Le chef de la police fédérale s'exprime sur la scission de l'arrondissement judiciaire de BHV

Le chef de la police judiciaire fédérale belge et grand patron de l'anti-terrorisme en Belgique, le flamand Glenn Audenaert, s’est exprimé contre la scission de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) lors d’un débat organisé début mars à Bruxelles par Sven Gatz, le chef de groupe Open VLD (Libéraux Flamands) au Parlement Flamand (De Standaard: "Audernaert wil BHV niet splitsen"). Cette scission est une exigence flamande qui vise à ériger la Flandre en Etat-fédéré unilingue Flamand. Cela signifie concrètement que les 150 000 francophones de la périphérie bruxelloise n'auront plus le droit d'accéder à la justice dans leur langue. Glenn Audernaert déclare que sa prise de position est "pragmatique et non politique"

Celui qui est surnommé en Flandre le "super-flic" déclare "En terme de criminalité, BHV forme un ensemble. Les criminels du centre (ndlr : Bruxelles?) commettent souvent leurs crimes dans la périphérie. Les auteurs francophones et étrangers devront alors être jugés en néerlandais. Cela aboutira très rapidement à des procédures devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. Le professeur Brice De Ruyver de l'Université de Gand partage cette opinion. Selon lui, la scission de l’arrondissement judiciaire de BHV est "un cadeau pour le milieu du crime" (Knack: "Splitsing B-H-V is cadeau voor criminelen"). Glenn Audernaert ajoute "le cadre linguistique existant pour les magistrats bruxellois compliquent sérieusement le travail du parquet de Bruxelles, étant donné que 90% des dossiers sont de langue française".

Ce témoignage d'un des plus hauts responsables de la sécurité en Belgique rappelle deux points importants. D'une part, tout justiciable a le droit d’être jugé dans sa langue par un magistrat qui parle la même langue (La Charte des Droits Fondamentaux de l'UE). Malheureusement, le Barreau de Bruxelles indiquait déjà en 2005 dans son rapport annuel qu'il n'était pas simple pour les plaideurs d'obtenir le respect de ce droit élémentaire, y compris à Bruxelles (Le Barreau: les droits des francophones sont bafoués). D'autre part, les lois linguistiques imposent que 66% des magistrats de la juridiction doivent être parfaitement bilingues alors que la répartition linguistique des causes est principalement francophone. Conséquence: l’arriéré judiciaire s'accentue et la juridiction s'enfonce dans le délabrement.

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

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