Police et Justice flamande: outils de discrimination raciale

Dans le dossier "Justice à Bruxelles: la français refusé, j'explique que des juges néerlandophones refusent aux justiciables de Bruxelles d'être jugé en français alors qu'il s'agit d'un droit inconditionnel, confirmé par la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne. Certains juges flamands n'hésitent même plus à faire des faux en écriture pour motiver leur décision. Une plainte a été déposée au Conseil Supérieur de la Justice par l’ordre français des avocats du barreau de Bruxelles pour violation des Droits de l'Homme. L'affaire est également dans les mains des plus hautes instances européennes.

La logique des juges flamands s'inscrit dans celle de la pensée dominante des partis politiques flamands qui ont clairement mis à leur agenda l'annexion arbitraire et unilatérale de Bruxelles à la Flandre pour en faire un territoire unilingue et mono-ethnique flamand avec éventuellement des "facilités" temporaires pour les francophones (cfr Les revendications des autorités flamandes sur Bruxelles). Selon ces extrémistes, il s'agit d'accorder le temps pour les francophones de s'assimiler à la langue et à la culture de la minorité néerlandophone (7%-10%) qui habite Bruxelles.

Les dossiers sinistrés sont légion. Pis, de nombreux témoignages signalent que non seulement la justice flamande est devenue un outil de discrimination raciale mais aussi les service de police flamands qui n'hésitent plus aujourd'hui à agresser verbalement des francophones et à falsifier les PV d'audition et leurs rapports internes afin de faire condamner des francophones qu'ils jugent, en fait, coupables de se trouver sur des territoires qu'ils estiment être flamands. Bien plus qu'une question linguistique, c'est la démocratie qui est ici en jeu et le respect des Droits de l'Homme.

Je publie ci-dessous quatre témoignages qui illustrent le fait que la justice et la police flamande sont devenus en Belgique de véritables et dangereux outils de discrimination raciale. D'autres documents, dignes d'une dictature d'extrême-droite, tels des PV (procès-verbaux) d'audition, des rapports de police, et des jugements prononcés par le tribunal civil de première instance de Bruxelles sont en ma possession, ils ont été scannés, et seront publiés intégralement au moment que je jugerai le plus opportun.

Des P.-V. pour les non-Flamands
20/09/2007
Source: La Dernière Heure: Des PV pour les non flamands

"La police de Zaventem traumatise les non-néerlandophones de la commune ZAVENTEM Mario, 11 ans, nettoyait, le 9 septembre, la voiture de ses parents à Woluwe-Saint-Étienne, située sur le territoire de Zaventem, quand deux agents de police néerlandophones lui ont signifié, en flamand, que la voiture, garée à moitié sur le trottoir, devait bouger. Le garçon, Italien d'origine, n'a pas compris. Il va à l'école européenne, comprend donc l'anglais, le français et l'italien... mais pas le néerlandais. Quelques secondes plus tard, il arrive en pleurant chez sa mère, qui va voir dehors ce qui se passe, passablement énervée que des agents de quartier se permettent d'effrayer son fils.

Mais Mme Grazioso, Italienne elle aussi, et par ailleurs employée comme son mari à la Commission européenne, ne comprend pas plus le flamand que son fils ou que son mari. "Nous n'en avons pas besoin et nous parlons dans notre maison la langue que nous voulons...", expliquent-ils logiquement.

Les deux policiers leur expliquent alors que s'ils ne bougent pas leur voiture dans les cinq minutes, ils ont une amende. Et leur demandent pourquoi, en 11 ans d'existence à Zaventem, ils n'ont jamais appris le néerlandais. "Si je vais en Italie, j'apprends l'italien", lance l'un d'entre eux. "Mais jamais on ne vous demandera d'apprendre le napolitain à Naples" , lui rétorque la dame. S'ensuit un débat linguistique qui n'est pas pour plaire à Mme Grazioso. Mais le mari calme la situation, bouge la voiture et les deux agents finissent par s'en aller, laissant là le couple sous le choc et leur petit garçon en pleurs.

Leur amende est arrivée hier, estimée entre 200 et 2.000 euros. La même est parvenue au voisin, qui lui aussi était mal parqué ce jour-là. Sauf que... la police détaille par écrit l'aventure au voisin, qualifiant Mme Grazioso d'hystérique. "Un comble, s'exclame-t-elle. Nous avons la certitude que ce P.-V. nous punit de notre faible niveau en néerlandais. C'est totalement aberrant. Nous sommes des ressortissants européens ! Et depuis, notre fils n'ose plus aller dehors, de peur de tomber à nouveau sur la police qui l'a traumatisé !
"

En français, c'est plus cher
07/03/2008
Source: La Dernière Heure: en français, c'est plus cher

"Retrait de permis d'un mois et 550 € pour avoir franchi une ligne blanche ! VILVORDE Technico - commercial dans une boîte anversoise, Jean-Pierre Cornez passe l'essentiel de ses journées à sillonner les routes du pays. Le 29 juin 2006, il est surpris à couper une ligne blanche continue à Zaventem.

"J'ai été surpris par des files de véhicules qui se trouvaient devant moi. J'ai agi par réflexe en donnant un coup de volant pour éviter l'arrière de la voiture qui me précédait. Des policiers de la route ont assisté à la scène et une amende m'a été envoyée."

Estimant avoir agi de manière à préserver son intégrité physique et celle des occupants du véhicule devant lui, Jean-Pierre Cornez refuse de payer l'amende de 120 euros. Il demande à plaider son cas devant le tribunal de police compétent, celui de Vilvorde. C'est chose faite le 20 novembre 2007.

"J'ai beau parler le néerlandais dans mon métier, je suis un peu court pour comprendre des termes techniques. Mes craintes ont été dissipées quand j'ai entendu le juge prononcer son jugement en français à une personne, étrangère, qui me précédait."

Soulagement de courte durée puisqu'une fois son tour venu, le juge s'adresse au Rhodien en flamand.

"J'ai demandé s'il était possible de s'exprimer en français car je ne peux pas tenir une longue conversation en flamand. Si j'ai pu expliquer mon cas en français, le juge lui, m'a répondu en flamand. Je n'ai compris ce qui se passait qu'en recevant le jugement par courrier, traduit cette fois en français."

Jean-Pierre n'en croit pas ses yeux. Lui qui pensait écoper d'une amende minimale, il prend une sentence incroyable. "J'ai été condamné à 550 € et une déchéance du permis de conduire de 30 jours avec un sursis de 3 ans. Et ce n'est pas tout puisqu'en attendant le sursis de 3 ans, je dois débourser 137,50 € auxquels s'ajoutent les frais liés au procès, de 79,09 €."

Le juge a eu la main lourde...

"Un juriste m'a confirmé qu'on pouvait difficilement me donner une peine plus lourde. Pour moi, c'est parce que je m'exprimais en français, et cela je ne peux l'accepter, même si je ne compte pas faire appel de la décision. On m'a déjà eu une fois, c'est bon !
"

On Cogne bien les Francophones

"Le tribunal correctionnel de Tongres a quasiment blanchi une brute qui, le 9 juin 2001, avait frappé et blessé à la tête un caméraman qui ne faisait rien d’autre que son boulot. Mais, il est vrai, c’était pour une télévision francophone (Rtl-Tvi) et l’irascible cogneur était, lui, un echte Fouronnais vlaamstalig. Pour le caméraman tv-iste, soutenu par l’association des journalises professionnels (qui s’était constituée partie civile), c’est attendre huit longues années (on ne s’est guère pressé) après sa plainte pour s’entendre dire finalement que la cause de ses blessures ne peut être vérifiée (sic !) et qu’il s’est mis lui-même « dans l’embarras » (re-sic !). Pour ceux qui croient encore à la belle Gigue de papa, l’affaire illustre, pour peu qu’on ait un brin de lucidité, que les antagonismes communautaires ne sont (malheureusement) pas qu’une affaire de politiciens et que la justice flamande traite les Wallons comme s’ils étaient déjà des "allochtones" indésirables."

La Police Flamande Agresse des Portugais
13/05/2008
Source: Du bleu dans mes nuages

"Aéroport de Zaventem. Matin du 29 avril. Exceptionnellement, tous les parkings sont pleins. Les travaux obligent la circulation sur une seule bande et il est quasi impossible de s’arrêter alors que mon amie Isa vient me chercher pour me ramener à la maison puisque je viens de rater mon avion.

Une agent de l’autorité nous adresse, d’une manière agressive, des mots qu’on ne comprend pas. On s’arrête pour la regarder. Elle se jette vers la portière dont elle veut forcer l’ouverture, comme si nous étions des voleurs qui venaient de braquer une banque.

Madame, dis-je, je ne comprends pas votre agressivité, on n’est pas des assassins ni des voleurs. Et puis si vous voulez avoir la gentillesse de nous parler en français, non on ne comprend pas le néerlandais.

L’agent continue à vociférer des mots en langue néerlandaise. Sans relâcher son agressivité.
J’insiste : Madame, on est des Portugais, on ne comprend pas le néerlandais, voulez-vous nous parler en français svp. L’agent répond sèchement : « Ici, tu parles flamand !…" Madame, il est inutile de tenir des propos racistes…

L’agent insiste, toujours avec la même agressivité : "Toi, dire moi raciste… Je vais noter ça."
Je désiste… Apparemment, la haine linguistique dépasse les limites du bon sens et du cadre de ce que doit être le rôle d’un agent de l’autorité.

Si je prends en compte que l’aéroport de Zaventem est, d’une part, un lieu international de transit des quelques milliers de voyageurs et, d’autre part un lieu d’accueil et un premier contact avec le pays, pour tous ceux qui arrivent en Belgique, il ne serait pas normal qu’avant de s’adresser à tout citoyen, on lui demande dans quelle langue il veut (ou peut) s’exprimer?…
Ou est-ce que le but est de donner une image médiocre de ce pays à tous ceux qui arrivent dès lors arrivé ?

Probablement que c’est la nature accueillante des Portugais, où beaucoup de néerlandophones passent leur vacances, qui fait que je trouve choquante cette façon de s’adresser à des citoyens. D’Europe ou d’ailleurs.
"

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

5 commentaires:

  1. JP Vanderreydt dit

    Cher Monsieur,

    Je suis un habitant de Kraainem. Durant ces dernières années, j'ai eu malheureusement des expériences judiciaires qui confirment vos témoignages et le fait que les membres flamands de l'institution judiciaires suivent des instructions de flamandisation, ce qui est très grave pour la démocratie.
    En bref: 2 cas

    1. Suite à un PV (ubuesque) pour stationnement à l'aéroport de Zaventem je me présente au tribunal ou je demande la procédure en Français. Elle m'est accordée mais le juge déclare, en audience, qu'il ne comprend pas ma demande puisque étant habitant de Kraainem, je dois parler le flamand!
    Au tribunal suivant, le juge ( par hasard flamand) me fait aussi des reproches linguistiques et le substitut s'émeut, prend ma défense en disant que j'ai le droit de demander la procédure en français et prend aussi ma défense quant au fond. Je suis condamné avec opposition de parquet! ( quelle justice)

    2. Ma femme se fait arnaquer sur le parking du GB par Tele2 qui sous forme de gagnante à un concours lui fait signer un document pour accepter un lot gagnant, c'est en fait une cession déguisée d'abonnement de Belgacom vers Tele2. A la réception des premières factures, une lettre recommandée a été envoyée contestant la cession ( de plus l'abonnement est à mon nom et il y a une fausse signature sur le document réel de cession).
    Quelques années après, je reçois une convocation en flamand pour comparaître dans 15 jours! devant la justice de paix de Schaerbeek et ce pendant les vacances ( absence de mon avocat). Je téléphone au greffe qui refuse ma demande de report et qui me confirme que je peux demander le changement de langue lors de la comparution. Je demande si je peux envoyer mes conclusions en français. Le greffier me dit que non. Je dois demander le changement de langue et apporter mes documents en français. A l'audience, il y avait des centaines de cas Télé2. Le juge de paix est flamand, l'avocat de Télé2 aussi et les cas se passent tantôt en français, tantôt en flamand. A mon tour, je demande la procédure en français qui est acceptée. Mais le juge m'explique qu'il ne peut pas recevoir mes documents en français car j'aurais du les envoyer avant. Je lui explique mon coup de téléphone précédant au greffe mais il répète sa phrase et refuse les documents ( comprenant la lettre recommandée de contestation de la facture). Après mon explication orale, il clôt les débats. Je suis condamné sans motivations dans le jugement et sans indications des documents refusés et sans possibilité d'appel, ce qui lui est permis. Ceci est un dénit de justice. Tout juge honnête, et de plus en justice de paix, aurait reporté l'affaire pour permettre de communiquer les documents, ce que j'avais demandé au greffe et qui m'a été refusé. Quand la justice est atteinte dans son fonctionnement profond et proche du citoyen, la démocratie disparait.

    Jean-Pierre Vanderreydt
    Kraainem


    Anonyme dit

    Que pensez-vous de ceci:

    Je reçois une convocation au tribunal de Halle pour le 10/05 à 9h30 pour un pv non payé (jamais reçu de demande de paiement), j'habite près de Libramont et fais donc le déplacement (340km A/R), j'attend 45min que mon tour arrive et j'explique au juge et au procureur que je ne parle pas assez bien le néerlandais pour pouvoir me défendre.
    Dans un très bon français le procureur me dit "comment ça vous ne parlez pas bien flamand!", je répond "excusez moi, je viens de Libramont et l'on utilise pas fréquement cette langue là-bas..." et lui de me dire "et alors, ma soeur habite dans le Limbourg et elle parle le néerlandais, l'allemand et le français...et bien on renvoie ça au tribunal de bxl", "je recevrais un courrier?" demandais-je, réponse: "oui et à vos frais!"

    Dommage que je ne sais pas retranscrire l'agressivité avec laquelle on m'a parlé...et la façon dont le procureur m'a nargué.

    Une histoire bien belge, on te fais faire 340 bornes pour t'entendre dire en français que tu ne peux pas te défendre dans cette même langue.
    Rien n'indique dans le courrier reçu que l'on est obligé de parler néerlandais, j'ai reçu le document dans les deux langues. J'aurais du me faire représenté par un avocat comis d'office qui aurais parlé et traduit pour moi.

    comment voulez vous qu'il n'y ait pas de querelles communautaire quand même le pouvoir judiciaire agit de la sorte...
    Je suis pour la belgique, pour l'échange entre communauté, je n'ai rien contre les néerlandophones, et je pense que beaucoup de gens pensent comme moi.
    Mais quand va t'on arrêter de se tirer dans les pattes? De se frustrer mutuellement?
    Les magistrats ne jouent ils pas un jeu dangereux?


    celà va faire 2 fois 300 km pour un jugement,+ de la paperasse... vive les économies d'énergies...et on se demande pouquoi la justice est lente.


    Après renseignement, je viens de lire que ça se produit souvent et qu'il s'agit d'un droit inconditionnel, confirmé par la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne.
    Certains juges flamands n'hésitent même plus à faire des faux en écriture pour motiver leur décision. Une plainte a été déposée au Conseil Supérieur de la Justice par l’ordre français des avocats du barreau de Bruxelles pour violation des Droits de l'Homme. L'affaire est également dans les mains des plus hautes instances européennes.


    Je suis indigné face à cette discrimination raciale.


    francophonedebruxelles dit

    Votre mésaventure est une parfaite illustration de ce que je dénonce. Je comprends votre indignation.


    Anonyme dit

    Très très drôle...
    Les gars, d'abord il s'agit de discrimination linguistique, pas de racisme (y-a-t'il une race walonne, flamande ou bruxelloise?). En lisant vos propos, il me semble que la nuance n'est pas votre point fort.

    Et si nous inversons la situation: Pensez vous vraiment qu'un flamand sera verbalisé en néerlandais à l'aeroport de Charleroi? Un juge de paix à Nivelles, parlerait-il d'office néerlandais parce que le mec habite à Bruges?

    Vous êtes pire que les extremistes FL de la périphérie.

    Au lieu de gacher votre temps sur ce forum inutil et provoquant, vous auriez déjà pû apprendre 15 nouveaux mots en néerlandais, anglais, allemand, italien, ou autre.


    JM dit

    Ce que l'on déplore est moins le fait de ne pas être verbalisé dans sa langue que l'agressivité et le manque élémentaire de respect et de correction dont fait preuve le vulgaire magistrat flamand là où peut-être qu'au Sud on vous raconte qu'on vous pompe votre argent, mais quand on vous reçoit, officiellement ou dans le cadre privé, c'est toujours avec courtoisie. Plutôt que donner des leçons et vous plaindre comme des pucelles violées depuis 150 ans, prenez quelques cours de civisme élémentaire. Le manque de nuance il est dans le comportement des autorités et des homes politiques de Flandre élus par une population qu'on est bien forcés de considérer à leur image, pas chez l'auteur de ce Blog qui a parfaitement raison de mettre en lumière des pratiques dignes du siècle passée ou de n'importe quelle dictature nationaliste actuelle.