Dialogue communautaire: les objectifs du gouvernement flamand

Le dialogue de Communauté (flamande) à Communauté (française) s'ouvrira ce mercredi 8 octobre à 11 heures au Palais des académies, à Bruxelles. La délégation flamande est emmenée par le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V, "Chrétiens Démocrates et Flamands"), et est composée notamment des deux vice-ministres-présidents flamands Dirk Van Mechelen (Open VLD, "Démocrates et Libéraux Flamands") et Frank Vandenbroucke (SP.a, "Parti Socialiste"). Le gouvernement flamand, par la voie de son Président Kris Peeters, a rappelé ses exigences le 22 septembre 2008 lors du congrès "Vlaanderen in Actie" (La Flandre en Action, site web: Vlaanderen in Actie).

Déclaration du Gouvernement Flamand concernant la situation sociale générale et les lignes de forces du budget 2009



Extraits:

"Plus de Flandre et une attention particulière pour Bruxelles et la périphérie flamande autour de Bruxelles."

"La déclaration gouvernementale complémentaire du 18 Mai 2005 (Lien vers le texte en pdf), avec des mesures essentielles pour le renforcement du caractère flamand de la périphérie sont en cours d'exécution. Elles sont suivies de près par la Task Force officielle "Périphérie Flamande".

"En outre, je voudrais indiquer un financement supplémentaire pour l’asbl "La périphérie" et l'augmentation des subventions aux associations qui travaillent pour le caractère flamand.

"Le gouvernement flamand a également fait un inventaire de la situation juridique et factuelle de l'enseignement "à facilités" (ndlr : enseignement francophone dans les communes à facilités linguistiques). Le décret qui est interprété différemment est actuellement l'objet d'un conflit d'intérêts."

"Il ne fait aucun doute que le gouvernement adhère à l'application correcte de la loi sur l’emploi des langues et en conformité avec les décisions du Conseil d'Etat de Décembre 2004."

"Il n’y a pas assez d’habitations à prix modérés dans la périphérie flamande. Nous avons intentionnellement élargi le champ de travail de "Vlabinvest": 25 millions d'euros de ressources supplémentaires ont été accordées ainsi que le droit de vente" (ndlr: financement de colonies de peuplement dans les territoires francophones occupés par la Flandre).

"Bruxelles doit être développée en tant que capitale bilingue équilibrée des deux grandes communautés de ce pays. C'est précisément sur base de cette fonction de capitale, européenne et internationale qu’elle ne peut d’ailleurs jamais être une région comme les deux autres."

"La situation communautaire a radicalement changé au cours des derniers mois. Le volet communautaire important de l’Accord du gouvernement flamand reste le cadre de référence dans toutes nos initiatives et positions."

"En Février 2008, le gouvernement flamand a expliqué de façon détaillée sa position sur la réforme de l'Etat dans une note pour la concertation communautaire fédérale (l'Octopus). Elle a été entièrement guidée par les cinq résolutions du Parlement flamand du 3 Mars 1999 (Lien vers le texte en pdf), par la Déclaration du Gouvernement Flamand du 22 juillet 2004 (Lien vers le texte en pdf) et par la déclaration gouvernementale complémentaire du 18 Mai 2005."

"Le 5 Septembre 2008 le gouvernement flamand a franchi un pas supplémentaire et il a formulé les principes du dialogue communautaire, et le 10 Septembre, il a confirmé la note dans son intégralité (Lien: La Flandre décide d'isoler et d'enclaver Bruxelles dans un Etat Flamand). Cette note en six points vise à enclaver définitivement la Région de Bruxelles, à 93% Francophone, dans un futur Etat Flamand.

"Comme elle est nécessaire pour atteindre les objectifs flamands en ce qui concerne la réforme de l’Etat, au lieu de nous mettre à l’écart, nous prenons nos responsabilités."

"L'objectif est l’autonomie socio-économique à part entière, soutenue par nos propres ressources financières et donc plus de responsabilités sur le plan financier. Le départ est donc une réforme de l’Etat sociale et durable avec ses propres responsabilités fiscales et financières."

"Notre préoccupation pour la connaissance du néerlandais n'est pas un signal que la Flandre se ferme vis-à-vis du reste du monde, au contraire. La fausse image de la Flandre égoïste, non-solidaire et fermée est aujourd'hui le cliché le plus ferme qui vit parmi certains en Belgique francophone et à l'étranger."

Deux jours plus tard, le 24 septembre 2008, dans un entretien au journal Le Soir, le Vice-Président du gouvernement flamand, Frank Vandenbroucke (FV), lancait un appel aux francophones (Lien: Entretien dans Le Soir).

FV: "Il y a quelque chose qui nous lie du côté flamand: nous voulons une réforme en profondeur. Nous sommes "modérés" parce que nous voulons un dialogue ouvert, un compromis; mais il ne faut pas sous-estimer notre ambition. L'important est de renforcer les autorités fédérales comme les Régions et Communautés. Renforcer le fédéral, c'est le concentrer sur quelques tâches; renforcer les entités fédérées, c'est les responsabiliser."

FV: "La N-VA (ndlr "Nouvelle Alliance Flamande", parti séparatiste présidé par un néo-fasciste, Bart De Wever) à table constituait peut-être un obstacle pour les francophones mais, cet obstacle levé, il y a davantage de responsabilités dans leur chef. Sinon, on dira que ce n'était qu'une excuse. Attention: si ça rate... On rate une occasion de générer, au lieu de séparer; on rate un dialogue avec les grands partis traditionnels, et cela créera une radicalisation."

Le Soir: "Vous dites: "Si ça rate...". Quel serait alors le danger?"

FV: "Ce sont les socialistes, libéraux et chrétiens-démocrates flamands qui négocieront, des partis bien ancrés dans la vie démocratique, dans l'art du compromis. D'autres ne veulent pas de compromis... Un échec ne ferait que nourrir les extrêmes. Moi, je veux éviter le clash communautaire."

Le Soir: "Les francophones doivent donc donner des "gages"..."

FV: "Oui. Il faut qu'on puisse ressentir de la confiance."

Le Soir: "Quinze mois qu'on essaie... Quelque chose a changé?"

FV: "Oui. Je pense au message rassurant donné par les francophones à Kris Peeters lundi matin."

Le Soir: "Vous pouvez préciser?"

FV: "Ils ont dit qu'il n'y aurait pas de "chantage" sur B-H-V (ndlr: Bruxelles-Hal-Vilvorde: Lien: La scission de BHV). Nous avions demandé que les discussions sur la réforme de l'Etat ne soient pas liées au problème B-H-V. Car si on lie tout à tout, on ne démarrera jamais. Il y a une déclaration écrite du Premier ministre à cet égard."

Le Soir: "Mais si vous voulez découpler réforme de l'Etat et BHV, pourquoi ne pas renoncer à la proposition de loi sur la scission, qui suit son cours au Parlement?"

FB: "Non. Pour nous, il est important que le débat BHV avance au Parlement."

Le Soir: "La nomination des bourgmestres de la périphérie ne fera pas non plus partie du dialogue?"

FV: "Non. On n'en parle pas maintenant." (Lien: La Flandre refuse de nommer des mayeurs francophones).

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

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