De Standaard publie des caricatures racistes

Le quotidien De Standaard se targue d'être aujourd’hui le numéro un de la presse de qualité en Flandre "qui offre à ses lecteurs les clés nécessaires pour approfondir et comprendre l’actualité politique". Sa version papier est vendue à plus de 330.000 exemplaires par jour. J'avais déjà mentionné la semaine passée que ce quotidien ne connaît pas ou feint de ne pas connaître les frontières de la Flandre: la Région de Bruxelles, à 90% francophone, est intégrée par ce journal à la Région Flamande, unilingue flamande (lien: De Standaard assimile la Région de Bruxelles à la Flandre). Lire aussi Le statut de Bruxelles.

Le journaliste du quotidien français Libération (Libération), Jean Quatremer, qui couvre l'actualité européenne (lire aussi: Libération: Coulisses de Bruxelles), a reproduit une des caricatures qui a illustré le journal flamand De Standaard, sans commentaires. Le Roi des Belges annonce la naissance du quatrième enfant du prince héritier, Philippe de Belgique. Les Belges francophones sont ravis. Le Roi demande en flamand à son conseiller: "Où sont les Flamands?". Réponse du conseiller: "Au travail". Alors que la Belgique est en pleine crise communautaire, le journal De Standaard sort un cliché, unilatéral, qui stigmatise l'ensemble de la communauté française de Belgique ("francophone = chômeur, Flamand = travailleur").

Une autre caricature a été publiée par le journal De Standaard. Elle montre un francophone qui postule pour avoir un logement social en Flandre. L'employé lui demande "Monsieur parle-t-il le flamand?". Le francophone s'interroge "Qu'est-ce-qu'il dit?". Son perroquet répond: "Non, mais moi bien!". Ce dessin doit être lu dans le contexte du nouveau règlement d'accès au logement social en Flandre ("wooncode"). Seuls les candidats qui ont réussi un examen de néerlandais ou, à défaut, ont suivi avec assiduité des cours de néerlandais, peuvent prétendre avoir éventuellement accès à un logement social (Wooncode: déjà 169 francophones privés de logement; Les Nations Unies préoccupées par les pratiques flamandes). Le journal De Standaard tend ici à faire croire que les francophones de Belgique ne savent pas parler le flamand contrairement à un animal.

Les caricatures racistes du journal flamand "De Standaard" (cliquez pour élargir")


Jean Quatremer explique sur son blog que la reproduction de cette première caricature a "déclenché une véritable déferlante de réactions provenant de Flandre .... 98 % des réactions provenant du nord du pays étaient haineuses, violemment haineuses, à l’égard des francophones, et, manifestement, les auteurs de ces commentaires ne savaient pas qu’ils réagissaient sur un blog d’un journal français et non belge" (exemple: "Walen Buiten, "Sales Profiteurs", etc.). D'autres flamands ont invoqué l'excuse de l'humour. Comme le rappelle Jean Quatremer, lorsque le Premier Ministre Flamand de la Belgique, Yves leterme, a déclaré que les francophones n'étaient pas en état intellectuel d'apprendre le flamand, il s'est justifié en prétendant que c'était de l'humour incompris (lien: Yves Leterme, la Belgique, et les Francophones).

Le journaliste de Libération précise: "Les discriminations frappant les francophones de Flandre, que la presse belge et désormais internationale relate régulièrement, provoqués par un nationalisme flamand de plus en plus exacerbé sont d’une rare gravité. Le drame de la Belgique est que la Flandre est déjà une nation qui veut se constituer en État linguistiquement uni. Elle ne peut donc tolérer que des francophones vivent sur son territoire, sauf s’ils s’intègrent totalement (il serait inexact de faire de la Flandre une région raciste). La langue, comme marqueur d’identité, implique l’éradication de toute minorité constituée, même si celle-ci est Belge. C’est pour cela que la Flandre a toujours refusé que la Belgique adhère à tous les instruments internationaux de protection des minorités et qu’elle refuse de se plier aux avis du Conseil de l’Europe et de l’ONU, avis traités avec un rare mépris dans ce pays qui, par ailleurs, fait profession de fédéralisme européen."

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

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