Brigitte Grouwels: l'extrême droite au coeur de l'exécutif bruxellois

Le nouveau gouvernement bruxellois, Picqué IV, a été officiellement élu ce jeudi 16 juillet par le parlement bruxellois. Du côté flamand, Brigitte Grouwels (CD&V) devient Ministre de la Mobilité, des Travaux Publics, et du port de Bruxelles. Ces compétences sont incontestablement parmi les plus importantes et les plus stratégiques pour Bruxelles et pour les Bruxellois. Le CD&V a récolté 1.6% des voix des Bruxellois lors des élections régionales du 7 juin 2009 tandis que Brigitte Grouwels a obtenu 2245 voix de préférence, soit 0.48% du nombre total de votes valables émis par les Bruxellois. Cette claire violation du suffrage universel est le résultat des accords du Lombard de 2001 qui garantit la parité intégrale au niveau du gouvernement régional, avec un même nombre de ministres et de secrétaires d’Etat néerlandophones que francophones, et ce quel que soit le résultat des élections (Le système électoral en place à Bruxelles).

Originaire de Hasselt (Région Flamande), Brigitte Grouwels a fait son entrée au parlement bruxellois en 1992, avant d'atterrir également au parlement flamand trois ans plus tard. En 1997 elle devient ministre flamande des Affaires bruxelloises et de l'Egalité des Chances, au sein du gouvernement flamand, alors dirigé par Luc Van Den Brande (Lire aussi: Luc Van den Brande et les idéaux du Conseil de l'Europe). Après la défaite électorale de son parti en 1999, Brigitte Grouwels a fait son retour aux parlements bruxellois et flamand. A Bruxelles, elle a endossé la fonction de Présidente du groupe CD&V. A l'issue du scrutin régional de 2004, elle a été désignée secrétaire d'Etat chargée Fonction publique bruxelloise, du Port de Bruxelles, et de l'Egalité des Chances. Son action a été essentiellement concentrée sur l'impérialisme des 8% de Bruxellois flamands au détriment des 92% de Bruxellois francophones.

Brigitte Grouwels ne cache pas sa volonté, sur son site web (Lien), de mener une politique discriminatoire et sectaire alors qu'elle est censée défendre les intérêts de tous les Bruxellois qu'elle que soit leur origine ethnique: "Plus d'argent pour les crèches néerlandophones à Bruxelles", "Des taxis au service des médecins généralistes bruxellois néerlandophones", "Attirer plus de prestataires de soins néerlandophones à Bruxelles !", etc. Dans son programme électoral pour Bruxelles, disponible uniquement en néerlandais (Brussel: "Waar Vlamingen Thuis Zijn"), le CD&V qualifie Bruxelles de "laboratoire interculturel qui a évolué vers une «ville des minorités»". Les 92% de Bruxellois francophones ne seraient donc qu’une "minorité" parmi d’autres à Bruxelles. On peut lire aussi "Depuis l’origine, Bruxelles est une ville flamande".

Pour le CD&V, Bruxelles n’est pas une Région à part entière: "Bruxelles n’est pas une région qui existe en tant que telle, elle est basée sur les deux autres régions", en particulier la Région Flamande. Le CD&V plaide également pour "une politique d’intégration Flamande dans Bruxelles", l'étude de "la faisabilité d’une gestion Flamande de la Capitale", l'extension "des primes au bilinguisme et étendre ces primes au bilinguisme au secteur privé", la consolidation du "cadre linguistique applicable au personnel des services régionaux avec une répartition globale de 30 fr / 70 nl et 50 fr/50 nl" (selon le niveau, et ce quel que soient les compétences), et le transfert des compétences stratégiques des communes, à représentation proportionnelle de la population, et donc des Bruxellois, vers l'exécutif régional paritaire.

En 2001, Brigitte Grouwels avait publié, dans la revue séparatiste flamande "Secessie", dont l'éditeur responsable n'était autre que la députée Alexandra Colen du Vlaams Blok (parti néo-faciste, condamné en 2004 pour "incitation permanente à la ségrégation et au racisme" par le Tribunal de Gand), un article dans lequel elle révéle notamment sa revendication de tutelle de la Flandre sur Bruxelles. Elle développe une argumentation en faveur d’un Bruxelles Flamand "Vlaams Brussel" qui faciliterait la flamandisation de la périphérie francophone de Bruxelles. Interrogée en 2004 par un journaliste de Télé Bruxelles sur la métamorphose du Vlaams Blok en Vlaams Belang, Brigitte Grouwels déclare qu'elle trouve des éléments "positifs, intéressants, respectueux des Droits de l’Homme" dans le programme du nouveau parti néo-fasciste.

L'article de Mme Grouwels dans la revue d"extrême droite "Secessie".




Le slogan de campagne électorale pour les législatives de 2003 de Brigitte Grouwels était "Minder Frans, Meer Brigitte" ("Moins de Français, Plus de Brigitte"). Ce slogan incite clairement à la discrimination envers les 92% de francophones qui habitent dans la Région de Bruxelles. Selon Brigitte Grouwels, il s'agit d'une provocation pour contraindre les partis francophones à débattre sur l'amélioration du bilinguisme à Bruxelles. Invitée par Pascal Vrebos dans les studios de RTL-TVI le dimanche 2 avril 2006, à la question, "qui choisiriez-vous entre un francophone unilingue hyper-compétent et un Flamand bilingue incompétent?", elle répondit, avec un petit sourire, "le Flamand". Le lendemain, à l’occasion d’une conférence de presse, elle rajouta une couche en signalant qu’elle "n’avait jamais rencontré un francophone compétent unilingue, que cela ne pouvait pas exister...".

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Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

13 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Ce dérapage dans "Secessie" fut fortement critiqué par la presse et le monde politique flamand en 2001. Le président de la CD&V à l'époque, Stefaan De Clerck a du réparer les dégâts... Ce n'est pas très "frais" comme scoop.
    Les flamands sont sur-représentés dans le gouvernement de BXL. Les francophones le sont aussi dans le gouvernement fédéral. (il y a plus de francophones au gouvernement Van Rompuy que de flamands!) Un siège au fédéral "coute" moins de voix pour un francophone que pour un flamand. Et tout cela est très bien ainsi.


    Bruxellois dit

    Cette femme a obtenu 2.245 voix. Il "reste" donc 998.000 Bruxellois pour considérer qu'elle n'a pas la moindre légitimité d'oeuvrer comme ministre de la région bruxelloise dont elle est d'ailleurs une ennemie avérée.

    Elle ne devrait dès lors pas s'étonner d'être un jour chassée de Bruxelles à coups de pieds au c***.


    himself dit

    Je me suis également inquiété de cet "upgrade" de la dame.

    En ce qui concerne le gouvernement fédéral, je n'ai pas vérifié les affirmations d' "anonyme".
    Sauf erreur de ma part, le nombre des ministres est lié à leur représentation parlementaire. L'asymétrie politique de l'éxécutif fédéral est un fait de négociation et d'accord politique et non une volonté francophone de surreprésentation ponctuelle ou structurelle.


    Anonyme dit

    Ca, c'est votre point de vue.

    D'abord, que le scoop ne soit "pas très frais", il n'en est pas moins important. L'Histoire en est pleine, de scoops "pas très frais".

    Rappel: ce sont tous ces petits scoops "pas très frais" qui sont à l'origine du fossé qui s'est creusé pendant des dizaines d'années entre les néerlandophones et les francophones: "destructeurs" serait ici plus approprié que "pas très frais".

    Nous ne sommes pas ici dans un site "people" mais bien dans un site reprenant les évènements (ou non-évènements) politiques récents et moins récents qui ont fait de notre pays ce qu'il est à ce jour... et qui ont fait que Bruxelles-Capitale soit la seule Région sur trois à ne pas être considérée comme telle à part entière.

    Même lorsque le Conseil d'Etat émet un avis défavorable au sujet de l'envahissement par la Flandre de Bruxelles-Capitale comme étant sa capitale!

    Encore un scoop "pas très frais", mais il n'y a aucune raison de ne pas s'en souvenir. Oublier ce genre de détail, ça ferait tache, vous ne trouvez pas?

    Mieux encore, la Région de Bruxelles-Capitale est la vache à lait des deux autres Régions (229 500 Flamands et 126 500 Wallons font la navette quotidiennement selon www.statbel.fgov.be/press/pr098_fr.pdf).

    Alors... même éculé, ce fait a tout son poids, vous ne trouvez pas?

    Quant à la sur-représentation des francophones au gouvernement Van Rompuy, parlez-vous de la toute récente formation et pourriez-vous nous donner les chiffres et les soursur lesquels vous basez vos dires?

    Une argumentation ne peut être considérée comme crédible que lorsqu'elle est étayée par des éléments précis. Afin de permettre l'approbation ou la contestation. Merci.


    Anonyme dit

    Allez, les chiffres;

    nombre de ministres: flamands: 8 (5cdnv-3vld)... francos: 7 (ps 3, mr3,cdh 1) Sur base 40/60 cela devrait faire 9 fl, 6 fr...
    les secretaires d'états fl: 2 (cdnv). Du coté franco:... 8!!; (2 pour chaque partie)... Le total du personel de l'équipe: fl: 10 fr: 15!!....

    source: http://www.hbvl.be/nieuws/binnenland/aid848629/hoe-ziet-de-nieuwe-regering-van-rompuy-eruit.aspx

    PS, cdh et Mr ont 53 sièges, Cdnv et vld 41. Remarquez que le gouvernement n'a pas de majorité en Flandre...

    source: http://www.dekamer.be/kvvcr/pdf_sections/depute/hemi.pdf

    C'est très facile de nous traiter de fascos et de racistes. Mais la Belgique est le seul pays ou on laisse la minorité au pouvoir!


    Un Bruxellois dit

    @anonyme "Les flamands sont sur-représentés dans le gouvernement de BXL. Les francophones le sont aussi dans le gouvernement fédéral."

    Exact mais pas vraiment comparable en terme de surreprésentation 40 /60 vs 8 /92 ni en termes de compétences: tous les postes à réelles responsabilités au fédéral(intérieur, justice, affaires étrangères, défense, etc.) sont dans des mains flamandes à l'exception des finances.

    Une sorte de deuxième niveau de pouvoir flamand. Cela doit être chouette de bénéficier de deux niveaux de pouvoir, n'est-ce pas? Pour le reste, le fédéral s'apparente à une coquille vide. Alors, vous savez, entre une surreprésentation à vraie responsabilité et une surreprésentation qui donne l'illusion du pouvoir, les flamands aussi.

    Quant à la publication nauséabonde de Mme Grouwels qui appelle à la mise sous tutelle de Bruxelles, ce n'est certes pas un "scoop", tel n'est pas l'objectif de ce site d'ailleurs, mais je la passerai en boucle s'il le faut. Admirable Grouwels qui ne sait décidemment pas s'empêcher de montrer son affinité avec l'extrême droite néo-fasciste.

    Avec les applaudissement du PS, qui, il est vrai, avait déjà accueilli avec fleurs et couronnes les milices néo-nazies du Voorpost, TAK, KVHV, etc. lors de leur marche sur Bruxelles début aux cris de "Rats Français, Dehors", et "Du cyanure pour le FDF". Merci Freddy Thielemans, maire PS de Bruxelles. On s'en souviendra.


    Anonyme dit

    @ Un Bruxellois:
    "...On s'en souviendra."

    Moi, je veux bien, je ne demande même que ça, que nous nous souvenions tous des turpitudes de certains rigolos, en l'occurence ceux du PS.

    Mais, qu'a-t-on vu le 7 juin dernier? Il faut hélas se souvenir des voix de préférence de "Papa", qui n'est pas anodin concernant l'état d'esprit de l'électorat non-militant.

    Mais sur les plan des partis, où était le PS? Et qu'en est-il advenu? Aujourd'hui, il faut être aveugle pour ne pas le voir, sourd pour ne pas l'entendre.

    Alors, au risque de déplacer le débat, je songe au suffrage universel tel que pratiqué en France. Bien sûr, toute modalité d'élection a ses inconvénients.

    Mais lorsqu'on voit que le PS est à la présidence de la Communauté française (la personne de R Demotte n'est certainement pas visée ici) et de deux Régions, on se pince pour être sûr de ne pas être en plein cauchemar.

    N'y a-t-il pas lieu de considérer très attentivement un changement constitutionnel visant à la modification de nos élections en vote au suffrage universel?

    Si vous adhérez ou n'adhérez pas à cette opinion, réagissez, un groupe de débat sur le sujet est en formation dans Facebook.


    Anonyme dit

    Par "suffrage universel", j'entendais "suffrage universel unique" et puisque l'occasion s'en présente, selon un "scrutin majoritaire à deux tours".

    Il n'y a ici aucune volonté d'un rattachement à la France!


    Un Bruxellois dit

    Personnellement, le scrutin majoritaire à deux tours me séduit pour de nombreuses raisons.


    Jean Simon dit

    Dans la série les flamingants sont partout!
    "Leterne" aux affaires étrangères,intellectuellement capable?
    Avec un tel personnage à la tête de la diplomatie natioanle pour qui "les seules choses communes aux Belges sont " le Roi, l'équipe de foot, certaines bières" l'idéologie flamando-flamingante croit pouvoir encore un peu plus métastaser ses obsessions identitaires revanchardes dans le landerneau diplomatique. Ses 800.000 voix qui ne sont d'ailleurs que des voix de flamands ne justifient pas une telle promotion sur la scène internationale. Ce loser est une vraie plaie pour la Belgique!


    David dit

    Oui, enfin ses 800k voix, c'était il y a un moment si je ne me trompe pas. Ca m'étonnerait qu'il récolte autant la prochaine fois. Encore une fois un trés bel article. Je prends toujours un grand plaisir à vous lire ;)


    Anonyme dit

    @ Anonyme
    «nombre de ministres…
    source: http://www.hbvl.be/nieuws/binnenland/aid848629/hoe-ziet-de-nieuwe-regering-van-rompuy-eruit.aspx»
    Et spa ? 14 ! Et ecolo-groen ? 12 !
    hbvl = (dés)information, ou l’origine partielle de tous les maux de ce pays…

    «PS, cdh et MR ont 53 sièges, Cdnv et vld 41…
    source: http://www.dekamer.be/kvvcr/pdf_sections/depute/hemi.pdf»
    Et tous les autres? Vous ne parlez que de 63% des élus!
    Puis vous vous plaignez de ce qu’on vous qualifie de fachos et de racistes?

    «Mais la Belgique est le seul pays où on laisse la minorité au pouvoir!»
    C’est bien un flamand qui dit ça? Je rêve, c’est le monde à l’envers…

    Beste Anonyme, sinds het begin zeker 60 jaar geleden, hebben uw vriendjes alles en het tegenovergesteld gezegd, dat geeft nu niet meer, nietwaar? Het is nu vaste traditie!
    Cher Anonyme, dès le départ, il y a au moins 60 ans, vos congénères ont tout dit et son contraire, on n’en est plus à cela, n’est-ce pas ? C’est ancré dans vos traditions !


    Arnaud dit

    Mais POURQUOI les partis francophones ne créent pas des partis flamands à Bruxelles?? ça résoudrait le problème de sur-représentation des flamands à Bruxelles...