CD&V: "Brussel, waar Vlamingen Thuis Zijn"
Le CD&V ("Chrétiens Démocrates et Flamands") est le premier parti de Flandre. Il est également le premier parti de Belgique, du fait de la supériorité numérique flamande. Le premier Ministre actuel de la Belgique est d'ailleurs le CD&V Herman Van Rompuy (Herman Van Rompuy, la Belgique et les Francophones). Il est donc de la plus haute importance de prendre connaissance du programme politique du CD&V pour les élections régionales du 7 juin prochain. Ce parti a organisé son congrès électoral ce samedi 25 avril. Le programme pour Bruxelles consiste en un document de 62 pages ("Verkiezingsprogramma : Brussels Hoofdstedelijk Gewest 2009"), disponible uniquement en néerlandais, que j'ai lu attentivement. Synthèse:
Le CD&V ne mentionne à aucun endroit dans son programme politique que Bruxelles est la Capitale de la Communauté Française de Belgique. Ce parti flamand conteste également les statistiques, pourtant indiscutables, qui démontrent que Bruxelles est une ville-région qui compte plus de 90% d’habitants francophones: "Bruxelles est une ville multi-lingue et colorée, un laboratoire interculturel qui a évolué vers une « ville des minorités »". Les Francophones ne seraient donc qu’une "minorité" parmi d’autres à Bruxelles. On peut lire "Depuis l’origine, Bruxelles est une ville flamande". Il s'agit évidemment d'une présentation abusive et erronnée de la réalité historique et linguistique de Bruxelles.
"Bruxelles renforce la Flandre et la Flandre renforce Bruxelles"
Le CD&V insiste sur le fait que Bruxelles est la capitale de la Flandre, ce qui a pourtant été explicitement rejetté par le Conseil d’Etat "pour motif d’incompétence". La Région Flamande ne peut en effet pas établir sa capitale dans une entité politique, la Région Bruxelloise, qui n’est pas la sienne (Bruxelles n'est pas la capitale de la Flandre): "Bruxelles est la capitale de l’Europe, de la Belgique et de la Flandre. Bruxelles offre à la Flandre une fenêtre sur le monde. Et la Flandre est un partenaire fort, fiable et loyale pour Bruxelles. La Flandre et sa capitale se renforcent mutuellement. Les bruxellois flamands font totalement partie de la Communauté Flamande. De ce fait, la Flandre continue à prendre entièrement sa responsabilité dans et pour Bruxelles, soit directement soit via la Commission Communautaire Flamande (VGC)".
Le CD&V insiste sur le fait que Bruxelles est la capitale de la Flandre, ce qui a pourtant été explicitement rejetté par le Conseil d’Etat "pour motif d’incompétence". La Région Flamande ne peut en effet pas établir sa capitale dans une entité politique, la Région Bruxelloise, qui n’est pas la sienne (Bruxelles n'est pas la capitale de la Flandre): "Bruxelles est la capitale de l’Europe, de la Belgique et de la Flandre. Bruxelles offre à la Flandre une fenêtre sur le monde. Et la Flandre est un partenaire fort, fiable et loyale pour Bruxelles. La Flandre et sa capitale se renforcent mutuellement. Les bruxellois flamands font totalement partie de la Communauté Flamande. De ce fait, la Flandre continue à prendre entièrement sa responsabilité dans et pour Bruxelles, soit directement soit via la Commission Communautaire Flamande (VGC)".
"Bruxelles n’existe pas en tant que telle"
Pour le CD&V Bruxelles n’est pas une Région à part entière: "Bruxelles n’est pas une région qui existe en tant que telle, elle est basée sur les deux autres régions", en particulier la Région Flamande: "Le statut de Bruxelles comme ville mondiale est aussi une énorme valeur ajoutée pour la Flandre et la Belgique … Nous insistons dans ce programme électoral sur la nécessité d’une étroite collaboration entre la région de Bruxelles-Capitale et la Flandre (cependant aussi avec la Région Wallonne)." Pour rappel, la note du Ministre-Président de la Région Flamande, Kris Peeters (CD&V), sur la réforme de l'Etat, approuvée à l'unanimité par le gouvernement flamand, précise qu'il doit s'agir d'un dialogue de Communauté à Communauté (La Flandre décide d'isoler et d'enclaver Bruxelles dans un Etat-fédéra Flamand).
Pour le CD&V Bruxelles n’est pas une Région à part entière: "Bruxelles n’est pas une région qui existe en tant que telle, elle est basée sur les deux autres régions", en particulier la Région Flamande: "Le statut de Bruxelles comme ville mondiale est aussi une énorme valeur ajoutée pour la Flandre et la Belgique … Nous insistons dans ce programme électoral sur la nécessité d’une étroite collaboration entre la région de Bruxelles-Capitale et la Flandre (cependant aussi avec la Région Wallonne)." Pour rappel, la note du Ministre-Président de la Région Flamande, Kris Peeters (CD&V), sur la réforme de l'Etat, approuvée à l'unanimité par le gouvernement flamand, précise qu'il doit s'agir d'un dialogue de Communauté à Communauté (La Flandre décide d'isoler et d'enclaver Bruxelles dans un Etat-fédéra Flamand).
"Transfert intégrale de compétences locales vers la Région Flamande"
Pour le CD&V, les compétences stratégiques des communes, à représentation proportionnelle de la population, et donc des Bruxellois, doivent être transférées vers l'exécutif régional paritaire, quel que soit le résultat des élections: "Le CD&V est partisan d’un transfert intégral des compétences locales en matières de mobilités, stationnement, aménagement du territoire et sécurité vers la Région. Les six zones de police bruxelloises doivent fusionner en une zone de police régionale urbaine avec des antennes locales ... Nous demandons que les communes prennent leur responsabilité: soit elles organisent elles-mêmes l’enseignement flamand, soit elles soutiennent la présence de l’enseignement flamand (aussi financièrement) d’une manière concrète (soutien équivalent à celui de l’enseignement francophone)".
Pour le CD&V, les compétences stratégiques des communes, à représentation proportionnelle de la population, et donc des Bruxellois, doivent être transférées vers l'exécutif régional paritaire, quel que soit le résultat des élections: "Le CD&V est partisan d’un transfert intégral des compétences locales en matières de mobilités, stationnement, aménagement du territoire et sécurité vers la Région. Les six zones de police bruxelloises doivent fusionner en une zone de police régionale urbaine avec des antennes locales ... Nous demandons que les communes prennent leur responsabilité: soit elles organisent elles-mêmes l’enseignement flamand, soit elles soutiennent la présence de l’enseignement flamand (aussi financièrement) d’une manière concrète (soutien équivalent à celui de l’enseignement francophone)".
"Brussel, waar Vlamingen thuis zijn"
Le slogan univoque dans certaines communes flamandes, à forte représentation francophone, qui entourent la Région bruxelloise, par exemple "Dilbeek, waar Vlamingen thuis zijn" ("Dilbeek, où les Flamands sont chez eux"; Dilbeek et Zaventem: des communes extrémistes) vise à faire comprendre aux Francophones qu'ils ne sont pas les bienvenus. C'est Luc Vermeulen, ancien membre du service d'ordre du "Vlaams Blok", condamné pour racisme, et aujourd'hui chef de la milice néo-nazie du Voorpost, qui a inauguré une pancarte de ce type sur sur la façade du centre culturel de Dilbeek, avec le soutien des autorités communales (Open VLD). Il avait déclaré “Avec le slogan, le caractère flamand de la commune est mis en évidence. Dilbeek a en effet toujours rempli un rôle pionnier dans la lutte flamande contre la Bruxellisation" (i.e. "contre les francophones"). Aujourd'hui, le CD&V reprend ce slogan pour la Région de Bruxelles. Quelques exemples:
"- une politique d’intégration Flamande dans Bruxelles;
- La Communauté Flamande doit recevoir les moyens pour mener une politique Flamande à Bruxelles;
- L’autorité fédérale doit prendre l’initiative de financer le sur-coût de services bilingues à Bruxelles, par exemple en rendant attrayant les primes linguistiques. Le bilinguisme des agents reste une nécessité absolue pour garantir un service bilingue;
- A présent la plupart des communes bruxelloises ont un échevin flamand, mais cela ne suffit pas pour une participation politique à part entière des Flamands dans leur ville;
- Le CD&V continue donc de plaider pour une participation à part entière et garantie des deux groupes linguistiques dans la gestion locale, par exemple la présence garantie d’au moin deux échevins de chaque groupe linguistique et des compétences garanties pour les échevevins Flamands;
- Les Bruxellois Flamands font entièrement partie de la Communauté Flamande. Le choix communautaire peut être utilisé pour étudier la faisabilité d’une gestion Flamande de la Capitale;
- L’abandon du bilinguisme des employés locaux, y compris le personnel de police, est inacceptable. Ceci ne peut être remplacé par le bilinguisme des services. Il faut rendre encore plus fiscalement favorable les primes au bilinguisme et étendre ces primes au bilinguisme au secteur privé;
- Le cadre linguistique applicables au personnele des services régionaux doit être consolidé avec une répartition globale de 30/70 et 50/50 (selon le niveau)".
- La Communauté Flamande doit recevoir les moyens pour mener une politique Flamande à Bruxelles;
- L’autorité fédérale doit prendre l’initiative de financer le sur-coût de services bilingues à Bruxelles, par exemple en rendant attrayant les primes linguistiques. Le bilinguisme des agents reste une nécessité absolue pour garantir un service bilingue;
- A présent la plupart des communes bruxelloises ont un échevin flamand, mais cela ne suffit pas pour une participation politique à part entière des Flamands dans leur ville;
- Le CD&V continue donc de plaider pour une participation à part entière et garantie des deux groupes linguistiques dans la gestion locale, par exemple la présence garantie d’au moin deux échevins de chaque groupe linguistique et des compétences garanties pour les échevevins Flamands;
- Les Bruxellois Flamands font entièrement partie de la Communauté Flamande. Le choix communautaire peut être utilisé pour étudier la faisabilité d’une gestion Flamande de la Capitale;
- L’abandon du bilinguisme des employés locaux, y compris le personnel de police, est inacceptable. Ceci ne peut être remplacé par le bilinguisme des services. Il faut rendre encore plus fiscalement favorable les primes au bilinguisme et étendre ces primes au bilinguisme au secteur privé;
- Le cadre linguistique applicables au personnele des services régionaux doit être consolidé avec une répartition globale de 30/70 et 50/50 (selon le niveau)".
Je termine en me permettant d'ajouter que la présentation par la presse francophone du programme politique du CD&V (exemple: La Libre Belgique: "La priorité du CD&V? La crise, pas le communautaire") est erronnée. Il semblerait que ces "journalistes" francophones n'ont pas pris la peine de lire le programme politique du CD&V avant de publier leur article. C'est dommage et quelque peu contrariant. Pour quelle raison faudrait-il lisser, voire effacer, les exigences du premier parti de Flandre et, donc, de Belgique? Est-ce une démarche journalistique sérieuse? Je pense, au contraire, que nous ne pouvons faire l'impasse sur le programme politique du CD&V, et il me paraît contre-productif de vouloir nier la réalité qu'il nous expose, à moins que l'on soit partisan de "sauver la Belgique à n'importe quel prix".
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
4 commentaires:


Heureusement hier on a entendu quelques politiciens bruxellois qui ont donné une réponse claire à ces diatribes et velléités flamingantes (Le FDF)Il serait temps de faire taire ces sons de cloches. A quand un référendum pour en avoir le coeur net?
melodius dit
Il me semble qu'il est grand temps d'exiger qu'on en finisse avec les mécanismes de surreprésentation des partis flamands à Bxl si on ne veut pas finir comme les Sudètes en '38. Et qu'il faut établir un cordon sanitaire autour de ces impérialistes et la 5ème colonne flamingante à Bxl.
gayak dit
Les Flamingants ne reculent devant rien pour mettre en place leur délirante politique ultra-nationaliste: il leur faut jusqu'à nier l'incontestable réalité linguistique d'aujourd'hui et faire valoir un passé plus ou moins proche, plus ou moins mythique pour justifier leur volonté d'annexion de Bruxelles (car c'est bien de ça dont il s'agit à moyen terme). Or, au risque de me répéter, qui habitait la rive gauche du Rhin avant l'installation des colons germaniques, sinon des populations gallo-romaines? Allons-nous les rejoindre dans leur délire et hurler, au nom d'un passé révolu: " Flandre, où les Latins sont chez eux?" et réclamer leurs territoires? Un peu de sérieux, s'il vous plaît! Mais je ne me fais aucune illusion: Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
Gayak aka Ardennais.
Alain De plaen dit
"Brussel, waar Vlamingen thuis zijn" peut se lire de deux façons:
- où les flamands (donc les locuteurs néerlandophones de Belgique) aussi sont chez eux. Dans ce cas, aucun problème en ce qui me concerne: la ville doit offrir ses services, au sens large (santé, STIB, administration, panneaux...), dans les deux (voire trois) langues et être accueillante à toutes et tous
- où seuls les flamands sont chez eux et alors je partage entièrement les commentaires postés: ce serait inacceptable. C'est le sens du message à l'entrée de Dilbeek.
Pour en avoir discuté avec des représentants cd&v à Bxl, j'ai l'impression que c'est le premier sens qui est voulu...
Bonne journée,
Alain De Plaen
P.S. suite au commentaire sur le site Bruxelles francophone: non, je ne partage pas les thèses du RWF - ni celles du CDF, je ne serai "recrue" ni de l'un, ni de l'autre... ;-)