Violence politique à Bruxelles: capitulation francophone, intervention européenne
La décision du Ministre des Affaires Intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") de refuser pour la deuxième fois la nomination des candidats bourgmestres francophones de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem a été soutenue par le gouvernement flamand et le parlement flamand à l'unanimité, à l’exception bien entendu de l’élu de l’Union des Francophones. La Flandre motive ce refus par un argument juridique contestable. En réalité, il est d'ordre politique. La Région Flamande exige l'enclavement définitif de Bruxelles, à 90% francophone, et de sa périphérie annexée en 1963, dans un futur Etat-fédéré Flamand linguistiquement et culturellement homogène (Liens: La Flandre décide d'isoler et d'enclaver Bruxelles dans un Etat Flamand; Dialogue communautaire: les objectifs du gouvernement flamand).
Reportage de la télévision privée belge francophone, RTL-TVi:
En réponse à cet état de "violence politique", les présidents des partis francophones ont invité ce jeudi 27 novembre les partis démocratiques flamands à convenir d’un "cadre de discussion" pour aborder la nomination des bourgmestres et l’ensemble de la problématique bruxelloise (Lien: Le Soir: Les francophones invitent les flamands au dialogue). En clair: ils optent pour la capitulation mais en faisant croire à leurs électeurs qu'il y a quelque chose à négocier. Je rappelle que ces mêmes partis ont signé en 2001 les accords de la Saint-Polycarpe et du Lombard qui ont transféré des compétences de l'autorité fédérale aux Régions (dont la fameuse tutelle sur les communes) et qui ont garanti une importante sur-représentation politique à la minorité flamande de Bruxelles ... en échange de quelques pourboires financiers pour l’enseignement de la Communauté française (Lien: Moniteur belge: Loi spéciale portant transfert de diverses compétences aux régions et communautés).
La Commission institutionnelle du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, réunie le vendredi 31 octobre à Strasbourg, a pourtant approuvé à l’unanimité les projets de résolution et de recommandation qui portent sur l’affaire de la non-nomination par les autorités flamandes de trois bourgmestres francophones de communes à facilités dans la périphérie de la Région de Bruxelles (Lien: Démocratie locale en Belgique: la non-nomination de trois bourgmestres par les autorités flamandes). Le projet de résolution demande notamment d’entreprendre un "monitoring général" de l’application de la Charte européenne de l’autonomie locale, la révision des lois linguistiques et la prise en considération par l’Assemblée parlementaire, la Commission Européenne contre le Racisme et l’Intolérance (ECRI) et le Commissaire aux Droits de l’Homme des observations et recommandations lors de l’examen du respect des engagements pris par la Belgique (Lire aussi: Le Conseil de l'Europe épingle les dénis d'égalité de traitement et de démocratie).
Ces textes seront discutés et soumis à l’adoption lors de la session d’automne du Congrès qui se tiendra le 3 décembre prochain à Strasbourg. A cette occasion, la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès a également invité à participer au débat le Ministre de la Région flamande, Marino Keulen, ainsi que les 3 bourgmestres francophones non-nommés. Le Ministre Keulen a refusé de se déplacer en argumentant que cette affaire est purement d'ordre "juridique". Le Conseil de l'Europe pense au contraire que cette affaire porte "sur un fait politique précis". En 1998 et 2001 déjà, le Conseil de l’Europe avait recommandé aux six communes "à facilités" et à majorité francophone situées sur le territoire flamand depuis la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1962-1963 de rejoindre la Région de Bruxelles. Mais cet appel n’avait pas été suivi par les autorités flamandes.
7 commentaires:


On se demande en effet jusqu'à quand la mollesse des politiques francophones va durer. Ils ont pourtant la langue bien pendue...
melodius dit
Perso ce qui me pose problème, c'est que je ne suis pas d'accord non plus avec les politiques des partis francophones, PS en tête. Je constate d'ailleurs que le PS a accepté une régionalisation dont la plupart des francophones ne voulaient pas en échange de fric flamand et de "compétences" régionales et communautaires dont il a fait usage pour cases ses créatures. On va certes devoir régler notre problème belgo-flamand, mais il va falloir commencer par balayer devant notre propre porte.
Anonyme dit
"six communes "à facilités" et à majorité francophone situées sur le territoire flamand depuis la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1962-1963"
FAUX !!
Le dernier recensement linguistique des communes à facilités éetait en 1947: 64,9% etait neerlandophone contre 34,9% francophone. En 1930 encore 80% etait neerlandophone.[souce: moniteur belge]
conclusion, la francisation des communes a facilites, la consequence d un siecle d oppression du neerlandais, est un phenomene tres recent.
La Flandre et les Flamands demandes que les immigres francophones en Flandre utilise le neerlandais comme langue officiele. Bien sur ils peuvent continuer a parler francais a la maison.
melodius dit
Trop aimable. J'imagine qu'il faut vous être reconnaissant. Vous illustrez parfaitement, bien malgré vous sans doute, pourquoi ça n'a plus de sens de faire des concessions aux Flamands.
Anonyme dit
@ anonyme...
ce n'est pas les méchants francophones qui font tache d'huile mais simplement bruxelles qui s'agrandit, et bruxelles étant à majorité francophone la population francophone augmente forcément, même si à wezembeek oppem ou krainem étaient néerlandophone à 80 % en 1930, combien d'habitants y vivaient? je ne pense pas qu'il y avait une densitée de population de plus de 2000 habitants au km² comme aujourd'hui.... ces petits villages autour de bruxelles ne se sont pas juste francisé mais plutot urbanisé et francisé par la force des choses.... et que le phénomène soit récent ou pas (plus de 50 ans tout de même), les francophones sont là en majorité, c'est la situation de fait et mettre des oeillère en se basant sur des chiffre datant d'un siècle n'y changera rien...
La Tolérance dit
"Nous sommes francophones et nous n'intégrons jamais dans une autre région et parlent uniquement le français dans la commune où nous avons déménagé. Parce que (seulement) notre arrogance et superiorité est un droit humain"
melodius dit
"La Tolérance" : zielig ventje dat ge zijt.