe les membres les plus radicaux de l'ex-Volksunie, le parti nationaliste historique du mouvement national flamand qui été dissous en 2001. En 2004, il est élu député au Parlement Flamand et est président de la N-VA.
Le 6 janvier 2005, douze camions remplis de plus de 11,3 milliards de faux billets sont emmenés par Bart De Wever et ses sympathisants de la N-VA au pied des ascenseurs de Strépy-Thieu, en Wallonie, pour dénoncer symboliquement les transferts de la Flandre vers la Wallonie. Environ 250 mètres cubes de faux billets de cinquante euros sont déversés. Et Bart De Wever d'exiger la fin des transferts et donc de la solidarité interpersonnelle avec les Wallons.
Le 14 février 2007, Bart De Wever donne une conférence devant des militants du NSV ("Nationalistische Studentenvereniging", "Association des étudiants nationalistes") qui l’ont fortement applaudi. Le NSV est une organisation d’extrême droite marquée par son radicalisme et ses multiples liens historiques avec le milieu néo-nazi, négationniste et antisémite. Son modèle de société se base sur un système d’apartheid dans une Flandre indépendante, afin de garantir la "pureté de la race" (ResistanceS).
Bart De Wever donne une conférence le 14 février 2007 devant les militants de la NSV, une milice ouvertement néo-nazie.
Les membres du NSV font régulièrement parler d’eux. La plupart du temps lors de manifestions violentes ou d'actions commando contre des cibles de gauche, des personnes d'origine étrangère et évidemment des francophones de Belgique. Ses principaux alliés sont des groupes d’action comme le TAK, une milice flamingante néo-fasciste très active dans la périphérie de Bruxelles, et le Voorpost, une milice néo-nazie liée au Vlaams Belang, parti d’extrême droite flamand (lire aussi Elections 2009: les milices flamandes à l'offensive).
Le 5 mai 2007, juste avant les élections législatives du 10 juin 2007, Bart De Wever retrouve Jean-Marie Le Pen à l’enterrement de Karel Dillen, le fondateur du Vlaams Blok, figure historique de l’extrême droite flamande et auteur de la traduction en néerlandais du premier livre négationniste (lire aussi RésistanceS, Vidéo: Karel Dillen et l'épuration ethnique). Le site web de la N-VA est lié au site des VNJ ("Vlaams Nationaal Jeugdverbond"), qui regroupe les jeunesses flamandes "hitlériennes".
Le 28 octobre 2007, Bart De Wever, récuse à Anvers les excuses officielles du bourgmestre (maire) socialiste d'Anvers adressées à la communauté juive de Belgique pour la collaboration apportée par l'administration, la justice et la police d'Anvers à la déportation des juifs (lien: Article Le Monde). Il qualifie ces excuses de "gratuites" ce qui suscite un tollé dans la communauté juive de Belgique et à l'étranger.
Août 2008, Bart De Wever, élu député fédéral, s'attaque aux Francophones qui habitent dans leur propre pays et en particulier dans les communes annexées par la Flandre lors du tracé arbitraire de la frontière linguistique en 1962-1963: "Je pense qu'il n'y a pas de minorité francophone en Flandre, il y a des immigrants qui doivent s'adapter. On demande cela à des Marocains, des Turcs" tout en exhortant à "arrêter le colonialisme" de Bruxelles vers la Flandre (Lien).
Bart De Wever est élu député au parlement flamand le 7 juin 2009. Il déclare: "Les francophones continueront à tirer sur une tétine fédérale tarie. Nous en avons assez. Plus une seule goutte" (Le Soir). Selon lui, il faut "affamer financièrement" Bruxelles et la Wallonie afin que les Francophones, à bout de ressources, viennent mendier et proposer, en échange d'un refinancement (hypothétique), des abandons de leurs droits et libertés fondamentaux en faveur de la Flandre (Lien).
Dans une entretien donné à l’hebdomadaire "Télémoustique", publié le 4 novembre 2009, Bart De Wever, réplique à Filip Dewinter, figure de proue du parti d'extrême droite flamand "Vlaams Belang": "Je me demande parfois ce qu’un personnage comme Gerolf Annemans fait encore chez vous. L’Annemans que je connais est un homme délicat, qui a de l’humour, est intelligent et a beaucoup lu. Dans un autre parti, il aurait pu faire une grande carrière". Gerolf Annemans a collaboré à la rédaction de "Dietsland-Europa", un bimensuel de réflexion idéologique édité par le groupe néo-nazi pan-néerlandais "Were Di" (RésitanceS), jadis dirigé par Karel Dillen, le dirigeant-fondateur du "Vlaams Blok" en 1978.
En janvier 2010, la couverture de l’hebdomadaire « P Magazine » montre la nouvelle Miss Belgique piétinant le drapeau belge. A ses côtés, Bart De Wever veut couper son ruban. Le texte d’accroche est éloquent: "La Belgique est le pays le plus raté du monde".
Fin mai 2010, Bart De Wever annonce qu'il veut non seulement la scission de l'arrondissement judiciaire et électoral de BHV mais aussi la suppression de la Région bruxelloise, à 93% francophone (Lien). Il préconise la mise sous tutelle de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie (si elle le veut), "une déclaration de guerre" a estimé le Ministre Président de la Région bruxelloise Charles Picqué (PS) avant de se rétracter et de dire "le dialogue sera inévitable mais difficile".
Lire aussi:
Le Président du Parlement flamand fait l’éloge de sa famille nazie
/
La crise belge vue de France
Vidéo du journal de 13h de TF1 (13 juin): "Législatives anticipées en Belgique - que va devenir la Wallonie?"
Vidéo du journal de 20h de TF1 (10 juin): "Wallons et Flamands: comment vivre ensemble?"
Lire aussi
Jean Quatremer dans De Morgen: "Buren over België: Geschiedenis van de Belgische sloop, texte en français: "Déni de nationalisme en Flandre"
France Culture: "Bart De Wever: l'indépendantiste qui monte"
Jean Quatremer (Libération): "Belgique: deux langues de plus en plus étrangères"
Le Figaro: "Le divorce belge au fond des urnes"
Le Figaro: "Linkebeek, village belge sur la ligne de front linguistique"
Autres liens
Vidéos d'un résistant francophone:
Eric Libert (FDF) explique comment les Francophones obtiendront démocratiquement l'élargissement de Bruxelles; Partie 2
Jean Quatremer dans De Morgen: "Buren over België: Geschiedenis van de Belgische sloop, texte en français: "Déni de nationalisme en Flandre"
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mercredi 9 juin 2010 /
Lettre à la Flandre
Olivier Andu, poête bruxellois, a rédigé une "Lettre à la Flandre". Il a eu la gentillesse de l'envoyer à ce blog. Je vous en recommande vivement la lecture, jusqu'au bout. Faites circuler, et encore merci à lui pour ce texte admirable, original et sincère! Cliquez sur l'image pour obtenir la version large.
mardi 8 juin 2010 /
Bruxelles: Large et Libre
Les conseils communaux de Crainhem, Linkebeek, Wezembeek-Oppem et Rhode-Saint-Genèse ont voté ces dernières semaines une motion en faveur de leur rattachement à la Région bruxelloise en cas de scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (Lien). Ces communes "à facilités", dont les majorités des habitants sont Francophones, refusent leur annexion pure et simple à un Etat (fédéré) flamand qui ne respecte pas les Francophones.
La Flandre s'est toujours opposée à la consultation des populations locales, l'essence même de la démocratie. Au moins six communes de la périphérie bruxelloise n'avaient pas été rattachées à Bruxelles, lors de la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1963 (Explications). Ces communes ont été désignées flamandes. En échange des "facilités" linguistiques avaient été accordées aux Francophones de ces territoires.
Ces "facilités" ont été progressivement fragilisées bien qu'elles soient "bétonnées" dans la Constitution belge: mise sous tutelle flamande de l'enseignement de la communauté française, non-nomination de bourgmestres démocratiquement élus, éradication de la langue et de la culture française, etc. La scission unilatérale de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde, exigée par la Flandre, supprimerait aussi des droits politiques et judiciaires des Francophones.
Aujourd'hui, une certaine Flandre, soutenue selon les sondages par près de 45% des électeurs flamands, confirme son objectif final: l'annexion pure et simple de Bruxelles à un Etat Flamand indépendant. En clair, environ un million de Bruxellois francophones deviendrait une minorité non-reconnue dans un Etat hostile à tout ce qui n'est pas flamand. Les Bruxellois doivent se libérer de cette insupportable ingérence flamande. Plus que jamais, c'est à nous de choisir l'avenir que nous voulons pour notre Région!
La Flandre s'est toujours opposée à la consultation des populations locales, l'essence même de la démocratie. Au moins six communes de la périphérie bruxelloise n'avaient pas été rattachées à Bruxelles, lors de la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1963 (Explications). Ces communes ont été désignées flamandes. En échange des "facilités" linguistiques avaient été accordées aux Francophones de ces territoires.
Ces "facilités" ont été progressivement fragilisées bien qu'elles soient "bétonnées" dans la Constitution belge: mise sous tutelle flamande de l'enseignement de la communauté française, non-nomination de bourgmestres démocratiquement élus, éradication de la langue et de la culture française, etc. La scission unilatérale de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde, exigée par la Flandre, supprimerait aussi des droits politiques et judiciaires des Francophones.
Aujourd'hui, une certaine Flandre, soutenue selon les sondages par près de 45% des électeurs flamands, confirme son objectif final: l'annexion pure et simple de Bruxelles à un Etat Flamand indépendant. En clair, environ un million de Bruxellois francophones deviendrait une minorité non-reconnue dans un Etat hostile à tout ce qui n'est pas flamand. Les Bruxellois doivent se libérer de cette insupportable ingérence flamande. Plus que jamais, c'est à nous de choisir l'avenir que nous voulons pour notre Région!
lundi 7 juin 2010 /
Extrémistes subsidiés par la Commission communautaire flamande
La Commission communautaire flamande (Vlaamse Gemeenschapscommissie ou VGC) est compétente à Bruxelles pour les questions liées à la culture, l'enseignement, l’aide aux personnes et la santé, de la communauté flamande. Elle est financée par la Région bruxelloise selon une clé de répartition fixe de 20% (la COCOF reçoit 80%) alors que le pourcentage de flamands à Bruxelles est plus proche des 7%. La VGC est dirigée par les députés flamands du parlement bruxellois, les Ministres et Secrétaire d’Etat flamands du gouvernement bruxellois (Les institutions communautaires).
LA VGC a reconnu la section bruxelloise du mouvement nationaliste flamand, Vlaamse Volksbeweging (VVB), comme association « socio-culturelle » le 23 septembre 2004 (Lien1; Lien2) sous l’impulsion de Brigitte Grouwels (CD&V, chrétien démocrate et flamand), alors Secrétaire d’Etat à la Région Bruxelloise. Le "VVB Brussel" a ainsi bénéficié de subsides pour une période de cinq ans. Le Ministre bruxellois flamand Pascal Smet (PSa, socialiste) a renouvelé son financement le 1er avril 2009 « sur base des activités des années 2007-2008 » (Liste des associations socio-culturelles reconnues et subsidiées).
La VGC décrit le "VVB Brussel" comme un "groupe de pression pluraliste qui a comme objectif principal une Flandre indépendante". Le site web du VVB Brussel est plus explicite: "Le VVB Brussel veut supprimer Bruxelles" ("VVB Brussel wil Brussel afschaffen", 26 avril 2007). Extraits: "Le Vlaamse Volksbeweging de Bruxelles demande rien de moins que la suppression de Bruxelles ... Bruxelles est une partie de la Flandre. La formation de la Région bruxelloise était une erreur historique ... Des initiatives doivent être prises pour supprimer la Région bruxelloise et l'intégrer dans la Flandre".
LA VGC a reconnu la section bruxelloise du mouvement nationaliste flamand, Vlaamse Volksbeweging (VVB), comme association « socio-culturelle » le 23 septembre 2004 (Lien1; Lien2) sous l’impulsion de Brigitte Grouwels (CD&V, chrétien démocrate et flamand), alors Secrétaire d’Etat à la Région Bruxelloise. Le "VVB Brussel" a ainsi bénéficié de subsides pour une période de cinq ans. Le Ministre bruxellois flamand Pascal Smet (PSa, socialiste) a renouvelé son financement le 1er avril 2009 « sur base des activités des années 2007-2008 » (Liste des associations socio-culturelles reconnues et subsidiées).
La VGC décrit le "VVB Brussel" comme un "groupe de pression pluraliste qui a comme objectif principal une Flandre indépendante". Le site web du VVB Brussel est plus explicite: "Le VVB Brussel veut supprimer Bruxelles" ("VVB Brussel wil Brussel afschaffen", 26 avril 2007). Extraits: "Le Vlaamse Volksbeweging de Bruxelles demande rien de moins que la suppression de Bruxelles ... Bruxelles est une partie de la Flandre. La formation de la Région bruxelloise était une erreur historique ... Des initiatives doivent être prises pour supprimer la Région bruxelloise et l'intégrer dans la Flandre".
Le Vlaamse Volksbeweging (VVB) engage un collaborateur avec les subsides de la Commission communautaire flamande (VGC). Cliquez pour élargir.


Les représentants flamands de Bruxelles financent également (cfr liste ci-dessus), avec l'argent des Bruxellois, l'association Meervoud qui se décrit comme "un groupe d'action et de réflexion nationaliste de gauche pour une Flandre souveraine dans laquelle les objectifs stratégiques sont: le renforcement de la conscience nationale flamande, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire dans un Etat flamand", ainsi que le Davidsfonds, un réseau culturel flamand qui fait partie des radicaux indépendantistes du Centre de Coordination des Organisations Flamandes (OVV).
Lire aussi
Le mouvement flamand vote l'annexion de Bruxelles
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vendredi 4 juin 2010 /
Exercice du GIPN contre des "terroristes flamands"
Début mai, dans le plus grand secret, le Groupe d'Intervention de la Police Nationale (GIPN) de Lille, une unité spéciale anti-terroriste, a mené un exercice grandeur nature, et dans des conditions presque réelles, au Zénith, une salle de spectacle (La Voix du Nord: "Cette interminable nuit de prise d'otages au Zénith").
Le scénario est le suivant: peu après 20h, un nombre indéterminé d'extrémistes flamands lourdement armés prennent le contrôle du Zenith. Ils exigent d'entrer en contact avec le gouvernement belge. Les membres du commando portent un uniforme noir frappé du drapeau nationaliste flamand.
Les véhicules du GIPN arrivent quelques minutes plus tard. Les policiers d'élite déchargent des centaines de kilos de matériel: pistolets-mitrailleurs HK, fusil à lunette Blaser avec balles blindées, Taser au calibre de guerre, équipement d'espionnage à distance, explosifs. Des négociateurs, dont le chef du GIPN, prennent place dans un poste de commandement improvisé.
A l’intérieur les "terroristes" échangent leurs vêtements avec les "otages". Ils ne cessent de se déplacer entre les gradins. Des otages sont utilisés comme boucliers humains. D'autres hurlent derrière des portes. Un forcené flamingant vide un chargeur dans la direction d’un otage. Un "observateur" du GIPN s’infiltre dans la salle afin de localiser les membres du commando.

L'assaut est reporté. L'épilogue surviendra peu avant 1 h du matin. Les "terroristes" ne tiennent plus qu'un otage. Un point rouge apparaît sur la tête de leur chef. L'observateur du GIPN est également tireur d'élite. Le "terroriste" flamand est abattu. En quelques secondes, son seul et unique complice sera maîtrisé. Et le dernier "otage" est libéré.
En septembre 2006, 21 membres du groupuscle d'extrême droite flamand "Bloed-Bodem-Eer en Trouw" ("Sang-Terre-Honneur et Fidélité"), la plupart des militaires, avaient été arrêtés. Ils programmaient le lancement d'une campagne d'attentats afin de déstabiliser la Belgique et de déclencher une « guerre raciale ». Leur objectif final était la création d'un Etat flamand fasciste. (Article dans Le Monde)
Le scénario est le suivant: peu après 20h, un nombre indéterminé d'extrémistes flamands lourdement armés prennent le contrôle du Zenith. Ils exigent d'entrer en contact avec le gouvernement belge. Les membres du commando portent un uniforme noir frappé du drapeau nationaliste flamand.
Les véhicules du GIPN arrivent quelques minutes plus tard. Les policiers d'élite déchargent des centaines de kilos de matériel: pistolets-mitrailleurs HK, fusil à lunette Blaser avec balles blindées, Taser au calibre de guerre, équipement d'espionnage à distance, explosifs. Des négociateurs, dont le chef du GIPN, prennent place dans un poste de commandement improvisé.
A l’intérieur les "terroristes" échangent leurs vêtements avec les "otages". Ils ne cessent de se déplacer entre les gradins. Des otages sont utilisés comme boucliers humains. D'autres hurlent derrière des portes. Un forcené flamingant vide un chargeur dans la direction d’un otage. Un "observateur" du GIPN s’infiltre dans la salle afin de localiser les membres du commando.

L'assaut est reporté. L'épilogue surviendra peu avant 1 h du matin. Les "terroristes" ne tiennent plus qu'un otage. Un point rouge apparaît sur la tête de leur chef. L'observateur du GIPN est également tireur d'élite. Le "terroriste" flamand est abattu. En quelques secondes, son seul et unique complice sera maîtrisé. Et le dernier "otage" est libéré.
En septembre 2006, 21 membres du groupuscle d'extrême droite flamand "Bloed-Bodem-Eer en Trouw" ("Sang-Terre-Honneur et Fidélité"), la plupart des militaires, avaient été arrêtés. Ils programmaient le lancement d'une campagne d'attentats afin de déstabiliser la Belgique et de déclencher une « guerre raciale ». Leur objectif final était la création d'un Etat flamand fasciste. (Article dans Le Monde)
lundi 31 mai 2010 /
Bruxelles, ville-région multilingue?
L'orientation confédéraliste adoptée par une partie importante de la classe politique flamande prévoit la gestion à parité de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie (si elle le veut). Les Bruxellois devraient subir cette tutelle de co-gestion parce que les Flamands estiment que « Bruxelles n’est pas une Région comme les autres ». En particulier, ils présentent Bruxelles comme une ville « multilingue » et « multiculturelle » dans laquelle les francophones ne sont, après tout, qu’une "minorité" parmi de nombreuses autres. Bruxelles, ville-région multilingue? Un reportage de la télévision publique internationale TV5:
dimanche 30 mai 2010 /
Le "principe de territorialité" en images
La "Gazette de l'Oostrand" (périphérie est de Bruxelles) a publié sur son site Facebook plusieurs photos illustrant les déprédations commises récemment dans la commune "à facilités" de Wezembeek-Oppem (Lien), dans la périphérie bruxelloise. Les auteurs sont des nationalistes venus de Flandre qui militent pour la suppression des "facilités" linguistiques et administratives accordées aux francophones (environ 75% des habitants de ces territoires). Ils organisent régulièrement des "descentes" afin de rappeler cette conception flamande du "principe de territorialité".
L'inscription en français demandant aux automobilistes de ralentir à l'approche d'une école est souillée.

Les inscriptions françaises sur les plaques de rue sont taguées.
Les appartements à vendre ... devraient être réservés aux seuls Flamands.
samedi 29 mai 2010 /
Coup de gueule séparatiste de Philippe Geluck
Philippe Geluck est un dessinateur-humoriste belge francophone. Il est surtout connu pour être l'auteur de la série de bande dessinée "Le Chat". Parallèlement à sa carrière de dessinateur, il a fait partie entre 1988 et 1999 de l'équipe du "Jeu des dictionnaires" et de "La Semaine infernale" dans les émissions de Jacques Mercier sur la RTBF. Il est devenu à partir de 1992 chroniqueur dans plusieurs émissions radiophoniques et télévisées françaises, notamment "Vivement dimanche prochain", avec Michel Drucker, et "On a tout essayé" avec Laurent Ruquier.
Bruxellois de naissance et de résidence, Philippe Geluck a toujours plaidé pour une Belgique unie. Comme la plupart des francophones de Belgique, il avait bien entendu connaissance des dérives de l’extrémisme flamand, mais il n’en avait jamais vraiment mesuré l’étendue ni les conséquences. Aujourd’hui, tout a changé pour lui. Cette Belgique gangrénée par un nationalisme flamand basée sur l'ethnie, il n'en veut plus. Il a expliqué sa position dans le magazine Télémoustique du 26 mai (Philippe Geluck: "En Belgique, c'est devenu irrespirable"). Extraits de l'interview:
Bruxellois de naissance et de résidence, Philippe Geluck a toujours plaidé pour une Belgique unie. Comme la plupart des francophones de Belgique, il avait bien entendu connaissance des dérives de l’extrémisme flamand, mais il n’en avait jamais vraiment mesuré l’étendue ni les conséquences. Aujourd’hui, tout a changé pour lui. Cette Belgique gangrénée par un nationalisme flamand basée sur l'ethnie, il n'en veut plus. Il a expliqué sa position dans le magazine Télémoustique du 26 mai (Philippe Geluck: "En Belgique, c'est devenu irrespirable"). Extraits de l'interview:
Télémoustique: "Récemment, vous déclariez dans un quotidien que "ce qui faisait la spécificité et la richesse de la Belgique est devenu sa principale raison de se séparer""
Philippe Geluck: "Oui. La vraie Belgique, celle de la diversité, du mixage linguistique et culturel, représente quelque chose pour moi. J'ai toujours dit et je continue de dire que j'aime la culture flamande et les Flamands. Mais quand la Flandre me crache constamment au visage, ça va comme ça. Disons que je suis patriote. Mais le patriotisme, c'est l'amour des autres. Le nationalisme, c'est la haine des autres. Je suis très triste de voir qu'au nord de mon pays, il y a de moins en moins de patriotes et de plus en plus de nationalistes."
Télémoustique: "Ils le sont tous?"
Philippe Geluck: "On nous dit qu'une majorité de Flamands tient encore à ce que j'aime dans la Belgique. Mais alors, j'aimerais bien qu'ils me le montrent! Or, c'est tout le contraire qui se passe. Qu'ils me le montrent le 13 juin par les urnes. Qu'ils me le disent dans la presse. Qu'ils me le montrent en arrêtant toutes ces mesures "anti-francophones". Qu'ils me le montrent en arrêtant de participer par dizaines de milliers au Gordel, cette "promenade" cycliste autour de Bruxelles. Des pères et mères de famille avec leurs enfants font le tour de Bruxelles à vélo, pour bien dire aux Bruxellois francophones: vous êtes nos prisonniers, on vous encercle! Sous couvert d'une randonnée familiale, c'est une manifestation de mépris et de haine."
Télémoustique: "Vous rejoignez donc Olivier Maingain, qui a comparé certaines pratiques flamandes avec celles de l'Occupation allemande?"
Philippe Geluck: "Je trouve qu'il y a des parallèles. Il faut voir ce qui se passe sur le terrain, en Flandre. Quand la commune d'Overijse organise un bureau de délation anti-francophone, ça doit quand même nous rappeler quelque chose. Ce qui m'inquiète le plus, c'est que tout est écrit. Que des intellectuels flamands ou des autorités se mobilisent pour organiser l'exclusion, puis en fassent des écrits. Cette manière d'étouffer Bruxelles en la sous-finançant pour en faire un objet de chantage, ils l'ont écrite! La "doctrine Maddens", du nom de ce professeur d'université de la KUL qui préconise d'assécher l'Etat fédéral de ses ressources pour que, finalement, les francophones soient demandeurs de plus d'autonomie, c'est un écrit. Des décrets comme le "Wooncode" sont des mesures d'exclusion de type raciste, et c'est écrit! Tous ces écrits font froid dans le dos. Comme Mein Kampf aurait dû alerter l'opinion internationale. Tout était écrit! "
Télémoustique: "Et s'est réalisé..."
Philippe Geluck: "Les Flamands pourraient encore empêcher la réalisation de ces doctrines d'exclusion et de haine par voie démocratique. Mais le pire, c'est que certains veulent vraiment les réaliser. C'est ça qui est devenu irrespirable. En Flandre, les nationalistes et les extrémistes tiennent le gouvernail. Et négocier avec ces gens-là, c'est entrer dans leur logique. Si vous faites une concession pour montrer votre bonne volonté, ils la saisissent puis exigent le truc suivant en inventant d'autres exclusions pour mettre la pression. On ne peut pas entrer dans cet engrenage. C'est pour cela qu'il faut changer la Constitution, et y inscrire la possibilité de faire des référendums."
Télémoustique: "Pour définitivement poser aux Flamands la question de la rupture avec la Belgique francophone?"
Philippe Geluck: "Oui. Si c'est non à la rupture, il faudra qu'ils en déduisent une série de choses: le respect des solidarités, des minorités et des droits humains fondamentaux qu'ils ne respectent pas pour l'instant. Si c'est oui, il faudra que les démocrates flamands se demandent où commence et où s'arrête la solidarité au sein d'une Flandre devenue indépendante. Après s'être désolidarisés des francophones, que feront-ils si une partie de la Flandre est plus pauvre qu'une autre? Ils vont aussi l'exclure pour ne conserver qu'une Flandre triomphante? Ça peut aller loin, ce genre de logique. Ça peut aller jusqu'à une logique de sous-citoyens. C'est là que ça rejoint la logique du IIIe Reich."
Télémoustique: "Le 13 juin, la N-VA pourrait devenir le premier parti flamand. Quelle serait votre réaction?"
Philippe Geluck: "Je commencerai à regarder les annonces immobilières à l'étranger. Sans déconner! Ces gens me glacent. Est-ce que je pourrai encore vivre dans un pays où des nationalistes et des néo-fachos du Vlaams Belang façonnent les mentalités? Est-ce que, comme les Juifs dans les années 1930, je ne dois pas me dire: il est temps de quitter l'Allemagne?"
Télémoustique: "Vous seriez prêt à entamer un processus de séparation dès maintenant?"
Philippe Geluck: "Moi, je suis un démocrate. Si une majorité de Flamands dit qu'elle veut foutre le camp, eh bien qu'elle foute le camp! Nous signerons l'acte de séparation. Mais pas à n'importe quel prix. Vous avez votre indépendance, mais à condition que nous gardions le nom de Belgique, qui sera composée de Bruxelles, de la Wallonie et aussi des communes à facilités. Ce qui assure donc un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles, via Rhode-Saint-Genèse et quelques kilomètres carrés de forêt de Soignes, au sud de Bruxelles, où les arbres ne parlent aucune langue. S'ils veulent qu'on respecte leur volonté d'indépendance, il faudra aussi qu'ils respectent le voeu d'une majorité de francophones: vivre dans un autre espace que le leur. Mais avec une grosse nuance par rapport à la Flandre actuelle: les démocrates flamands seront les bienvenus dans cette nouvelle Belgique. Et ils seront respectés dans leur identité linguistique."
Télémoustique: "Vous avez le sentiment d'un énorme gâchis?"
Philippe Geluck: "Tout ça m'attriste. Je parle les deux langues, je crois en la richesse de l'intégration des cultures. Mais aujourd'hui, trop de Flamands se fichent de cela. Vous pouvez être parfait bilingue, ouvert à leur culture, vous serez toujours le francophone à exclure. Une fois de plus, malheureusement, on peut refaire un parallèle avec ce qui s'est produit en Allemagne: vous aviez beau être Allemand, parler la langue parfaitement, aimer Beethoven et Goethe, si vous étiez Juif, vous deviez être exclu. C'est là qu'on est dans l'apartheid, le racisme, la haine de l'autre. Tout ça m'est odieux."
Philippe Geluck: "Oui. La vraie Belgique, celle de la diversité, du mixage linguistique et culturel, représente quelque chose pour moi. J'ai toujours dit et je continue de dire que j'aime la culture flamande et les Flamands. Mais quand la Flandre me crache constamment au visage, ça va comme ça. Disons que je suis patriote. Mais le patriotisme, c'est l'amour des autres. Le nationalisme, c'est la haine des autres. Je suis très triste de voir qu'au nord de mon pays, il y a de moins en moins de patriotes et de plus en plus de nationalistes."
Télémoustique: "Ils le sont tous?"
Philippe Geluck: "On nous dit qu'une majorité de Flamands tient encore à ce que j'aime dans la Belgique. Mais alors, j'aimerais bien qu'ils me le montrent! Or, c'est tout le contraire qui se passe. Qu'ils me le montrent le 13 juin par les urnes. Qu'ils me le disent dans la presse. Qu'ils me le montrent en arrêtant toutes ces mesures "anti-francophones". Qu'ils me le montrent en arrêtant de participer par dizaines de milliers au Gordel, cette "promenade" cycliste autour de Bruxelles. Des pères et mères de famille avec leurs enfants font le tour de Bruxelles à vélo, pour bien dire aux Bruxellois francophones: vous êtes nos prisonniers, on vous encercle! Sous couvert d'une randonnée familiale, c'est une manifestation de mépris et de haine."
Télémoustique: "Vous rejoignez donc Olivier Maingain, qui a comparé certaines pratiques flamandes avec celles de l'Occupation allemande?"
Philippe Geluck: "Je trouve qu'il y a des parallèles. Il faut voir ce qui se passe sur le terrain, en Flandre. Quand la commune d'Overijse organise un bureau de délation anti-francophone, ça doit quand même nous rappeler quelque chose. Ce qui m'inquiète le plus, c'est que tout est écrit. Que des intellectuels flamands ou des autorités se mobilisent pour organiser l'exclusion, puis en fassent des écrits. Cette manière d'étouffer Bruxelles en la sous-finançant pour en faire un objet de chantage, ils l'ont écrite! La "doctrine Maddens", du nom de ce professeur d'université de la KUL qui préconise d'assécher l'Etat fédéral de ses ressources pour que, finalement, les francophones soient demandeurs de plus d'autonomie, c'est un écrit. Des décrets comme le "Wooncode" sont des mesures d'exclusion de type raciste, et c'est écrit! Tous ces écrits font froid dans le dos. Comme Mein Kampf aurait dû alerter l'opinion internationale. Tout était écrit! "
Télémoustique: "Et s'est réalisé..."
Philippe Geluck: "Les Flamands pourraient encore empêcher la réalisation de ces doctrines d'exclusion et de haine par voie démocratique. Mais le pire, c'est que certains veulent vraiment les réaliser. C'est ça qui est devenu irrespirable. En Flandre, les nationalistes et les extrémistes tiennent le gouvernail. Et négocier avec ces gens-là, c'est entrer dans leur logique. Si vous faites une concession pour montrer votre bonne volonté, ils la saisissent puis exigent le truc suivant en inventant d'autres exclusions pour mettre la pression. On ne peut pas entrer dans cet engrenage. C'est pour cela qu'il faut changer la Constitution, et y inscrire la possibilité de faire des référendums."
Télémoustique: "Pour définitivement poser aux Flamands la question de la rupture avec la Belgique francophone?"
Philippe Geluck: "Oui. Si c'est non à la rupture, il faudra qu'ils en déduisent une série de choses: le respect des solidarités, des minorités et des droits humains fondamentaux qu'ils ne respectent pas pour l'instant. Si c'est oui, il faudra que les démocrates flamands se demandent où commence et où s'arrête la solidarité au sein d'une Flandre devenue indépendante. Après s'être désolidarisés des francophones, que feront-ils si une partie de la Flandre est plus pauvre qu'une autre? Ils vont aussi l'exclure pour ne conserver qu'une Flandre triomphante? Ça peut aller loin, ce genre de logique. Ça peut aller jusqu'à une logique de sous-citoyens. C'est là que ça rejoint la logique du IIIe Reich."
Télémoustique: "Le 13 juin, la N-VA pourrait devenir le premier parti flamand. Quelle serait votre réaction?"
Philippe Geluck: "Je commencerai à regarder les annonces immobilières à l'étranger. Sans déconner! Ces gens me glacent. Est-ce que je pourrai encore vivre dans un pays où des nationalistes et des néo-fachos du Vlaams Belang façonnent les mentalités? Est-ce que, comme les Juifs dans les années 1930, je ne dois pas me dire: il est temps de quitter l'Allemagne?"
Télémoustique: "Vous seriez prêt à entamer un processus de séparation dès maintenant?"
Philippe Geluck: "Moi, je suis un démocrate. Si une majorité de Flamands dit qu'elle veut foutre le camp, eh bien qu'elle foute le camp! Nous signerons l'acte de séparation. Mais pas à n'importe quel prix. Vous avez votre indépendance, mais à condition que nous gardions le nom de Belgique, qui sera composée de Bruxelles, de la Wallonie et aussi des communes à facilités. Ce qui assure donc un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles, via Rhode-Saint-Genèse et quelques kilomètres carrés de forêt de Soignes, au sud de Bruxelles, où les arbres ne parlent aucune langue. S'ils veulent qu'on respecte leur volonté d'indépendance, il faudra aussi qu'ils respectent le voeu d'une majorité de francophones: vivre dans un autre espace que le leur. Mais avec une grosse nuance par rapport à la Flandre actuelle: les démocrates flamands seront les bienvenus dans cette nouvelle Belgique. Et ils seront respectés dans leur identité linguistique."
Télémoustique: "Vous avez le sentiment d'un énorme gâchis?"
Philippe Geluck: "Tout ça m'attriste. Je parle les deux langues, je crois en la richesse de l'intégration des cultures. Mais aujourd'hui, trop de Flamands se fichent de cela. Vous pouvez être parfait bilingue, ouvert à leur culture, vous serez toujours le francophone à exclure. Une fois de plus, malheureusement, on peut refaire un parallèle avec ce qui s'est produit en Allemagne: vous aviez beau être Allemand, parler la langue parfaitement, aimer Beethoven et Goethe, si vous étiez Juif, vous deviez être exclu. C'est là qu'on est dans l'apartheid, le racisme, la haine de l'autre. Tout ça m'est odieux."
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