L’usage du français interdit à des enfants
A Merchtem, une commune flamande proche de Bruxelles, le bourgmestre Eddie De Block (VLD, libéral) a décidé le 30 août 2006 d’interdire l’usage de toute autre langue que le néerlandais à l’école, dans les relations, écrites ou orales, entre parents et enseignants ainsi qu’entre enfants et entre parents. Et si les enfants osent, ne fût-ce que chuchoter quelques mots dans une autre langue, la sentance sera la retenue ou l’expulsion. Des surveillants sont chargés de veiller à la bonne application de ce règlement (Sources: La DH: "Punis s'ils parlent francais"; Le Soir: "La Flandre a-t-elle peur du français?).
Selon le bourgmestre de Merchtem, cette position radicale a comme objectif d’accélérer l’intégration des élèves à l'école. Il précise que "Nous ne visons pas que les francophones, mais également les élèves issus de familles d'émigrés". En clair, les enfants des nombreux expatriés qui travaillent pour les institutions européennes à Bruxelles. Le journal français Libération ("A Merchtem, le français mis au banc de l'école") rapporte qu’une mère flamande et bilingue considère cette décision "ridicule". Elle ajoute "On ne va tout de même pas interdire à un frère de parler en français à sa soeur dans la cour de récré". Et bien si. Et pour Thierry, un magasinier français qui se dit "bien intégré" à Merchtem, ce règlement s’inscrit clairement dans une "politique de discrimination des francophones".
Ce n’est pas la première fois que Merchtem fait parler d’elle. La commune s’était déjà illustrée en novembre 2005 par son interdiction d’utiliser une autre langue que le français sur le marché. Une mesure qui avait été jugée non conforme à la législation par le ministre flamand des affaires intérieures, Marino Keulen. L'article 30 de la constitution belge stipule en effet que, si "l'emploi des langues est facultatif", cela ne concerne que l'administration. On ne peut légiférer sur l'emploi des langues entre les particuliers. Soulignons également que les autorités flamandes (le Ministre Flamand des Médias et le Régulateur Flamand) ont interdit la diffusion des programmes de Télé-Bruxelles, une chaîne d'expression française, décision qui va à l'encontre de la réglementation européenne.
La décision prise par le bourgmestre de Merchtem s’est depuis étendu à d’autres communes flamandes qui bordent Bruxelles et où vivent jusqu’à 80% francophones. Pis, l’interdiction de l’usage de la langue française s'appliquent désormais "aux alentours de l’école" ("omgeving"). Bien entendu, les autorités scolaires flamandes ne précisent pas ce qu’elles entendent par "les alentours de l’école", de telle sorte que l’usage de la langue française est de facto interdit sur l’ensemble du territoire. De nombreux témoignages d’enfants francophones, parfaitement bilingues, indiquent qu’ils sont sujets à des pressions et des menaces d’enseignants néerlandophones pour qu'ils ne s’expriment pas en français entre eux en dehors de l'école. Certains ont été sanctionnés parce qu'ils parlaient le français entre eux sur la voie publique. L’interdiction de la langue française entre particuliers est illégale. Pourtant, c’est bien la réalité que vivent des enfants francophones au cœur de l’Europe.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
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