VVB: Bruxelles, une ville en Flandre
Le mouvement flamand (VVB), qui est représenté dans tous les partis politiques flamands, organisera en 2010 un congrès intitulé "Bruxelles, une ville en Flandre" ("Brussel, een stad in Vlaanderen"). Tout est résumé dans le titre : Bruxelles perd son statut de Région à part entière, Bruxelles est définitivement enclavée en Flandre. Dans cette configuration, les Bruxellois seront représentés au Parlement flamand où ils formeront une minorité de 17%, pour autant que leurs droits démocratiques soient conservés. Certains membres radicaux du VVB souhaitent en effet en faire des étrangers, dépourvus du droit de vote, afin de préserver l’unilinguisme de la Flandre élargie à Bruxelles. En préparation du congrès, le VVB informe ses membres et sympathisants sur cet enjeu au cours de réunions qui ont lieu du 15 septembre au 15 octobre 2009 (Site web: "Wat met Brussel").
Cette attitude flamande vous interpelle? L'auteur vous invite à mener une Réflexion identitaire.
9 commentaires:



Monsieur,
Je lis toujours vos analyses politiques avec grand intérêt mais, permettez-moi l'expression du coup de coeur, le meilleur d'entre-eux a été écrit le 12 septembre sous l'intitulé "Réflexions identitaires". Enfin, le mot est lâché. Bruxelles est séculairement une ville en Brabant et, aujourd'hui, en Région flamande (la Flandre signifie autre chose).Malgré ses communes francisées, ses quartiers africain, chinois, turc et nord-africain, Bruxelles demeure une cité liée au monde germanique, aux "lage landen". Certes, elle a toujours dû se distinguer, par tous les moyens, de ses consoeurs brabançonnes (Anvers, Malines, Louvain, etc)mais elle ne peut, en aucun cas, se prévaloir de se dire wallonne ou française. Elle appartient à la germanité depuis les invasions germaniques et la fixation de la "frontière linguistiques", cette limite quasi naturelle entre France et Germanie. Elle appartient surtout à la Nation néerlandaise depuis le 16e siècle lorsqu'elle s'associa à l'Union d'Utrecht pour construire, dans la révolte, la première confédération grande néerlandaise. Depuis le moyen-âge Bruxelles accueille des artisans et des commerçants wallons mais la présence de fonctionnaires wallons résulte de régimes d'occupation tels ceux imposés par les Bourguignons,les Habsbourgs, les Français et les "Belges". Pour les Wallons, la France commence à Waterloo; au Nord c'est l'étranger. Cela ne nous concerne pas même si nous restons vigilants à ce que des opportunistes ne rééditent plus l'arnaque de 1830.
Bien à vous. Paul COCHE.
steph31 dit
Naturellement M. Coche,
comme Königsberg appartient toujours au monde germanique sous le doux nom de Kalinigrad (pourcentage d'allemands = 0,001 %),
ou comme Kolozsvar appartient toujours aux hongrois sous le doux nom de Cluj (pourcentage de hongrois = 16%)...
Bref, comme l'écrivait Renan, si on commence avec ce genre de raisonnements, on n'a pas fini: il s'agirait de restituer aussi Lutèce aux celtes, non ?
melodius dit
Nous n'avons plus qu'à évacuer toute l'Europe méchamment envahie par les Indo-européens et restituer leur bien aux Basques.
Anonyme dit
Cher Mr. Coche. Je note à la ligne deux de votre raisonnement: "Bruxelles est séculairement une ville en Brabant et, aujourd'hui, en Région flamande". Rien n'est plus faux! Bruxelles est située .... en Région Bruxelloise (dixit la Constitution, article 3): une région autonome enclavée dans.. l'Etat Belge. Il suit donc que, étant basée sur une hypothèse fausse, le reste de la démonstration s'effondre donc d'elle-même...
Brent dit
Monsieur,
Vous appréciez l'histoire et semblez apporter beaucoup d'importance à l'origine des choses. C'est fort bien.
A l'origine, Bruxelles est une place forte militaire édifiée par le Duc de Brabant pour se protéger des attaques incessantes du Comte de Flandre. Donc Bruxelles est, dès son origine, non flamande et, par destination, en opposition avec la Flandre.
Ceci nous confirme que Bruxelles est enclavée... dans le Brabant (incroyable !) et non dans la Flandre.
Mais que cela vous plaise ou non, ça n'a aucune importance quant à la nature sociologique actuelle de Bruxelles, qui est d'être une métropole européenne francophone, avec une forte minorité anglophone (seconde langue la plus pratiquée à Bruxelles), ville ouverte à tous (normal pour une ville qui cherche à se donner une image de capitale européenne), même aux néerlandophones, pourvu qu'ils sachent rester à leur place, c'est-à-dire ne pas revendiquer Bruxelles sans aucune raison valable.
Anonyme dit
@ Brent
"Ceci nous confirme que Bruxelles est enclavée... dans le Brabant (incroyable !) et non dans la Flandre.
Mais que cela vous plaise ou non, ça n'a aucune importance quant à la nature sociologique actuelle de Bruxelles, qui est d'être une métropole européenne francophone, avec une forte minorité anglophone (seconde langue la plus pratiquée à Bruxelles), ville ouverte à tous (normal pour une ville qui cherche à se donner une image de capitale européenne), même aux néerlandophones, pourvu qu'ils sachent rester à leur place, c'est-à-dire ne pas revendiquer Bruxelles sans aucune raison valable."
Vous avez donné ici une image complète du fonctionnement des indépendantistes flamands.
De désinformation en désinformation l'opinion publique, y compris francophone, se laisse berner par leurs discours reflétant plus leurs exigences (et leurs divagations) que les faits réels légaux et historiques.
S'ensuivent alors les actes de propagande à caractère extrémiste qui ne font que tromper le citoyen lambda.
Que ceux qui déplorent ces comportements soient les premiers à dire aux autres que Bruxelles n'est pas et ne sera jamais la capitale de la Flandre et que le Flamand ne sait pas rester à sa place, il l'a prouvé bien souvent.
Quant aux raisons valables, il n'y en a pas. Mais, surtout, il faut que cela se sache et que l'on en parle pour qu'à Leuven -par exemple- on n'arrive pas à faire croire aux personnes âgées en période d'élection qu'il n'y a pas de liste UF dans le canton...
Anonyme dit
La désinformation longue et systématique de la Flandre pourrait faire croire, même à certains francophones, que Bruxelles-Capitale est et restera la capitale de la Flandre.
Il n'en est rien puisque ce doux rêve a été dénoncé par le Conseil d'Etat. L’installation de Bruxelles-Capitale comme capitale de la Flandre est contraire à la Constitution.
(article 143 sur le principe de loyauté fédérale).
De même, la section de législation du Conseil d'Etat (chambre flamande) a émis un avis négatif sur la compétence du Conseil Flamand (Vlaamse Raad) pour adopter un décret fixant le siège des institutions et la capitale de la Communauté flamande à Bruxelles-Capitale (doc. Vlaamse Raad 170 1982-1983) n° 3 et 220 (1982-1983) n°2).
Si de l'avis même du Conseil d'Etat, le Conseil flamand n'a pas la compétence d'édicter que Bruxelles-Capitale est la capitale de la Communauté flamande, a fortiori Bruxelles-Capitale ne peut-elle être le siège des institutions régionales flamandes.
Or, le Conseil flamand et le gouvernement flamand n'ont pas respecté l'avis de la section de législation du Conseil d'Etat et ont désigné Bruxelles-Capitale comme siège des organes politiques de la Communauté et de la Région flamande.
Anonyme dit
Un intervenant a écrit :
« avec une forte minorité anglophone (seconde langue la plus pratiquée à Bruxelles)»
Non, la seconde langue la plus pratiquée à Bruxelles est l’arabe, suivi du turc. Bizarre que cela n’ait pas été mentionné par cet intervenant.
En revanche, il constate avec une visible délectation la présence d’une «forte minorité anglophone». Quelle est donc cette «minorité»? Des Anglo-saxons installés à Bruxelles, à demeure ou non, et qui, dédaigneux de la culture locale, entendent rester des anglophones et ne pas s’adapter? Les eurocrates qui préfèrent user de la langue anglaise en toute circonstance plutôt que la langue de 90% de la population bruxelloise? Mais qu’à cela ne tienne, ce groupe de personnes peut donc d’ores et déjà, aux yeux de l’intervenant, jouir du statut de minorité à part entière, légitime et officiellement reconnue, bientôt avec des droits linguistiques et autres, avec représentation garantie au parlement bruxellois, etc. ― c'est-à-dire ces mêmes droits qu’on ne cesse de contester aux Flamands, mais qu’on n’hésite pas à octroyer avec empressement et servilité aux anglophones, qui sont, n’est-ce pas, nos alliés naturels, alors que les Flamands sont nos ennemis héréditaires pour les siècles des siècles.
Décidément, le français est bien défendu par les Bruxellois francophones.
Torsade de Pointes
melodius dit
L'Arabe, certainement pas. La plupart des maghrébien bruxellois sont berbérophones et les arabophones parlent en fait le derrija tangérois, un dialecte de l'Arabe fortement influencé par l'Espagnol. Ca signifie en pratique qu'à l'exception des personnes qui ont fréquenté l'école marocaine, ces arabophones sont illettrés en Arabe mais lisent et écrivent le Français.
Quant à l'Anglais à Bruxelles, il ne sert pas seulement aux étrangers, il sert aussi à toutes les boîtes qui ont fait le choix de ne pas imposer le bilinguisme F/N à leurs employés.