La Flandre refuse de nommer des bourgmestres francophones

Après avoir informé ses collègues du gouvernement et son président de parti (Open VLD, libéral), Bart Somers, le Ministre flamand des affaires intérieures, Marino Keulen, a signifié officiellement le 14 novembre 2007 aux trois bourgmestres MR (Mouvement Réformateur, libéral) des communes à facilités de Crainhem (Arnold d’Oreye de Lantremange), Linkebeek (Damien Thiéry), et Wezembeek-Oppem (François van Hoobrouck) qu’ils ne seraient pas nommés. Ces trois bourgmestres francophones ont été élus avec une majorité absolue écrasante (Arnold d’Oreye: 76.40% des suffrages; Damien Thiéry: 59.84% ; François van Hoobrouck: 75.97% ). Vidéo: Refus de la nomination de maïeurs francophones.

L’un des motifs principaux à cette décision est le fait que ces bourgmestres avaient envoyé les convocations électorales dans la langue de leurs électeurs (i.e. en français pour les francophones, en néerlandais pour les néerlandophones) lors des élections communales du 8 octobre 2006 et des élections législatives du 10 juin 2007. Le Ministre estime qu'ils ont accompli un acte illégal, puisqu’ils n’auraient pas respecté la fameuse circulaire "Peeters" du gouvernement flamand (aujourd’hui circulaire "Keulen") qui contraint les communes à facilités à utiliser directement le néerlandais dans leurs rapports avec tous leurs administrés, en ce compris les francophones.

Cet argument juridique est très discutable, voire même fallacieux: les bourgmestres francophones ont appliqué strictement les lois linguistiques en vigueur dans ces communes, telles qu’elles existent depuis 1963 et doivent être appliquées, conformément à la jurisprudence de la Commission permanente de contrôle linguistique et aux circulaires constantes des Ministres fédéraux de l’Intérieur en matière de convocations électorales. L’arrêt du Conseil d’Etat de décembre 2004, invoqué par les partis flamands, parce qu’il aurait validé la circulaire, n’a, en réalité, pas jugé au fond la validité de la circulaire.

Tout ceci n'est évidemment qu'un prétexte pour empêcher la nomination de bourgmestres francophones démocratiquement élus. La presse francophone de Belgique a unaniment qualifié cette décision du Ministre Flamand de déni de démocratie et de non-respect du suffrage universel. "Un geste d'agression délibérée" selon le célèbre éditioraliste de La Libre Belgique, Michel Konen (Lien: Edito de Michel Konen dans La Libre Belgique) , "An Affront Too Far" s'interroge l'hebdomadaire du monde des affaires The Economist qui précise "it looks like a serious over-reaction". Mais plus que d'une agression envers les Francophones. Il s'agit d'une agression envers tous les démocrates (Lien:The Economist: "Flemish Nationalists pay a price").

PS: Les instances compétentes du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe ont décidé l’envoi d’une mission d’investigation en Flandre à la suite du refus du ministre flamand des Affaires intérieures, M. Marino Keulen (Open VLD) de nommer trois bourgmestres (maires) francophones de la périphérie bruxelloise. La Flandre mise sous le contrôle du Conseil de l'Europe. Le Bureau du Congrès a marqué son vif étonnement à la lecture de l’argumentation juridique et politique reprise dans la réponse du ministre Keulen.

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

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