Verhofstadt, le Flamand qui a perdu une bonne occasion de se taire
Guy Verhofstadt, ancien premier ministre flamand de Belgique, a publié ce jeudi 11 février, un article dans le quotidien français "Le Monde" intitulé “Il y a quelque chose de pourri en République française…". S’immisçant dans le débat sur l’identité nationale en France, Guy Verhofstadt tient les propos suivants: "Il y a décidément quelque chose de pourri en République française ... ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste. … Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C'est un réflexe de peur incompréhensible ..."
Sur le site Causeur.fr, Luc Rosenzweig, ancien journaliste du "Monde", titre sa chronique "Ta gueule, Verhofstadt", en remettant en question la légitimité de Guy Verhofstadt à s’immiscer dans le débat français. Extraits: "Ce papier n’aurait mérité qu’un haussement d’épaule distrait avant d’être confié à son destin de contenu de poubelle de tri sélectif, s’il n’émanait pas d’un ressortissant d’un peuple dont le rapport a l’identité nationale se manifeste de manière brutale et provocatrice, avec des excès racistes et xénophobes plus violents, en paroles, que partout ailleurs en Europe occidentale".
Il s’agit des Flamands, dont la tolérance à l’autre, en particulier à leurs compatriotes francophones établis au delà de la frontière linguistique est si admirable qu’elle fait régulièrement l’objet de remontrances du Conseil de l’Europe. Certes, Guy Verhofstadt ne fait pas partie de la frange la plus ouvertement flamingante de la classe politique flamande : l’OpenVLD, parti de la bourgeoisie laïque des villes, ne clame pas de manière tonitruante sa volonté de “flamandiser” au kärcher tous les individus demeurant sur la terre des Flandres, comme l’extrême droite du Vlaams Belang ou les sociaux-chrétiens de l’actuel premier ministre Yves Leterme. Mais, au parlement, le parti de M. Verhoftstadt vote comme les autres pour la division de l’arrondissement électoral Bruxelles-Halle-Vilvorde, qui interdirait aux francophones de la périphérie de Bruxelles de voter pour des partis s’exprimant dans leur langue. Ce parti est happé, sans grande résistance, par un courant nationaliste impulsé par les Bart De Wever et Jean-Marie De Decker. Je n’ai jamais entendu Guy Verhofstadt, ni aucun de ses amis, protester contre les tracasseries mesquines dont sont régulièrement victimes les résidents de Wezembeek-Oppem ou de Rhodes-Saint-Genèse, qui ont le défaut de vouloir d’exprimer dans la langue de Molière.
Monsieur Verhofstadt trouve grotesque et ridicule que l’on apprenne La Marseillaise dans les écoles françaises, mais il oublie de dire que c’est par rejet profond de la Belgique unitaire que la plupart de ses compatriotes refusent de chanter l’hymne du Royaume, La Brabançonne. L’épisode d’Yves Leterme piégé par un journaliste et confondant cet hymne avec La Marseillaise est resté dans toutes les mémoires. “La loi, le roi, la liberté” : ces mots sur lesquels s’achève le chant des Belges sont considérés comme ringards par la plupart des Flamands. À ceux qui voudraient, comme Verhofstadt, que les Français les imitent en snobant La Marseillaise, il n’est pas interdit de conseiller qu’ils s’occupent de leurs oignons. Ou de leurs chicons.
Lutter contre le nationalisme borné, celui qui exclut au lieu d’intégrer, voilà une bonne idée qui nous est rappelée sans ménagement par un voisin qui, apparemment, ne nous veut que du bien.
Je serais curieux de voir la réaction de Guy Verhofstadt si un homme politique français de premier plan s’avisait, par exemple dans une tribune publiée par un quotidien francophone belge de qualité, à proclamer qu’il y a quelque chose de pourri dans les provinces de Flandre, avec des arguments autrement plus probants que ceux avancés par lui pour nous faire honte."
Il s’agit des Flamands, dont la tolérance à l’autre, en particulier à leurs compatriotes francophones établis au delà de la frontière linguistique est si admirable qu’elle fait régulièrement l’objet de remontrances du Conseil de l’Europe. Certes, Guy Verhofstadt ne fait pas partie de la frange la plus ouvertement flamingante de la classe politique flamande : l’OpenVLD, parti de la bourgeoisie laïque des villes, ne clame pas de manière tonitruante sa volonté de “flamandiser” au kärcher tous les individus demeurant sur la terre des Flandres, comme l’extrême droite du Vlaams Belang ou les sociaux-chrétiens de l’actuel premier ministre Yves Leterme. Mais, au parlement, le parti de M. Verhoftstadt vote comme les autres pour la division de l’arrondissement électoral Bruxelles-Halle-Vilvorde, qui interdirait aux francophones de la périphérie de Bruxelles de voter pour des partis s’exprimant dans leur langue. Ce parti est happé, sans grande résistance, par un courant nationaliste impulsé par les Bart De Wever et Jean-Marie De Decker. Je n’ai jamais entendu Guy Verhofstadt, ni aucun de ses amis, protester contre les tracasseries mesquines dont sont régulièrement victimes les résidents de Wezembeek-Oppem ou de Rhodes-Saint-Genèse, qui ont le défaut de vouloir d’exprimer dans la langue de Molière.
Monsieur Verhofstadt trouve grotesque et ridicule que l’on apprenne La Marseillaise dans les écoles françaises, mais il oublie de dire que c’est par rejet profond de la Belgique unitaire que la plupart de ses compatriotes refusent de chanter l’hymne du Royaume, La Brabançonne. L’épisode d’Yves Leterme piégé par un journaliste et confondant cet hymne avec La Marseillaise est resté dans toutes les mémoires. “La loi, le roi, la liberté” : ces mots sur lesquels s’achève le chant des Belges sont considérés comme ringards par la plupart des Flamands. À ceux qui voudraient, comme Verhofstadt, que les Français les imitent en snobant La Marseillaise, il n’est pas interdit de conseiller qu’ils s’occupent de leurs oignons. Ou de leurs chicons.
Lutter contre le nationalisme borné, celui qui exclut au lieu d’intégrer, voilà une bonne idée qui nous est rappelée sans ménagement par un voisin qui, apparemment, ne nous veut que du bien.
Je serais curieux de voir la réaction de Guy Verhofstadt si un homme politique français de premier plan s’avisait, par exemple dans une tribune publiée par un quotidien francophone belge de qualité, à proclamer qu’il y a quelque chose de pourri dans les provinces de Flandre, avec des arguments autrement plus probants que ceux avancés par lui pour nous faire honte."
Lire aussi l'article "Identité nationale : Guy Verhofstadt ne se mouche pas du pied" sur l'excellent blog du "Monde": "Je suis belge mais je me soigne"
2 commentaires:


Par définition, la République permet l’expression et la contradiction.
La France a donc organisé ce débat car il était nécessaire.
Je préfère nettement cette méthode à celle que nous connaissons en belgium de finalement laisser pourir la question de manière hypocrite.
Chacun a pu lire récemment les réactions suite au constat que certains quartiers sont devenus des zones de “non-droit” à cause , paraît-il, d’une certaine immigration. Cette affirmation relève aussi d’un racisme larvé et n’a rien à envier à certaines lancées sous le régime de Vichy.
Je cite ici la réflexion d’un “forumeur” FB sur http://www.bruxelles-francophone.be/post31427.html#31427
” Je pense que le débat sur l’identité nationale est tout, sauf un faux débat ou un débat démagogique. Et le fait qu’il ait été lancé par NS, cela peut déplaire, mais cela n’y change rien:
Permettez-moi de citer Braudel, dans son introduction à “l’identité de la France”, ouvrage composé à la fin de sa vie en 1981. Voici comment le grand homme justifie le débat sur l’identité nationale, débat toujours présent et perpétué, débat vital pour la nation, débat qu’il a placé au centre de cet ouvrage qu’il a conçu comme un testament philosophique et une déclaration d’amour à la France.
“Toute identité nationale implique, forcément, une certaine unité nationale, elle en est comme le reflet, la transposition, la condition. (Le débat sur l’identité nationale) est une problématique centrale, une prise en main de la France par elle-même… un processus, un combat contre soi-même, destiné à se perpétuer… Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même, sans fin, de se transformer dans le sens de son évolution logique, de s’opposer à autrui sans défaillance, de s’identifier au meilleur, à l’essentiel de soi…Si ce débat s’interrompait, tout s’écroulerait”
Voilà pourquoi, sans être un supporter de NS, j’approuve le lancement d’un tel débat, car ce débat est celui de notre conscience morale collective, c’est le débat de la Nation.
(.....)
Pierre dit
(...suite.....)
Ce qui serait grave, c’est que ce débat n’ait pas lieu. C’est en parlant de la Nation, de ce qui nous permet de nous dépasser et de vivre ensemble que l’on combat les extrémismes; non en les laissant dans le non-dit. Car alors ces extrémismes s’expriment par la violence.
Le débat sur l’identité nationale, au delà de ses dérives extrémistes classiques, est toujours un débat sain, pour peu qu’il devienne un débat sur la Nation. Le risque du débat sur l’identité nationale n’est pas, comme tentent de le faire croire les âmes bien pensantes à gauche, celui de réveiller les extrémismes de droite, mais d’amener les gens au repli identitaire. Ce serait fâcheux en effet. Pour éviter cette dérive, il suffit de parler de la nation. Car contrairement à ce que j’entends dans les rangs de mon ancienne famille politique, la Nation ne conduit pas au nationalisme. En revanche t l’absence de débat sur la nation conduit au doute de soi, au pessimisme, au poujadisme, au mieux à la démocratie d’opinion, la pire des dictatures.
N’ayant pas voté pour NS, je suis à l’aise pour dire que l’opposition lui fait un mauvais procès en lui volant dans les plumes sur ce sujet.
Car bien entendu, en interdisant le débat sur l’identité nationale et la Nation, sous le fallacieux prétexte “qu’il remuerait les remugles du vichysme” pour reprendre les mots très durs de Guy Ver., on conforte l’autre ennemi de la Nation, bien plus redoutable car il avance masqué, l’internationalisme populiste, les Besancenot et Tarek Ramadan, les faux-nez et faux-culs de la République.
Pourquoi Guy Verh. a-t-il pris ainsi le risque de souffleter le grand voisin ? Car c’est bien d’un soufflet qu’il s’agit. Il ne peut ignorer que ce geste public trouvera un jour sa réponse, soit sur le plan diplomatique, soit sur un tout autre plan. Essaye-t-il par cette provocation d’obtenir une réponse du Goliath voisin qui lui permettra de fédérer les forces nationalistes de son propre pays pour déboucher sur une mobilisation antifrancophone (puisque pour les Flamands, les francophones de BXL et de Wallonie sont des Français qui ne veulent pas le reconnaître), de manière à rendre la scission irréversible ?
Il n’est pas possible un seul instant de penser que cette déclaration a été faite pour la beauté du geste. Ca n’existe pas en politique. Quelle est l’utilité de cette provocation anti-française sur le plan intérieur ? Où Guy Ver. veut-il amener son pays ?
J’avoue que je suis perplexe. Il y a une réponse à ces questions, mais je ne la vois pas. “