Cadre linguistique: les pompiers manifestent contre la passivité du gouvernement bruxellois

Les pompiers bruxellois ont manifesté ce mercredi 28 janvier 2009 afin que le gouvernement bruxellois adopte enfin un cadre linguistique qui respecte la loi. Le cadre linguistique adopté en 2005 par le Gouvernement bruxellois de Charles Picqué (PS, "Parti Socialiste") avait été annulé le 21 novembre 2008 par le Conseil d’Etat. Ce dernier avait constaté que la répartition linguistique que les partis francophones et néerlandophones avaient accepté, soit 70,63% de francophones et 29,37% de flamands, était sans rapport avec le volume des affaires traitées par le Service de l'incendie et de l'Aide médicale urgente (Siamu), soit 91,37% des dossiers en français et 8,63% en néerlandais. Le recours avait été introduit par un pompier francophone qui n’a pu obtenir sa promotion parce qu’il n’était pas flamand. L’annulation du cadre linguistique bloque toute possibilité de recrutements, de nominations, et de promotions des pompiers.

A plusieurs reprises, le Conseil d'Etat a annulé le cadre linguistique du Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale. En 2005, le Conseil d'Etat annulait l'arrêté de 1999, sur plainte de l'Association du personnel wallon et francophone des Services Publics. En mai 2008, le Conseil d'Etat annulait une nouvelle fois, toujours sur plainte de l'Association du personnel wallon et francophone des Services Publics, l'arrêté de 2006 adopté par le Gouvernement bruxellois en réponse à l'annulation de l'arrêté de 1999. Les mêmes arguments restent invoqués par le Conseil d'Etat: le cadre linguistique adopté par le gouvernment de Charles Picqué est une violation flagrante de la loi linguistique. Les flamands ont en effet droit à une sur-représentation injuste au sein du corps des pompiers, ce qui freîne l’embauche de Bruxellois francophones ainsi que les nominations et promotions des pompiers francophones.

Reportages de Télébruxelles: les pompiers bruxellois manifestent contre le gouvernement bruxellois qui a adopté un cadre linguistique discriminatoire.


Le Ministre bruxellois Benoît Cerexhe (CDH, "Centre Démocrate Humaniste"), en charge du Siamu, persiste à vouloir présenter un cadre linguistique remanié qui ne se base pas sur le fait que plus de 90% des dossiers sont traités en français (Blog de Benoît Cerexhe). Le ministre craint donc le dépôt d’une nouvelle plainte qui annulerait ces nouvelles mesures ou un blocage des institutions faute de majorité dans l'aile flamande du gouvernement régional. Le gouvernement bruxellois a également la possibilité de s’adresser au gouvernement fédéral pour lui demander de modifier la législation linguistique ou les statuts. Mais le gouvernement flamand veut maintenir son ingérence dans les institutions bruxelloises. Il a déjà acté le rejet de "toute modification unilatérale de la législation linguistique à Bruxelles ... en vertu du principe d'homogénéité territoriale et linguistique" (cfr La note Peeters en français).

Les bruxellois flamands, qui représentent moins de 10% de la population, sont déterminés à flamandiser davantage les emplois publics. Ainsi pour Dirk Van der Ougstraete, délégué syndical de la CSC "La sur-représentation des pompiers flamands est légitime ... La meilleure solution c’est le bilinguisme généralisé". C’est également l’opinion du Ministre des finances du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, Guy Vanhengel (Open VLD, "Libéraux et Démocrates Flamands") qui plaide pour le bilinguisme de tous les pompiers (De Standaard: "Brusselse brandweer met handen in het haar"). Quant à Brigitte Grouwels, secrétaire d’Etat à la Fonction publique (CD&V, "Chrétiens Démocrates et Flamands"), elle défend également le maintien de la parité linguistique prévue pour les emplois de cadre dans l’administration de la Région bruxelloise (Grouwels: "Brandweer moet meer tweetalig worden, niet minder").

Dirk Van der Ougstraete, délégué syndical flamand de la CSC, déclare sur "TV Brussel" que la sur-représentation flamande est légitime. Il estime qu'un examen linguistique doit être imposé à tous les pompiers.


Le parti politique "Pro Bruxsel" et les associations "Aula Magna", "Manifesto" et "BruXsel Forum", visent également le passage d'un bilinguisme des services (la présence du néerlandais et du français au sein d'un service public) au bilinguisme des agents (obligation de bilinguisme) pour les pompiers de la Région bruxelloise. Cette disposition existe déjà pour les policiers bruxellois qui doivent décrocher une attestation de bilinguisme. Elle a démontré qu’elle est un frein au recrutement de policiers à Bruxelles, en général, et de personnel bruxellois en particulier au sein des zones de police. En 2007 à Bruxelles, 64 candidats policiers ont réussi l'examen linguistique alors que 580 postes étaient à pourvoir. Selon le Conseil d'Etat, l'examen linguistique est plus exigeant que ne l'imposent les lois linguistique et il n'est pas non plus adapté à la fonction des agents (lire aussi: Discrimination et injustice dans l'administration bruxelloise).

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

5 commentaires:

  1. Jaio dit

    Ce bilinguisme obligatoire est ridicule. On attend que les élus marocains et turques, qui sont plus nombreux que les flamands à Bruxelles, réclament la même chose et on ne sortira plus de l'auberge.
    Que dire des soi-disant bilingues qui ne comprennent rien à rien et qui sont là uniquement parce que ils ont été parachutés? Les pompiers ont raison de s'en faire.Veut-on mesurer leurs compétences et leur expérience du métier par le nombre de noms de dieu qu'ils sauront dire en flamand ? Va-t-on exiger des bruxellois qu'il parlent flamand pour que les pompiers viennent éteindre le feu qui brûle leur maison? Ces ministres flamands de Bruxelles ne représentent pas les bruxellois mais les flamands non bruxellois qui voudraient que bruxelles soie leur capitale. C'est étonnant que les élus francophones ne se soient pas mobilisés!


    Coralie dit

    Sans compter qu'imposer le bilinguisme à toutes les nouvelles recrues n'aidera certainement pas à augmenter rapidemment le nombre de pompiers à Bruxelles comme la situatiuon l'exige.
    Décidément voilà qui n'est pas pour un assouplissement des relations francophone - néerlandophone!


    Anonyme dit

    Que dire des futurs pompiers qui ont passé leurs examens en avril 2008 et qui doivent attendre le bon vouloir du politique...
    On parle du taux de chômage, mais à ce que l'on m'a dis il sont +-90 à avoir réussi les tests et ils peuvent espérer commencer leur formations en 2010 au plus tôt !!!!
    C'est tout simplement SCANDALEUX.
    Par contre si l'un de ces ministres est victime d'un incendie vous verrez comme tout ira beaucoup plus vite, rappelé vous des belles promesse après le drame du mois d'août.


    Anonyme dit

    et oui, c'est bien juste, j'ai réussi mes tests en 2008, et je n'aie toujours pas de nouvelles! D'après les nouvelles, ce n'est pas dans les prioritées du gouvernement, il faut d'abord régler le problème du voile à l'école et le problème des immigrés, ceci est d'une importance capitale!!!!!! Ou vas ton????


    Anonyme dit

    Si seulement les Hollandais pouvaient insuffler un peu de leur pragmatisme à nos compatriotes qui partagent leur langue ... La bonne direction à suivre, c'est pourtant simple : qu'on engage les pompiers francophones, et qu'on les envoient en stage d'immersion avec des néerlandophones. rien de tel pour apprendre en quelques semaines les rudiments de la langue d'une manière agréable et utile pour le service. En plus, les pompiers wallons vont déjà faire des exercices de combat du feu à l'école en Flandre, donc côté organisation pratique, çà ne devrait pas être trop compliqué ...