Déni de droit pour les francophones victimes d'agressions raciales en Flandre
Les agressions raciales contre des francophones se multiplient de façon inquiétante en Flandre. Dans ces circonstances, la réaction des autorités flamandes est particulièrement intéressante à analyser. Je retranscris brièvement ci-dessous un fait divers dévoilé par le quotidien francophone "La Dernière Heure" (lien: La DH: "J'ai parlé francais en Flandre"; De Standaard: Franstalige krant ziet ethnisch geweld), une altercation violente entre enfants pour une question de langue, que le caractère raciste rend particulièrement grave. Ensuite, j’examine la réaction des autorités flamandes et je donne mon éclairage sur les développements ultérieurs possibles de cette affaire à la lumière de la législation actuelle et du comportement qu'on eu les autorités flamandes pour des actes similaires dans le passé.
Sara, 14 ans: 38 coups de cutter pour avoir parlé français dans la rue
Ce fait divers très grave est arrivé vendredi 10 octobre à Kapelle-op-den-Bos, dans la périphérie nord de Bruxelles, arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Sara, une jeune fille belge de 14 ans qui est parfaitement bilingue, est à l’école secondaire en flamand dans sa commune. Alors qu’elle parlait français avec une amie sur le trottoir à quelques pas de l’école, elle a été prise à partie par une autre élève. "Elle ne supporte pas que je parle à mes amies en français", commente la victime (nb: de nombreuses écoles flamandes interdisent aux enfants les conversations privées en français en dehors de l’école). L'agresseur a utilisé son gsm pour appeller ses amis qui, quelques secondes plus tard, sont venus en nombre.
Sara, 14 ans: 38 coups de cutter pour avoir parlé français dans la rue
Ce fait divers très grave est arrivé vendredi 10 octobre à Kapelle-op-den-Bos, dans la périphérie nord de Bruxelles, arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Sara, une jeune fille belge de 14 ans qui est parfaitement bilingue, est à l’école secondaire en flamand dans sa commune. Alors qu’elle parlait français avec une amie sur le trottoir à quelques pas de l’école, elle a été prise à partie par une autre élève. "Elle ne supporte pas que je parle à mes amies en français", commente la victime (nb: de nombreuses écoles flamandes interdisent aux enfants les conversations privées en français en dehors de l’école). L'agresseur a utilisé son gsm pour appeller ses amis qui, quelques secondes plus tard, sont venus en nombre.
Sara s’est retrouvée encerclée "Je me suis vraiment sentie menacée. J’ai voulu partir mais ils ne m’ont pas laissé faire." explique l'adolescente de 14 ans. Elle avait eu cours de dessin cette journée là et avait donc un cutter sur elle. "C’est idiot, je sais, mais j’ai eu le réflexe de le sortir." Mais "ils étaient loin de moi et la lame n’était pas sortie." Sara laisse tomber le cutter au sol. Quelqu’un a ramassé le cutter … et a sorti la lame. Sara commente: "Ils m’ont tenue. J’ai voulu me débattre. Je sentais que ça brûlait à mes bras. Je pleurais." Et puis, Sara a vu le sang. "Je me suis enfuie et je suis allée à la maison." Mais l’humiliation ne s’est pas arrêtée là: "Ils riaient tous. Il y a même des gens qui ont applaudi."
Arrivée chez elle, Sara montre ses plaies, 38 au total, à Wendy, sa maman. Wendy est une francophone qui travaille en Flandre. Wendy a prévenu la police et est allée trouver le directeur de l’école. Et là, c’est l’incompréhension totale. "J’ai déposé plainte", mais "c’est ma fille qui a été renvoyée pour agression ! Le directeur est convaincu qu’elle s’est tailladée elle-même !" Mais si c’est elle-même qui s’était infligé ces blessures, pourquoi donc le directeur aurait-il dit, hier jeudi 16 octobre, à Wendy que Sara ne pouvait pas retourner à l’école pour l’instant car il "ne pouvait pas garantir sa sécurité"?
Que faire? Une plainte a donc été déposée mais Wendy a appris qu’en Flandre, la discrimination sur base de la langue n’existait pas. Wendy est désemparée: "Je fais quoi maintenant, moi ? Et ma fille, que va-t-elle devenir?", a-t-elle confié au quotidien. "Je ne sais plus à qui m’adresser. Je cherche un avocat qui pourrait m’aider … "
Le Sint-Godelieve-Instituut de Kapelle-op-den-Bos, l'école où est scolarisée l'adolescente, estime dans un communiqué que le déroulement des faits n'est pas encore clair. Selon le Directeur de l'école, "L'affaire s'est passée en-dehors de l'école et des heures de cours" (ce qui n'empêche pas cette même école d'interdire l'usage du français même en privé en dehors de l'école et en dehors des heures de cours). Il ajoute "Vu les déclarations contradictoires sur le déroulement exact des faits, la direction attend les résultats de l'enquête menée par la police locale avant de se prononcer". Le parquet de Bruxelles a indiqué vendredi qu'il n'était pas au courant de l'incident (qui s'est déroulé une semaine plus tôt!). La police locale de Kapelle-op-den-Bos a de son côté préféré ne pas faire de commentaires.
Le Sint-Godelieve-Instituut de Kapelle-op-den-Bos, l'école où est scolarisée l'adolescente, estime dans un communiqué que le déroulement des faits n'est pas encore clair. Selon le Directeur de l'école, "L'affaire s'est passée en-dehors de l'école et des heures de cours" (ce qui n'empêche pas cette même école d'interdire l'usage du français même en privé en dehors de l'école et en dehors des heures de cours). Il ajoute "Vu les déclarations contradictoires sur le déroulement exact des faits, la direction attend les résultats de l'enquête menée par la police locale avant de se prononcer". Le parquet de Bruxelles a indiqué vendredi qu'il n'était pas au courant de l'incident (qui s'est déroulé une semaine plus tôt!). La police locale de Kapelle-op-den-Bos a de son côté préféré ne pas faire de commentaires.
Les querelles communautaires
Les débats parlementaires sont très clairs à ce propos : les querelles communautaires ne peuvent pas être tranchées sur la base de la loi contre le racisme. Elle ne peut être appliquée aux Flamands et aux Wallons. Elles relèvent éventuellement de la loi tendant à lutter contre la discrimination lorsque la dimension de la conviction politique est explicite. Mais il n’y a pour ce faire aucune règle générale, chaque situation doit être examinée au cas par cas. Quand il est question de l’expression de certaines opinions, on navigue très rapidement dans les eaux troubles de la "liberté d’expression". Nous avons le droit d’exprimer notre opinion même si celle-ci est considérée comme choquante, blessante ou inquiétante. Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme n’est pas habilité à traiter les discriminations sur la base de la langue (Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme).
L'accès la justice en français
Bien que sa population soit à 90% francophone la Région de Bruxelles-Capitale est une Région officiellement bilingue français et néerlandais. La loi du 15 juin 1935 relative à l’emploi des langues en matière judiciaire est censée offrir des garanties de procédure en français ou néerlandais, tant au civil qu’au pénal, pour les habitants francophones et néerlandophones domiciliés dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde: tout justiciable a donc le droit inconditionnel d'être jugé dans sa langue par un magistrat qui parle la même langue. Ce droit a été confirmé par la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne.
Pourtant, de nombreux justiciables francophones de l'arrondissement judicaire de Bruxelles-Halle-Vilvorde, se voient refusés l'accès à la justice dans la langue française par des juges flamands qui n'hésitent plus à faire des faux en écriture pour motiver leur décision (Lire aussi Justice à Bruxelles: la français refusé). Dans son rapport annuel de 2005, le Barreau de Bruxelles indiquait déjà, "Toutefois, dans la pratique, les plaideurs constatent qu’il n’est pas simple, devant certaines juridictions, d’obtenir le respect de ces droits élémentaires." Bien plus qu'une question linguistique, c'est la démocratie qui est ici en jeu et le respect des Droits de l'Homme (Liens: Le Barreau: les droits des francophones sont bafoués; Des juges flamands refusent le français à Bruxelles).
Les enquêtes de police
De nombreux témoignages attestent que la police flamande adopte une attitude partisane à l'encontre des francophones de Belgique: passivité de la police (qui refuse d'intervenir dans le cas d'agressions ou d'accidents), falsification de procès-verbaux (PV) d'audition, simulacre d'interrogatoires, rapports de police bidons, amendes arbitraires, faux témoignages, complicité avec les agresseurs, et parfois même des actes de violence gratuits tels que des agressions verbales et physiques de francophones. (Lire aussi Police et Justice flamande: outils de discrimination raciale). La police flamande est aujourd'hui un véritable outil de discrimination raciale qui agit dans l'impunité la plus totale. Un francophone, même parfait bilingue, n'a plus aucun droit en Flandre - La Belgique n'est plus un Etat de Droit.
De nombreux témoignages attestent que la police flamande adopte une attitude partisane à l'encontre des francophones de Belgique: passivité de la police (qui refuse d'intervenir dans le cas d'agressions ou d'accidents), falsification de procès-verbaux (PV) d'audition, simulacre d'interrogatoires, rapports de police bidons, amendes arbitraires, faux témoignages, complicité avec les agresseurs, et parfois même des actes de violence gratuits tels que des agressions verbales et physiques de francophones. (Lire aussi Police et Justice flamande: outils de discrimination raciale). La police flamande est aujourd'hui un véritable outil de discrimination raciale qui agit dans l'impunité la plus totale. Un francophone, même parfait bilingue, n'a plus aucun droit en Flandre - La Belgique n'est plus un Etat de Droit.
L'attitude du Directeur d'école
L'attitude de Daniël Verelst, le directeur de l'école Sint-Godelieve-Instituut de Kapelle-op-den-Bos, le montre: peu importe à ses yeux que des élèves de son école aient éventuellement torturé une jeune fille. La seule chose qui compte est que la victime Francophone ne soit plus dans son école, même si elle est parfaitement bilingue. Elle a donc fauté parce qu'elle est francophone. On note aussi qu'avant d'avoir pris connaissance des différents éléments de cette affaire, Daniël Verelst, déclare que la jeune francophone s'est elle-même tailladé l'avant-bras. Aujourd'hui, cet individu refuse de confirmer sa première version de l'incident, auquel il n'a d'ailleurs pas assisté. Il insiste sur le fait que les enfants ont donné des versions contradictoires. Evidemment, on imagine mal les agresseurs flamingants confirmer avoir torturé et humilié publiquement cette jeune fille.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
10 commentaires:



Et voilà ! La carte des discriminations est déjà à mettre à jour ...
A noter l'initiative de Denis Ducarme : Du respect des lois, des libertés et des droits face à la piraterie normative flamande en matière linguistique et communautaire…http://blog.denisducarme.net/
On peut d'ores et déjà deviner l'accueil que lui réserveront les hommes de geen ander taal (cf. le site du TAK : www.taalaktiekomitee.org/ )
Seule une adhésion à la République, pour toute une série de raisons, peut nous tirer de ce guêpier.
Jaio dit
J'ai dejà dit d'avoir reçu deux PV en nééerlandais pour deux infractions à Bruxelles où j'habite et quand j'ai demandé la version française on ne m'a pas répondu. Unique chose à faire, payer avant la fin du delai pour éviter le juge flamand...
Yannock dit
prendre comme référence ce tabloïde qu'est la DH fait perdre toute crédibilité à l'anecdote... vous, tout comme ces pseudo-journalistes ne cherchez qu'à envenimer les choses et à monter les wallons et les flamands les uns contre les autres. Alors qu'un peu de compréhension et de tolérance des deux côtés ne pourraient qu'améliorer les relations Nord-Sud. Pourquoi chercher à les déterriorer absolument?
Yannock dit
Le fait est que je ne fais absolument aucune confiance aux journalistes pour chiens écrasés de la DH. Ils sont juste bons à commenter les résultats des matchs de foot.. et encore, avec une teinte raciste à coup sûr.
J'émets donc des doutes quant à leur version des faits.
Ne vous méprenez pas, je ne défends aucunement quelconque forme d'agressions mais je pense que ce genre d'article sensationnaliste ne peux qu'exacerber ce sentiment de haine et d'incompréhension.
Bruxellois dit
"je pense que ce genre d'article sensationnaliste ne peux qu'exacerber ce sentiment de haine et d'incompréhension."
Sans blague ! Et quoi ? Il faudrait fermer son clapet et tacitement approuver ?
Les Francophones n'ont plus rien à faire de cet état belgo-flamand fascisant et ce "fait divers" n'en est qu'une illustration supplémentaire, hélas pas la dernière.
Etienne dit
Olivier et Bruxellois : Je pense que Yannock apprécie le travail que vous faites mais il se demande si le fait de ne parler que d'articles négatifs n'attise également de la haine contre les flamands qui n'ont rien fait et inversément. D'ou le proverbe: "ne pas ajouter de l'huile sur le feu"
Seulement, comme vous, je trouve qu'il faut en parler.
Il faudrait peut-être mettre en avant un article expliquant que vous désirez ouvrir les yeux des citoyens belges(francophones, flamands et germanophones) sur les attitudes discriminatoires flamandes?
VWR dit
Yannock dit
alors pour revenir à cet article de la DH, info ou intox?
"Au cours de ses interrogations par la police, elle a modifié plusieurs fois ses déclarations lorsqu'elle s'est vue confrontée à des incohérences [...] La police pense que la fille s'est mutilée elle-même."
http://www.nieuwsblad.be/Article/Detail.aspx?ArticleID=G7Q22IH7K
Attention, je ne défends pas les agissements flamands mais par contre je descends ce genre d'articles "huile sur le feu" comme le dit si bien Etienne (et la DH en général mais ça c'est personnel)
Anonyme dit
Anonyme dit