Les nationalistes flamands en Flandre Française

La Flandre Française correspond à la majeure partie de la la Région du Nord-Pas de Calais. Lille est sa principale ville mais elle compte d’autres villes importantes comme Douai, Dunkerque, Bailleul, Arras, Boulogne, Maubeuge, etc. Cette Région fut arrachée militairement aux Pays-Bas Espagnols par la France de Louis XIV à la fin du 17ième siécle. La bataille de la Peene (1667), appelée aussi troisième bataille de Cassel, en est un des épisodes les plus marquants. Les nationalistes flamands estiment que Paris a mené une politique de francisation qui a conduit à la quasi-disparition de leur langue et de leur culture. Ils préconisent le rapprochement de ce qu’ils considèrent être un territoire historiquement flamand avec la Région Flamande voisine. Leur stratégie se base d’une part sur la "Maison du Néerlandais" et d’autre part sur la "Maison du Peuple Flamand" (lire aussi: Oubliez les Ch'tis, bienvenue dans les Pays-Bas Français).

La Maison du Néerlandais

La Maison du Néerlandais à Bailleul a fêté ses dix années d’existence le le 7 mai 2009 (Lien). Il existe aujourd'hui des antennes dans une dizaine d'autres villes françaises (Lille, Dunkerque, etc.). La Maison a pour but de "promouvoir la langue et la culture néerlandaises dans le département du Nord à travers l’information et la formation". Ces activités sont organisées pour une part en collaboration avec le Comité pour la Flandre française et l'association pan-néerlandaise "Orde van den Prince" (Ordre du Prince d'Orange; en référence à Guillaume d’Orange le Taciturne (1533-1584), considéré comme le fondateur de la grande nation néerlandaise), qui offre un soutien logistique à partir de ses sections situées à Beersel et Rhode-Saint-Genèse (dont le Président est Herman Van Rompuy), dans la périphérie bruxelloise (Lien). L'Ordre du Prince d'Orange est une association du Mouvement Flamand (Vlaamse Volksveweging).

Selon Jean Delobel, fondateur de la Maison du Néerlandais, "l'esprit d'entreprise, la richesse, c'est de l'autre côté de la frontière qu'on les trouve". Les nationalistes flamands combinent astucieusement les aspects économiques et historiques pour convaincre les Français d'apprendre le néerlandais "Parlez-vous néerlandais? Langue de 22 millions d'Européens de Belgique et des Pays-Bas. Une clé pour l'avenir ... L'intégration européenne conduit à une Eurorégion transfrontalière où nous aurons de plus en plus à vivre ensemble, ce qui suppose le " bilinguisme de proximité" ... d'ores et déjà, c'est avec le Benelux que notre région a, et de loin, le plus d'échanges économiques ... le marché de l'emploi est très porteur outre-frontière ... le néerlandais nous ouvre d'une part l'accès à une part importante de notre histoire, de notre mémoire collective et d'autre part la participation à la très intense vie culturelle qui anime la néerlandophonie".

Derrière ces bonnes intentions se cachent un projet planifié sur plusieurs décennies: imposer le bilinguisme dans la Flandre Française afin de recomposer, à terme, la grande nation néerlandaise. Traduction d'articles publiés par l'Ordre du Prince d'Orange: "Dunkerque est une originalité dans de nombreux domaines. Pour commencer, cette ville fait seulement partie intégrante de la France depuis 1662, après que les anglais l’aient vendue contre de l’argent. Le caractère flamand est bien plus ancien… On y voit le même habitat qu’en Fandre, les mêmes fermes, les mêmes paysages. Mais le vrai choc est ce Lion des Flandres qui flottent au vent partout. Ce drapeau est le symbole des Flandres …ce territoire où on trouve des villages comme Steenwerck, Hazelbrouck, Wormhout, Hondschoote, Zegerscappel en Broxeele. Ou avec des noms francisés comme Esquelbecq (Ekelsbeke), Dunkerque (Duinkerke) et Morbeque (Moerbeke)."

"La Flandre est ici devenue une marque utilisée avec avidité. Chocolats, frites, carbonnades, bières: tout ce qui est flamand (sic!). Mais un film a été tourné dans cette région: « Bienvenue chez les Ch’tis » ... Daniel Wayolle, le patron de l’Office du Tourisme à Bergues déclare: « L’identité flamande existe, mais les extrémistes flamingants détournent le succès du film. Ils posent des exigences absurdes; ils veulent imposer leur langue » … En même temps c’est une vraie bataille qui se déroule . Toujours plus de personnes veulent apprendre le néerlandais. Parce qu’ils veulent travailler dans la riche Flandre, qui est située juste à coté ... Sandrine Bernard dirige la Maison du Néerlandais à Bailleul. Mais cela coûte de l’argent, dit-elle et « Paris refuse des subsides » ... "

"Entre les deux guerres mondiales un mouvement nationaliste flamand a été mis sur pieds sous la direction de l’abbé Gantois (1904-1968, lire auss ci-dessous) ... A partir de la Flandre, après la deuxième guerre mondiale, le Comité pour la Flandre française a beaucoup entrepris pour promouvoir le Néerlandais dans la Flandre française via de nombreux cours de néerlandais … Paris bloque totalement. La France refuse même de ratifier la convention cadre sur la protection des minorités. Les arguments devraient mettre en colère les politiciens francophones dans la périphérie bruxelloise « Il n’y a pas de minorités en France ». Et encore « Proposez-vous que les gens puissent recevoir leurs formulaires dans une autre langue » Une petite minorité le veut. Un groupe exige même une propre région, séparée de Paris et certainement séparée du centralisme français. Mais la grande majorité voit le salut dans le bilinguisme." (Lien)

NB: Le mouvement nationaliste flamand fut longtemps inspiré par l'abbé Gantois qui, dans les années 1920, lui donna une consistance politique. Collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale et chef du "Vlaams Verbond van Frankrijk" ("Association Flamande pour la Flandre"), il écrivit à Adolf Hitler afin de lui demander le retour de la Flandre française au sein du Reich. Parmi les slogans "Vlaanderen Ons Vaderland ! Flandre Notre Patrie! ...Tout individu fait d’abord partie d’une ethnie avant d’appartenir à un Etat! Nous appartenons à l’ethnie flamande avant d’être Français !"

"Où la Flandre s'appelle la France": "Le comté des Flandres s'étendait à l'origine jusqu'à la Somme. A partir de 1695 la France s'est emparée de parties de ce comté. En 1715, la frontière actuelle a été fixée. Le Département du Nord (...) est né pendant la Révolution française. C'est ausi à ce moment que la francisation a commencée." En pointillé, la Flandre en 1659. En ligne continue, l'actuelle frontière de la Belgique.


La Maison Flamande

La première Vlaams Huis ("Maison Flamande") a ouvert ses portes le 7 février 2008 à Lambersart, près de Lille. Cette maison a été fondée par les groupuscules "Jeunesses Identitaires" et "Terre Celtique". Les Jeunesses Identitaires est un groupuscule d’extrême droite radicale qui affiche sans complexe son idéologie xénophobe. Terre Celtique est une association fondée par un ancien para, mercenaire en Afrique et ex-membre du service d'ordre du Front National (FN). La "Maison Flamande" entretient de très bonnes relations avec la "Nationalistische Studentenvereniging", une milice étudiante d'extrême-droite (NSV) liée au parti néo-fasciste Vlaams Belang. Le 26 mars 2009, 400 membres de la NSV avait manifesté à Leuven (Région Flamande) en scandant notamment "Wij zijn de Fransen beu" ("Nous en avons marre des Français"), "Franse Ratten, Rol uw Matten" ("Rats Français, Dégagez") et "België Barst" ("Belgique Crève"): Lien.

Sur le site web de la NSV (Lien), on peut lire "Les Jeunesses Identitaires de Lille et le NSV ont conclu en 2007 de travailler ensemble de façon rapprochée. A travers l'organisation d'activités cpmmunes sur une base régulière, nous voulons démontrer que la frontière entre la Flandre du Nord et la Flandre du Sud (ndlr: le Département du Nord) est purement fictive. Pour fêter l'ouverture de la nouvelle Vlaams Huis à Lille, les Jeuness Identitaires de Lille ont invité le NSV pour un authentique cantus le samedi 23 février. Un cantus est une activité guindaillesque étudiante, pratiquée en Flandre et aux Pays-Bas, durant laquelle les étudiants présents chantent des chants traditionnels (flamingants) et boivent de la bière. Une trentaine de sympathisants de la NSV étaient à nouveau présent à la "Maison Flamande" le 13 septembre 2008 (Lien).

Contrairement à l’approche élitiste de la Maison du Néerlandais, celle de la Maison Flamande s’appuie sur un fascisme qui se veut social afin d’attirer et d’embrigader les classes défavorisées dans la mouvance flamingante, raciste et xénophobe, qui fait tant de dégâts en Belgique. Au programme: soirées de folklore flamand, des stages d'endurance, des cours de boxe thaïlandaise, de self-defense, de combat rapproché, de paintball en tenue militaire, des cours de néerlandais, et des slogans du type "démystification de la violence" et "fierté, honneur et souffrance". Les démocrates ne sont pas dupes: le comité de vigilance antifasciste de Lille a appelé à manifester le 4 octobre 2008 pour exiger la fermeture de la Maison Flamande. Entre 200 et 250 personnes ont défilé dans les rues de Lambersart (Article de la Voix du Nord; Reportage de France 3).


Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.

11 commentaires:

  1. Anonyme dit

    La France ne se laissera pas faire comme les politiciens francophones belges.


    Anonyme dit

    Les derniers néerlandophones vivant en région NPDC représentent à peine 1 % de la population...les flamingants n'ont démocratiquement aucun moyen de s'imposer.

    Leur seul espoir réside dans une revendication territoriale officielle formulée par la Flandre Belge.

    Or il faut déjà que cette dernière prenne son envol. Avec un rapport de population de 10 contre 1, la France n'en ferait qu'une bouchée !

    Bref, on est en plein délire, comme celui de la Grande Catalogne, Grande Albanie, etc.


    Anonyme dit

    Tu as entièrement raison, JE.


    alexis dit

    juste pour signaler
    cantus = mot d'origine latine qui désigne effectivement la guindaille au sein d'ordres etudiants, durant un cantus on chante ;) des chants il y en a des centaines (cfr: le petit bitu) et la plupart n'ont pas de but "politique"; effectivement il est question de boire de la bière également mais cette activité n'a de lien avec le mouvement flamand que si l'ordre étudiant est un ordre flamingant ce qui est loin d'etre le cas pour tous cfr le ordres non flamingants en flandre et les ordres de louvain la neuve/ ulb/ saint louis etc

    donc pas d'amalgame merci

    un calottin


    Anonyme dit

    Il faut, comme moi, vivre en Flandre pour se rendre compte que tout cela est parfaitement absurde. La Flandre subit en ce moment une anglicisation massive, et il n’y a plus guère de culture flamande autonome. La culture populaire, ou plutôt la culture de masse (la notion de culture populaire est devenue obsolète), est quasi totalement anglo-saxonne : les chansons qu’écoutent les Flamands sont à quasi 100% de langue anglaise, les films qu’ils vont voir presque tous des films américains. Ils ne lisent plus leurs auteurs classiques, la plupart ne sont même plus réédités ; ne sont plus lus désormais que les thrillers anglo-saxons, de plus en plus souvent dans leur version originale. L’enseignement en Flandre participe pleinement à cette œuvre de déflamandisation : mon fils aîné de 14 ans, qui vient d’entrer en troisième, ignore totalement les noms de Streuvels, Timmermans, Gezelle, Conscience, etc., ou ceux des auteurs classiques hollandais tels que Multatuli ou Hildebrand ― tous ces noms ne vous disent peut-être pas grand-chose, mais c’étaient jusqu’il n’y a guère de véritables icônes de la culture néerlandaise. On peut faire le même constat dans la plupart des autres domaines : entreprises tournant le dos au néerlandais, universités anglicisées (aux Pays-Bas, moins en Flandre, du moins jusqu’ici). Mais, étrangement, tout cela n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos Vlaams-Nationalen, attachés avant tout à effacer la moindre microtrace de français sur le Vlaamse grond. Dans ces conditions, inciter les Flamands de France, s’il leur plaît de se qualifier ainsi, à apprendre le néerlandais m’apparaît comme une pantalonnade. Par ailleurs, il m’est arrivé plusieurs fois de me balader dans l’arrondissement de Dunkerque, et pas une seule fois je n’y ai entendu parler le néerlandais. Ce projet de reflamandisation de cette région n’a donc aucune chance d’aboutir.
    Torsade de Pointes


    Anonyme dit

    Bonjour à tous !
    J' habite à Dunkerque en plein dans la Flandre française et j'en ai réellement ras le bol de plusieurs amalgames !!!!

    1 : Ma langue maternelle est le français suite a un écrasement de la culture locale flamande et de la langue flamande (qui devrait etre la mienne) par l'état français il y a maintenant bien longtemps. Je n ai pas connu ce changement car je n ai que 23 ans.
    Donc je suis au départ francophone mais m'estime flamand.
    J'étudie actuellement en flandre belge mais habite donc en france et je vous jure qu au niveau administratif, c est un vrai parcours du combattant que cela soit au niveau de l'administration française ou belge !
    Vive l'europe !!!...

    2. : selon moi : oui, comme beaucoup de personnes habitant dans cette région, je reverrais que notre agglomération et d autres communes frontalières qui le souhaiteraient puissent être de nouveau rattaché à la Flandre de manière administrative.
    Mais NON !!!! je ne suis ni antisémite, ni raciste ni d'extrême droite !!!!!
    Je désire simplement que notre culture et notre identité flamande soit reconnue par l'état français comme par le gouvernement flamand !


    Anonyme dit

    Malheureusement pour vous, les frontières nationales sont devenues absolument innamovibles.

    Le seul cas d'indépendance obtenue à l'arrachée, est celui du Kosovo...sous tutelle de l'UE et de l'OTAN.

    On ne peut pas apeller ça indépendance !

    Ensuite, à l'heure de la crise économique, ce sont les grands Etats, comme la France, qui donnent le ton, pas les Etats en devenir comme la Flandre.

    Même les Québecois l'ont compris !


    charles dit

    je suis belge,bruxellois d'exprèssion française et parle flamant je viens de me faire expulser d'un site francophonne car je n'adhérais pas a cette vague de haine qu'ils véhiculaient sur leur toile, je suis pour le rapprochement des langues et des gens, et on ne me fera pas croire que c'est la majorité de nos voisins les flamants a vouloir cette séparation. Sur ce forum, je n'ai été ni grossier, ni raciste mais il me semble que le fait de ne pas avoir des idées analogue aux leurs m'ont fermé les portes. Jamais je n'accepterais de devenir flamant et certainement pas Francais (pays) et je le dis bien fort il faut avoir le courage de se battre pour ses idées au point d'y laisser la vie mais jamais au grand jamais nourrir et attiser une haine inconditionnel envers des gens qui n'ont pas les mêmes opinion. Nous sommes dans une époque ou tout est fait pour ouvrir les portes a tout le monde, tant wallon que flamant et me batterais bec et ongle pour garder bruxelles en belgique, pas en flandre ni en wallonie mais en belgique et certainement pas faire regrèsser nos acquis sociaux en allant vivre dans un pays, qui de 1) n'est pas certain de nous accepter,2)qui traitent les gens de racaille ,3)qui déroule le tapis a des gens comme kadafi, les chinois ou bush. Je le dis et le redis pour moi, le vrai courage c'est de faire face a tout ce qui pourrait retirer a bruxelles l'intéligence d'être ouvert et belge et non de fuir la queue entre les jambes quand le temps sera venu de la défendre et ce, aussi bien contre des extrèmistes flamant ou francophone.De plus n'oublions pas que la flandre a de plus en plus tendance a s'anglaiciser, suffis de se promener a La panne midelkerke coxside et vous entendrez plus parler anglais et français que flamant mais ce qui compte n'es ce pas de s'entendre au lieu de se déchirer, changer d' homme politique c'est changer de mentalité.
    Mais peut-être va-ton me faire taire aussi ici.
    Vive la belgique,vive le roi,Vive bruxelles francophone peut-être mais belge certainement.

    Charly (5orry pour les fautes)


    Anonyme dit

    Français, je suis aussi de culture flamande et j'en ai marre d'être pris pour un facho par les belges francophones. La vie culturelle flamande en Flandres françaises est riche, belle et ouverte. Il y a dans presque toutes les communes de Dunkerque à Armentières des bals folk flamands, et même souvent des groupes qui chantent en flamand occidental, ce qui n'empeche pas de faire quelques pas de danse avec Fatima ou Fatou. Je suis très fier d'être dans ce pays qu' est la France où il y a cette belle diversité culturelle.


    Anonyme dit

    Lille et Douai, c'est bien la Flandre aussi, et pourtant on y a toujours parlé français ou picard. Lille a été une des capitales de la Flandre, et les comtes de Flandre parlaient français. Et puis tout le monde peut parler 2 langues! C'est plutôt les Wallons qui devraient faire un effort et apprendre le néerlandais. Parce que la 2e langue de la Flandre a toujours été le français, et parler français faisait autrefois partie de la culture flamande. La Flandre était bilingue autrefois: il y avait un bilinguisme territorial (la Flandre du sud étant francophone), et un bilinguisme social (la bourgeoisie et l'aristocratie flamandes étaient bilingues, voire de langue maternelle française comme c'était le cas du futur Charles Quint, né en Flandre en 1500). Du IXème au au XVIème siècle la Flandre était un comté autonome au sein du royaume de France, et le comte était un "pair de France". La France partage donc une longue histoire politique avec la Flandre, alors que la France ne partage avec la Wallonie que la période napoléonienne. Pourtant, les Flamands l'ont complètement oublié. Ils ont adopté une langue qui n'est pas la leur (le néerlandais standard) et dénigrent le flamand qu'on parle encore en France aujourd'hui, appelé "flamand français". Ils nient aussi que le français fait partie de leur culture. Et nous Français, nous oublions que nos premiers rois étaient originaires de Flandre! Le lys de la fleur de lys serait, en fait, l'iris qui pousse au bord de la Lys, cette rivière qui traverse la Flandre belge et la Flandre française.
    Mais c'est la république française qui a imposé sa vision nationaliste et unilingue de l'Etat, et les Flamands belges, victimes malgré eux de l'influence qu'ils reçoivent de la France, ont transposé cette vision intolérante à chez eux. Pourtant en Suisse certains cantons sont bilingues, et en Wallonie il y a bien un territoire germanophone!
    Alors, nous autres Dunkerquois, Lillois et Douaisiens, on est fiers d'être flamands, et flamands francophones! La France est notre pays, la Flandre française notre région. Lille fait bien plus pour la grandeur de la Flandre que la Flandre belge. La Flandre lilloise respire la modernité, le business et la technologie, ce qui n'est pas le cas en Flandre belge, qui a été obligé d'annexer Bruxelles pour se trouver un semblant de prestige. Car Bruxelles est en Brabant, autre contrée naguère bilingue, comme la Flandre ou la Lorraine. La Flandre belge n'a pas de capitale, et ses institutions politiques se trouvent à Bruxelles! Lille, au moins, revendique être la Capitale des Flandres, et nulle autre ville ne revendique être la Capitale de la Flandre.
    Ceci étant dit, je suis pour la protection du flamand de France, car ce dialecte fait partie du patrimoine culturel de la France, tout comme le picard chti. Là non plus je ne rejoins pas les Flamands belges puisqu'ils dénigrent ce dialecte flamand de France, en plus de dénigrer leur congénères flamands qui ont choisi de parler le français (à côté de Bruxelles). Je trouve qu'assimiler le français à une langue d'immigrés est juste intolérable, parce que le français fait partie de la culture flamande et a sa place en Flandre, c'est historiquement légitime.


    Flamand de France dit

    La relation du Flamand vis-à-vis du Français n'est pas la même à Bruxelles et aux Fourons qu'en Flandre française. Vous pouvez scolariser vos enfants en primaire en Néerlandais dans votre capitale, quitte à les placer au lycée en Français ensuite. Nous n'avons pas ce choix qui, s'il paraît stupide à Bruxelles, serait une panacée pour nous.

    Sinon, il est évident qu'il nous est impossible de ne pas parler le Français, langue que nous avons appris à aimer. Le Flamand est pour nous une tendresse et une identité. Ce serait aussi une défense contre le centralisme jacobin qui est à peine moins désagréable que la condescendance flamande moderne à votre égard.

    En fait, les Bruxellois francophones le plus souvent ex-Néerlandophones rejettent le bilinguisme pour conserver leur identité fraîche tandis que nous aspirons à ce même bilinguisme pour recouvrer celle qui nous est ancienne.

    Nous ne voudrions pas faire partie d'une nation flamande ou belge ou thioise. A part quelques fous peut-être, ou des trolls belges de n'importe quelle langue qui se font passer pour des Français comme ici plus haut.

    En fait, être flamingant n'a pas du tout la même signification en France et en Belgique. Il faut le voir pour nous dans une perspective de type bretonne, basque ou alsacienne. Ce n'est dans la réalité ni dominateur ni centrifuge.