L'attitude de la police flamande: Linkebeek 6 mars 2005

Le MR avait appelé les francophones à manifester le dimanche 6 mars 2005 à Linkebeek pour s’opposer à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) et plaider, le cas échéant, en faveur de l'élargissement de la Région bruxelloise à sa périphérie francophone. Tous les partis démocratiques francophones étaient présents: FDF (Front Démocratique des Francophones, une composante du MR), le CDH (Centre Démocrate Humaniste), Ecolo (Ecologistes) et le RWF (Rassemblement Wallonie France), sauf le PS (Parti Socialiste). Le regretté Président de la fédération bruxelloise du PRL (parti libéral francophone), Jacques Simonet, a déclaré que "Ce rassemblement n'est ni une bravade ni une provocation. Nous sommes là pour dire que les droits et libertés des citoyens ne se marchanderont pas. BHV n'est pas un dossier symbolique. Derrière BHV, il y a des gens, des vies, des hommes et des femmes qui se battent pour leurs libertés." (Liens: Le Soir: un millier de francophones se rassemblent à Linkebeek pour dire «non» à la scission de l'arrondissement de BHV).

Le rassemblement francophone sur la place communale de Linkebeek a duré près de deux heures. Plusieurs centaines de personnes n’ont cependant pas pu y assister : ils ont été réfoulés par les forces de l’ordre, qui étaient pourtant chargés d’assurer la protection des manifestants francophones. La Libre Belgique écrit "Toutes les rues étaient barrées par des chevaux de frise, et les forces de l'ordre ne laissaient rentrer les passants, à un seul point de passage, qu'au compte-gouttes. Sabotage ou pas ? L'intransigeance des policiers, par ailleurs tous unilingues flamands, pourrait y faire penser. Le président du FDF, Olivier Maingain, a déclaré avoir reçu de très nombreux témoignages de personnes qui, "après avoir été refoulées par les forces de l'ordre, se sont retrouvées sans protection face à la violence physique des militants du TAK et du Vlaams Belang"" (Lien: La Libre Belgique: le FDF mobilise à Linkebeek).

Quelque 400 contre-manifestants flamands s’étaient en effet regroupés aux alentours de la place communale de Linkebeek, allant des nationalistes de la N-VA (Nouvelle Alliance Flamande) aux partis et organisations d'extrême droite tels que le Vlaams Belang (Intérêt Flamand, parti néo-fasciste flamand), le TaalActieKomite (TAK, milice privée néo-fasciste) et le Voorpost (milice privée néo-nazie; exemple: De Morgen: des organisations manteaux du Vlaams Belang en visite chez les néo-nazis allemands). Ils ont été à l'origine de nombreux incidents malgré la présence de 600 policiers. Plusieurs militants du parti démocratique Rassemblement Wallonie France (RWF) ont essuyé des coups à la suite d'une charge d'un groupe important de nationalistes flamands d'extrême droite parmi lesquels on pouvait notamment reconnaître le sénateur du Vlaams Belang Yves Buysse. La police flamande a également ouvert une rue afin que les fascistes puissent prendre d'assaut la place communale: les ordres donnés par le bourgmestre de Linkebeek avaient été changés par le commandement flamand de la police de Asse.

Une multitude de propos racistes, extrémistes sont tagués sur tout ce qui est écrit en français (bilingue ou pas), abris-bus, café, restaurants, etc. Ci-dessous, un restaurant bilingue est souillé par une inscription "Voorpost Komt" ("Le Voorpost Arrive", milice privée flamande néo-nazie).


Des enseignants de l'école La Fermette à Wezembeek-Oppem ont également été molestés. La Libre Belgique raconte "Pour quelques enseignants francophones de Wezembeek-Oppem, qui se sont retrouvés du mauvais côté du village, le jeu flamand a vite tourné au jeu de massacre. Après s'être fait confisquer ses calicots, l'un d'entre eux a été poursuivi dans les rues du village, puis frappé, adossé à une haie. Il s'en est sorti avec une entorse à la main et a décidé de porter plainte. Ils entendaient attirer l'attention sur le sort des enseignants francophones de la périphérie: la Communauté flamande a invalidé tous leurs examens linguistiques (de néerlandais) et elle refuse de les nommer. Selon les forces de l'ordre, des contre-manifestants du Voorpost étaient notamment de la partie." Tabassage de ces femmes et destructions des pancartes ...Femmes, jeunes, bilingue francophone, militants pacifiques.

Reportage de la télévision publique belge francophone, RTBF. Des francophones pacifiques sont agressés alors que la police flamande reste passive. La loi de la rue est organisée par Luc Vermeulen, aujourd'hui le chef de la milice privée néo-nazie flamande Voorpost, et Raoul Van Walleghem, condamné pour le meurtre dans la nuit du vendredi 11 septembre au samedi 12 septembre 1970 de Jacques Georgin, lors d'une échauffourée en pleine campagne électorale.



Hans Brochaus, le responsable du Deutscheprachigen Zentrum (DZG), une association qui s'adresse aux 15.000 germanophones de Bruxelles et de la périphérie, et qui avait avait tenu à apporter son soutien au rassemblement, témoigne: "Avec des centaines de gens autour de moi, j'ai tenté de passer par tous les côtés. En vain, les policiers ne laissaient passer que les habitants de la commune sur présentatoin de leur carte d'identité. A un certain moment, nous avons failli accéder à la place communale par la rue de la Station, mais à ce moment des contre-manifestants flamands sont arrivés et les rue a été totalement bouclée à son tour. Je peux affimer qu'il y avait au moins mille francophones qui ont erré dans les rues de Linkebeek dans l'espoir de trouver le passage".

Le Ministre-Président flamand de l'époque, Yves leterme, aujourd'hui Premier Ministre de la Belgique (Lire aussi: Yves Leterme, la Belgique et les Francophones), a qualifié le rassemblement francophone "d'extrémiste" sur les ondes de la RTBF-Radio ... Il n'a jamais condamné les violences ethniques perpétrées par les milices flamandes d'extrême-droite avec la complicité tacite de la police flamande et de son commandement.

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

1 commentaires:

  1. himself dit

    Merci Olivier pour cet exercice de mémoire ... si souvent si courte !