The New York Times: "La Belgique vacille avec la montée du nationalisme flamand"
La New York Times Company est un des plus importants groupe de presse américain, côté sur la Bourse de New York (New York Stock Exchange, NYSE). Il est surtout connu pour la publication du prestigieux "The New York Times". Il possède aussi the "International Herald Tribune" et "The Boston Globe" ainsi qu'une vingtaine d'autre quotidiens régionaux américains, des stations locales de télévision, des stations de radio et de nombreux sites internet d'informations. Ce très influent et prestigieux groupe de presse américain avait récemment enquêté sur la grave crise communautaire que traverse la Belgique.
Un article avait été publié dans l'édition du mercredi 14 mai du New York Times ainsi que dans les autres quotidiens du groupe de presse, tant au niveau national (USA) qu'international (Lien vers l'article The New York Times: Seams of Belgium’s Quilt Threaten to Burst). Le quoditiden américain n'avait hésité à dire que la Flandre pratiquait une forme non-violente de fascisme et une forme légale de purification ethnique (lire aussi: The New York Times: La Flandre est une Région Fasciste). Cet article avait suscité de vives réactions en Flandre et, dans la foulée, les autorités flamandes avaient décidé d'influencer les faiseurs d'opinion (lire aussi: La Flandre veut influencer les faiseurs d'opinion).
Un article avait été publié dans l'édition du mercredi 14 mai du New York Times ainsi que dans les autres quotidiens du groupe de presse, tant au niveau national (USA) qu'international (Lien vers l'article The New York Times: Seams of Belgium’s Quilt Threaten to Burst). Le quoditiden américain n'avait hésité à dire que la Flandre pratiquait une forme non-violente de fascisme et une forme légale de purification ethnique (lire aussi: The New York Times: La Flandre est une Région Fasciste). Cet article avait suscité de vives réactions en Flandre et, dans la foulée, les autorités flamandes avaient décidé d'influencer les faiseurs d'opinion (lire aussi: La Flandre veut influencer les faiseurs d'opinion).
Ce lundi 4 août 2008, le New York Times a publié un deuxième article sur la Belgique, et en particulier sur la Flandre et ses pratiques. Je constate que la Direction du Groupe de Presse américain ne s'est pas laissé influencer par la propagande flamande. L'article relate simplement les faits tels qu'ils sont et de manière précise, avec des interviews de flamands et de francophones. Veuillez trouver ci-joints les extraits significatifs de cet article (en version française). Je vous recommande évidemment de lire l'article complet en version papier ou sur le site web en ligne du New York Times ou de l'International Herald Tribune: The New York Times: With Flemish Nationalism on the Rise, Belgium Teeters on the Edge.
The New York Times: "Avec la montée du nationalisme flamand, la Belgique vacille"
By MICHAEL KIMMELMAN
Published: August 4, 2008
LINKEBEEK, Belgique - L'autre matin, Damien Thiéry était dans la salle de réunion de la mairie, où à peu près chaque mois, lors des conseils communaux publics, les nationalistes Flamands le harcèlent. La population de cette petite communauté en dehors de Bruxelles est à 84% Francophone. Il y a plus d'un an elle a choisit Mr Thiéry, né à Linkebeek, comme maire. Mais Linkebeek est située dans le nord Flamand et le gouvernement de la Région Flamande a, jusqu'à présent, refusé de ratifier son élection. Mr Thiéry n'est pas flamand. En sa qualité de maire, il préside des réunions très tendues au cours desquelles des nationalistes extérieurs à la ville viennent pour entendre s'il prononce un mot en français au lieu du Flamand, le nom donné aux différents dialectes néerlandais de la Flandre. Dans l'affirmative, at-il dit, toutes les décisions du conseil peuvent être annulées, et il peut être remplacé en tant que maire par quelqu'un que les flamands choisiront.
By MICHAEL KIMMELMAN
Published: August 4, 2008
LINKEBEEK, Belgique - L'autre matin, Damien Thiéry était dans la salle de réunion de la mairie, où à peu près chaque mois, lors des conseils communaux publics, les nationalistes Flamands le harcèlent. La population de cette petite communauté en dehors de Bruxelles est à 84% Francophone. Il y a plus d'un an elle a choisit Mr Thiéry, né à Linkebeek, comme maire. Mais Linkebeek est située dans le nord Flamand et le gouvernement de la Région Flamande a, jusqu'à présent, refusé de ratifier son élection. Mr Thiéry n'est pas flamand. En sa qualité de maire, il préside des réunions très tendues au cours desquelles des nationalistes extérieurs à la ville viennent pour entendre s'il prononce un mot en français au lieu du Flamand, le nom donné aux différents dialectes néerlandais de la Flandre. Dans l'affirmative, at-il dit, toutes les décisions du conseil peuvent être annulées, et il peut être remplacé en tant que maire par quelqu'un que les flamands choisiront.
Damien Thiéry, un des maires francophones non-nommés par le gouvernement flamand. "Il n'est pas flamand" ironise le New-York Times et le International Herald Tribune.

"Nous avons deux cultures séparées en Belgique", a déclaré M. Thiéry, de toute évidence exaspéré. "Ce n'était pas si divisé lorsque j'ai grandi. Les protestataires crient "les Français hors de notre territoire» lors de nos réunions. Les autorités flamandes refusent de donner des contrats à nos enseignants de langue française; ici ils donnent aux enfants flamands 179 euros par an pour les voyages scolaires et autres dépenses, les enfants francophones reçoivent 68 euros. Si nous voulons des subventions, nous sommes obligés de remplir notre bibliothèque avec 75% de livres en flamand, mais c'est ridicule d'avoir une bibliothèque flamande dans une ville essentiellement francophone. Si jamais la Flandre fait sécession, une nation flamande indépendante qui espèrerait retrouver l'adhésion à l'Union Européenne aurait besoin de respecter les élections populaires, y compris la sienne, at-il ajouté. Ironique, non?" dit-il.
Les francophones viennent maintenant parler de "nettoyage linguistique". Les Flamands ... disent que la problématique relève de la préservation du patrimoine national. "Il est difficile d'avoir une conversation rationnelle", déclare Roel Jacobs, un écrivain né de parents flamands qui vit dans la Région bilingue de Bruxelles. "Il y a six millions de néerlandophones et ils sont en colère par rapport à l'influence francophone, mais en même temps ils ne se soucient pas de l'influence de l'anglais et de la culture anglophonne", ajoute-t-il. "Ce n'est donc pas rationnel. Nous avons oublié notre véritable histoire culturelle. Au 15ème siècle, Bruges était la ville la plus dynamique en dehors de l'Italie parce qu'elle était remplie d'étrangers. Ensuite, c'était Anvers, lorsque les étrangers ont quitté Bruges. Aujourd'hui, le mouvement national en Flandre est en complet déni du passé ". Il y a à peu près un siècle, Émile Verhaeren, le poète symboliste Flamand, qui est né à Sint-Amands, près d'Anvers, et qui a fait ses études à l'Université de Louvain, a écrit en Français. Maintenant, l'Université a scindé en deux, l'une Flamande, l'autre Francophone et déplacée vers la Wallonie, et la région autour de Sint-Amands est un bastion de l'extrême-droite, des nationalistes flamands anti-immigrés.
Les francophones viennent maintenant parler de "nettoyage linguistique". Les Flamands ... disent que la problématique relève de la préservation du patrimoine national. "Il est difficile d'avoir une conversation rationnelle", déclare Roel Jacobs, un écrivain né de parents flamands qui vit dans la Région bilingue de Bruxelles. "Il y a six millions de néerlandophones et ils sont en colère par rapport à l'influence francophone, mais en même temps ils ne se soucient pas de l'influence de l'anglais et de la culture anglophonne", ajoute-t-il. "Ce n'est donc pas rationnel. Nous avons oublié notre véritable histoire culturelle. Au 15ème siècle, Bruges était la ville la plus dynamique en dehors de l'Italie parce qu'elle était remplie d'étrangers. Ensuite, c'était Anvers, lorsque les étrangers ont quitté Bruges. Aujourd'hui, le mouvement national en Flandre est en complet déni du passé ". Il y a à peu près un siècle, Émile Verhaeren, le poète symboliste Flamand, qui est né à Sint-Amands, près d'Anvers, et qui a fait ses études à l'Université de Louvain, a écrit en Français. Maintenant, l'Université a scindé en deux, l'une Flamande, l'autre Francophone et déplacée vers la Wallonie, et la région autour de Sint-Amands est un bastion de l'extrême-droite, des nationalistes flamands anti-immigrés.
L'autre après-midi Francis Dannemark était chez lui à Bruxelles: "Je ne pense pas que cela arrivera, mais pour la première fois je crois vraiment que la Belgique pourrait disparaître", dit-il. M. Dannemark est un éditeur (ndlr: flamand) chez Le Castor Astral, une publication de langue française. Dannemark ajoute: "La plupart des gens en Flandre disent maintenant "Je suis flamand et non je suis belge". C'est comme si les Flamands de Belgique voulaient quitter l'Europe. Et s'ils n'étaient pas pauvres, les Wallons voudraient probablement aussi faire sécession. Mr Jacobs a soupiré lorsque cette remarque lui a été répétée "Tous les mouvements culturels ont une histoire et le mouvement nationaliste en Flandre a commencé il y a longtemps lorsque l'aile gauche des libéraux de la Belgique francophone ont fait la promotion de la langue flamand pour le peuple de Flandre", dit-il. "Ils ont cru que la promotion de la langue néerlandaise permettrait d'éduquer les pauvres, qui pourrait apprendre le français plus tard. Ensuite, l'Eglise Catholique est venu dominer le mouvement, et l'a considére comme un mouvement rural et religieux par opposition à la Bruxelles libérale, urbaine, et bilingue, et il est devenu conservateur. Maintenant c'est une extrème droite xénophobe".
La haine est partout. L'autre matin Eugene Messemakers était dans la rue à Vilvorde, une ville flamande non loin de Bruxelles. Un gestionnaire de projets immobiliers qui a pris sa retraite, il a été conseiller municipal pendant 32 ans du quartier essentiellement francophone de Beauval, déclare-t-il. Les Francophones comme lui constituent environ 10% de la population de Vilvorde de 31000 habitants. Mr Messemakers montre l'hôtel de ville, derrière lui. L'entrée a été déplacée vers l'arrière du bâtiment. Son explication était que la pierre devant portait des anciennes inscriptions ciselées en français. Il y avait un drapeau flamand à l'extérieur, et un drapeau de l'Union européenne. Pas de drapeau belge. "On en est arrivé au point que les propriétaires veulent uniquement aux flamands", dit-il. "J'avais l'habitude d'embaucher des travailleurs flamands pour des projets de construction dans les zones francophones, mais maintenant les travailleurs francophones doivent parler le néerlandais pour être recrutés par les patrons flamands. A ma banque, les documents sont en flamands et si vous les demandez en français ils vous disent qu'ils sont dehors."
Mme Witte, historienne, a répondu: "Il y a des années, de nombreux Flamands sont allés travailler à des endroits comme Liège en Wallonie et n'ont pas eu la réciprocité que les francophones des zones flamandes de la Belgique souhaitent maintenant. Même aujourd'hui, il y a encore un sentiment chez les francophones que le français est si important qu'ils n'ont pas besoin d'apprendre le néerlandais." Quand on lui demande si le côté flamand, à ce point dominant, pourrait être plus conciliant d'un point de vue linguistique, Mme Witte, qui est flamande s'arrête et dit. "Dans une société mondiale, les nations sont moins importantes. C'est une question morale. Une culture a-t-elle le droit de se défendre? Plus que cela: Est-ce que l'unité et la nationalité ont priorité sur une culture? Ce n'est pas juste une question pour les Belges mais tout le monde".
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
2 commentaires:


La Flandre n'est pas du tout fasciste et n'applique pas du tout une forme légale de purification. Le fond légal employé par la Flandre est exactement le même que celui en Wallonie, car il s'agit d'une législation fédérale. La différence est qu'en Flandre les lois de facilité sont appliqué, tendis qu'en Wallonie elle ne le sont pas.
Selon votre logique le Québec est encore beaucoup plus fasciste, car elle a des lois linguistique beaucoup plus sévères et elle les impose aven une police linguistique.
De tels articles apparaissent dans la presse international parce qu'on ne lit pas la presse néerlandophone et parce dans la presse francophone c'est la haine qui prévale. Ces insultes précipiterons la fin de la Belgique.
Anonyme dit
Les commentaires de chou-fleur me font rire...
Dire dans deux phrases qui se suivent "la flandre n'applique pas de forme légale de purification" puis "en flandre les lois de facilité sont appliquées, tandis qu'en Wallonie elles ne le sont pas"...
Que rajouter? C'est bien ce que ça veut dire : les francophones n'utilisent pas ce moyen ridicule pour défavoriser l'installation des néerlandophones où ils le désirent.
Et la seule chose qui précipitera la Belgique, ce sont des gens comme De Wever qui ne tiennent qu'un discours de haine, et qui omettent sciemment Bruxelles dans des négociations. Je suis Bruxellois, en aucun cas Wallon, et je refuse qu'un représentant Wallon parle en mon nom lors d'une quelconque négociation. Bruxelles a un gouvernement, des élus, des représentants, et des droits, ce que vous semblez oublier depuis quelques mois...