Des politiques flamands répondent aux critiques des Nations Unies
En février dernier, le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale s'est dit "préoccupé par l'adoption par le gouvernement flamand en décembre 2006 d'un décret restreignant l'accès aux logements sociaux aux personnes qui parlent ou qui ont pris l'engagement d'apprendre le néerlandais". Dans un avis juridique intermédiaire, remis fin 2006 déjà, la Commission européenne avait vu dans le décret flamand "une forme dissimulée de discrimination". La commune flamande de Zaventem, située au nord-est de Bruselles, est aussi dénoncée pour ne vendre ses terrains qu'à des néerlandophones ou à des personnes qui s'engagent à apprendre le néerlandais. Le Comité rejoint enfin le Conseil de l'Europe dans ses appels répétés à la ratification de la Convention cadre sur la protection des minorités (lire; Les Nations Unies préoccupées par les pratiques flamandes; Wooncode: déjà 169 familles francophones privées de logement).
Au Parlement Flamand, l'ensemble des partis politiques, à l'exception des écologistes de Groen, avait fait part de leur incompréhension face au rapport des Nations unies. Selon le député Michel Doomst (CD&V) "Les considérations du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale concernant le « wooncode » de la Communauté flamande sont sans fondements". Deux réponses politiques ont depuis été formulées par le Premier Ministre Flamand de la Belgique, Yves Leterme (portrait: Yves Leterme, la Belgique, et les Francophones) et par le Ministre Flamand Bruxellois de la Mobilité et des Travaux Publics, Pascal Smet (Spa, socialiste). Comme vous pouvez le constater, les hommes politiques flamands ne cachent pas leur mépris des institutions internationales chargées de faire respecter les Droits de l'Homme.
Sur le plateau de l"émission politique de RTL (Radio Télévision Luxembourg) de ce dimanche 20 avril 2008, le Ministre Flamand Pascal Smet a d'abord essayé de justifier ce règlement discriminatoire, qui a été proposée pour la première en Europe par le populiste et xénophobe politicien autrichien Jörg Haider, au prétexte qu'il faciliterait la communication entre les communautés dans des logements sociaux à Anvers. Ensuite, il précise ce qu'il pense du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale qui a épinglé le code du logement flamand (Wooncode):
P. Smet: "Moi je connais très bien les Nations Unies. C'est parfois United bla-bla-bla là-bas".
Pascal Vebros (Journaliste et animateur de l'émission): "Ah bon? C'est pas mal ça!"
P. Smet: "United bla-bla-bla je connais très bien les Nations Unies. Je sais comment fonctionne cela là-bas. Faut pas m'expliquer!"
P. Vebros: "Cela fonctionne comment?"
P. Smet : "Bah. C'est un lobby"
Le Premier ministre belge, le Flamand Yves Leterme, a également fermement défendu le 12 avril dernier sur Euronews ce Wooncode. Rien d’étonnant puisqu’il a été adopté lorsqu’il n’était que le Ministre Président de la Région flamande. Son argumentation est basée sur le fait que la "méconnaissance d’une langue en Belgique est source d’injustices sociales". Personne n'a jamais prétendu le contraire. Il faut regarder l’interview, le journaliste ayant eu l’intelligence de garder les silences éloquents du Premier ministre. C'est un pur moment de télévision. Quelques extraits:
EuroNews: "Est-ce que à votre avis il n’y a pas un peu de discrimination là-dedans ?"
Yves Leterme: "Ce n’est pas à moi de juger"
EuroNews : "Pour les Nations unies peut-être…Les Nations unies ont une position à ce sujet"
Yves Leterme : (blanc) "Quelle est votre question ?"
Interview du Premier Ministre Flamand de Belgique Yves Leterme sur le Wooncode
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
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