Citations de la presse française
Le Monde, dans "Les Flamands belges veulent réduire les "facilités" accordées aux francophones", du 08/05/2007: "S'ils prononcent un seul mot dans leur langue lors d'un conseil municipal, les élus francophones (13 sur 15, dont 10 appartiennent à la liste de M. Thiéry) verront toutes leurs délibérations annulées par la tutelle, à savoir la Région flamande. Si la bibliothèque municipale ne possède pas 75 % d'ouvrages en néerlandais la subvention régionale qui lui est versée sera supprimée - c'est le cas depuis 2006 pour la bibliothèque des jeunes. Un couple francophone habitant une commune voisine et désireux d'inscrire son enfant à l'école communale de Linkebeek n'y sera pas autorisé. Ces quelques exemples, glanés parmi d'autres, ne sont pas les pires, la commune de M. Thiéry bénéficiant, comme cinq autres communes "périphériques" d'un régime dit de "facilités": les francophones peuvent notamment obtenir tous les courriers officiels dans leur langue. A condition de les demander, car ils les recevront d'abord en néerlandais. Dans d'autres communes, où l'on compte parfois de fortes minorités parlant le français, la situation peut se révéler aberrante : une municipalité interdit tout affichage en français sur les marchés, une autre enjoint les institutrices de ne parler que le néerlandais avec les parents d'élèves. Quant à la société régionale des transports, elle veut interdire tout usage de la langue de Voltaire par ses chauffeurs."
L’Express, dans "Belgique : La Flandre ne veut plus payer", du 20/09/2007: "Après s'être déployée sur les fronts linguistique et culturel, la vieille querelle qui met aux prises les tribus belges entre elles est devenue une histoire de gros sous. Au nord, la riche Flandre néerlandophone, l'une des régions les plus prospères d'Europe, refuse désormais de payer pour la Wallonie sudiste, plus pauvre. L'idée même de solidarité nationale s'effrite depuis une génération. "Wallons et Flamands ne se connaissent plus, diagnostique Frans Crols, directeur de l'hebdomadaire économique Trends et signataire du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe, rédigé par le groupe In de Warande. Nous ne nous fréquentons plus, nous ne regardons pas les mêmes chaînes de télé, nous formons deux nations qui tournent, chacune, sur elle-même. Le pays est désormais trop hétérogène pour tenir." "Pourquoi les Flamands continueraient-ils à payer? interroge Rémi Vermeiren, ancien président de la KBC, une des grandes banques du royaume, lui aussi séparatiste. Nous avons nos propres défis à relever: la concurrence née de la mondialisation et le vieillissement de la population.""
Le Figaro, dans "L’amertume des francophones de la banlieue de Bruxelles", du 09/11/2007: "Martine, qui habite une HLM rue Papillon, s’est effrayée d’entendre son voisin – «un Anversois extrémiste de 80 ans» – lui prédire qu’elle allait être «éjectée, au même titre que les Noirs, parce qu’elle ne parle pas flamand». Heureusement, un autre voisin flamand l’a rassurée : «Maintenant que tu y es, ils ne vont pas t’expulser. Mais tu devrais apprendre le flamand pour pouvoir parler à l’administration.» Que la région flamande ait bloqué la plupart des chaînes françaises sur un câble dédié aux télévisions flamandes doit sans doute être perçu comme une autre invitation à l’effort linguistique. La peur de déplaire – «ma vitrine a été taguée», répètent les commerçants du Parvis Notre-Dame – ou de ne pas obtenir une aide, rend le climat aussi lourd que le ciel de novembre. Le père Michel Gaillard ne veut pas admettre – ce que tous les chrétiens ici savent pourtant – qu’il est le seul à pouvoir dire l’office en français. Dans les quatre autres paroisses, les voix qui s’élèvent vers Dieu sont uniquement flamandes. Mme Clarens, la directrice de l’unique école communale francophone, a recours à des litotes – «ça s’est durci» –, mais cache mal ses efforts entre l’inspection administrative, flamande, et l’inspection pédagogique, francophone. Et qu’elle doit parfois fermer les yeux sur ces enfants de travailleurs bruxellois originaires d’Amérique, d’Allemagne ou d’Angleterre, qui choisissent son établissement, en principe réservé aux seuls gamins dont la langue natale ou usuelle est le français."
Le Journal du Dimanche, dans "Belgique: la guerre de scission", du 11/05/2008: "Quoi qu'elle en dise, la Belgique est plus que jamais plongée dans la crise. Chronique répétée d'un divorce annoncé, la bataille communautaire a repris de plus belle cette semaine entre Flamands et francophones. Soulignant un peu plus, si besoin était, l'impuissance de l'actuel Premier ministre et leader flamand, Yves Leterme. En un coup de force sans précédent, les députés flamands ont en effet imposé jeudi un texte explosif à l'ordre du jour. Un projet de loi qui amènerait à la scission du seul arrondissement électoral bilingue du pays, celui de Bruxelles et de sa banlieue, ce qui réduirait de fait les droits linguistiques des 100.000 francophones du secteur … Mais le plus étonnant dans le drame communautaire belge reste la passivité de l'Union européenne, dont les institutions se concentrent à Bruxelles. Le comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale, puis la Cour de justice européenne ont pourtant tour à tour condamné les pratiques discriminatoires des politiques flamands. L'ONU s'était émue de ce décret de 2006 restreignant l'accès aux logements sociaux aux seules personnes ayant pris l'engagement d'apprendre le néerlandais."
L’Express, dans "Belgique : La Flandre ne veut plus payer", du 20/09/2007: "Après s'être déployée sur les fronts linguistique et culturel, la vieille querelle qui met aux prises les tribus belges entre elles est devenue une histoire de gros sous. Au nord, la riche Flandre néerlandophone, l'une des régions les plus prospères d'Europe, refuse désormais de payer pour la Wallonie sudiste, plus pauvre. L'idée même de solidarité nationale s'effrite depuis une génération. "Wallons et Flamands ne se connaissent plus, diagnostique Frans Crols, directeur de l'hebdomadaire économique Trends et signataire du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe, rédigé par le groupe In de Warande. Nous ne nous fréquentons plus, nous ne regardons pas les mêmes chaînes de télé, nous formons deux nations qui tournent, chacune, sur elle-même. Le pays est désormais trop hétérogène pour tenir." "Pourquoi les Flamands continueraient-ils à payer? interroge Rémi Vermeiren, ancien président de la KBC, une des grandes banques du royaume, lui aussi séparatiste. Nous avons nos propres défis à relever: la concurrence née de la mondialisation et le vieillissement de la population.""
Le Figaro, dans "L’amertume des francophones de la banlieue de Bruxelles", du 09/11/2007: "Martine, qui habite une HLM rue Papillon, s’est effrayée d’entendre son voisin – «un Anversois extrémiste de 80 ans» – lui prédire qu’elle allait être «éjectée, au même titre que les Noirs, parce qu’elle ne parle pas flamand». Heureusement, un autre voisin flamand l’a rassurée : «Maintenant que tu y es, ils ne vont pas t’expulser. Mais tu devrais apprendre le flamand pour pouvoir parler à l’administration.» Que la région flamande ait bloqué la plupart des chaînes françaises sur un câble dédié aux télévisions flamandes doit sans doute être perçu comme une autre invitation à l’effort linguistique. La peur de déplaire – «ma vitrine a été taguée», répètent les commerçants du Parvis Notre-Dame – ou de ne pas obtenir une aide, rend le climat aussi lourd que le ciel de novembre. Le père Michel Gaillard ne veut pas admettre – ce que tous les chrétiens ici savent pourtant – qu’il est le seul à pouvoir dire l’office en français. Dans les quatre autres paroisses, les voix qui s’élèvent vers Dieu sont uniquement flamandes. Mme Clarens, la directrice de l’unique école communale francophone, a recours à des litotes – «ça s’est durci» –, mais cache mal ses efforts entre l’inspection administrative, flamande, et l’inspection pédagogique, francophone. Et qu’elle doit parfois fermer les yeux sur ces enfants de travailleurs bruxellois originaires d’Amérique, d’Allemagne ou d’Angleterre, qui choisissent son établissement, en principe réservé aux seuls gamins dont la langue natale ou usuelle est le français."
Le Journal du Dimanche, dans "Belgique: la guerre de scission", du 11/05/2008: "Quoi qu'elle en dise, la Belgique est plus que jamais plongée dans la crise. Chronique répétée d'un divorce annoncé, la bataille communautaire a repris de plus belle cette semaine entre Flamands et francophones. Soulignant un peu plus, si besoin était, l'impuissance de l'actuel Premier ministre et leader flamand, Yves Leterme. En un coup de force sans précédent, les députés flamands ont en effet imposé jeudi un texte explosif à l'ordre du jour. Un projet de loi qui amènerait à la scission du seul arrondissement électoral bilingue du pays, celui de Bruxelles et de sa banlieue, ce qui réduirait de fait les droits linguistiques des 100.000 francophones du secteur … Mais le plus étonnant dans le drame communautaire belge reste la passivité de l'Union européenne, dont les institutions se concentrent à Bruxelles. Le comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale, puis la Cour de justice européenne ont pourtant tour à tour condamné les pratiques discriminatoires des politiques flamands. L'ONU s'était émue de ce décret de 2006 restreignant l'accès aux logements sociaux aux seules personnes ayant pris l'engagement d'apprendre le néerlandais."
Le Figaro, dans "La Belgique: un État en voie de disparition", du 23/05/2008: "Selon le scénario le plus plausible, l'État fédéral finira par perdre encore de ses prérogatives et «la Belgique deviendra de plus en plus une coquille vide», note le politologue Jean Faniel. D'un côté, l'Union européenne, sa monnaie et ses normes. De l'autre, les assemblées régionales flamande, wallonne et bruxelloise, au sein desquelles se concentrera le pouvoir politique. Plus qu'aucun autre pays, la Belgique se sera dissoute dans cette Europe à laquelle elle a offert une capitale. Longtemps, elle lui apporta aussi un supplément d'âme fédérale. Elle fut montrée en exemple aux Espagnols, aux Tchécoslovaques, aux différentes nationalités de l'ancienne Yougoslavie: si Wallons et Flamands peuvent vivre ensemble, des communautés, de cultures et de langues différentes, peuvent demeurer au sein du même pays; au pire, elles viendront cohabiter dans la vaste maison européenne. Longtemps, le discours a porté. Et puis le rêve s'est brisé. L'Europe fédérale est mal en point, la Belgique aussi. C'est un double traumatisme pour ce pays qui ne peut plus se raccrocher, ne serait-ce que symboliquement, à un modèle national. Comble du ridicule, sinon du déshonneur, la Belgique, au vrai surtout la Flandre, est aujourd'hui vilipendée par l'Europe."
Libération, dans "Belgique, l'échec annoncé au roi", du 16/07/2008: "Le ton est donc monté au cours de l'année, les communes flamandes de la périphérie bruxelloise multipliant les mesures discriminatoires à l'égard des habitants francophones: désormais, ils ont le choix entre l'intégration ou la valise. Bureau de dénonciation des commerçants osant parler ou afficher en français à Overijse, connaissance du néerlandais exigée pour toucher le revenu minimum d'insertion à Geraardsberge, acquisition de terrains communaux ou de logements sociaux conditionnés à la connaissance de la langue à Londerzeel, Zemst, Zaventem, Vilvorde, etc. Ou encore refus de nommer trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise parce qu'ils ont osé envoyer aux électeurs francophones des convocations en français pour les municipales de 2006. Tout indique que les Flamands sont prêts à passer en force."
Libération, dans "Belgique, l'échec annoncé au roi", du 16/07/2008: "Le ton est donc monté au cours de l'année, les communes flamandes de la périphérie bruxelloise multipliant les mesures discriminatoires à l'égard des habitants francophones: désormais, ils ont le choix entre l'intégration ou la valise. Bureau de dénonciation des commerçants osant parler ou afficher en français à Overijse, connaissance du néerlandais exigée pour toucher le revenu minimum d'insertion à Geraardsberge, acquisition de terrains communaux ou de logements sociaux conditionnés à la connaissance de la langue à Londerzeel, Zemst, Zaventem, Vilvorde, etc. Ou encore refus de nommer trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise parce qu'ils ont osé envoyer aux électeurs francophones des convocations en français pour les municipales de 2006. Tout indique que les Flamands sont prêts à passer en force."
Fenêtre sur l’Europe, dans "Je déteste les mauvaises histoires belges…", du 01/08/2008: "En réalité, le plus surprenant dans cette crise c‘est la facilité avec laquelle la classe politique flamande s’est laissée contaminer par le discours du Vlaams Belang dont la rhétorique d’extrême droite laisse peu de place, et c'est un euphémisme, à l’altérité et à la diversité.La volonté manifestée en Flandre de tout "néerlandiser" sur le plan linguistique et de régionaliser jusqu'à la protection sociale (couverture du risque santé, du risque chômage…) exprime au-delà du repli identitaire la pauvreté d’un idéal politique désormais réduit à des questions purement linguistiques, financières et territoriales. Reste un problème récurrent celui de Bruxelles, ville officiellement bilingue, localisée en Flandres, peuplée à 80% de francophones et accessoirement le siège de plusieurs institutions de l’Union Européenne. Aujourd’hui, au-delà des interrogations métaphysiques sur l’existence ou l‘absence d’une nation belge, il est souhaitable que nos amis belges, quelle que soit leur localisation géographique et leur langue, puissent organiser au mieux un "vivre ensemble" respectueux des valeurs fondatrices de l’Union Européenne. La Belgique, membre fondateur de la Communauté Economique Européenne ne peut s’offrir le luxe de redonner vie au modèle sud-africain de l‘apartheid défendu jadis par les boers."
L’Alsace, dans "Belgique La bataille de Bruxelles fait rage", du 14/09/2008: "L’enjeu, c’est Bruxelles. Ville de 1 million d’habitants, elle est francophone à près de 90 %. Mais la capitale belge est située de quelques kilomètres (quatre !) en territoire flamand et le gouvernement flamand en a fait sa capitale régionale … «Les Flamands veulent reconquérir la région bruxelloise », renchérit Arnold d’Oreye de Lantremange, maire francophone de Crainhem. « Pour parvenir à leurs fins ils tentent de « flamandiser » à outrance la banlieue, pour mieux isoler la ville qui est déjà enclavée sur le plan économique. Ils espèrent que la région bruxelloise va finir par étouffer. Il ne lui resterait plus alors qu’à appeler la Flandre au secours, ce qu’elle ne manquerait pas de faire, en échange de concessions juridiques et constitutionnelles. Leur politique consiste à dire : "On vous donne de l’argent, et nous, on prend des droits"... Sur le front bruxellois, la guerre est multiforme. Économique, linguistique et même environnementale. Pour éviter les nuisances des avions à proximité de l’aéroport de Bruxelles-National, situé à Zaventem, dans la périphérie nord, les autorités flamandes ont exigé que les avions passent sur Bruxelles et sur les communes de Wezembeek-Oppem et de Crainhem, qui sont majoritairement francophones."
Le Figaro Magazine, dans "La Wallonie, 23e Région de France ?", du 20/09/2008: "Derrière la boutade lancée dans la salle bruyante d’une brasserie de Namur pointe une réalité toute récente, un phénomène émergent majeur dans le paysage politique belge : l’idée du rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France, à travers la création d’une 23e Région française. Longtemps tabou, voire considéré comme subversif, le postulat réunioniste (ses partisans préfèrent ce mot à « rattachiste ») a déboulé au cœur de l’été dans un sondage qui a fait l’effet d’une bombe. Pour l’ensemble des Belges, pour une classe politique en léthargie depuis les dernières élections de juin 2007, mais surtout pour la communauté flamande et ses extrémistes. A force de pousser vers un maximum d’autonomie – voire l’indépendance – de leur région, ceux-ci voient leur maximalisme leur revenir comme un boomerang à la figure : près d’un wallon sur deux souhaite le rattachement de la Wallonie à la France (si la Belgique venait à disparaître). C’est désormais clair : l’épouvantail de la séparation ne fait plus peur chez les francophones. L’idée de la disparition inéluctable de la Belgique ou celle de retourner sous le giron de la France non plus."
L’Observatoire de l’Europe, dans "La crise politique belge et le droit international", du 05/11/2008: "L’exigence des dirigeants flamands de mener des négociations entre « communautés » et non entre régions, afin d’en exclure les Bruxellois, révèle clairement leur dessein : scinder le pays en annexant Bruxelles à la Flandre. Seul un homme politique d’un courage exceptionnel pourrait dire aux Flamands la vérité : que flamandiser Bruxelles est impossible, et qu’un État annexant contre leur gré les habitants d’une métropole se vouerait à déclencher une violence qui le discréditerait. Aussi les Flamands tenteront-ils un jour cette manœuvre vouée à l’échec. Et, pour résister efficacement, les Bruxellois se tourneront alors vers le seul État dont l’appui diplomatique puisse contrebalancer le poids du nombre et en imposer ainsi aux dirigeants flamands: la France."
L’Observatoire de l’Europe, dans "La crise politique belge et le droit international", du 05/11/2008: "Les Français n’ont ni le droit ni l’intention de se mêler des affaires d’autrui, mais doivent faire savoir qu'ils ne resteront pas passifs lorsque ce qui ne les regarde jusqu’à présent pas deviendra une affaire internationale. Ils reconnaissent la légitimité de l’aspiration des Flamands à fonder un État, mais l’avenir de voisins proches et francophones ne peut les laisser indifférents. L’indépendance d’un nouveau pays, ou bien l’union d’une région ou l’association d’un pays avec la France, ne peuvent être fondées que sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ne peuvent avoir d’autre cause que la volonté des habitants….En pratique, de part et d’autre de la frontière linguistique et dans toutes les régions à statut particulier (« à facilités », Fourons et autres), le vote majoritaire des habitants au niveau communal déterminera les frontières internationales, et par conséquent le territoire où le droit du sol de chaque État successeur s’exercera ensuite. Un recensement linguistique, objectif et préalable, de la population, par déclaration, est indispensable."
Le Point, dans "Belgique - Si la Wallonie devenait française", du 04/12/2008: "La routine, du moins en apparence. Cela fait maintenant des décennies que, face à une Flandre qui exige toujours plus d'autonomie, jusqu'à envisager de faire sécession, la Wallonie est tétanisée à l'idée d'être abandonnée à son dénuement. Depuis quelques mois, pourtant, les Wallons commencent à intégrer cette constante et à envisager de prendre leur destin en main ; mais jusqu'à un certain point seulement. L'indépendance, avec ou sans Bruxelles ? Personne n'y songe sérieusement. « Il faut arrêter de prendre ses rêves pour la réalité, résume Jacques Thisse, professeur d'économie à l'université de Louvain-la-Neuve. La Wallonie n'est pas économiquement homogène et ne le sera pas. » Reste l'option d'un partenariat à définir avec la France, qui, du temps de Napoléon, s'étendait jusqu'à Bruxelles. Longtemps jugé fumeux, ce scénario est aujourd'hui l'objet d'un engouement aussi spectaculaire que subit en Wallonie, mais aussi en France. Il y a quelques mois, un sondage Ifop publié conjointement par les quotidiens Le Soir (belge) et La Voix du Nord (français) révélait que, si la Belgique venait à disparaître, 49 % des Wallons seraient favorables à un rattachement à la France. Et que 60 % des Français les accueilleraient volontiers. La tendance ne s'est pas inversée depuis."
Libération, dans "La chute de Leterme ravive l’instabilité en Belgique", du 20/12/2008: "Yves Leterme, le Premier ministre belge, a remis hier soir au Roi Albert II, la démission de son gouvernement. Lequel a réservé sa réponse. Cette fois, la crise n’est pas provoquée par un énième rebondissement du conflit entre néerlandophones et francophones, mais par une grave violation de l’Etat de droit … Durant la crise bancaire, le conflit entre le nord et le sud du pays ne s’est absolument pas apaisé : la région flamande a confirmé son refus de nommer trois bourgmestres (maires) de la périphérie bruxelloise située en Flandre parce qu’ils sont coupables d’avoir envoyé en français à leurs électeurs francophones des convocations pour les élections municipales de 2006. La condamnation par le Conseil de l’Europe, il y a quelques semaines, de cette claire violation de l’Etat de droit, n’a pas fait fléchir la détermination des autorités flamandes… Autant dire que cette nouvelle crise n’est qu’un signe de plus du délitement de la démocratie belge."
Libération, dans "Herman Van Rompuy, Premier ministre malgré lui", du 30/12/2008: "Mais il ne faut pas s’y tromper: Van Rompuy, plus intelligent, plus subtil, plus madré que Leterme, n’en reste pas moins un flamingant à visage humain, pourrait-on dire. Comme l’ensemble de la classe politique flamande, il est pour une séparation totale entre la Flandre et l’espace francophone, prélude indispensable à un partage du pays. Ainsi Van Rompuy se dit volontiers favorable à la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde qui permet aux 150 000 francophones de la périphérie bruxelloise de voter pour les listes francophones de la capitale et d’être jugés dans leur langue. Il est aussi pour la fin des «facilités» linguistiques accordées à six communes flamandes à majorité francophone situées autour de Bruxelles. Autrement dit, il serait inexact de croire que le départ de Leterme signe la fin des revendications flamandes en faveur d’une autonomie accrue."
Le Monde, dans "La Belgique plus divisée que jamais", du 30/12/2008: "Yves Leterme s'en va et la Belgique n'a pas progressé d'un pouce dans la redéfinition de son fédéralisme. Pis, elle a replongé depuis un an et demi dans une confrontation généralisée : au vieux conflit linguistique, porteur d'aberrations diverses, s'est surajoutée une opposition politique, économique, sociale entre les deux grandes communautés nationales. Sur l'emploi, la politique d'asile ou la régionalisation des collections botaniques, tout semble opposer Flamands et francophones. Pas nouveau ? Sans doute. Mais, jusqu'ici, ces différences n'avaient pas empêché le gouvernement fédéral de fonctionner vaille que vaille. Or les péripéties intervenues depuis la démission, le 26 décembre, d'Yves Leterme, soupçonné, comme le ministre de la justice, Jo Vandeurzen, d'avoir fait pression sur des juges dans le cadre de la revente de la banque Fortis, ont souligné que, cette fois, c'est le coeur même du pouvoir qui semble atteint, paralysé, presque agonisant."
L’Observatoire de l’Europe, dans "La crise politique belge et le droit international", du 05/11/2008: "L’exigence des dirigeants flamands de mener des négociations entre « communautés » et non entre régions, afin d’en exclure les Bruxellois, révèle clairement leur dessein : scinder le pays en annexant Bruxelles à la Flandre. Seul un homme politique d’un courage exceptionnel pourrait dire aux Flamands la vérité : que flamandiser Bruxelles est impossible, et qu’un État annexant contre leur gré les habitants d’une métropole se vouerait à déclencher une violence qui le discréditerait. Aussi les Flamands tenteront-ils un jour cette manœuvre vouée à l’échec. Et, pour résister efficacement, les Bruxellois se tourneront alors vers le seul État dont l’appui diplomatique puisse contrebalancer le poids du nombre et en imposer ainsi aux dirigeants flamands: la France."
L’Observatoire de l’Europe, dans "La crise politique belge et le droit international", du 05/11/2008: "Les Français n’ont ni le droit ni l’intention de se mêler des affaires d’autrui, mais doivent faire savoir qu'ils ne resteront pas passifs lorsque ce qui ne les regarde jusqu’à présent pas deviendra une affaire internationale. Ils reconnaissent la légitimité de l’aspiration des Flamands à fonder un État, mais l’avenir de voisins proches et francophones ne peut les laisser indifférents. L’indépendance d’un nouveau pays, ou bien l’union d’une région ou l’association d’un pays avec la France, ne peuvent être fondées que sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ne peuvent avoir d’autre cause que la volonté des habitants….En pratique, de part et d’autre de la frontière linguistique et dans toutes les régions à statut particulier (« à facilités », Fourons et autres), le vote majoritaire des habitants au niveau communal déterminera les frontières internationales, et par conséquent le territoire où le droit du sol de chaque État successeur s’exercera ensuite. Un recensement linguistique, objectif et préalable, de la population, par déclaration, est indispensable."
Le Point, dans "Belgique - Si la Wallonie devenait française", du 04/12/2008: "La routine, du moins en apparence. Cela fait maintenant des décennies que, face à une Flandre qui exige toujours plus d'autonomie, jusqu'à envisager de faire sécession, la Wallonie est tétanisée à l'idée d'être abandonnée à son dénuement. Depuis quelques mois, pourtant, les Wallons commencent à intégrer cette constante et à envisager de prendre leur destin en main ; mais jusqu'à un certain point seulement. L'indépendance, avec ou sans Bruxelles ? Personne n'y songe sérieusement. « Il faut arrêter de prendre ses rêves pour la réalité, résume Jacques Thisse, professeur d'économie à l'université de Louvain-la-Neuve. La Wallonie n'est pas économiquement homogène et ne le sera pas. » Reste l'option d'un partenariat à définir avec la France, qui, du temps de Napoléon, s'étendait jusqu'à Bruxelles. Longtemps jugé fumeux, ce scénario est aujourd'hui l'objet d'un engouement aussi spectaculaire que subit en Wallonie, mais aussi en France. Il y a quelques mois, un sondage Ifop publié conjointement par les quotidiens Le Soir (belge) et La Voix du Nord (français) révélait que, si la Belgique venait à disparaître, 49 % des Wallons seraient favorables à un rattachement à la France. Et que 60 % des Français les accueilleraient volontiers. La tendance ne s'est pas inversée depuis."
Libération, dans "La chute de Leterme ravive l’instabilité en Belgique", du 20/12/2008: "Yves Leterme, le Premier ministre belge, a remis hier soir au Roi Albert II, la démission de son gouvernement. Lequel a réservé sa réponse. Cette fois, la crise n’est pas provoquée par un énième rebondissement du conflit entre néerlandophones et francophones, mais par une grave violation de l’Etat de droit … Durant la crise bancaire, le conflit entre le nord et le sud du pays ne s’est absolument pas apaisé : la région flamande a confirmé son refus de nommer trois bourgmestres (maires) de la périphérie bruxelloise située en Flandre parce qu’ils sont coupables d’avoir envoyé en français à leurs électeurs francophones des convocations pour les élections municipales de 2006. La condamnation par le Conseil de l’Europe, il y a quelques semaines, de cette claire violation de l’Etat de droit, n’a pas fait fléchir la détermination des autorités flamandes… Autant dire que cette nouvelle crise n’est qu’un signe de plus du délitement de la démocratie belge."
Libération, dans "Herman Van Rompuy, Premier ministre malgré lui", du 30/12/2008: "Mais il ne faut pas s’y tromper: Van Rompuy, plus intelligent, plus subtil, plus madré que Leterme, n’en reste pas moins un flamingant à visage humain, pourrait-on dire. Comme l’ensemble de la classe politique flamande, il est pour une séparation totale entre la Flandre et l’espace francophone, prélude indispensable à un partage du pays. Ainsi Van Rompuy se dit volontiers favorable à la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde qui permet aux 150 000 francophones de la périphérie bruxelloise de voter pour les listes francophones de la capitale et d’être jugés dans leur langue. Il est aussi pour la fin des «facilités» linguistiques accordées à six communes flamandes à majorité francophone situées autour de Bruxelles. Autrement dit, il serait inexact de croire que le départ de Leterme signe la fin des revendications flamandes en faveur d’une autonomie accrue."
Le Monde, dans "La Belgique plus divisée que jamais", du 30/12/2008: "Yves Leterme s'en va et la Belgique n'a pas progressé d'un pouce dans la redéfinition de son fédéralisme. Pis, elle a replongé depuis un an et demi dans une confrontation généralisée : au vieux conflit linguistique, porteur d'aberrations diverses, s'est surajoutée une opposition politique, économique, sociale entre les deux grandes communautés nationales. Sur l'emploi, la politique d'asile ou la régionalisation des collections botaniques, tout semble opposer Flamands et francophones. Pas nouveau ? Sans doute. Mais, jusqu'ici, ces différences n'avaient pas empêché le gouvernement fédéral de fonctionner vaille que vaille. Or les péripéties intervenues depuis la démission, le 26 décembre, d'Yves Leterme, soupçonné, comme le ministre de la justice, Jo Vandeurzen, d'avoir fait pression sur des juges dans le cadre de la revente de la banque Fortis, ont souligné que, cette fois, c'est le coeur même du pouvoir qui semble atteint, paralysé, presque agonisant."
1 commentaires:


Je me pose la question de savoir ce qu'est devenue la liberté de la presse francophone dans ce "pays de cocagne".
Ces citations contrastent singulièrement avec les inepties belgicaines dont nous abreuvent nos quotidiens, celui de Mme Delvaux en tête.
Décidément, dans ce marché, il y a (aussi) une place à prendre pour nos futurs compatriotes français.