La Flandre ne veut pas libérer Bruxelles

Lors de la huitième édition de l'IJzerwake (veillée de l'Yser) qui s'est tenue ce dimanche 23 août 2009 à Steenstrate près d'Ypres (Lien), Frans Crols, ancien rédacteur en chef du magazine Trends-Tendance, a déclaré que la Flandre ne doit pas compter sur Bruxelles comme capitale: "Nous devons nous libérer de Bruxelles et faire sauter ainsi un lourd verrou qui pèse sur l'indépendance. La perte de Bruxelles ne signifie pas la fin ou la chute de la Flandre tout au contraire" (en néerlandais: "Wij laten Brussel los" pour contredire l'accord du gouvernement flamand, conclu le 9 juillet 2009, "Vlaanderen laat Brussel niet los", Lien). Cette déclaration a suscité de nombreuses réactions parmi les éditorialistes et les politiques flamands (Source: VVB: "Crols en Brussel: de reacties"):

Bart De Wever, Président de la N-VA, "Quel est le sens d’annoncer cela maintenant? Nous sommes encore à des années de la première discussion sur l’indépendance flamande ... Renoncer à Bruxelles, tu peux l’inscrire dans la série des années historiques tragiques, comme 1585 (ndlr la chute d’Anvers pendant la guerre de quatre-vingt ans) et 1830."

Etienne Vermeersch, professeur émérite à l’université de Gand et cheville ouvrière du groupe nationaliste flamand "Gravensteen" (Lien): “Une Flandre totalement indépendante signifie la perte totale de Bruxelles ... qui chercherait un rapprochement avec la Wallonie et finalement, peut être, la France ... Dans une Flandre indépendante, les six communes à facilités exigeraient leur rattachement à Bruxelles. Finalement, une intervention européenne serait demandée. Des referenda suivraient certainement ce qui aurait pour conséquence le rattachement de ses six communes (et peut-être d’autres) à Bruxelles ... La possibilité d’une Flandre indépendante doit rester un bâton derrière la porte des négociations ... La Flandre ne doit pas se libérer de Bruxelles, à moins qu’on ne puisse faire autrement."

Marc Reynebeau, rédacteur du "Standaard": "La réflexion n’est pas totalement nouvelle pour lui (Frans Crols). Il y a vingt ans, il proposait en tant que directeur du magazine des affaires Trends de faire de Bruxelles un “Washington sur Senne”. Ce Brussels DC aurait surtout été une zone de libre échange gérée par l’Union Européenne. Cela n’a jamais, c’était prévisible, suscité le moindre intérêt. Aujourd’hui, il nous présente la perte de Bruxelles comme la seule alternative. La proposition a le mérite de la clarté. Mais elle relève du simplisme."

Jean-Luc Vanraes, Ministre flamand (Open VLD) des Finances et du Budget dans le gouvernement bruxellois, “Une déclaration très rare. N’oubliez-pas à quel point Bruxelles est important pour la Flandre avec 20% du revenu national et pour les 250 milles Flamands qui viennent travailler à Bruxelles tous les jours”.

Geert Bourgeois, Ministre Flamand des affaires intérieures, de l'intégration, et de la périphérie flamande (N-VA), "Perdre Bruxelles est une erreur stratégique totale. Stupide. Bruxelles est notre porte d'entrée sur l'Europe, sur le monde. Dans l'accord du gouvernement Flamand, nous avons décidé d'établir un lien fort avec Bruxelles".

Steven Vanackere, Vice-Premier Ministre et Ministre de la Fonction publique, des Entreprises publiques et des Réformes institutionnelles (CD&V): "Un formidable dérapage. La Flandre doit être présente dans la capitale de l’Europe".

Bruno Valkeniers, Président du Vlaams Belang, "C'est bien que Frans Crols mette sur la table le débat sur Bruxelles. Débattons de Bruxelles. Mais notre point de vue est que Bruxelles est la capitale bilingue d'une Flandre indépendante qui sera officiellement unilingue".

Lode Vereeck, chef de groupe LDD au Parlement Flamand, "Nous n’abandonnons pas Bruxelles. Nous tenons à un modèle confédéral avec une maximum d’autonomie pour les entités fédérées. Même dans une Flandre indépendante, Bruxelles reste notre capitale."

Mieke Vogels, Présidente de Groen!, "La Flandre seule? Il y a 150 ans peut être. La Flandre a besoin de Bruxelles et vice versa. Plaider pour une Flandre indépendante est une tromperie populaire. J’espère que les gens ne tomberont pas dans ce piège."

Walter Baeten, Président du Comité de pèlerinage de l’Yser, "Notre conviction est que ne pouvons pas libérer Bruxelles. Bruxelles est beaucoup trop importante pour la Flandre. Bruxelles doit être la capitale de la Flandre et faire partie de la Flandre".

Caroline Gennez, Présidente du SP.a, "Quel monde étrange. Sans Bruxelles, la Flandre est une moyenne cylindrée européenne. Et asocial: je n'ai pas envie de laisser tomber les Flamands de Bruxelles."

Vous aurez noté qu'aucun Flamand qui s'est exprimé ne propose de demander l'avis des premiers concernés par leur avenir: les Bruxellois.

Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

8 commentaires:

  1. Anonyme dit

    c'est tres demago, ce que tu ecris.
    s'il y a 5000 cons sur le ijzerwake qui ne veulent plus de Bxl, on crie scandale. si les resp pol flamands disent qu'ils veulent bel et bien bxl: pas bien non plus.
    25% des enafnts de bxl vont a des ecoles de flanmands....pense mieux


    Anonyme dit

    M. Etienne Vermeersch me semble avoir la réaction la plus lucide. La seule chose qui nous manque est d'avoir des politiciens (francophones) un peu plus lucides/honnêtes , qui comprendraient et expliqueraient à leurs électeurs que la séparation d'avec la Flandre est non seulement inéluctable, mais surtout bénéfique pour les Belges francophones.


    Anonyme dit

    Les parents francophones qui mettent leur enfants en flamand à l'école pensent naïvempent que cela leur ouvrira les portes des postes à responsabilité à Bruxelles.

    Or, la toute grande majorité de ces postes sont confiés par des flamands à des flamands. J'ai autour de moi 2 universitaires à qui un chasseur de tête a dit: vous êtes la personne la plus compétente mai s vous êtes francophone... ça ne passera pas.

    Sinon, Pq démago. L'auteur de ce billet ne crie pas au scandale, il relate seulement des faits et présente des citations.

    Il termine juste par un argument qui me semble pertinent et difficilement contestable. Pourquoi ne demande-t-on pas l'avis des Bruxellois?

    Bxxl.


    Anonyme dit

    "25% des enafnts de bxl vont a des ecoles de flanmand" ? C'est de la propagande tes chiffres ou il y aune source fiable ? En tout cas, 25% dans les écoles flamandes mais seulement 7% de néerlandophones à Bruxelles. Quel échec pour le "brain washing" flamand ! Heureusement !


    Mike dit

    Quoi, on demande pas l'avis de Bruxellois? Et Steven Vanackere et J-L Vanraes alors?


    Un Bruxellois dit

    Bien drôle!


    Anonyme dit

    "Steven Vanackere et J-L Vanraes"

    Ca c'est l'avis de 8 % de Bruxellois.

    8 %, c'est une minorité. En démocratie, c'est pas assez.

    Il est là le problème en Belgique, les francophones sont majoritaires à Bruxelles (voulez-vous que nous recomptions?) et dans les 6 communes à facilités (là on attend un comptage depuis 1963) mais minoritaires au fédéral.

    Inversez les rôles, Mike. Seriez-vous d'accord que 8 % de francophones à Anvers puissent bloquer toute décision dans cette ville parce que les francophones seraint majoritaires en Belgique. Oui? Vraiment?


    Anonyme dit

    Pourquoi essayer de faire entendre raison à des néerlandophones qui sont, soit très au courant des données concernant la question linguistique de ce pays mais qui les nient et mentent effrontément à qui veut bien les entendre, soit complètement endoctrinés par les précédents et suivent comme des moutons de Panurge.
    Entre les deux, les ultras, qui ne prennent l'avis de personne, forcément, et édictent des règles ou annoncent des idées nouvelles, saugrenues et moins saugrenues, toujours fascisantes.
    Quel panel d'interlocuteurs.
    Les francophones et surtout leurs polititiens ne pourraient-ils pas agir et anticiper aussi, de manière à ne plus rester à la traîne de cette région tellement différente qu'elle sera très vite isolée par le fait de ses prises de position.
    Pendant ce temps, la Wallonie, Bruxelles-Capitale, les communes de la périphérie et les Fourons avanceraient de manière positive et efficace en travaillant aux questions sociales et financière qui concernent tous nos concitoyens.
    A bon entendeur, salut.