La droite extrême en action

La télévision publique flamande Canvas a diffusé le dimanche 14 juin dans le cadre de son excellente émission “Panorama” un reportage consacré à la droite extrême en Flandre (“Rechts marcheert”, “la droite en action”, avec les sous-questions “C’est quoi la droite? Extrémisme, flamingantisme, ultra-libéralisme?"; Lien). Les journalistes Eddy Groenwals, Mark De Visscher, Joris D'Hooge et Willem Van Mullem ont suivi pendant six semaines Filip Dewinter (Vlaams Belang, extrême droite indépendantiste), Bart De Wever (N-VA, droite séparatiste) et Jean-Marie Dedecker (LDD, droite populiste et autonomiste) durant leur campagne électorale jusqu’à la soirée électorale du 7 juin 2009.

Dans les extraits repris dans la vidéo ci-dessous, Bart De Wever déclare que la campagne du Vlaams Belang est globalement “très soft”. Philippe Dewinter scande les slogans de campagne “C’est notre pays et il le restera”, “L’argent flamand dans les mains flamandes”. Quant à Jean-Marie Dedecker, il appelle à la sanction des partis traditionnels flamands “Assez c’est assez, trop c’est trop, la Flandre mérite mieux” et “Voter Jean-Marie Dedecker c’est voter pour la Flandre”. Philippe Dewinter espère que les trois partis de la droite extrême flamande (il utilise l’expression “les trois Daltons” pour dénommer leurs chefs respectifs) obtiendront une majorité pour prendre le pouvoir ensemble au parlement flamand. Dans la dernière séquence, Bart De Wever qualifie sa victoire électorale de “dimanche jaune et noir” (les couleurs du drapeau nationaliste flamand).

Extraits de l'émission "Panorama" consacrée à la droite extrême flamande. Certains passages peuvent heurter les personnes soucieuses des valeurs de respect et de tolérance.


Les résultats des urnes ont donné au mouvement nationaliste flamand une envergure que le politologue de l'université de Louvain (KUL) Bart Maddens qualifie de proprement historique. Ils donnent 15,3% des voix pour le Vlaams Belang, 13,1% à la N-VA: "Jamais les partis de la famille nationaliste flamande n'ont séduit autant d'électeurs flamands". Ni le Vlaams Nationaal Verbond dans l'entre-deux-guerres, ni la Volksunie à son âge d'or, au début des années 1970, n'étaient parvenus à capter 28,4% des voix flamandes. Et le politologue d'additionner en outre les 7,6% de voix glanées par la Lijst Dedecker et le 1,1% d'électeurs attirés par le petit SLP (nationaliste de gauche), pour en conclure que 37,1% des suffrages de la Flandre se sont portés sur des partis explicitement flamingants (Le Vif).

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

0 commentaires: