Malgré le fait qu’il ait présidé une crise qui a presque fait éclater le pays, Mr Leterme, 49 ans, a été rappelé par Albert II, le Roi des Belges.
Herman Van Rompuy, qui a remplacé Mr Leterme, a été retiré des affaires pour devenir le premier Président de l’Europe. Mr Van Rompuy, aux yeux d’un hibou, qui écrit des haikus de poésie japonais dans ses moments perdus pendant des réunions ennuyantes, était considéré comme un maître du consensus qui a réparé les dommages du premier gouvernement dirigé par Yves Leterme. Le pays se prépare au retour d’Yves Leterme.
La Belgique a une structure politique compliquée, dépourvue de partis nationaux, mais bien de factions rivales au service des intérêts des communautés Francophone et Flamande.
Bien qu’il soit de père de langue française, Mr Leterme a été élevé comme un Flamand dans le Nord de langue néerlandaise, et il s'est maladivement alimenté par sa volonté de montrer son mépris pour les Francophones du Sud à plusieurs occasions. Il a suggéré autrefois que ce que les Belges partageaient encore était « Le Roi, l’équipe nationale de football, et certaines bières ». En 2006, il a fâché les Francophones en suggérant qu’ils étaient fainéants ou qu'ils manquaient des « capacités intellectuelles » pour apprendre le néerlandais. En tant que partisan de l’autonomie flamande, il a même déclaré que la Belgique n’avait « aucune valeur intrinsèque » en tant qu’Etat unitaire.
Il a aussi réussi à offenser les Flamands. Alors qu’on lui demandait de chanter l’hymne national, la Brabançonne, il a chanté la Marseillaise.
Mr Leterme, membre des Chrétiens Démocrates Flamands (Cd&V), a gagné les élections de juin 2007, mais la méfiance était telle entre les partis en discorde qu’il a été incapable de former une coalition gouvernementale en mars 2008. L'inquiétude était d’une telle importance qu’il a du prendre plusieurs semaines de congé.
Il a d’abord offert sa démission en juillet 2008 comme une façon d’essayer d’adoucir le débat sur la question de savoir si les deux parties du pays feraient mieux de prendre des chemins séparés. La dispute a éclaté sur fond de plans pour donner plus de pouvoir aux régions, vus comme pente glissante vers l’indépendance flamande, avec une gouvernement de cinq partis incapables de se mettre d’accord sur un budget.
La crise financière a eu lieu pendant son court régime et il a supporté le plus gros de la colère sur le démantèlement de Fortis, une banque belge, avant d’être forcé de démissionner en Décembre dernier.
Un haut magistrat a accusé des politiques de s’immiscer dans la vente de Fortis, mais Mr Leterme a été finalement blanchi de pratiques douteuses et il est revenu comme Ministre des Affaires Etrangères.
Il est encore injurié par une partie de la communauté de langue française dont le principal quotidien « Le Soir » a contesté son retour comme Premier Ministre et a organisé une pétition auprès de ses lecteurs.
Même le grand médiateur Mr Van Rompuy n’a pas exprimé son enthousiasme pour son successeur. « C’est à présent sa seconde chance. Il a tous les éléments pour prouver qu’il sera un bon Premier Ministre. Je l’espère pour lui et pour la Belgique » a-t-il déclaré.
Lien: The Times: "Belgium braces for worst as Yves Leterme returns as Prime Minister"
Lire aussi:
Le communautaire selon Yves Leterme
Libération: "La Belgique, le pays où le français devient une langue étrangère"
Libération: "Van Rompuy, l'anesthésiant local"
Libération: "Conseil européen: Herman Van Rompuy respecte-t-il les valeurs européennes?"
mardi 1 décembre 2009
The Times: "La Belgique se prépare au pire alors qu’Yves Leterme revient comme Premier Ministre"
Il a déclaré que son pays était un “accident de l’histoire”. Il a oublié l’hymne national. Il a insulté la moité de la population en suggérant qu’elle était fainéante ou stupide. Le premier mandat d’Yves Leterme comme Premier Ministre de la Belgique n’a pas été un succès résonnant. A présent, il est de retour.
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7 commentaires:
Je reviens de " chez Schreurs" et de toute son équipe , qui passe le plus clair de leur temps à dauber sur le RWF : ils sont proprement lamentables.
Leur haine du Bruxellois est quasi-pathologique, et le tonpamphlétaire
revendiqué par Schreurs tourne à l'insulte. Bref, en défendant d'une manière tout à fait civilisée, la
capitale, je me suis fait censurer.
Avec des gens de cet acabit là, qu'espérer ??
Bien à vous .
Strassenbahn
Sans être désagréable, je crois pouvoir dire que le message précédent est hors de propos. Soit.
Mon calcul me fait dire que, grosso modo, 800 000 voix de préférence en Flandre, soit 13,33%, oui c'est un beau résultat. Mais cela fait aussi 520 000 Flamands mécontents. Et 4 000 000 Francophones qui le sont encore plus.
Soit 9 200 000 Belges, toutes langues et couleurs politiques confondues.
Soyons larges, prenons-en 50%, ça fait encore 4 600 000 personnes, soit 46% de citoyens insatisfaits, quelles que soient leurs idées politiques.
13,33% face à 46%, mamma mia, ça ressemble à la démocratie ça?
Il ne reste qu'à Monsieur Leterme d'essayer de chausser 2 300 000 personnes, au propre comme au figuré, si on respecte la parité gauche/droite…
On peut rêver !
Aux yeux de beaucoup d'observateurs pressés, la crise belge est purement une question linguistique : ils ne comprennent pas comment on peut se donner tant de mal pour une simple question de langues. D’abord, la langue n’est pas un vulgaire instrument auquel on peut renoncer à loisir. La langue est tellement liée à la pensée qu’elle plonge au plus profond de l’être humain. Apprendre à penser, c’est apprendre à parler; apprendre à parler, c’est apprendre à penser.
D’autre part, la crise belge est également, pour le peuple flamand, la recherche de sa personnalité, de son indépendance et de son unité. La crise est démographique, elle est sociale, elle est économique. La question extrêmement grave et elle va bien au-delà d’un simple rapport de langues.
En Wallonie depuis des siècles, le français, les wallons, le picard et le lorrain y circulent à l’aise depuis des siècles. La question linguistique est flamande. La Flandre est bilingue dans ses classes dirigeantes depuis la première expansion du français à partir du 13e siècle. La période bourguignonne consolida ce bilinguisme franco-flamand qui se maintiendra sous les Espagnols et les Autrichiens au temps de l’Europe française. Si bien qu’en 1830, n’ayant pas d’autre choix de par la volonté de l’Angleterre et la faiblesse momentanée de la France, les Wallons créèrent un Etat unilingue français, avec l’accord de l’élite francophone du pays flamand. Il est donc faux de dire, en simplifinat les faits, que les Wallons ont dominé les Flamands.
Dès la fin du 19e siècle, les Wallons les plus éclairés se rendent compte qu’ils sont déjà en Belgique des citoyens de deuxième classe. Ce sont les classes dirigeantes flamandes qui portent en premier lieu la responsabilité des injustices sociales et linguistiques, car le peuple flamand, dans son âme, restera toujours fidèle au parler de ses ancêtres.
L’histoire du mouvement flamand est bien l’histoire d’une reconquête sociale, linguistique (Anvers, Gand, Louvain et bientôt Bruxelles) et territoriale (colmatage et fixation ferme et définitive de la frontière « linguistique », limite quasi naturelle de la limite entre France et Néerlande.
En fait, les Wallons furent depuis le début les « dindons de la farce ». Aujourd’hui, ils sont les « cocus magnifiques » par la veulerie, l’affairisme, la corruption et l’incivisme collaborationniste de leur actuelle particratie. Cette particratie qui fait tout pour dénationaliser la Wallonie, lui cacher qu’elle appartient en fait à la grande France spirituelle. Beaucoup de Wallons manquent d’espérance dans leur destin parce que leurs représentants politiques ne cessent de les convaincre que les jeux sont faits et qu’il n’y a plus qu’a s’accommoder au fait accompli pour sauver « la petite Belgique flamande et sa monarchie allemande ».
Il faut détruire la légende d’une Flandre nécessaire à la Wallonie. C’est le contraire qui est vrai.
Excellent commentaire!
Mon père wallon qui avait connu la guerre avait l'habitude de me dire que durant celle-ci il avait souvent été traité d'untermensch. Je me disais alors que ce n'était pas bien méchant. Aujourd'hui, je comprends combien cet expression était injurieuse. Employé pendant des années dans des firmes flamandes, j'ai pu constater que j'étais, moi-aussi, un untermensch. Fainéant, peu intelligent, désordonné, paresseux, profiteur, tout cela étant dû à mon origine. Bizarrement, malgré ces nombreuses tares héréditaires, ils m'ont gardé pour convaincre d'autre untermenschen d'acheter les bons produits flamands !
C'est bien dans ce dernier post que la comparaison avec une période démente de l'histoire mondiale trouve tout son sens.
"Malgré ces nombreuses tares héréditaires"... nous le savons, jamais rien n'empêchera la Flandre de critiquer ce qui ne lui ressemble pas, sauf lorsqu'il s'agit d'argent. Ni d'utiliser, entre autres mais surtout, les Francophones quand l'envie et surtout le besoin leur en prend.
Je suggère à cette nouvelle nation en devenir de ne pas oublier le mot "alles" ("tout") dans sa devise nationale. Et puis aussi le mot "tegenovergestelde" ("contraire"). Ajoutés à un nombre de signes restreint, voilà une bannière économique et réaliste.
Pourquoi pas? Ils préfèrent pérenniser "Dilbeek, waar Vlamingen thuis zijn?".
Quelle bonne idée, au moins on y retrouve l'ouverture d'esprit qui caractérise la politique régionale et fédérale de la partie nord de notre pays. Les francophones n'y ont pas ouvertement réagi mais nous allons voir ce qu'en pensent l'Europe, les Etats-Unis et les autres Nations...
Il faut savoir que Dilbeek est un village brabançon de 40.000"übermenschen" dans une région qui en compte 4 millions. Dès lors, les 3.960.000 autres ne se sentiraient donc pas chez eux? Il y a vraiment de quoi se sentir frustré. Même si on essaie de se convaincre d'appartenir à une race supérieure.
Et voilà, aujourd'hui Maître Leterme s'en prend à Monsieur Obama...
Le syndrome flamand du donneur de leçon dépasse nos frontières et l'image de la Flandre apparaît enfin sous son vrai jour au yeux du monde entier.
Finalement, Monsieur 100.000 Gaffes n'aura pas mis trois jours, comme je l'avais parié, pour récidiver depuis sa dernière prestation de serment, mais quinze.
Il ne peut résister à la tentation de jouer avec le feu, sans doute le seul moyen de se faire remarquer au plan international.
Le problème est que c'est en tant que Premier Ministre de Belgique que cela se passe.
Les Francophones sont-ils vraiment d'accord sur le comportement arrogant du personnage, comportement pris en leur nom?
Loin de moi l'idée de prendre parti pour le président Obama, ce n'est d'ailleurs pas le débat. Je ne fais que relever la similarité de l'attitude flamande tant au plan national qu'au plan international.
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