Fronde flamande contre l’archidiocèse de Malines-Bruxelles

La fédération des prêtres du Brabant flamand, la députation permanente du Brabant flamand, l’Open VLD ("Vlaamse Liberalen en Democraten", libéraux flamands), la N-VA ("Nieuw-Vlaamse Alliantie", droite séparatiste), le VB ("Vlaams Belang", extrême-droite), et des organisations flamingantes (TAK, VVB, etc.) protestent contre le fait que les bannières et cartes de prières des festivités organisées à l’occasion du 450e anniversaire de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles (le 12 mai prochain) sont bilingues. Ils refusent donc d’utiliser le matériel préparé par l’archevêque de Malines-Bruxelles, Godfried cardinal Danneels, considéré comme le "patron" des catholiques de tout le pays (La Libre Belgique: "Fronde flamande contre l’archidiocèse de Malines-Bruxelles").

Le président de l’Open VLD et bourgmestre de Malines, Bart Somers, a envoyé une lettre au cardinal Danneels, dans laquelle il lui fait remarquer que la loi sur l’emploi des langues impose aux cultes reconnus d’utiliser la langue administrative de la région, en l’occurrence le néerlandais (De Standaard: "Somers wijst kardinaal Danneels op taalwetgeving"). Le bourgmestre de Lennik, Willy De Waele (Open VLD), a également envoyé une lettre au Cardinal Danneels. Il écrit: "Dans nos communes flamandes il n’y a pas de facilités linguistiques ou culturelles pour les étrangers. L’initiative est une gifle pour tous ceux qui s’opposent à la francisation de la région" (De Standaard: "Burgemeester schrijft kardinaal boze brief").

La fronde des prêtes flamands est menée par Jos Verstraeten, ex-curé de Wezembeek (commune de la périphérie bruxelloise à majorité francophone) qui avait été muté à Vossen parce qu’il refusait d’accueillir les chrétiens francophones dans sa paroisse pourtant "à facilités". Pour celui-ci, les catholiques flamands doivent purement et simplement boycotter les manifestations (De Standaard: "Burgemeester Lennik haalt uit naar tweetalige campagne aartsbisdom"). Dans une lettre commune adressée à la hiérarchie ecclésiale, l’abbé Jan Lagae de Meise et environs annonce qu’il effacera tous les mots français "afin que l’on ne voit que du texte néerlandais". Certains curés sont encore plus radicaux: si l’on ne retire pas les textes bilingues, ils ne participeront pas aux festivités et des conseils paroissiaux menacent de démissionner.

Hans Geybels, le porte-parole néerlandophone de Mgr Danneels ne comprend pas cette fronde : "Notre archevêché, n’en déplaise à certains, est historiquement bilingue. Il faut aussi préciser que seul le matériel de promotion a été voulu bilingue pour d’évidentes raisons d’économies (l’archidiocèse de Malines-Bruxelles touche aussi les paroisses du Brabant wallon et bien entendu de Bruxelles). Pour le reste, toutes les manifestations qui se dérouleront tant en Brabant flamand qu’à la cathédrale de Malines seront unilingues néerlandaises". Il ajoute 'Dans une réalité bilingue, on ne sait pas faire plaisir à tout le monde. C'est la célébration des 450 ans d'existence de notre diocèse. Le but n'a jamais été d'en faire une lutte communautaire" (De Standaard: "Pastoors in opstand tegen tweetalige folder aartsbisdom").

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

2 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Selon Hans Geybels, l'archevéché de Mechelen est historiquement bilingue. C'est vrai et faux! Vrai depuis 1830; faux de 1559 à 1830!En 1559, Philippe II, pour renforcer l'Inquisition, en accord avec le pape Paul IV, bouleversa l'organisation religieuse dans les Pays-Bas espagnols. Il créa notamment les archevéchés de Malines (Flandre et Noord-Brabant), d'Utrecht (les Pays-bas actuels)et de Cambrai (Nord-Pas-de Calais,le Hainaut et Namur). Liège ne faisait pas partie des Pays-Bas espagnols. Ces évéchés étaient LINGUISTIQUEMENT homogène afin de faciliter le contrôle des "fidèles" face au protestantisme. Cela signifie que la frontière linguistique fut reconnue administrativement en 1559!!!


    Anonyme dit

    où veut tu en venir? et malines était linguistiquement homogène français ou néerlandais? la frontière en question était elle la même? pourquoi revenir plus de 4siècle en arrière, pouquoi pas parlé du latin, du "gaulois", ou autres langue pratiquée naguère...