Pas de subside pour les bibliothèques communales de la périphérie bruxelloise
En vertu du principe de territorialité, il ne peut y avoir, en Flandre, qu'une seule langue, une seule culture et un seul pouvoir politique subsidiant les activités culturelles. Les francophones qui habitent dans les communes sans facilités sont niés dans leur identité linguistique et culturelle. Ceux qui habitent dans les communes dites "à facilités" de la périphérie bruxelloise subissent de multiples pressions de la part des autorités flamandes. La volonté de supprimer, à terme, les facilités est affirmée clairement, même si elles sont "bétonnées", c'est à dire inscrites dans la Constitution. Le Premier Ministre, le flamand Herman Van Rompuy est également favorable à leur suppression.
Selon une directive du ministre des Affaires intérieures de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, libéraux flamands) toutes les bibliothèques doivent être agréées pour pouvoir bénéficier de subsides de la Communauté flamande (prise en charge du personnel et dotation pour achat de livres). Cette réglementation impose notamment un quota de 75% de livres en néerlandais contre 25% de livres dans d'autres langues. Cette répartition est sans rapport avec les demandes de la population qui est majoritairement francophone dans les six communes à facilités de la périphérie Bruxelloise (Lien: La Tribune de Bruxelles: "Pas évident de lire en français!").
Plusieurs bibliothèques ne bénéficient plus de subsides car elles ne respectent pas ces critères. Parmi celles-ci, la bibliothèque communale de Linkebeek, où l'on retrouve 50% d'ouvrages en français et 50% d’ouvrages en néerlandais. La commune devra se financer sur ses fonds propres aussi longtemps qu’elle ne réserve pas 75% de ses achats de livres à la seule édition néerlandaise, alors que 83% de ses habitants, et donc lecteurs, sont francophones. Un chantage inadmissible qui démontre le bien fondé de voir la Communauté française être pleinement compétente pour toutes les activités culturelles des francophones en périphérie de Bruxelles.
Reportage de "Questions à la Une": les bibliothèques communales, fréquentées majoritairement par des habitants francophones, ne sont pas subsidiées si 75% des ouvrages ne sont pas en néerlandais.
Autre exemple de vexation: le subside annuel de 1.250 euros octroyé par la commune de Linkebeek à la Bibliothèque des Jeunes, une asbl dont l'initiative est d'ordre privé, a été annulé en juillet 2005 par la tutelle flamande. Cette décision fait suite à une plainte du président du centre culturel flamand de Linkebeek qui trouve intolérable qu'une bibliothèque, où la moitié des livres sont en français, puisse recevoir des subsides de la part de la commune. La raison invoquée par le Ministre Keulen? La commune ne dispose pas d’une bibliothèque publique agréée (selon ses critères) et ne peut donc subsidier cette initiative privée.
"C'est absurde", s'insurge Christian Van Eycken, l'unique député francophone au Parlement flamand. "La Région flamande veut imposer ses normes contre la volonté de la population linkebeekoise dont la majorité est francophone. C'est son moyen de faire pression sur la commune. Cette bibliothèque des jeunes répond à une demande francophone réelle à Linkebeek. Ce sont, de plus, des bénévoles dévoués qui gèrent cet endroit, qui est, je le rappelle, une ASBL! Quant à ce maigre montant de 1.250 euros, même s'il est symbolique, il pourrait leur être utile! Ne fut-ce que pour aider au paiement du loyer des locaux que pour acheter quelques livres. En l'occurrence, des bandes dessinées et des livres pour les jeunes".
La situation est encore plus déplorable pour les lecteurs francophones des communes sans facilités. A Tervueren, par exemple, début 2005, la collection de la bibliothèque publique comportait 43300 documents imprimés. Selon le décret flamand, plus de 10000 livres de la collection devraient être rédigés en d'autres langues que le néerlandais. Or, il n'y a que 2080 ouvrages en langues "étrangères" (4,8%), dont 899 sont en français, soit seulement ... 2% de l'offre disponible. Ce rejet des cultures étrangères n'existait pas autrefois. Dans les années 60, la bibliothèque communale de Tervueren était pratiquement bilingue. Le principe du droit des gens, qui privilégie la libre expression et le libre rattachement des personnes à la culture de leur choix, y est interdit.
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
5 commentaires:


Ce n'est pas encore "quand j'entends le mot culture (allochtone!) je sors mon revolver" mais patience les émules du Dr Goebbels en flandritude se répliquent de manière épidémique et elles s'appliquent implacablement tel un sida de l'intelligence à contaminer les consciences en imposant leur épuration ethnico-linguistique.
Adhemar dit
Mr. Simon, vous parlez d’une épuration ethnico-linguistique. C’est une grave accusation. Qui exactement est assassiné à ce moment par le gouvernement flamand ?
Jean Simon dit
Adhémar,
En l'occurrence,ce qui est "assassiné", selon votre propos, c'est toute culture qualifiée d'allochtone par l'idéologie flamando-flamingante.
Bruxellois dit
Mon cher Jean Simon, j'irais plus loin que vous. Les affaires culturelles, ça remonte aux années soixante-dix lorsque Gaston Eyskens (le père du Mark dévalué au sein de son parti), 1er ministre CVP (CD&V), déclara : "La Belgique unitaire est dépassée".
C'était le doigt pris dans l'engrenage infernal, ou qui allait se révéler tel quelques années plus tard.
La nationalisme flamand gangrène cette Belgique depuis les années 30(VNV, Verdinaso, etc.)
S'y est ajoutée la malgouvernance wallonne PS, que la particratie a autorisée (je n'accuse pas le PS, ç'aurait pu être le MR, le CDH ou Ecolo).
Ces deux maux sont de telle ampleur que la Belgique n'y survivra pas, ne peut y survivre, n'en déplaise aux belgicains obtus, unitaires, fédéralistes ou confédéralistes.
"A l'impossible, nul n'est tenu".
En Belgique française, un seul parti démocratique, il est vrai petit pour l'instant (mais plus pour longtemps), tient ce discours et pose ce constat tout à fait réaliste.
Hendrik de Stoute dit
La Communauté Flamande me semble t'il s'inspire de l'exemple Québecois dans la défense de son espace linguistique. Mais de l'autre côté le Gouvernement Flamand devrait admettre qu les mesures prises dans cette logique ne sont pas toujours les meilleures. Il y a moyen de défendre son espace linguistique et culturel sans devoir nier l'acces par les citoyens à des livres dans une autre langue. De l'autre côté il est clair que le discour expensionniste de la plupart des politiciens bruxellois francophones n'est pas du genre à favoriser l'harmonie et le respect entre nos différents régions. C'est dommage.