Pro Bruxsel: le nouveau parti anti-Bruxellois
Les partis politiques flamands entendent "récupérer" la ville-Région de Bruxelles bien qu'elle ne leur ait jamais appartenue et qu'elle soit peuplée par 90% de francophones. Ils se sont rendus compte que cet objectif peut être atteint à l'aide d'une complicité venant de l'intérieur de Bruxelles. Trois associations, dites "de la société civile bruxelloise", mais en réalité composées de nombreux non-bruxellois tentent d'influencer les médias et les faiseurs d’opinion. Ces trois associations sont BruXsel Forum, Manifesto, et Aula Magna et leur prolongement politique s'appelle "Pro Bruxsel".
Elles gravitent autour du flamand Phillipe Van Parijs qui utilise un discours fait de bonnes intentions pour convaincre les francophones du bien-fondé de ses positions sur l'avenir de Bruxelles qu'il publie dans des ouvrages du "mouvement flamand" (i.a. "Brussel morgen: vier scenario's zonder taboes en zonder illusies", dans "Wat met Brussel", ed. Vlaamse Volksbeweging et Davidsfonds, décembre 2008, Lien). L’obsession de ces associations et du parti Pro Bruxsel est de réformer en profondeur les institutions bruxelloises afin d’asseoir de manière douce la main-mise de la Flandre sur Bruxelles.
BruXsel Forum
BruXsel est le nom international que l’association "BruXsel Forum" propose d'utiliser pour parler de Bruxelles. Le site Bruxsel Forum est géré par des personnes "bénévoles et multilingues, issus de la société civile bruxelloise". Ces personnes se cachent dans l’anonymat. En octobre 2006, l'association lançait l'appel "Nous existons ! Wij bestaan ! We exist !" (Lien vers l'appel). Cet appel a été signé par les associations Manifesto et Aula Magna. Le parti politique "Pro Bruxsel" est le prolongement de ce forum (Lien: Site Pro Bruxsel et Blog Pro Bruxsel).
BruXsel est le nom international que l’association "BruXsel Forum" propose d'utiliser pour parler de Bruxelles. Le site Bruxsel Forum est géré par des personnes "bénévoles et multilingues, issus de la société civile bruxelloise". Ces personnes se cachent dans l’anonymat. En octobre 2006, l'association lançait l'appel "Nous existons ! Wij bestaan ! We exist !" (Lien vers l'appel). Cet appel a été signé par les associations Manifesto et Aula Magna. Le parti politique "Pro Bruxsel" est le prolongement de ce forum (Lien: Site Pro Bruxsel et Blog Pro Bruxsel).
Manifesto
Manifesto est une association, dite de "Bruxellois" (Lien: Manifesto), qui a pour objet "de promouvoir par diverses actions (la distribution d’imprimés, des prises de contact avec la presse et les politiciens, des récoltes de signatures, etc.) de défendre ou promouvoir les idées exposées" dans les "Manifestes Bruxellois" de février 2003 et de mai 2007 (Liens: Manifeste de 2003; Manifeste de 2007). Parmi les 14 personnes qui ont constitué cette association, près de la moitié ne sont pourtant pas des bruxellois (Lien vers les status : Les status de Manifesto).
Manifesto est une association, dite de "Bruxellois" (Lien: Manifesto), qui a pour objet "de promouvoir par diverses actions (la distribution d’imprimés, des prises de contact avec la presse et les politiciens, des récoltes de signatures, etc.) de défendre ou promouvoir les idées exposées" dans les "Manifestes Bruxellois" de février 2003 et de mai 2007 (Liens: Manifeste de 2003; Manifeste de 2007). Parmi les 14 personnes qui ont constitué cette association, près de la moitié ne sont pourtant pas des bruxellois (Lien vers les status : Les status de Manifesto).
Aula Magna
Aula Magna est une association "née d'une initiative d'un petit groupe de Bruxellois désireux de penser le futur de leur ville-région" (Lien: Aula Magna). Elle rassemble "des citoyens bruxellois qui souhaient réconcilier, d'une manière intelligente, le bien-être de tous les habitants de la ville avec son rôle de capitale belge et européenne". Parmi les membres du comité d’Aula Magna, on retrouve Alain Maskens, le Président de Manifesto, Philippe Van Parijs, et Alain Deneef (Lire "Une autre approche de la question bruxelloise"), Administrateur de Sociétés et Président du Fonds Quartier Européen.
Aula Magna est une association "née d'une initiative d'un petit groupe de Bruxellois désireux de penser le futur de leur ville-région" (Lien: Aula Magna). Elle rassemble "des citoyens bruxellois qui souhaient réconcilier, d'une manière intelligente, le bien-être de tous les habitants de la ville avec son rôle de capitale belge et européenne". Parmi les membres du comité d’Aula Magna, on retrouve Alain Maskens, le Président de Manifesto, Philippe Van Parijs, et Alain Deneef (Lire "Une autre approche de la question bruxelloise"), Administrateur de Sociétés et Président du Fonds Quartier Européen.
Les francophones sont une "minorité linguistique" à Bruxelles
Ces associations estiment que les francophones sont une "minorité" à Bruxelles alors que toutes les statistiques disponibles démontrent que la Région bilingue de Bruxelles est francophone à 90% et néerlandophone à 10% (Lien: Bruxelles n'est pas la capitale de la Flandre): "Pas mal d’études démontrent qu’il y a 40% de familles francophones à Bruxelles. Le reste, c’est mélangé" déclare Philippe Delstanche, Président de Pro-Bruxsel, dans le journal Metro du 8 décembre 2008. Pour arriver à ce résultat, il faut distinguer la proportion de la population qui peut être considérée comme "belge de souche", "d’origine européenne non-belge" et "d’origine non-européenne" (cfr Philippe Van Parijs: "Bruxelles Capitale de l'Europe: les nouveaux défis linguistiques", Brusselsstudies). En clair, les belges de langue française mais d'origine étrangère ne sont pas considérés comme des francophones au motif qu'ils ne sont pas "belges de souche".
Ces associations estiment que les francophones sont une "minorité" à Bruxelles alors que toutes les statistiques disponibles démontrent que la Région bilingue de Bruxelles est francophone à 90% et néerlandophone à 10% (Lien: Bruxelles n'est pas la capitale de la Flandre): "Pas mal d’études démontrent qu’il y a 40% de familles francophones à Bruxelles. Le reste, c’est mélangé" déclare Philippe Delstanche, Président de Pro-Bruxsel, dans le journal Metro du 8 décembre 2008. Pour arriver à ce résultat, il faut distinguer la proportion de la population qui peut être considérée comme "belge de souche", "d’origine européenne non-belge" et "d’origine non-européenne" (cfr Philippe Van Parijs: "Bruxelles Capitale de l'Europe: les nouveaux défis linguistiques", Brusselsstudies). En clair, les belges de langue française mais d'origine étrangère ne sont pas considérés comme des francophones au motif qu'ils ne sont pas "belges de souche".
Cette différenciation des bruxellois en fonction de leur origine ethnique est très discutable d'un point de vue moral. Elle est également absurde. En appliquant cette méthode à Paris, le statut linguistique français de Paris serait contesté ... parce qu'habitée par de nombreux français issus de l'immigration! Ces associations et Pro Bruxsel estiment aussi que Bruxelles ne doit plus assumer le rôle de capitale de la Communauté française de Belgique. Dans son dernier manifeste ("Pour une meilleure gouvernance de Bruxelles"), BruXsel Forum - soutenu par Aula Magna et Manifesto – avance des propositions pour une meilleure gouvernance de Bruxelles qui "doit permettre à la Ville Région d’assumer le rôle de capitale de la Belgique et de l’Europe".
Pas d'élargissement de Bruxelles et pas de protection des francophones de la périphérie
Pro Bruxsel veut un fédéralisme fondé exclusivement sur les Régions et réclame donc le transfert aux Régions de toutes les compétences actuellement confiées aux Communautés. Cela signifie la suppression pure et simple des écoles francophones dans la périphérie bruxelloise, déjà menacée par le décret voté le 13 décembre 2008 par la Commission enseignement du Parlement Flamand qui offre la possibilité à la Communauté flamande d’inspecter ces mêmes écoles. Pro Bruxsel s'est également insurgé contre la procédure en conflit d'intérêts introduite par Parlement de la Commission Communautaire française de Bruxelles afin d'empêcher le Parlement flamand d'adopter définitivement ce transfert de l'inspection scolaire des écoles francophones à la Flandre.
Les facilités linguistiques ne seront pas sauvées par Pro Bruxsel. Ce parti exige que les institutions bruxelloises ne s'occupent pas d'un problème "dont l'origine se trouve dans une autre région". Philippe Van Parijs (Aula Magna) précise: "Oui, il (le gouvernement flamand) peut appliquer le principe de territorialité linguistique. Cela signifie que tous les immigrants sont les bienvenus, mais que, s'ils veulent s'installer sur le territoire, ils doivent avoir le courage et l'humilité d'apprendre la langue locale ... les facilités me paraissent une bonne chose, à condition qu'elles soient perçues comme transitoires" (Le Vif/L'express, 25/06/04).
Pour Pro-Bruxsel, la question de la nomination ou non des bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise dépend juridiquement exclusivement du pouvoir régional, flamand en l'occurrence, qui a choisi démocratiquement une règle de nomination différente de celle en vigueur dans les deux autres régions. Philippe Delstanche déclare dans le journal Métro "nous pensons que nous, Bruxellois, n’avons pas à nous mêler de ce genre de situation. ". Le parti souligne cependant que la Région flamande n'était pas dispensée de faire preuve de bon sens sinon de respect pour l'expression de la volonté populaire (Lien: Actu24: Bourgmestres: Pro Bruxsel renvoie flamands et francophones dos à dos).
Les facilités linguistiques ne seront pas sauvées par Pro Bruxsel. Ce parti exige que les institutions bruxelloises ne s'occupent pas d'un problème "dont l'origine se trouve dans une autre région". Philippe Van Parijs (Aula Magna) précise: "Oui, il (le gouvernement flamand) peut appliquer le principe de territorialité linguistique. Cela signifie que tous les immigrants sont les bienvenus, mais que, s'ils veulent s'installer sur le territoire, ils doivent avoir le courage et l'humilité d'apprendre la langue locale ... les facilités me paraissent une bonne chose, à condition qu'elles soient perçues comme transitoires" (Le Vif/L'express, 25/06/04).
Pour Pro-Bruxsel, la question de la nomination ou non des bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise dépend juridiquement exclusivement du pouvoir régional, flamand en l'occurrence, qui a choisi démocratiquement une règle de nomination différente de celle en vigueur dans les deux autres régions. Philippe Delstanche déclare dans le journal Métro "nous pensons que nous, Bruxellois, n’avons pas à nous mêler de ce genre de situation. ". Le parti souligne cependant que la Région flamande n'était pas dispensée de faire preuve de bon sens sinon de respect pour l'expression de la volonté populaire (Lien: Actu24: Bourgmestres: Pro Bruxsel renvoie flamands et francophones dos à dos).
Pro-Bruxsel est contre l’élargissement de Bruxelles aux six communes à facilités linguistiques, situées en Flandre depuis le tracé arbitraire de la frontière linguistique en 1963. "Cela ne résoudrait rien, ni la paupérisation du centre-ville, ni le problème des chômeurs, ni la mauvaise gestion d’Actiris (l’Office régional bruxellois de l’emploi) etc. Il y a d’autres débats bien plus urgents." Et selon Henri Goldman (Aula Magna), les nombreux francophones de la périphérie Bruxelloise, qui ont été placés contre leur volonté dans la Région linguistique flamande, ne pourront pas se prononcer en faveur de leur rattachement à la Région bruxelloise au motif qu'ils ne seraient pas "urbains" (Lien: "L'extension des limites de Bruxelles est une stupidité").
Scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Halle-Vilvorde (BHV)
Pro-Bruxsel s'oppose à ce que les insitutions bruxelloises introduisent des procédures en conflit d'intérêts afin d'empêcher la scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pour rappel, cette scission enclaverait définitivement la Région de Bruxelles dans un Etat-fédéré Flamand (lire: Les vrais enjeux de la scission de BHV). Concrètement les droits et les libertés fondamentaux des francophones de Bruxelles et de sa périphérie annexée seraient fragilisés et à terme supprimés. Philippe Delstanche donne une interprétation édifiante de ces graves violations des Droits de l'Homme: "si on scinde BHV, il (Olivier Maingain) perd la moitié de son électorat. Donc, il y a des gens qui s’arrangent très bien de cette situation. Elle sert leur intérêt personnel." (Metro).
Suppression des compétences de la Communauté Française à Bruxelles
Bruxsel Forum le déclare d'emblée "C'est en rédigeant en un français simplifié qu'on a le plus de chances d'être compris par un maximum de BruXsellois de toutes langues. Une sorte de lingua franca qui mêle parfois des mots de plusieurs langues et que l'on utilise pour se faire comprendre." On a compris l'importance que portent nos "bruxellois de la société civile" à la langue et à la culture française. Quelques exemples ont été donnés récemment par le Ministre bruxellois des Transports, le flamand Pascal Smet (SP, socialiste) de ce que pourrait être cette nouvelle langue. La société de transport publique bruxellois (Stib) a ouvert des enseignes "Bootik" et "Kiosk", des termes à forte connation néerlandophone.
Bruxsel Forum le déclare d'emblée "C'est en rédigeant en un français simplifié qu'on a le plus de chances d'être compris par un maximum de BruXsellois de toutes langues. Une sorte de lingua franca qui mêle parfois des mots de plusieurs langues et que l'on utilise pour se faire comprendre." On a compris l'importance que portent nos "bruxellois de la société civile" à la langue et à la culture française. Quelques exemples ont été donnés récemment par le Ministre bruxellois des Transports, le flamand Pascal Smet (SP, socialiste) de ce que pourrait être cette nouvelle langue. La société de transport publique bruxellois (Stib) a ouvert des enseignes "Bootik" et "Kiosk", des termes à forte connation néerlandophone.
La première priorité est de supprimer totalement les compétences de la Communauté flamande et de la Communauté française dans l’enseignement fondamental et secondaire en Région bruxelloise. L’objectif est d’arriver à un système d'enseignement multilingue (4 langues) à Bruxelles "métropole internationale, multilingue et cosmopolite" qui intègrerait le néerlandais et le français, et l’anglais mais également d’autres langues (Lien: Pro-Bruxsel: Pour une régionalisation de l'enseignement). Philippe Delstanche précise: "Construire une identité sur la base d’une langue, c’est ridicule. Aussi, nous revendiquons un enseignement bilingue dès la maternelle – et multilingue dans le secondaire – régionalisé."
La régionalisation de l'enseignement permettrait de réduire le taux de chômage à Bruxelles selon Philippe Delstanche "nous sommes censés être une région bilingue ! Résultat ? 80 % des policiers bruxellois viennent de Flandres, car la police se doit d'être bilingue, mais les Bruxellois ne le sont pas…". Or c'est précisément le cadre linguistique (qui garantit de 30% à 50% min des emplois administratifs aux flamands) et les exigences linguistiques en décalage complet avec la réalité socio-économique de Bruxelles qui réduisent l'accès à l'emploi pour les francophones (Lien: Discriminations et injustices dans l'administration bruxelloise).
Il serait plus juste et plus efficace de supprimer ces discriminations au lieu de flamandiser les francophones comme le propose Pro Bruxsel. Au contraire, Pro Bruxsel souhaite accentuer ces discriminations en visant le passage d'un bilinguisme des services (la présence du néerlandais et du français au sein d'un service public) au bilinguisme des agents (obligation de bilinguisme pour tous les employés même s'ils ne sont pas en contact avec les clients): "Au niveau des critères d’emplois on tolère, à court terme, un bilinguisme de service dans tous les services au public tout en visant à terme un bilinguisme effectif des agents."
Pro Bruxsel relaie ainsi les revendications flamandes que la Flandre ressasse depuis tant d'années. La connaissance de langues étrangères, et en particulier le néerlandais, constitue certainement un atout pour Bruxelles et pour ses habitants. Mais aucune forme, explicite ou implicite, de régionalisation de l’enseignement ou de la culture qui nierait l'identité française des francophones de bruxelles ne peut être envisagée: la Communauté française (COCOF) doit rester le seul pouvoir législatif et organisateur de l’enseignement français à Bruxelles. N'est-il d'ailleurs pas étonnant de voir à quel point Van Parijs et ses adeptes insistent sur le multilinguisme de Bruxelles tout en imposant l'unilinguisme dans la Région Flamande?
Transfert des principales compétences communales vers la Région
Pro Bruxsel demande le transfert de compétences telles que la mobilité, l’urbanisme, les travaux publics, la gestion de l’environnement , la police, etc. vers la Région. Que resterait-il dès lors aux 19 communes ? En tout cas, l’état civil, l’aide sociale, peut-être certaines compétences relatives à l’entretien de l’espace public, et ... une antenne de police. Ce transfert de compétences devrait permettre une meilleure gouvernance de Bruxelles. A certains égards, l’actuel modèle de fonctionnement, fait de fractionnement des compétences et d’une multiplicité d’acteurs, nuit à la cohérence et à l’efficacité de l’action publique à Bruxelles.
Le transfert de compétences communales à la Région est surtout une revendication flamande qui tente à faire passer au niveau régional des pouvoirs actuellement exercés par les communes où il n’y a pas de représentation garantie de la minorité flamande à l’exception de la présence d’au moins un flamand dans chaque collège. La co-gestion de Bruxelles que la Flandre appelle de ses vœux passe inéluctablement par le transfert de compétences vers les niveaux de pouvoir où les flamands sont surreprésentés. Les flamands bénéficient en effet d'une large surreprésentation au Parlement bruxellois (représentation non proportionnelle de 12 sièges sur 89) et la parité à l'exécutif régional: 10% de flamands contrôlent 50% de l'exécutif.
Cela signifirait la rupture d'un "équilibre" institutionnel déjà fragile et contesté. En effet, l’écart entre proportion de la population et représentation, qui existe au niveau de la Région est "atténuée" politiquement par une représentation plus "proportionnelle" de la population dans 19 conseils communaux, où on trouve en moyenne 9 échevins francophones pour 1 échevin néerlandophone, ce qui est à peu près conforme à la répartition linguistique de la population dans les communes et, donc, des Bruxellois. Le transfert de la représentativité locale des francophones au profit d’un exécutif régional où leur représentation politique est limitée à 50% constituerait un déficit démocratique grave, qui bafoue les principes généraux en vigueur au Conseil de l’Europe.
Le redécoupage des frontières communales
BruXsel forum a réalisé une nouvelle carte qui propose un redécoupage des communes bruxelloises qu’elle estime plus rationnel:
BruXsel forum a réalisé une nouvelle carte qui propose un redécoupage des communes bruxelloises qu’elle estime plus rationnel:
- Laeken, Neder-Over-Heembeek, Haren et le Pentagone bruxellois deviendraient de nouvelles communes pour porter le nombre de communes bruxelloises à 22.
- Des infrastructures stratégiques comme le port de Bruxelles, le Parc des Expositions du Heysel, l’Atomium, le Palais des Congrès, le stade Roi Baudouin, le bois de la Cambre et la forêt de Soignes seraient de compétence régionale.
La nouvelle carte de Bruxelles: redécoupage des communes et transfert des infrastructures stratégiques vers l'éxécutif régional où les flamands ont une représentation garantie de 50%. En clair, la cogestion effective d'une partie de Bruxelles que la Flandre appelle de ses voeux. Cliquez pour élargir.

Révision de la loi de financement
Pro-Bruxsel fait le constat que le financement des Régions est défavorable à Bruxelles. En effet, les Régions sont principalement financées sur la base des prélèvements en matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques qui résident sur leur territoire. Or la moitié des personnes qui travaillent à Bruxelles paient leurs impôts ailleurs en Belgique. Les charges qu'elles entraînent (transports, infrastructure, pollution…) doivent être supportées par la Région bruxelloise, tandis que les recettes qu'elles génèrent bénéficient aux autres Régions. Pro Bruxsel revendique donc une perception de l'IPP (impôt sur les personnes physiques) en fonction du lieu de travail et non plus de résidence. Cela signifie aussi la scission financière entre Wallonie et Bruxelles, petite enclave située en Flandre.
La révision de la loi de financement est présentée comme une des initiatives qui permettrait de renforcer le statut de Bruxelles en tant que Région à part entière. La majorité linguistique en Belgique en a pourtant décidé autrement. La troisième résolution concernant « les lignes de force pour une nouvelle réforme de l’Etat », adoptées par le Parlement flamand le 3 mars 1999, tous partis flamands confondus, préconise en effet l’instauration d’une nouvelle structure institutionnelle, basée sur la coexistence de deux Etats, l’Etat flamand et l’Etat wallon et la gestion à parité par ces nouvelles entités de la Région bruxelloise. Cette résolution a été confirmée par le Parlement flamand en février 2003, par l’accord du 22 juillet 2004 du Gouvernement flamand et par la déclaration gouvernementale complémentaire du 18 Mai 2005.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
12 commentaires:



"Cela signifie aussi la scission financière entre Wallonie et Bruxelles, "petite enclave" située en Flandre."
Enclave ? Certes encore que... Ne devriez-vous pas la qualifier ? Elle n'est ni wallonne, ni française... Ni rien d'autre. Certainement pas "francophone", en tous cas pas uniquement. Et si enfin, on reconnaissait qu'elle est surtout bruxelloise ?
Après tout, pour qu'elle existe,cette région bruxelloise, les Wallons ont sacrifié les Fourons. Qui s'en souvient encore ?
Enfin, si mes souvenirs sont bons - je n'avais que 18 ans à l'époque - la fixation du tracé de la frontière linguistique a été un soulagement et n'a pas été vraiment contestée dans les communes flamandes de la périphérie bruxelloise. Les facilités étaient présentées comme transitoires (de parent Picards, donc fort sensibles au sujet, j'habitais Wemmel à l'époque)et étaient un progrès. C'est par la suite que les partis francophones les ont déclarée définitives, roulant ainsi les Flamands dans la farine. On peut donc comprendre le blocage qu'il y a de leur côté.
Alain De Plaen dit
Pas certain que cet article soit le reflet de la réalité... Le forum Pro BruXsel et le parti du même nom ne sont pas liés, le "parti" est une tentative de récuypération, sans plus. Le Forum relaie les avis sur Bruxelles, de tous les bords et sans prendre position.
Manifesto est une structure séparée, qui apporte pas mal de réflexions. Tant Aula Magna que Manifesto ou ProbruXsel forum sont des aires de réflexion utiles - avec pas mal d'idées intéressantes pour qui veut les entendre.
@ Bruxellois (titre un peu ronflant, nous sommes 1 000 000 à pouvoir y prétendre): l'idée de Bruxelles, ville française ne me plaît pas dut tout, mais alors pas du tout du tout !!!
Enfin, ne rentrons pas dans le même raisonnement que bcp de flamands qui dévalorisent les avis divergeants (un "bon flamand" doit être "anti-belge"). Eh bien non, un bon "bruxellois" ne doit pas être militant d'extrême-francophonie, ni anti-flamand. Moi, c'est ouverte et accueillante à tous que j'aime ma ville !
Bonne journée,
melodius dit
Tu es bien défaitiste Olivier. Moi je trouve que ce programme n'est pas mal, étant entendu qu'on élargit la région et qu'on met fin à la surreprésentation, non pas des Flamands, mais des partis flamands.
melodius dit
Internet n'est pas un media ironique dirait-on. ;-)
Pour ma part, c'est le coup du "français simplifié" qui me fait frémir. Déjà, il implique que les non-francophones sont trop cons pour apprendre le français standard, et ensuite qu'on a la ferme volonté de maintenir ceux qui pourraient s'en sortir dans la sujétion par le biais d'une langue "simplifiée" qui le maintiendrait dans l'ignorance et les empêcherait sans doute de ne serait-ce que concevoir quelqu'opposition que ce soit à leurs maîtres. Bref, à peu près le programme actuel des écoles de la CF.
Bruxellois dit
@ Alain De Plaen
Je ne vois rien de "ronflant" dans mon pseudo : je suis Bruxellois francophone et entends le rester.
Au grand jamais je ne passerai sous les fourches caudines flamandes, Monsieur : il faudra me passer sur le corps.
Or, Pro Bruxsel, Aula Magna et Manifesto, sous la houlette du sieur Van Parijs, n'ont d'autre objectif que de flamandiser Bruxelles. AU MOYEN D'UN DISCOURS SOURNOIS destiné à piéger des Bruxellois peu au fait du jeu politique.
Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec le parti du Flamand Rudy Aernoudt - lle grand copain de l'élégant judoka Jean-Marie De Decker) en Wallonie : un discours tout aussi sournois destiné à flatter la droite wallonne (et donc à porter un coup au MR) qui soutient AUSSI et SURTOUT le confédéralisme à la flamande.
En d'autres termes, un état belgo-flamand renforcé, un asservissement de la Wallonie plus poussé encore et une région bruxelloise flamandisée.
Quel beau programme, n'est-ce pas ?
Je n'en suis pas dupe, au contraire de vous, semble-t-il.
Anonyme dit
M. Philippe Van Parijs est aussi un grand partisan d ela disparition du français à l'université et dans la recherche. Il propose de ne parler et écrire qu'en anglais. Il est donc toujours à la botte du plus fort du dominant que ce soient les anglo-saxons ou les Flamands.
Et les recteurs d'université francophone l'ont applaudi lorsqu'il a présenté cette brillante idée lors de son "intronisation" à la chaire Francqui à l'ULB !!!!
Faux francophones, mais aussi faux professeur d'université : sa chaire est une chaire privée financée par une multinationale à l'UCL.
Economiste, il se targue de tout savoir sur tout y compris les questions linguistiques !!!
melodius dit
C'est aussi Van Parijs qui veut faire sauter le "c" de UCL, montrant bien par là pourquoi il n'est pas à sa place dans cette institution.
Anonyme dit
@ Alain De Plaen:
Quelle hypocrisie que de dire que Pro Bruxsel et Bruxsel forum ne sont pas liés...! Il suffit d'une recherche avec "Pro Bruxsel" pour s'apercevoir que presque toutes les occurrences proviennent du "webmastery" de Bruxsel forum...
Ensuite vous affirmez sans rire que "Le Forum relaie les avis sur Bruxelles, de tous les bords et sans prendre position."
Pour en juger sur pièce, le lecteur intéressé peut aller voir sur http://www.bruxsel.org/?q=fr/node/491 comment BruXsel forum "relaie les avis sur Bruxelles, de tous les bords et sans prendre position"...
Comme vous dites "ne rentrons pas dans le même raisonnement que bcp de flamands qui dévalorisent les avis divergeants" (sic)...!
Amusant.
Bruxellois dit
Très amusant, en effet.
Une autre étude, très instructive, relaie et conforte vos propos pertinents :
http://bruxellessesouleve.forumactif.com/quelle-alternative-au-mr-ps-cdh-et-ecolo-f3/probruxsel-t3.htm
Je formule le voeu (de Noël) que les Bruxellois s'informent davantage et cessent de faire confiance à leurs chers représentants carriéristes.
melodius dit
Alain, "Bruxelles ville française", c'est devenu tout simplement une réalité, que ça te plaise ou non. Non seulement les francophones de souche sont largement majoritaires, mais la langue franche incontestable de Bruxelles est le Français. De plus, le nombre de néerlandophones est en chute libre et aucune des autres minorités linguistiques ne revendique un statut pour sa langue, sans doute parce que c'est totalement inutile et que l'intégration, notamment linguistique, des populations issues de l'immigration progresse à grands pas. Les """allochtones""" (Dieu quel vilain mot !) de troisième génération parlent rarement la langue de leurs grand-parents et connaissent en tout cas mieux le Français. Comme le souligne Olivier, nier cette réalité implique un raisonnement dangeureusement raciste. Comme à côté de cela l'image que les Flamands donnent d'eux aux Bruxellois est ultra-négative et que la Belgique est à l'article de la mort, il y a fort à parier que le Néerlandais sera bientôt à Bruxelles la langue de nos voisins flamands et accessoirement une survivance folklorique qui ne se réflètera plus que dans les "savoureuses expressions bruxelloises" pour représentations de cabaret de fin d'année. Allei tich, ni blaaiten zenne, alle schuun liekes emmen en end !
Anonyme dit
Melodius, une majorité formée par une négation de la constitution est une majorité illégale. Les étrangers de aussi bien que les francophones et néerlandophones de n'importe quelle génération, sont obligés d'apprendre le français ET le néerlandais vu que Bruxelles est une région bilingue. Tu ne peux pas attendre que les néerlandophones vont se faire punir par votre involonté.
On plus, si vous voulez abandoner la soi-disante surreprésentation de flamands dans le gouvernement bruxellois, parlons de la surreprésentation énorme des francophones dans le gouvernement fédéral... (où vous avez une dizaine de sièges en trop, et qu'il y a plus de ministres francophones que néerlandophones... bizarre hein, avec 38% de francophones en Belgique?)
melodius dit
Erreur; personne n'est obligé d'apprendre quelque langue que ce soit, ni à Bruxelles, ni ailleurs en Belgique. Ca peut paraître bizarre à un petit flamingant de base, mais c'est pourtant comme ça. La "soi-disant" surreprésentation des partis de la 5ème colonne est une réalité et je tiens par ailleurs à signaler que le rapport n'est pas le même à Bruxelles (9F - 1N) qu'au niveau fédéral (6N -4F). Et oui, je suis favorable à la disparition de l'état belgo-flamand et à l'expulsion des institutions flamandes de Bruxelles. Allez vous installer à Gand, Anvers ou en mer du Nord, mais foutez le camp de chez nous.