Citations de politiques flamands
Vous lirez ci-dessous quelques citations d'hommes politiques flamands de premier plan issus des partis "démocratiques" au pouvoir au gouvernement fédéral (CD&V et Open VLD) et au gouvernement régional flamand (CD&V, Open VLD, SPa, Spirit). Il s'agit donc uniquement des partis politiques flamands avec lesquels les quatre partis politiques francophones traditionnels sont censés "négocier" la réforme de l'Etat. Pour rappel, l'opposition flamande est constituée du Vlaams Belang (extrême-droite néo-fasciste), de la Lijst De Decker (droite nationaliste et populiste), de la N-VA (droite séparatiste), et de Groen (écologistes).
Stefaan Platteau, bourgmestre Open VLD de Dilbeek, dans "Le Devoir" (Canada) du 22/09/2007: "Celui qui rattachera les communes à facilités à Bruxelles connaîtra le sort d'Yitzhak Rabin" (ndlr: le politicien flamand qui renoncera à l'occupation de territoires francophones sera assassiné comme l'ancien premier ministre israélien, tué par un extrémiste juif en 1995 pour avoir céder un contrôle partiel de certaines zones de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie aux Palestiniens, cfr les Accords d'Oslo).
Herman Van Rompuy, actuel Premier Ministre CD&V, sur son "weblog" du 18/08/2006: “Les francophones pensent encore toujours qu’ils peuvent déterminer quel flamand deviendra Premier Ministre. Ce temps est passé. Evidemment ils (ndlr: les francophones) ont été tranquilles pendant sept ans avec Verhofstadt qui ne leur a même pas posé un brin de paille sur leur chemin." (ndlr: Edmond Leburton fut le dernier Wallon à exercer le mandat de Premier ministre en ... 1974. Selon Herman Van Rompuy, un bon Premier Ministre de la Belgique ne doit pas être seulement flamand, il doit aussi mener une politique qui va à l'encontre des intérêts de la minorité francophone de Belgique).
Kris Peeters, Ministre-Président CD&V de la Région Flamande, dans "Het Nieuwsblad" du 09/01/2009: “Le niveau (ndlr : de pouvoir) Flamand est au moins aussi important que le niveau fédéral et il deviendra encore plus important dans le futur … Notre ligne en ce qui concerne BHV est très claire. Nous ne négocions pas sur BHV. Le Gouvernement Flamand ne participera pas non plus au groupe de travail qui devrait négocier sur BHV … J’ai choisi la Flandre et je resterai pour la Flandre".
Guy Verhofstadt, ex-Premier Ministre Open VLD, dans "Le Soir" du 06/04/1998: "les facilités ont toujours été conçues comme un processus transitoire… Dans les années 60, on a donné ces fameuses facilités dans les communes de la périphérie. Mais il s’agissait d’une aide temporaire pour s’intégrer en Flandre" (ndlr: les facilités sont "bétonnées", c'est à dire implicitement inscrites dans la Constitution. Si les autorités flamandes remettent en question les facilités, elles ouvrent aussi la question de la fixation de la frontière linguistique puisque la création du régime des facilités a été couplée à la fixation, pour Bruxelles, d'une frontière limitée à 19 communes).
Willy De Waele, bourgmestre Open VLD de Lennik, dans "Le Soir" du 22/08/2008: "La francophonie – je ne parle pas des Wallons mais bien de « Bruxelles et autour » – a des privilèges en Flandre, en Brabant wallon et dans la périphérie. Et ça doit cesser ... L'effort pour apprendre le néerlandais ne suffit plus. Il faut penser dans la langue. Penser en néerlandais veut dire comprendre ce qui se passe en Flandre ... Il faut abroger les facilités. Le territoire de BHV ne respecte pas la Constitution. Il faut le scinder sans négociation ni concession ... La francophonie bloque le réaménagement ferroviaire d'Anvers. Chacun doit gérer son territoire avec ses moyens. Et je ne suis pas opposé aux transferts entre Régions, efficaces, contrôlables et effectués en toute transparence. On finance l'Afrique noire, pourquoi pas nos compatriotes francophones…".
Jean-Luc Dehaene, ex-Premier Ministre CD&V, dans "De Standaard" du 6/06/08: "Le principe de base du modèle belge est que les flamands n’impose pas leur majorité en échange de la promesse de construire des compromis. Quand les francophones refusent de discuter, ils mettent ce principe de côté. Cela est dangereux" (ndlr: Le "compromis" proposé par les partis flamands est la scission unilatérale et non-négociable de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde sans aucune contrepartie pour les francophones. Soit les francophones acceptent la proposition flamande, soit les flamands utilisent leur majorité numérique pour voter au Parlement contre la minorité francophone).
Louis Tobback, bourgmestre SPa de Louvain et ex-Ministre, sur Telebruxelles le 10/06/2008: "Du côté flamand, il est vrai que jamais, au grand jamais, on n'a accepté que Bruxelles soit une Région à part entière. Je suis encore un ancien combattant du Pacte d'Egmont et qui ont voulu le réaliser ce Pacte d'Egmont. Donc, je vous le dis, je vous redis, Bruxelles Région à part entière, ce principe-là, on ne l'a jamais accepté. Cela n'est pas repris dans le vocabulaire de Flandre."
Bart Somers, Président de l'Open VLD, sur le site web officiel du parti: “L’Open VLD veut une réforme de l’Etat approfondie. Elle ne peut être vraiment obtenue que par le dialogue ... ensemble avec les autres partenaires flamands l’Open VLD veillera à ce que des résultats rapides peuvent être enregistrés.” (ndlr: La conception flamande du "dialogue": les partis flamands se mettent d'accord entre eux pour imposer rapidement aux francophones la réforme de l’Etat approfondie que souhaitent les flamands. Un front uni flamand permet en effet de procéder à des votes sectaires, majorité flamande contre minorité francophone).
Bert Anciaux, Ministre Spirit des Sports, de la Culture, de la Jeunesse et des Affaires bruxelloises, dans "Le Soir" du 11 juillet 2008: "Je suis flamingant mais pas séparatiste ... je suis pour la reconnaissance de la Flandre comme Etat ... Je m'arrangeais pour quitter l'école au moment des cours de français. J'ai été élevé comme ça ... Je suis pour qu'il y ait un Premier ministre wallon car, en contrepartie, on pourra tout demander à Reynders. Il vendrait ses enfants pour ça."
Steve Stevaert, Ministre d'Etat SPa, dans "Gazet van Antwerpen" du 25/09/2004: "Maintenant que la Flandre demande à Bruxelles d’être solidaire pour pouvoir élargir DHL, Bruxelles joue l’égoïste, Bruxelles mord dans la main qui la nourrit. C’est jouer avec le feu." (ndlr: Bruxelles a demandé de limiter les vols de nuit de la société DHL basée à Zaventem, une commune flamande au nord de Bruxelles, au motif que la Flandre doit aussi assumer une partie des nuisances sonores. Le ministre socialiste flamand n'accepte pas le compromis et menace d'asphyxier financièrement Bruxelles déjà pénalisée par une clef de financement inique fixée par la Flandre).
Stefaan Platteau, bourgmestre Open VLD de Dilbeek, dans "Le devoir" (Canada) du 22/09/2007: "Nous sommes ici en Flandre, et les étrangers doivent apprendre le néerlandais s'ils veulent participer à la vie du pays. Il n'y a pas d'autre choix." (ndlr: Après avoir comparé la politique flamande d'occupation de territoires à celle d'Israël, Stefaan Platteau décrit sa politique dans la périphérie bruxelloise: les francophones sont considérés comme des étrangers qui n'ont pas d'autre choix que de s'assimiler à ce qu'il considère comme un pays, la Flandre).
Patrick Dewael, actuel Président Open VLD de la Chambre, dans "Gazet van Antwerpen' du 28/10/2002: "Les facilités linguistiques dans les six communes autour de Bruxelles doivent s’éteindre, parce qu’elles n’ont pas incité les francophones de ces communes à s’intégrer ou à apprendre le néerlandais" (ndlr: le statut des facilités loin d'être provisoire ou extinguible, est destiné à durer aussi longtemps que la frontière linguistique elle-même. Et les facilités n'ont nullement été conçues pour faciliter une quelconque assimilation des francophones dans les communes où ils représentent jusqu'à 85% de la population).
Karel De Gucht, Ministre Open VLD des Affaires Etrangère, dans "De Standaard" du 05/07/08: “Le système ne peut pas fonctionner si la minorité trouve normal d’avoir un droit de veto sur tout. Dans une démocratie la majorité a aussi ses droits. A terme, la loi du nombre l'emportera toujours.”
Kris Peeters, Ministre-Président CD&V de la Région Flamande, dans "Le Soir" du 23/05/2008: "Je suis un Flamand sûr de lui, confiant et ambitieux. Nous sommes économiquement très forts, nous disposons d'entreprises appréciées dans le monde. Même en sport, nos athlètes font des prouesses ... Nous sommes un exemple pour le monde ... Je trouve regrettable que des Francophones fassent appel à des instances européennes pour leur donner raison. C'est anormal. Ce n'est d'ailleurs pas correct ... Mais il n'y a pas que les francophones: la Commission Européenne planche aussi sur Zaventem et le Wooncode ... Et puis, un autre constat : sur les 3500 journalistes étrangers, un pourcent est capable de lire le néerlandais.".
Eric Van Rompuy, député flamand CD&V, dans "De Standaard" du 05/05/2008 et "Le Pan" du 28/04/2008: “Si les Francophones ne veulent pas comprendre que la Belgique n’est pas possible sans la scission de BHV, alors nous irons à la confrontation. Voter est la seule langue que comprennnent les francophones" et "Les pays ne sont pas éternels, ça c’est clair. Et les francophones refusent le dialogue, mais si on fait ça ... on met une bombe sur la Belgique ... On peut discuter des facilités et de la façon dont elles sont appliquées, là on peut négocier. Mais pas d’élargissement, pas de référendum, pas de ratification de la convention européenne sur les minorités, pas de compétences de la Communauté française en communes flamandes, pas de la nomination des trois bourgmestres de la périphérie".
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
13 commentaires:


Infiniment merci, mon cher Olivier, de nous remémorer cette belle collection de citations, que même nos très chers mandataires "francophones", mais avant tout belgicains, ont tendance à oublier, à minimiser, voire à nier (cf. les éloges pathétiques de Milquet sur Van Rompuy).
jean43 dit
Olivier, après cet exercice intéressant, pourrais-tu m'aider à convaincre mes amis au Cambodge, en Corée du Nord, au Rwanda et à Gaza que nous vivons ici, en périphérie, un déni de démocratie absolument intolérable et qu'ils doivent venir eux aussi manifester leur solidarité par rapport à notre sort inhumain? Je cherche des arguments, mais je n'en trouve pas vraiment, surtout quand je discute avec mes voisins, ici à Linkebeek, j'ai encore plus de mal à vraiment me dire que nous sommes victimes de dénis de démocratie comme tu l'écris. C'est vrai qu'au Cambodge, ils peuvent avoir leurs documents administratifs dans leur langue, les bienheureux!
himself dit
@jean43
Le respect des valeurs démocratiques est un exercice quotidien.
Dire, il ne faut rien faire/dire, car c'est pire ailleurs ... relève de l'infantilisme.
jean43 dit
Dommage que vous ne puissiez rien faire, parce que se mobiliser avec tant d'abnégation pour une cause qui n'en est pas une, c'est vraiment dommage, alors qu'il y a tant de vrais combats à mener,... Avant de parler de "déni de démocratie", il faudrait peut-être modérer son propos et replacer les choses dans leur contexte, celui d'une périphérie bruxelloise pas vraiment parmi les régions les plus pauvres et les plus opprimées du monde, et un combat d'une minorité remuante assez pathétique en somme,... Heureusement que certains politiciens aujourd'hui se rendent enfin compte qu'ils ont été pris en otage et que ces problème communautaires ne sont que des problèmes de riches, pas vraiment prioritaires,... et c'est tant mieux!
Bruxellois dit
@ Jean43
Il vaut mieux dénoncer les faits ignobles avant qu'ils ne dégénèrent en crise yougoslave.
Et c'est bien ce qu'il risque de se produire.
Avec les compliments de la "minorité remuante".
Anonyme dit
Tout a fait d' accord avec Jean.
En tant que Flamand (de Bruxelles) ayant vecu ici toute ma vie, ayant bcp de copains francophones, je suis ce site, qui pretend etre objectif, avec stupefaction. je dois vivre dans un autre pays?
je suis desole, mais je peux vous trouver au moins au tant de betises dites par des politiques francophones qui, quand on les sort du contexte dans lesquelles ils ont ete dis, sont aussi betes qui celles que tu liste ici. c' est exactement ce que les extremistes flamands font aussi.
cela s' appelle ideologie, propagande etc...demoniser l' autre est ce qui caracterise tout les ideologies autoritaires et refuser le debat honnete est le debut de...
dommage que tant d' energie soit mis dans cela.
ps - je veux signer avec mon nom, a condition que tout le monde le fait.
melodius dit
Le renvoi dos-à-dos, c'est "l'argument" des gens qui n'ont rien à dire.
La réalité est que la Flandre ne supporte pas les minorités, et que les membres de ces minorités qui n'ont pas une psychologie de harki doivent en être conscients et agir en conséquence.
Anonyme dit
La flandre ne pas supporter les minorites? Tu te base sur quoi pour dire cela (ne vient pas ici avec les mesures de Zaventem et Merchtem qui sont des trucs marginals mais betes, d'accord sur cela)? Les facilites sont un dossier un peu plus complexe ou, les 2 cotes, exploitent le flou artistique qu' ils ont creer il y 2 decennies.
Mais apart cela? Il y a des decennies que les francophones vivent paisiblement a Gand, Kortrijk, Antwerpen et Knokke. JAMAIS des problemes. Et les autres ''minorites'' vivent tres bien aussi, comme a Liege, Mons etc.
Et effectivement, peut-etre qu'il n'y a rien a dire et que les 2 cotes ne font que creer des fantasmes pour camoufler que sur le plan reele de la vie il n' ont rien a dire. Si on elimine le soit disant probleme linguistique, que resterai-t-il des partis comme NVA, VD&V, MR, FDF, CDH?
rien, nikske...un vide d' idees enorme. Voila le vrai probleme, a mon avis bi-linguistique.
melodius dit
Les francophones des Flandres ont a peu près disparu suite à l'assaut en règle qu'ils ont subi. Mais c'est leur problème. Nous par contre, nous ne nous laisserons pas faire.
Sinon, "les trucs marginaux" ne le sont pas tant que ça à mon avis, et puisque tu vis à Bruxelles, j'aimerais savoir comment tu réagirais si on infligeait ce genre de "trucs marginaux" à la poignée de néerlandophones qui y vivent encore.
melodius dit
Tiens, et un Ministre-Président flamand qui traite des citoyens soumis à son autorité de débiles mentaux, la volonté de la classe flamande au grand complet d'abolir tous les droits de la minorité et d'accaparer Bruxelles, ville francophone à 95%, c'est "marginal" ? Si le même truc arrivait dans un pays d'Europe de l'Est, ses dirigeants seraient à très justes titres qualifiés de fascistes et on ne lui permettrait pas de rejoindre l'UE.
Anonyme dit
Posté par Olivier
Cher homonyme, je viens de découvrir votre blog. En tant que citoyen du Grand-Duché de Luxembourg habitant Gand, et parlant bien entendu le Néerlandais outre les 4 langues usuelles de mon pays, je me vois une fois de plus attristé par la haine peu masquée qui règne en Belgique, de quelque côté de la barrière linguistqiue que ce soit. Vous tous qui vous targuez d'être les gardiens de la bonne réputation internationale de la Belgique en crachant sur vos compatriotes de l'autre communauté linguistique, ayez honte. La petitesse de votre argumentation fait rire le Monde entier, soyez-en certains. Car il y a une vie au-delà des frontières belges, wallonnes, francophones, flamandes.. Pauvre Belgique et là je ne parle pas finances - ce sont ceux qui crient haut et fort vouloir te sauver qui à terme t'auront empoisonnée. Et pour le reste, des personnes comme jean43 me rendent une lueur d'espoir.
Anonyme dit
@jean43:
alors pour toi, si ces dénis de démocratie sont moins important, ils sont insignifiants... pourquoi poursuivre les voleurs alors qu'il y'a des meurtriers? pourquoi poursuivre quelqu'un qui bat ses enfants alors que certains les tuent? si demain quelqu'un vous arnaque et dévalise votre compte bancaire...pourquoi le poursuivre, c'est si peu d'argent comparé aux sommes perdues ses derniers mois...
et puis, quel est l'interet de prendre le temps de posté un commentaire pour signifier que tu trouve le blog inintéréssant? si ce n'est de la masturbation mentale....
Cassandre dit
Il à vraiment dit ça Van R ?
Et dire qu’on bon ami à moi sur un autre blog me disait combien d’espoir il mettait en ce modéré !