The Washington Post: "Belges clopin-clopant"
Le quotidien américain "The Washington Post" a raflé ce lundi 7 avril six prix Pulitzer (Pulitzer) pour la qualité de ses articles, et en particulier pour son journalisme d'investigation. Je ne pouvais donc pas me permettre de ne pas lire les articles que ce journal a consacré à la grave crise communautaire que traverse la Belgique. Un article a retenu mon attention. Celui écrit par Delphine Schrank, journaliste américaine, qui a étudié la situation sur le terrain: The Washington Post: Belgians Limp Along, Hobbled by Old Language Barriers. Je vous synthétise ci-dessous les passages les plus intéressants de l'article.
"The Washington Post: Belges clopin-clopant à cause de vieilles querelles linguistiques".
By Delphine Schrank
Washington Post Staff WriterWednesday, January 30, 2008
Page A10
Un graffiti dégrade un panneau routier bilingue à Bruxelles

Zaventem, Belgique - Dans cette banlieue de Bruxelles, où les maisons soignées sur des ruelles serpentées se trouvent à quelques rues du siège de l'OTAN et des tours de verre des multinationales, Jean-René Delval vide son domicile qu'il habite depuis 32 ans et déménage avec son épouse en Espagne. Delval, un francophone du sud du pays est mariée avec une flamande du nord du pays.
Ces derniers mois, les obstacles linguistiques se sont accumulés au-delà de la simple tracasserie administrative. De nouveaux règlements stipulent que les terrains publiques dans la municipalité de Delval ne peuvent être vendu qu'à des gens qui parlent le néerlandais ou qui démontrent une volonté d'apprendre le néerlandais. Les enseignants du jardin d'enfants (crêche) de sa petite-fille ont reçu l'interdiction de parler le français. Et au cours d'une nuit récente, Delval prétend que la police n'a pas répondu à son appel en langue française pour leur demander d'enquêter sur un étrange bruit à l'extérieur de sa porte d'entrée.
A la suite des élections nationales du 10 juin dernier, le pays boîtille sans gouvernement fédéral depuis un record de 195 jours. Le futur Premier Ministre flamand Yves Leterme a échoué trois fois à former une coalition qui représenterait les intérêts des deux communautés. L'impasse résulte en grande partie des revendications flamandes pour plus d'autonomie et a précipité une crise identitaire à l'échelle du pays. Beaucoup de gens ont commencé à envisager la dissolution de la Belgique en une confédération très souple ou en une séparation complète, comme les Tchèques et les Slovaques l'ont fait en Tchécoslovaquie dans leur divorce pacifique de 1993.
Pour l'instant, la Belgique demeure, officiellement du moins une la Flandre néerlandophone, une Wallonie francophone, avec la prospère capitale Bruxelles bilingue et cosmopolite, en plein milieu. Mais les néerlandophones et les francophones vivent en grande partie des vies séparées, régies par des bureaucraties parallèles. Ils regardent des chaînes de télévision distinctes, ils suivent leur cursus dans des écoles et des universités distinctes, et ils votent pour les ailes flamandes ou francophones des mêmes partis politiques.
Ces derniers mois, les obstacles linguistiques se sont accumulés au-delà de la simple tracasserie administrative. De nouveaux règlements stipulent que les terrains publiques dans la municipalité de Delval ne peuvent être vendu qu'à des gens qui parlent le néerlandais ou qui démontrent une volonté d'apprendre le néerlandais. Les enseignants du jardin d'enfants (crêche) de sa petite-fille ont reçu l'interdiction de parler le français. Et au cours d'une nuit récente, Delval prétend que la police n'a pas répondu à son appel en langue française pour leur demander d'enquêter sur un étrange bruit à l'extérieur de sa porte d'entrée.
A la suite des élections nationales du 10 juin dernier, le pays boîtille sans gouvernement fédéral depuis un record de 195 jours. Le futur Premier Ministre flamand Yves Leterme a échoué trois fois à former une coalition qui représenterait les intérêts des deux communautés. L'impasse résulte en grande partie des revendications flamandes pour plus d'autonomie et a précipité une crise identitaire à l'échelle du pays. Beaucoup de gens ont commencé à envisager la dissolution de la Belgique en une confédération très souple ou en une séparation complète, comme les Tchèques et les Slovaques l'ont fait en Tchécoslovaquie dans leur divorce pacifique de 1993.
Pour l'instant, la Belgique demeure, officiellement du moins une la Flandre néerlandophone, une Wallonie francophone, avec la prospère capitale Bruxelles bilingue et cosmopolite, en plein milieu. Mais les néerlandophones et les francophones vivent en grande partie des vies séparées, régies par des bureaucraties parallèles. Ils regardent des chaînes de télévision distinctes, ils suivent leur cursus dans des écoles et des universités distinctes, et ils votent pour les ailes flamandes ou francophones des mêmes partis politiques.
"Nous sommes deux opinions, deux peuples, avec deux types différents de démocraties, vraiment", déclare Geert Bourgeois, le ministre flamand en charge des relations internationales et fondateur du parti séparatiste de la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA) "Nos visions sont différentes, et nos problèmes sont différents".
Beaucoup de Flamands voient la sauvegarde de la langue et de la culture flamande comme un renversement d'une injustice historique. Le français était la langue officielle de la vie publique avant les années 1960, moment où le pays a établi le système actuel de zones linguistiques.
"Les flamands doivent défendre leur territoire", déclare Francis Vermeiren, bourgmestre de Zaventem "Si j'étais allé à la mairie de Washington DC et que j'avais demandé ma carte d'identité en néerlandais, est-ce qu'ils ne m'auraient pas regardé comme si je venais de la lune?" At-il dit. "C'est la même chose ici."
Dans trois des six communes flamandes autour de Bruxelles qui autorisent officiellement l'utilisation des deux langues, les maires qui ont été élus en octobre 2006, se sont vu refuser leur nomination officielle par le parlement flamand parce qu'ils ont distribué des convocations électorales en français aux électeurs francophones. Les maires soutiennent que cette décision viole les lois de l'Etat Fédéral.
Marmol, un wallon de naissance, a récemment déménagé dans la pittoresque ville flamande d'Overijse en dehors de Bruxelles, après que son épouse y ait hérité d'une propriété. A présent, il fulmine sur l'absence d'une école de langue française dans la commune, la rareté des livres français dans les bibliothèques publiques et le manque de fonctionnaires francophones dans les clubs sportifs de la ville.
"Nous avons en commun le long chemin de l'histoire que nous avons parcouru ensemble", dit-il. "Et l'un des grands atouts de ce pays est son multiculturalisme. Mais ça, c'est une richesse que nous risquons de perdre." "Je suis belge", at-il ajouté. "Mais je ne suis pas un Belge à n'importe quel prix."
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
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