BHV: Le gouvernement flamand avalise le boycott des élections européennes
Le ministre flamand des Affaires intérieures Marino Keulen (Open VLD) a annoncé ce mardi 13 janvier 2009 qu’il ne sanctionnera pas les bourgmestres flamands qui boycotteront les élections européennes du 7 juin pour protester contre le maintien de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (Le Soir: Keulen ne punira pas les bourgmestres boycotteurs). Le "Werkgroep B-H-V" ("Groupe de travail B-H-V"), qui réunit le Comité Hal-Vilvorde (Haviko), le Mouvement Flamand (Vlaams Volksbeweging) et le TAK (TAK), avait lancé un appel pour la scission sans négociations et sans concessions de cet arrondissement (lien: BHV: menace de boycott des élections du 7 juin 2009). A ce jour, 350 associations flamandes ont signé cet appel (Liste). Le "Werkgroep B-H-V" encouragera également les citoyens à ne pas siéger dans les bureaux électoraux et apportera son soutien aux communes du Brabant Flamand "afin de rendre ces élections impossibles".
Le bourgmestre de Lennik, Willy De Waele (Open VLD), qui s’est illustré récemment par son refus de hisser le drapeau belge sur les bâtiments publics de sa commune (Les bourgmestres flamingants augmentent la pression sur les négociateurs), avait déjà annoncé le 17 décembre 2008 son intention de boycotter le scrutin. Le 14 janvier 2009, soit le lendemain de la déclaration du Ministre Keulen, le conseil communal d'Affligem a voté à l'unanimité une résolution qui stipule que la commune n'organisera pas les élections du 7 juin prochain. Le conseil communal ajoute qu'il s'oppose aussi à l'organisation d'élections régionales et fédérales tant que BHV n'est pas scindé unilatéralement. Les nationalistes menacent de plonger le pays dans le "chaos total" si des élections anticipées sont organisées (Haviko: Vervroegde federale verkiezingen dreigen op een totale chaos uit te draaien). Michel Doomst, bourgmestre de Gooik et porte-parole des bourgmestres, annonce une attitude commune des bourgmestres en février.
Des menaces de boycott et des appel à la désobéissance civile avaient déjà été lancés du côté flamand pour tenter de perturber les élections européennes du 13 juin 2004 et les élections législatives fédérales du 10 juin 2007. En 2007, plusieurs bourgmestres flamands des environs de Hal et de Vilvorde avaient refusé d’organiser le scrutin fédéral, pour protester contre la non-scission de BHV. Le Ministre Keulen n’avait pris aucune sanction contre ces bourgmestres. La Chambre Flamande de la Cour d'appel de Bruxelles avait refusé de condamner les personnes qui avaient refusé d’assumer leurs devoirs d’assesseur (Justice: Prescription pour les assesseurs flamands qui ont violé la loi). Pour justifier son jugement, la cour explique que, durant la période électorale qui avait précédé les élections du 10 juin, plusieurs personnalités flamandes ont estimé que la tenue de ces élections était inconstitutionnelle.
L’attitude du gouvernement flamand doit être comparée avec celle qu’il a adoptée dans l’affaire des trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise (Bourgmestres flamands et francophones: deux poids, deux mesures). Ces trois maires francophones, élus en 2006 dans des communes à "facilités" linguistiques et à majorité francophone, mais situées en Flandre, n’ont toujours pas été nommés parce qu'ils ont envoyé les convocations électorales en français aux électeurs francophones, ce qui est une infraction de la "circulaire Peeters" des lois linguistiques en Flandre qui interdit le bilinguisme. Aujourd’hui, le gouvernement flamand permet à son Ministre des Affaires Intérieurs, Marino Keulen, d'annoncer par avance que si des bourgmestres flamands ne respectent pas la loi fédérale les obligeant à organiser les élections européennes, il ne les sanctionnera pas, ce qui viole le principe d'élections libres et démocratiques.
Pour le bourgmestre francophone non-nommé de Linkebeek, Damien Thiery, le ministre Marino Keulen vient de prouver, par son incitation au boycott des élections européennes, qu'il n'avait aucune considération pour l'Etat de droit et le respect de la démocratie: "Des bourgmestres respectueux de la loi ne sont pas nommés et que des bourgmestres inciviques sont encouragés à violer la loi." (La Libre Belgique: Thiéry: Le gouvernement flamand se met hors la loi ). Pour le quotidien français "Libération": "Cette interprétation de l’État de droit au bénéfice des seuls Flamands ne s’arrête évidemment pas là. On pourrait lister à nouveau l’ensemble des discriminations illégales dont souffrent les francophones de Flandre, alors même qu’ils sont aussi Belges que les Flamands. Surtout, aucune condamnation internationale ne fait dévier la Flandre." (Libération: L’État de droit selon la Flandre).
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
3 commentaires:


Cette histoire donne tout simplement un sentiment de révolte. Il est inimaginable de ne pas respecter la loi et de se baser sur une bête circulaire qui n'a aucune valeur juridique ... Damien Thiéry a raison, Keulen n'a aucune considération pour l'État de droit et le respect de la démocratie. Quant à moi, ça fait longtemps que je n'ai plus aucune considération pour ce monsieur.
Bruxellois dit
Ce n'est pas la première fois qu'un tel appel au boycott se produit : rappelez-vous ce qui s'est passé avant les élections du 13 juin 2004.
http://www.minorites.org/article.php?IDA=1409
Anonyme dit
faut tout lire hein!
''....le gouverneur du Brabant flamand ayant annoncé qu'il se substituerait aux récalcitrants et organiserait lui-même les élections.''
le soir, 27-1.