La commune de Dilbeek remplit un rôle pionnier dans la lutte flamande contre les francophones

Avec ses presque 40 000 habitants, dont un peu plus de 30% sont francophones, Dilbeek est la commune la plus peuplée du Brabant flamand après le chef-lieu, Louvain. Depuis 1988, Dilbeek est dirigée par Stefaan Platteau, bourgmestre VLD. Il doit en partie son ascension locale à l'ancien bourgmestre de Schepdaal, le très flamingant Jef Valkeniers, passé dans les années 90 de la Volksunie au VLD, et dont le neveu, Bruno Valkeniers est l’actuel Président du parti néo-fasciste Vlaams Belang (lire aussi Article L'Echo de la Bourse et Article Le Soir).

Dilbeek est considérée comme un bastion dur du mouvement flamand. Les autorités communales se comportent régulièrement d’une manière que les francophones, belges et étrangers, qualifient de scandaleuse (lire aussi article La Libre Belgique : Dilbeek tourne le dos à Bruxelles).

Dilbeek "Waar Vlamingen Thuis Zijn"

Le slogan univoque "Dilbeek, waar Vlamingen thuis zijn" ("Dilbeek, où les Flamands sont chez eux") est affiché à l’entrée de la commune, à la frontière de la commune bruxelloise de Molenbeek: en clair, les francophones ne sont pas les bienvenus. Un autre panneau, immense, a été placé sur la façade du Centre Culturel de Dilbeek. M. Platteau explique: "Je défends le caractère flamand de Dilbeek. Les francophones doivent s'adapter". L’initiative a été applaudie par le mouvement flamand (Article du Mouvement Flamand) et par la milice d’extrême-droite du Voorpost (Article dans le journal flamand Het Volk; Article La Libre Belgique).

Le représentant de la milice privée néo-fasciste "Voorpost", Luc Vermeulen, déclare au journal flamand "Het Volk" ("Le Peuple"): “Avec le slogan Dilbeek, où les flamands sont chez eux, le caractère flamand de la commune est mis en évidence. Dilbeek a en effet toujours rempli un rôle pionnier dans la lutte flamande contre la Bruxellisation" (i.e. "contre les francophones", les belges francophones étant considérés par les autorités flamandes comme des immigrés dans leur propre pays).

Le panneau à la frontière de Bruxelles. Cliquez sur l'image pour élargir:


Les autorités communales ont placé ce panneau sur la façade du Centre Culturel de Dilbeek (en réfection). Cliquez sur l'image pour élargir:


Interdiction du français sur la place publique et dans les réunions de quartier

Dans les années 90, les autorités flamandes de Dilbeek avaient déjà agressé les francophones en voulant interdire l’utilisation du français sur la place publique : parler français constituait alors un délit. Ils étaient tombés sur un os, en l’occurrence le conseiller communal francophone Guy Pardon, qui avait introduit un recours auprès de la tutelle. Le gouverneur du Brabant Flamand Lode De Witte a jugé l'interdiction du français illégale et a demandé l’annulation de l'article 21 stipulant que "tous les marchés sont néerlandophones et toutes les activités doivent se dérouler exclusivement en néerlandais". Les autorités communales ont ensuite interdit le français dans les réunions de quartier, où se rassemblaient flamands et francophones. Pour Guy Pardon, le chef de file de l'Union des Francophones "Nous nous adaptons, nous parlons le néerlandais, mais nous sommes toujours exclus de toutes les instances sportives ou culturelles alors que le Vlaams Belang, lui, y est représenté. Nous voulons juste vivre en paix, et être respectés" L'an prochain, cela fera 50 ans qu'il vit à Dilbeek. (Publié dans Le Soir" journal du 19/09/1996, page 21, 26/12/1996 p 16 et 10/01/1997 p 20 et 24/09/2007 p19).

Interdiction de panneaux publicitaires bilingues

Fin 2002, les élus flamands, le bourgmestre en tête, s’en étaient pris cette fois aux clubs sportifs de leur commune. Ils leur demandèrent notamment d’enlever toutes les inscriptions en français (y compris les panneaux publicitaires bilingues) susceptibles de figurer autour des terrains de sport ou dans les salles. Ils se heurtèrent à de nombreux dirigeants, y compris des néerlandophones comme le président du club de football local, Luc Dehaene qui déclare "Je ne conteste pas le caractère flamand de notre commune, mais, qu’on le veuille ou non, il existe chez nous une minorité francophone. Qu’on laisse les gens vivre en paix".

Chauffeurs de taxis: il ne faut pas être bilingue, il faut être flamand

Le bourgmestre Stefaan Platteau et les élus VLD et CD&V de Dilbeek ont décidé que les chaufffeurs de taxis (taximen) inscrits à Dilbeek devaient être flamands. On ne leur demande pas uniquement de s’exprimer en néerlandais ou d’habiter en territoire flamand, non, ils doivent prouver qu’ils sont flamands ("de bestuurders moeten nederlandstalige zijn"). Les partis flamands de Dilbeek reprennent ainsi à leur compte les thèses racistes développées dans les années trente du côté de Berlin par le parti nazi. Guy Pardon, élu francophone, a une fois de plus introduit un recours auprès de la tutelle en arguant de l'inconstitutionnalité du texte en raison de la violation du principe d'égalité et de non-discrimination prévu par la Constitution . Ce nouveau dérapage dilbeekois illustre clairement le mépris affiché envers les francophones par les autorités flamandes (Article La Libre Belgique: Dilbeek: Recours contre taximen néerlandophones).

Carte d'identité raciste

Un nouvel exemple de discrimination raciale à Dilbeek est donné par un francophone qui tient un site intéressant sur les excès flamingants dans cette commune flamande (Site d'un francophone de Dilbeek). Il se rend à l’administration communale pour y faire changer sa carte d’identité suite à un déménagement, avec sa compagne d’origine flamande. En comparant sa feuille de convocation avec celle de son amie, il eut la surprise de sa vie. Sur sa carte figurait la mention "Waar Vlamingen thuis zijn", pas sur celle de sa compagne. Ayant constaté que l’homme était francophone, l’employé n’avait pas hésité à lui faire remarquer qu’il n’était pas le bienvenu. Un geste raciste par excellence. L’Etoile jaune imaginée par certains à une autre époque a fait des émules dans cette triste commune.

Angelica: une dénonciation raciste

Angelica Cajamarca est une fillette équatorienne de 11 ans qui a été arrêtée le 30 juin 2007, avec sa maman, à un arrête de bus de la compagnie flamande De Lijn par la police de Dilbeek. Son arrestation est la conséquence d'une dénonciation raciste opérée auprès de la police locale par un habitant de Dilbeek, qui a cru utile de dénoncer auprès des forces de l'ordre la présence dans sa rue de "deux Gitanes", soupçonnées, du fait de la couleur de leur peau, d'être des "voleuses". Selon un rapport établi par la psychologue Dominique Wathelet, "Angelica présente un état de stress aigu réactionnel à son arrestation, sa garde à vue et sa détention en centre fermé. Le risque d'une évolution vers un état de stress post-traumatique n'est pas à exclure du fait de la présence de facteurs péjoratifs, à savoir l'intentionnalité humaine dans l'évènement, l'âge d'Angelica, la durée prolongée de l'évènement stressant" (source: Le Soir: Angelica dénoncée par un raciste).

Dans l'édito du journal Le Soir, Marc Metdepenningen écrit "À une époque pas si lointaine, la Gestapo recevait des dénonciations anonymes de "bons citoyens" belges localisant des juifs étrangers promis à l’extermination en raison de leur origine raciale...Même si leur situation juridique (nonobstant le scandale que représente l’incarcération d’une enfant) est difficilement défendable, il nous semble que l’offense raciste faite à Angelica et sa maman mériterait au moins des excuses du gouvernement et une annulation des effets qui en découlent. Une administration, comme une justice, qui légitime l’application de la loi par des dénonciations racistes se disqualifie et ne peut inspirer que la plus vive inquiétude" (Source: Le Soir: Angelica victime d'un délateur).

Les Actions Commandos

Exemples du quotidien des francophones à Dilbeek:
  1. Les flamingants, tels des ayatollahs, déversent à l'occasion des sacs de purin dans les magasins afin de punir les commerçants coupables, à leurs yeux, de ne pas respecter la réglementation linguistique.

  2. Les toutes boîtes "Franse ratten, rol uw natten" ("Rats français, faites vos paquets"). Ou "Franse Ratten Eruit" ("Rats Français, Dehors")


La maison communale de Dilbeek: "Soutenez les bourgmestres: Scindons la circonscription électorale - Bruxelles-Halle-Vilvorde"

Pour les francophones de Hal-Vilvorde, la scission de la circonscription électorale signifie qu'ils ne pourraient plus voter pour des candidats bruxellois aux élections législatives et européennes. Elle ouvrirait aussi la voie à la scission de l'arrondissement judicaire de Bruxelles-Halle-Vilvorde qui interdirait définitivement aux francophones de se faire entendre en français devant les juridictions civiles et pénales alors que la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne stipule que toute justiciable "a droit à être informé, dans le plus court délai, dans une langue qu'il comprend et d'une manière détaillée, de la nature et de la cause de l'accusation portée contre lui." (§ 6.3.).

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

3 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Als je dit weet, waarom kom je er dan wonen of winkelen?


    Arno dit

    ca fait froid dans le dos...la connerie n'a pas de limite...


    claude52 dit

    @ Anonyme: Tegen Uw schandalige stelling is er in het Nederlands volgens mij alleen maar één antwoord: "Houzee!"