Coup de force flamand sur BHV à la Chambre
Le jeudi 8 mai 2008, à la Chambre, les Flamands des partis démocratiques et des partis non démocratiques et séparatistes ont imposé la mise à l’ordre du jour de la scission pure et simple de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il y a eu 80 votes flamands en faveur de la mise à l’ordre du jour, 60 votes francophones contre cette mise à l’ordre du jour et 2 abstentions. Ce vote sectaire intervient alors que l’ensemble des partis francophones avaient accepté un dialogue pour "une solution négociée" (Lire aussi: Les vrais enjeux de la scission de BHV; Synthèse des déclarations du CD&V sur BHV).
Une proposition de loi du parti fasciste Vlaams Belang ("Intérêt Flamand") avait déjà votée le 7 novembre 2007 en Commission de l'Intérieur de la Chambre, par la majorité flamande contre la minorité francophone, ce qui avait valu à cet épisode d'être qualifié de "rupture du pacte des belges". Le parlement de la Communauté française avait alors déclenché une procédure de conflit d’intérêt, un mécanisme légal qui permet de suspendre pendant 120 jours la scission effective de BHV (La scission de BHV: rupture du pacte des belges). Cette procédure de suspension arrivait précisément à terme au début de ce mois de mai 2008.
Les Francophones ont immédiatement déposé une série d’amendements à la proposition de loi et obtenu une consultation du Conseil d’Etat. Le président de la Chambre, Herman Van Rompuy, a ensuite clôturé la séance estimant que la portée des amendements était trop importante pour permettre à l'assemblée de déjà tenir la discussion générale. Réunis le vendredi 9 mai en séance plénière, les députés francophones bruxellois de Commission communautaire française (Cocof) ont adopté la proposition de motion en conflit d’intérêts sur BHV à l’unanimité des 62 membres présents. Ce vote permet à nouveau de suspendre la scission de BHV durant 120 jours.
Une proposition de loi du parti fasciste Vlaams Belang ("Intérêt Flamand") avait déjà votée le 7 novembre 2007 en Commission de l'Intérieur de la Chambre, par la majorité flamande contre la minorité francophone, ce qui avait valu à cet épisode d'être qualifié de "rupture du pacte des belges". Le parlement de la Communauté française avait alors déclenché une procédure de conflit d’intérêt, un mécanisme légal qui permet de suspendre pendant 120 jours la scission effective de BHV (La scission de BHV: rupture du pacte des belges). Cette procédure de suspension arrivait précisément à terme au début de ce mois de mai 2008.
Les Francophones ont immédiatement déposé une série d’amendements à la proposition de loi et obtenu une consultation du Conseil d’Etat. Le président de la Chambre, Herman Van Rompuy, a ensuite clôturé la séance estimant que la portée des amendements était trop importante pour permettre à l'assemblée de déjà tenir la discussion générale. Réunis le vendredi 9 mai en séance plénière, les députés francophones bruxellois de Commission communautaire française (Cocof) ont adopté la proposition de motion en conflit d’intérêts sur BHV à l’unanimité des 62 membres présents. Ce vote permet à nouveau de suspendre la scission de BHV durant 120 jours.
Le journal télévisé de la chaîne publique belge francophone (RTBF)
Synthèse des réactions politiques
Daniel Bacquelaine (MR) a déclaré que le vote par les partis flamands qui imposent unilatéralement leur volonté est un coup de force qui ne rapportera rien. Elio Di Rupo (PS) a déclaré "Mettons-nous à table pour répondre à cette question essentielle : avons-nous encore la volonté de continuer à vivre ensemble?". Christian Brotcorne (CDH) a parlé d’un geste inexplicable de la part des Flamands un mois à peine après la mise en place du gouvernement et la conclusion d’un accord gouvernement qui prévoyait la recherche d’une solution négociée.
La technique du pourrissement risque cependant de contribuer à la radicalisation de la Flandre même si sur ce point beaucoup de francophones ne se font plus d'illusion. "Cette radicalisation est en route et ne s'arrêtera plus. Il faudra bien qu'un jour les leaders francophones disent clairement à la population francophone ce qu'il en est et qu'on cesse de sortir des drapeaux belges", lançait un des négociateurs dans les couloirs du parlement jeudi soir (Lire aussi: Le Soir: BHV au frigo pour 120 jours).
A Bruxelles, les chefs des groupe démocratiques n'ont pas caché qu'il activaient la procédure en conflit d'intérêts à contre coeur, parce qu'il y va des intérêts des francophones de la périphérie et de leur lien avec ceux de la capitale, et qu'ils veulent que la concertation reprenne le dessus pour éviter le pire. Mais ils ont jugé le processus le vote d'une communauté contre l'autre, particulièrement "grave".
"Voilà des années que les partis flamands chauffent à blanc l'opinion publique flamande contre les Wallons, contre les Bruxellois et contre la Belgique. Aujourd'hui, ils ne contrôlent plus la machine et nous demandent de suspendre une procédure par le vote d'une motion en conflit d'intérêt. Il faut que cela cesse", a ainsi averti Anne-Sylvie Mouzon (PS). Elle estime aussi que "les francophones sont bien gentils de tenter, encore une fois, de calmer le jeu".
Au nom du FDF-MR, Caroline Persoons a parlé d'un acte d'une "gravité sans précédent"." Imaginez que nous utilisions cette loi du nombre au parlement bruxellois où les néerlandophones sont minoritaires… " a-t-elle lancé. Dans un communiqué, le FDF condamne fermement l’attitude flamande qui rompt la confiance entre communautés. Le parti réitère les exigences légitimes et incontournables des francophones: la ratification de la Convention-cadre de protection des minorités nationales, l’élargissement de la Région centrale bruxelloise, et la nomination de trois bourgmestres des communes à facilités.
Michel Konen, éditoraliste du quotidien francophe La Libre Belgique écrit: "Aucun francophone ne pourra jamais accepter que Bruxelles soit enclavée dans un pays flamand aux frontières intangibles comme hier Berlin encerclé par l’Allemagne de l’Est. La scission pure et simple de BHV signifierait à terme – et un terme plus rapproché que certains le pensent - en tout cas la fin d’une Belgique fédérale, et peut-être même d’une Belgique confédérale." (Source: La Libre Belgique: la très grande faute d'Yves Leterme).
Le premier ministre Yves Leterme a reconnu vendredi que le pays vit un moment difficile. "C'est un moment pénible pour le pays et pour les relations entre les deux grandes communautés. On va voir dans les jours qui viennent comment le surmonter et arriver à réunir à nouveau à une table de négociation ceux qui sont prêts à solutionner ce dossier", a-t-il déclaré (Lien: La Dernière Heure: Leterme: le pays vit un moment difficile. La tâche risque toutefois d'être ardue.
Le Ministre-Président Kris Peeters de la Région Flamande a indiqué qu'il ne change pas de point de vue (La Libre Belgique: le gouvernement flamand ne change pas de point de vue) "Il n'est pas question pour le gouvernement flamand, dans le cadre du dossier BHV, de négocier sur un élargissement de Bruxelles ou sur la nomination des trois bourgmestres de la périphérie". Sur ce dernier point, M. Peeters a rappelé que le ministre des Affaires intérieures, Marino Keulen, se fonde sur le dossier que lui a transmis le gouverneur de la province de Brabant: "il n'y a ni éléments nouveaux, ni faits nouveaux qui justifieraient une autre décision", a-t-il dit.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
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