Intervention de l'Etat fédéral en faveur d'une banque flamingante
Le gouvernement belge et la KBC ont annoncé ce lundi 27 octobre qu’ils étaient arrivés à un accord pour une recapitalisation du bancassureur flamand dont le ratio de capital de base (core Tier-1) était tombé à moins de 7% alors que la sommes des fonds propres minimum requis par le régulateur est de 8% (Lien: L'Echo: La KBC renforce son capital avec 3,5 milliards d'euros). La KBC émettra à l'intention de l'Etat belge pour 3,5 milliards d'euros de titres non transférables, sans droit de vote, et sans dilution pour l'actionnariat existant. Aucun coupon ne sera distribué si aucun dividende n'est mis en paiement pour les actions ordinaires. Et puisque la KBC a décidé de ne pas verser de dividende pour l'exercice 2008 aucun coupon ne sera payé pour 2008. En échange, l’Etat pourra nommer deux représentants au sein du conseil d'administration lors de la prochaine Assemblée Générale annuelle des actionnaires.
Il s’agit de conditions extrêmement favorables pour le bancassureur flamand et ses actionnaires flamands, en particulier le holding financier (MRRB) du Boerenbond, syndicat agricole flamand, historiquement très proche des sociaux-chrétiens flamands, aujourd’hui CD&V ("Chrétiens Démocrates et Flamands") dont est issu le Premier Ministre de la Belgique, Yves Leterme. Les actionnaires actuels n’injectent pas un centime dans leur propre banque en difficulté financière, mais ils toucheront les dividendes, et cela ne leur coûte rien en dilution, ni en pouvoir dans la banque. Les actionnaires du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, expropriés par le démantèlement du groupe en septembre 2008, et ceux du groupe belgo-français Dexia, ruinés par des augmentations de capital, apprécieront la différence de traitement.
Il est également étonnant que l'Etat Fédéral belge, donc également les wallons et bruxellois, sert de banque de secours à une banque purement flamande alors même que la Région Flamande a récemment refusé de verser sa contribution financière de 500 millions d’Euro au budget fédéral (Lire: La Libre Belgique: Kris Peeters tempère l'image d'une Flandre riche). On ne peut à la fois s’acheminer vers la souveraineté et réclamer une recapitalisation d’une entité, la Belgique, que l’on nie. Les politiques flamands doivent être logiques avec eux-mêmes et assumer à eux-seuls l’opération de renflouement de la KBC puisqu'ils revendiquent la régionalisation de ce qui reste comme compétences fédérales au nom de la bonne gouvernance ("goed bestuur").
Il s’agit de conditions extrêmement favorables pour le bancassureur flamand et ses actionnaires flamands, en particulier le holding financier (MRRB) du Boerenbond, syndicat agricole flamand, historiquement très proche des sociaux-chrétiens flamands, aujourd’hui CD&V ("Chrétiens Démocrates et Flamands") dont est issu le Premier Ministre de la Belgique, Yves Leterme. Les actionnaires actuels n’injectent pas un centime dans leur propre banque en difficulté financière, mais ils toucheront les dividendes, et cela ne leur coûte rien en dilution, ni en pouvoir dans la banque. Les actionnaires du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, expropriés par le démantèlement du groupe en septembre 2008, et ceux du groupe belgo-français Dexia, ruinés par des augmentations de capital, apprécieront la différence de traitement.
Il est également étonnant que l'Etat Fédéral belge, donc également les wallons et bruxellois, sert de banque de secours à une banque purement flamande alors même que la Région Flamande a récemment refusé de verser sa contribution financière de 500 millions d’Euro au budget fédéral (Lire: La Libre Belgique: Kris Peeters tempère l'image d'une Flandre riche). On ne peut à la fois s’acheminer vers la souveraineté et réclamer une recapitalisation d’une entité, la Belgique, que l’on nie. Les politiques flamands doivent être logiques avec eux-mêmes et assumer à eux-seuls l’opération de renflouement de la KBC puisqu'ils revendiquent la régionalisation de ce qui reste comme compétences fédérales au nom de la bonne gouvernance ("goed bestuur").
A ma connaissance aucun ministre et même de mandataire francophone quelconque a osé seulement émettre une simple objection à cet accord ou même un avis sur la KBC. Dimanche 26 octobre, sur la télévision publique francophone (RTBF), le secrétaire d’Etat aux Finances, Bernard Clerfayt du FDF (Front Démocratique des Francophones), sensé défendre les droits des francophones, avait indiqué que KBC devrait bénéficier d’un "mécanisme d’aide publique". Mais quelle est donc cette banque qui mérite tant une aide publique dont n'ont pas pu bénéficier les deux autres grandes banques belges, Fortis et Dexia?
1. L'ancien patron de la KBC et actuel Président Honoraire plaide pour l'indépendance de la Flandre
Rémi Vermeiren est entré en 1989 au comité de direction de la KredietBank (KB) avec un mandat d'administrateur délégué. En 1998, il devient président du comité de direction de la Kredietbank et ensuite du groupe de bancassurance KBC né de la fusion de la KB, Cera et ABB. Remi Vermeiren a quitté la présidence de la KBC en 2003 mais il garde cependant le titre de Président Honoraire. Il préside un groupe de réflexion intitulé "In de Warande" qui se compose de seize personnes dont Bruno Valkeniers, aujourd’hui Président du parti néo-fasciste Vlaams Belang. Il publie en novembre 2005 le "Manifeste pour une Flandre indépendante dans l'Europe unie". Ce manifeste plaide pour l'indépendance de la Flandre en faisant une description pour le moins peu flatteuse de la Wallonie et de Bruxelles. L'un des principaux auteurs est Johan Van Gompel alors qu'il travaille pour le service d'études de la KBC.
Dans le modèle de M. Vermeiren, la Flandre et la Wallonie se séparent pacifiquement pour constituer deux Etats indépendants. Bruxelles obtient un statut particulier, calqué sur celui de Washington DC aux Etats-Unis: ses habitants disposent d'une autonomie limitée, tandis que les décisions importantes sont prises avec l'aval de la Flandre et de la Wallonie. Les Bruxellois peuvent opter pour une sous-nationalité flamande ou wallonne. Au journal français Le Point, il déclare en janvier 2007 "Tout ce qui a été fait jusqu'à présent s'inscrivait dans une logique d'évolution; c'est en réalité d'une révolution dont nous avons besoin " (Lien : Belgique-Flandre: la tentation séparatiste). Il multiplie les déclarations fracassantes dans la presse internationale (exemples: L'Expansion: Ces patrons flamands qui rêvent d’indépendance; The Washington Post: A separatist revolution percolates in Belgium; BBC: Rich Flanders seeks more autonomy).
2. La KBC procède à une politique ségrégationniste à l'encontre des Francophones de Belgique
Fidèle aux principes sectaires de son ancien patron, qui nie l'existence de la Région Bruxelloise et des Bruxellois auxquels ils proposent le statut d'une sous-nationalité, la KBC mène ouvertement une politique discriminatoire en matière d'embauche. Le siège de la KBC est situé à Bruxelles, Région officiellement bilingue quoique peuplée à 93% par des francophones. La banque flamande n'en a cure. Si vous souhaitez postuler à une offre d'emploi, il vous faudra obligatoirement consulter le "website en néerlandais" (encadré rouge). Evidemment ce site est unilingue flamand (Lien: KBC: jobs).
Exemple d'une offre d'emploi au siège de la KBC à Bruxelles. Une "connaissance approfondie du français" est demandée (encadré rouge) - c'est plus discret que de demander "langue maternelle néerlandaise" (moedertaal: nederlands, lire aussi: Discrimination à lemploi: il faut être flamand). En clair, cette offre d'emploi est réservée aux personnes de langue maternelle néerlandaise.
Un autre exemple d'offre d'emploi. Si vous voulez travailler à Bruxelles, alors vous devez aussi pouvoir vous exprimer facilement en français. En clair, cette offre d'emploi est également réservée aux personnes de langue maternelle néerlandaise. Comme la plupart des offres d'emploi de la KBC.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
4 commentaires:





Si vous vous rendez dans une agence KBC à Bruxelles, la carte répertoriant les agences en Belgique s'arrête à la frontière linguistique.
Bien sûr, les agences sont uniquement en Flandre et à Bruxelles, mais la carte montre la Wallonie de la même façon que les pays limitrophes.
Un peu comme sur http://www.tourismebelgique.com/view/Accueil/Destinations ...
Jaio dit
Tant qu'à faire, on retire l'argent chez KBC et on le met ailleurs. J'avais choisi cette banque parce qu'il n'y avait pas de files aux guichets...Forcement, il n'y avait que des francophones ignares:-)
himself lui-même dit
Si vous tenez à travailler à la KBC, vous aurez des clients flamands...
Maintenant, si vous tenez à travailler dans cette banque mais en français, postulez plutôt à sa version francophone : la CBC...
Il me semble logique que pour postuler à un poste en wallonie ou à Bruxelles on vous demande de connaitre le français...
Et donc que l'on vous demande de connaitre le flamand pour un poste en Flandre ou à Bruxelles...
melodius dit
Lorsqu'un francophone parvient à passer à travers les mailles du filet, on lui dira lors de l'entretien d'embauche qu'il ne sera pris que s'il certifie être flamand et s'exprimer en Néerlandais dans le cercle familial. Un ami a eu le coup milieu années '90 et on me l'a encore confirmé il y a quelques semaines. C'est évidemment totalement illégal.