Bart De Wever: Bruxelles appartient aussi à la Flandre
Le président de la N-VA ("Nieuw Vlaamse Alliantie"), Bart De Wever, en cartel avec le parti du future Premier Ministre de la Belgique, Yves Leterme (CD&V, "Christen-Democratisch en Vlaams") a donné une interview exclusive au journal francophone "La Libre Belgique" ce samedi 15 mars 2008. Lien: Interview de Bart De Wever dans La Libre Belgique.
Le Président de la N-VA déclare:
"Bruxelles est géographiquement en Flandre, mais elle a été francisée en profondeur. Bruxelles appartient aux Bruxellois, mais aussi aux autres Régions. Bruxelles n'est rien sans la Flandre. La Flandre est amputée sans Bruxelles. Les Wallons y seront aussi toujours les bienvenus".
Le statut de Bruxelles, celle d'une Région à part entière indépendante de la Flandre, est donc contesté "Bruxelles appartient ... aussi aux autres Régions". En clair, Bruxelles appartient à la Flandre qui y a localisé ses institutions ... en dehors de son territoire. Il précise que "Bruxelles n'est rien sans la Flandre". Même si les Wallons y sont les bienvenus. Les 90% de francophones qui habitent Bruxelles sont donc les bienvenus ... chez eux!
Une fois de plus, il s'agit de propos inacceptables, provocateurs, d'un homme qui, rappelons-le, a assisté aux funérailles de Karel Dillen, Président-Fondateur du Vlaams Blok et collaborateur avec l'occupant nazi, adepte de l'épuration ethnique (Vidéo: Epuration Ethnique en Wallonie et Bruxelles), et qui a récemment récusé les excuses du maïeur d'Anvers aux juifs déportés par les autorités flamandes (Les revendications des autorités flamandes sur Bruxelles).
Le Président de la N-VA ajoute: "La Wallonie n'a pas développé son identité comme la Flandre où l'idée de devenir un pays a gagné les esprits .... Pour la Flandre, la Belgique, c'est le niveau où il n'y a que des problèmes ... Le pays n'existe plus .... La Belgique a existé mais elle n'existe plus ... Mais il y a beaucoup de problèmes comme le statut de Bruxelles ... La Belgique n'est qu'une conférence diplomatique permanente entre deux pays. ...l'évolution va provoquer une évaporation de la Belgique".
Des propos édifiants, et ce d'autant plus qu'ils proviennent du Président du Parti en cartel avec celui du Premier Ministre ... de la Belgique, Yves Leterme (Yves Leterme, la Belgique et les francophones)
Je vais rassurer Bart De Wever: Bruxelles n'est pas un problème. Les francophones ont ratifié la convention-cadre sur la protection de la minorité flamande. Nous sommes respectueux de votre culture, de votre langue, de vos droits, et de vos libertés fondamentales. Mais nous ne supportons plus cette insupportable main-mise flamande qui nie la démocratie locale et nos droits fondamentaux, tels que la non-nomination de bourgmestres francophones démocratiquement élus ou le refus de l'usage du français pour les justiciables francophones de Bruxelles (Lien: Des juges flamands refusent le français à des justiciables francophones de Bruxelles)
Bruxelles est à 90% francophone et les Bruxellois revendiquent leur auto-détermination via un referendum. Ce qui est valable au Kosovo l'est aussi à Bruxelles. C'est probablement "un problème" pour les extrémistes flamands. Mais ce n'est pas un problème pour nous. Afin d'aider ce néo-fasciste de mieux comprendre la configuration de l'Europe post-Belgique qu'il souhaite, j'ai créé quelques cartes dans Google Earth. Une vidéo sera bientôt disponible. Cliquez pour élargir les cartes:
1. La Belgique sous sa forme actuelle (en jaune: Flandre, en bleu: Bruxelles, en rouge: Wallonie)

2. La Belgique avec Bruxelles élargi aux 6 communes à plus de 85% francophones

3. La Belgique, avec Bruxelles et la Wallonie unifiée.
4. Bruxelles-Wallonie unifiée avec la France. Vue 1

5. Bruxelles-Wallonie unifiée avec la France. Vue 2

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
2 commentaires:



Je pense que Bruxelles doit sortir de la logique "communautariste" dans laquelle elle a été entrainée par la logique flamande et, il faut le reconnaître, par la peur de l'abandon des Wallons de Bruxelles qui ont été à l'origine du FDF.
Bruxelles doit s'affirmer comme région à part entière, forte et autonome. Ce qui n'empêche pas un lien fort avec la Wallonie.
Certains croient comprendre que mettre en valeur les régions c'est vouloir un repli de la Wallonie sur elle-même. Il n’en est évidemment rien.
Simplement, nous n’avons pas l’impudence de prétendre décider pour les Bruxellois, ni pour les habitants des cantons de l’Est, ni même pour les Wallons. Nous voulons lancer un débat (Voir les 4 propositions du Manifeste pour la convocation d'Etats généraux de la Wallonie dont celle de la "Wallobruxie", d'autres diraient la "Brulonnie"...) qui sera suivi d’une analyse, sans œillères ni a priori, et sans orientation ni récupération politique aucune. Les Bruxellois d’expression française y ont toute leur place.
C’est que paradoxalement, sous des déclarations répétées d’appel à un « Etat wallon-bruxellois au sein de la Belgique », ce que certains veulent éviter, ici comme en Flandre, c'est l'émergence d'un dynamisme régional wallon et d'un dynamisme régional bruxellois. Car ceux-ci seraient fatals à l'Etat belge.
Les problèmes institutionnels sont voulus comme « communautaires », c'est à dire opposant les tenants des deux langues principales. C’est faire le jeu de la Flandre. Le jour où Wallons et Bruxellois ne se sentiront plus liés entre eux par ce lien qui n'a d'autre finalité que de donner la réplique au nationalisme flamand, la Belgique aura cessé d'exister. La Flandre n'ayant alors plus aucun espoir de conquérir Bruxelles qui se sera rendue autonome, et alors oui, elle prendra son indépendance. A contrario, si Bruxelles devenait flamande, la Wallonie serait, au mieux larguée, au pire colonisée. Les positions communautaires, au sens littéral du terme, sont donc, paradoxalement, nécessaire à la survie de l'Etat belge. Il fait partie du rôle de propagande, de la raison d’être, de certains partis de les entretenir en s’abritant derrière des prétextes linguistiques.
Grâce à eux, la Belgique continuera d'exister tant qu'elle sera présente dans l'imaginaire francophone. Elle n'est pas menacée à court terme par l'impérialisme flamand où elle est déjà morte dans l’imaginaire. Ce qui est menacé à moyen terme, c'est bien le caractère francophone de Bruxelles. Aux Bruxellois à prendre leurs responsabilités et à ouvrir les yeux et vite !
Un signe ? Dans la fuite en avant qui consiste à maintenir l'Etat belge à tous prix, la communautarisation (actuellement partielle) de la Justice est l’idée géniale du « premier paquet » de réformes. Ce nouvel édifice judiciaire a été ainsi annoncé en régionalisant le Code de la route et la partie du Code civil portant sur les baux à loyers. Il est d'ailleurs étonnant que le parti dit fédéraliste bruxellois estime ces deux points anecdotiques. Parions que la Flandre aura tôt fait de s’en servir, n’octroyant de valeur légale qu’aux contrats des baux à loyers rédigés en néerlandais dans la périphérie bruxelloise. Cette petite scission de la justice permettra ainsi à la Flandre d'épurer un peu plus son territoire actuel de l’utilisation de la langue française. A terme (dans le second paquet ?), la justice ne serait plus rendue qu'en néerlandais en Flandre, la composition des tribunaux et les attributions de compétence dépendront au Vlaams Raad. Cette compétence s’étendra aux flamands de Bruxelles, pour qui la fusion région-communauté n’est en fait qu’une négation du fait régional bruxellois.
Après la culture et l'enseignement, on donnera ainsi à la Flandre une troisième voie d'entrée majeure sur Bruxelles, tout en lui offrant de « sécuriser » la périphérie d'un point de vue linguistique, puisque désormais la justice sera attachée au sol d'abord, en Flandre, tandis qu’elle dépendrait des individus à Bruxelles.
Il est donc vain de retomber dans le piège d’un débat entre communautaristes et régionalistes masquant la réalité, mais au contraire de penser l’avenir.
Ceci n'étant évidemment que l'avis d'un Wallon...
Anonyme dit
Cet interview de BDW m'a aussi hérissé les poils, mais je voudrais quand même nuancer un peu. La citation complète, pour être honnête est (mettez donc des points de suspension pour les parties que vous omettez):
"Bruxelles est géographiquement en Flandre, mais elle a été francisée en profondeur. A Bruxelles, ce sont des vrais Belges. La Flandre ne peut pas dire : "Bruxelles est à nous". Bruxelles, qui est un enfant de la Belgique, appartient aux Bruxellois, mais aussi aux autres Régions. Bruxelles n'est rien sans la Flandre. La Flandre est amputée sans Bruxelles. Il faut travailler ensemble. Les Wallons y seront aussi toujours les bienvenus. On ne va pas construire les murs."
Il est effectivement temps que les politiciens flamands aient le courage politique de dire à leurs électeurs que Bruxelles n'est effectivement pas en Flandre ( La Flandre ne peut pas dire : "Bruxelles est à nous"). Le reste de la phrase relève du vieux fantasme flamand de cogestion de Bruxelles (reprise dans les résolutions de 1999 du Parlement Flamand), qui doit être rejeté. Pour le reste de la phrase, il serait plus exact à mon avis de dire "La Flandre n'est rien sans Bruxelles".