Entretien avec Marcel Sel, auteur du livre "Walen Buiten"
Marcel Sel est l'auteur du livre "Walen Buiten", à présent disponible dans toutes les bonnes librairies (ou sur commande en précisant qu'il est distribué par Jourdan Distribution, lire aussi Le billet de Marcel Sel sur son blog). Il a accepté de répondre à quelques questions. Vous pouvez également visionner le court reportage qu'il a tourné à la frontière de Bruxelles avec la Flandre. Notez enfin que Marcel Sel dédicacera son livre ce vendredi 5 mars de 16h à 17h à la Foire du Livre de Bruxelles, chez Jourdan Editions (stand 228).
Un reportage de Marcel Sel
Qui êtes-vous ?
Ah ! L’identité…
J’ai un problème avec l’identité. Je ne crois pas aux racines, je ne crois pas aux « peuples identitaires » mais bien aux histoires individuelles et aux peuples fondés sur l’intérêt commun et non sur une pseudo-identité commune. Les gens ne sont pas des identités, ils sont des récits, des amoncellements d’aventures ou de quotidien. Toutes les histoires méritent d’exister. Mon père est germanophone de très lointaine origine italienne par son père, ma mère bilingue flamand-français, d’origine hollandaise par son grand-père. Ils se sont rencontrés dans une entreprise bruxelloise et ils avaient le français comme seule langue commune. C’est pour ça que je suis francophone. Ce n’est pas mon identité, c’est mon histoire. Je défends le fait d’avoir droit à mon histoire et à ma langue, où que je sois ! Et par-dessus tout dans la Capitale européenne, qui devrait être le centre des Valeurs de l’Europe… Les langues sont des outils de communication, de rapprochement, pas des machines à exclure.
Sinon, mon histoire personnelle, c’est le mouvement des radios libres de 1978 à 2002 (Radio Plus), à l’époque où c’était passible de la correctionnelle, puis la publicité, notamment à Anvers, puis un détour par la réalisation, la musique, les scénarios de télévision (notamment TV Belgiek) et plus récemment, André Lamy m’a proposé d’écrire avec lui les Votez Pour Moi du vendredi (que j’ai arrêté en février 2010). Actuellement, je tiens toujours mon Blog de Sel, et je commence une chronique hebdomadaire cette semaine dans Télépro. Ça s’appelle « La fine Fleur de Marcel Sel », c’est un mélange de télévision et d’actualité, et de morale que je veux populaire.
A propos de morale, quelles sont vos valeurs ?
Ben justement : la morale pour commencer et la Mémoire (avec un grand M) pour commencer aussi. On commence par où ?
La morale…
Ah ! L’identité…
J’ai un problème avec l’identité. Je ne crois pas aux racines, je ne crois pas aux « peuples identitaires » mais bien aux histoires individuelles et aux peuples fondés sur l’intérêt commun et non sur une pseudo-identité commune. Les gens ne sont pas des identités, ils sont des récits, des amoncellements d’aventures ou de quotidien. Toutes les histoires méritent d’exister. Mon père est germanophone de très lointaine origine italienne par son père, ma mère bilingue flamand-français, d’origine hollandaise par son grand-père. Ils se sont rencontrés dans une entreprise bruxelloise et ils avaient le français comme seule langue commune. C’est pour ça que je suis francophone. Ce n’est pas mon identité, c’est mon histoire. Je défends le fait d’avoir droit à mon histoire et à ma langue, où que je sois ! Et par-dessus tout dans la Capitale européenne, qui devrait être le centre des Valeurs de l’Europe… Les langues sont des outils de communication, de rapprochement, pas des machines à exclure.
Sinon, mon histoire personnelle, c’est le mouvement des radios libres de 1978 à 2002 (Radio Plus), à l’époque où c’était passible de la correctionnelle, puis la publicité, notamment à Anvers, puis un détour par la réalisation, la musique, les scénarios de télévision (notamment TV Belgiek) et plus récemment, André Lamy m’a proposé d’écrire avec lui les Votez Pour Moi du vendredi (que j’ai arrêté en février 2010). Actuellement, je tiens toujours mon Blog de Sel, et je commence une chronique hebdomadaire cette semaine dans Télépro. Ça s’appelle « La fine Fleur de Marcel Sel », c’est un mélange de télévision et d’actualité, et de morale que je veux populaire.
A propos de morale, quelles sont vos valeurs ?
Ben justement : la morale pour commencer et la Mémoire (avec un grand M) pour commencer aussi. On commence par où ?
La morale…
Quand Beigbeder écrit « la morale, c’est peut-être ringard », je frémis. Ringard, la morale ? C’est au contraire une activité continue, qui suppose une innovation permanente, une créativité populaire. La politesse, une branche de la morale, est un bon exemple : personne n’a jamais rédigé une loi qui impose aux gens de se dire « bonjour », de se serrer la main ou de se faire la bise. C’est né spontanément. La morale, c’est comme les langues, ça vit, ça s’adapte. C’est indispensable à la société humaine. Et tout ce qui est indispensable à l’homme est forcément beau.
Et qu’entendez-vous par « la Mémoire » avec un grand « M » ?
C’est la Mémoire de la Shoah, ou plutôt de la prise de conscience qu’en deux ou trois ans, on a éliminé, par exemple, toute la population bruxelloise, wallonne et luxembourgeoise. Chaque enfant, chaque femme, chaque mère, tous vos amis, tous leurs bébés, chaque personne que l’on croise, morte, brûlée. C’est comme ça qu’il faut expliquer la Shoah. Il y a environ 6 millions de Flamands. Eh bien voilà. La Shoah, c’est la Flandre sans le moindre habitant. Chacun de enfants de Bart De Waver, tous ceux de son école et de toutes les écoles de toute « sa » Flandre, chacun de ses amis, sa femme et les femmes de tous ses amis, sa famille, ses employeurs, tous ceux qu’il aime et tous ceux qu’il déteste, les partis, les députés, le boucher du coin de la rue, la foule des grands jours sur la digue d’Ostende, tous, absolument tous, ont été gazés, puis brûlés, l’un après l’autre. La Flandre, en 1945, est éperdument vide. Ce vide, c’est la « Mémoire ». Sans une telle prise de conscience, aussi violente, sans avoir vu Shoah, Apocalypse, Der Untergang, la Liste Schindler, on ne peut pas appréhender la civilisation occidentale européenne. Et sans s’être totalement identifié à chaque Juif, Tzigane, infirme assassiné, on ne peut pas comprendre ce qu’a pu représenter la Shoah.
Sur votre blog, quelqu’un vous a demandé si vous étiez obsédé par la Shoah, et vous avez répondu « oui ».
Et qu’entendez-vous par « la Mémoire » avec un grand « M » ?
C’est la Mémoire de la Shoah, ou plutôt de la prise de conscience qu’en deux ou trois ans, on a éliminé, par exemple, toute la population bruxelloise, wallonne et luxembourgeoise. Chaque enfant, chaque femme, chaque mère, tous vos amis, tous leurs bébés, chaque personne que l’on croise, morte, brûlée. C’est comme ça qu’il faut expliquer la Shoah. Il y a environ 6 millions de Flamands. Eh bien voilà. La Shoah, c’est la Flandre sans le moindre habitant. Chacun de enfants de Bart De Waver, tous ceux de son école et de toutes les écoles de toute « sa » Flandre, chacun de ses amis, sa femme et les femmes de tous ses amis, sa famille, ses employeurs, tous ceux qu’il aime et tous ceux qu’il déteste, les partis, les députés, le boucher du coin de la rue, la foule des grands jours sur la digue d’Ostende, tous, absolument tous, ont été gazés, puis brûlés, l’un après l’autre. La Flandre, en 1945, est éperdument vide. Ce vide, c’est la « Mémoire ». Sans une telle prise de conscience, aussi violente, sans avoir vu Shoah, Apocalypse, Der Untergang, la Liste Schindler, on ne peut pas appréhender la civilisation occidentale européenne. Et sans s’être totalement identifié à chaque Juif, Tzigane, infirme assassiné, on ne peut pas comprendre ce qu’a pu représenter la Shoah.
Sur votre blog, quelqu’un vous a demandé si vous étiez obsédé par la Shoah, et vous avez répondu « oui ».
Oui, je suis obsédé. Parce qu’un tel événement ne peut pas avoir eu lieu sans conséquences profondes sur l’idée même de l’humanité. De tout temps, les massacres ont amené les penseurs, les philosophes, à réfléchir aux conséquences pour la pensée humaine. Après la Shoah, les grands Européens que furent Willy Brandt, Charles De Gaulle, Robert Schuman, et beaucoup d’autres ont conçu une Europe post-nationale en ne perdant jamais de vue le précédent cataclysmique.
Pour eux, qui furent des témoins éclairés de cette guerre, la Shoah est une atteinte à l'Humanité, rien de moins. Mais cette vision est en train de disparaître. On a cru qu’après Auschwitz, Dachau, Bergen-Belsen, et les autres, notre « civilisation » était guérie de ses pires maux : le nationalisme identitaire et l’übermenschitude. On découvre aujourd’hui qu’au contraire, l’Occident n’en était que convalescent, et que l’oubli frappe à nos portes. Il n’y a donc qu’une solution: être obsédé par la Shoah. La sacraliser. On est dans une ère postmythologique, et la Shoah est une valeur qui n’a rien de mythologique: c’est réellement arrivé, et la dimension était réellement universelle. À cela, la Flandre flamingante répond en sacralisant Joe English, un jeune peintre très doué mort d’une appendicite mal soignée comme des dizaines de milliers d’autres soldats sur tous les fronts ! Or, les vraies victimes de l’Yser, ce sont les soldats anglais qui ont été massacrée (jusqu’à un soldat sur deux mort en Flandre dans certains bataillons, contre un sur 50 dans l’armée belge, Flamands comme Wallons ! — oui: j’en parle dans Walen Buiten !) Le nationalisme pousse à ce genre d’excès. L’humanisme de la Mémoire refuse de faire la différence entre Joe English, Aimé Fievez ou n’importe quel autre soldat. Le héros absolu, c’est le soldat inconnu, la somme de toute l’humanité ensevelie sous les bombes ou rien du tout.
Vous dites que cette valeur de la Mémoire n’a pas court en Flandre?
Pour eux, qui furent des témoins éclairés de cette guerre, la Shoah est une atteinte à l'Humanité, rien de moins. Mais cette vision est en train de disparaître. On a cru qu’après Auschwitz, Dachau, Bergen-Belsen, et les autres, notre « civilisation » était guérie de ses pires maux : le nationalisme identitaire et l’übermenschitude. On découvre aujourd’hui qu’au contraire, l’Occident n’en était que convalescent, et que l’oubli frappe à nos portes. Il n’y a donc qu’une solution: être obsédé par la Shoah. La sacraliser. On est dans une ère postmythologique, et la Shoah est une valeur qui n’a rien de mythologique: c’est réellement arrivé, et la dimension était réellement universelle. À cela, la Flandre flamingante répond en sacralisant Joe English, un jeune peintre très doué mort d’une appendicite mal soignée comme des dizaines de milliers d’autres soldats sur tous les fronts ! Or, les vraies victimes de l’Yser, ce sont les soldats anglais qui ont été massacrée (jusqu’à un soldat sur deux mort en Flandre dans certains bataillons, contre un sur 50 dans l’armée belge, Flamands comme Wallons ! — oui: j’en parle dans Walen Buiten !) Le nationalisme pousse à ce genre d’excès. L’humanisme de la Mémoire refuse de faire la différence entre Joe English, Aimé Fievez ou n’importe quel autre soldat. Le héros absolu, c’est le soldat inconnu, la somme de toute l’humanité ensevelie sous les bombes ou rien du tout.
Vous dites que cette valeur de la Mémoire n’a pas court en Flandre?
Si, elle a court, mais institutionnellement, le discours est à l’opposé. On considère le nationalisme et les mouvements identitaires comme des « solutions inoffensives ». Le nationalisme de De Wever paraît sans danger aux gens de la rue, mais c’est un effet pervers dans le sens où il ouvre une voie royale au racisme affirmé de Dewinter, qui parle pour sa part de guerre, de guerriers et appelle à la bataille contre l’Islam dans les mêmes termes que Staf De Clercq, le Degrelle flamand, appelait à l’élimination des Juifs en 1941, en expliquant que la culture juive était conçue pour éliminer la culture occidentale ! C’est exactement ce que Dewinter reproche à la « culture musulmane » ! Il y a une sorte d’accélération aujourd’hui, parce que les derniers témoins commencent à disparaître. Et je vois de plus en plus d’exemples de rejet de la culture de la Mémoire.
Par exemple?
Par exemple?
Par exemple, je découvre avec beaucoup d’amertume la facilité avec laquelle le discours de Verhofstadt a été rejeté par la NVA et même le CD&V, et d’autre part en France par un Kouchner dont on pourrait penser que l’expérience au Kosovo lui fût plus instructive que ça! Or, la Mémoire est une valeur qui mérite largement qu’on monte aux barricades (forcément intellectuelles), et c’est ce que vient de faire Guy Verhofstadt. Pourtant, il y a lieu d’etre très inquiet: en France, le débat sur l’identité nationale amène des municipalités à demander à des Français comment leurs parents sont devenus français avant d’autoriser l’attribution d’un nouvelle carte d’identité! C’est simple: mon grand-père, antinazi en Allemagne nazie, a dû montrer comment ses ancêtres étaient devenus allemands, et par la même occasion qu’il n’y avait pas de Juif dans son arbre ascendant. La France a dépassé la ligne rouge ! En Flandre, la cote d’alerte est aussi dépassée quand le président du parlement, Jan Peumans, qui est le « chef des représentants du peuple » peut, sans provoquer de tollé, se permettre de comparer les résistants limbourgeois à des crapules, des assassins et des lâches. Et si heureusement pour la presse flamande, Humo est encore en mesure de réagir vigoureusement, c’est parce qu’il y a encore deux résistants en vie qui peuvent répondre ! Mais dans quelques années, il ne seront plus là!
Mais pourquoi revenir avec ce thème aujourd’hui, à propos de la Flandre?
Parce que c’est elle qui y revient. Le Vlaams Belang, des mandataires de la NVA, du TAK, du Voorpost, du VVB où Bart Maddens, théoricien du gouvernement flamand, écrit régulièrement des articles, se sont retrouvés en 2004 à l’Ijzerwake pour honorer Staf De Clercq, le Pétain, le Degrelle, le Goebbels flamand. Un vrai nazi. Un antisémite patenté. Il y avait plus de 2000 personnes présentes, il y a eu des bras tendus. Ça n’a fait la une d’aucun journal flamand. Je tire la conclusion : la Flandre est un fruit pourri qui est en train d’etre bouffé par la mérule néo-nazie. En tout cas, les symboles nazis sont complètement banalisés: l’affaire de la truite de Hitler, préparée devant le nid d’aigle avec « humour », celle de la pub De Morgen/VRT où l’animateur fait le salut nazi devant le drapeau à croix gammée sans compter le film (involontairement) antisémite de « Man Bijt Hond » (à voir sur ma page YouTube). L’étonnement sincère de l’équipe de Man Bijt Hond qui n’avait même pas réalisé qu’ils produisaient un véritable pamphlet antijuif montre à quel point l’antinazisme a été négligé en Flandre au profit d’une histoire molle où le collaborateur est présenté comme une victime et le résistant comme un tueur. Aujourd’hui, c’est pire, on commence à inverser l’Histoire de la seconde guerre mondiale, à dire que finalement, les salauds, c’étaient les alliés ! C’est délirant ! C’est même dégueulasse ! Le nationalisme flamand n’arrive d’ailleurs plus à se départir des fondements du national-socialisme. Il se base, chez les extrémistes, sur une négation de la Shoah (exprimée, par exemple, par des attaques contre Anne Franck ! Vous vous rendez compte ! Qui d’autre que de nazis trouveraient nécessaire d’attaquer le Journal d’Anne Franck ! Pour les plus modérés, le nationalisme flamingant s’axe sur une relecture de la Shoah. On en parle comme d’un tremblement de terre : « C’est bien triste ce qui est arrivé à ces pauvres gens, mais la vie continue ». On se désengage de l’Histoire et on tourne définitivement la page de l’Extermination. Ce que je révèle dans mon livre, c’est comment ce transfert s’articule.
Nazie, la Flandre, alors?
Parce que c’est elle qui y revient. Le Vlaams Belang, des mandataires de la NVA, du TAK, du Voorpost, du VVB où Bart Maddens, théoricien du gouvernement flamand, écrit régulièrement des articles, se sont retrouvés en 2004 à l’Ijzerwake pour honorer Staf De Clercq, le Pétain, le Degrelle, le Goebbels flamand. Un vrai nazi. Un antisémite patenté. Il y avait plus de 2000 personnes présentes, il y a eu des bras tendus. Ça n’a fait la une d’aucun journal flamand. Je tire la conclusion : la Flandre est un fruit pourri qui est en train d’etre bouffé par la mérule néo-nazie. En tout cas, les symboles nazis sont complètement banalisés: l’affaire de la truite de Hitler, préparée devant le nid d’aigle avec « humour », celle de la pub De Morgen/VRT où l’animateur fait le salut nazi devant le drapeau à croix gammée sans compter le film (involontairement) antisémite de « Man Bijt Hond » (à voir sur ma page YouTube). L’étonnement sincère de l’équipe de Man Bijt Hond qui n’avait même pas réalisé qu’ils produisaient un véritable pamphlet antijuif montre à quel point l’antinazisme a été négligé en Flandre au profit d’une histoire molle où le collaborateur est présenté comme une victime et le résistant comme un tueur. Aujourd’hui, c’est pire, on commence à inverser l’Histoire de la seconde guerre mondiale, à dire que finalement, les salauds, c’étaient les alliés ! C’est délirant ! C’est même dégueulasse ! Le nationalisme flamand n’arrive d’ailleurs plus à se départir des fondements du national-socialisme. Il se base, chez les extrémistes, sur une négation de la Shoah (exprimée, par exemple, par des attaques contre Anne Franck ! Vous vous rendez compte ! Qui d’autre que de nazis trouveraient nécessaire d’attaquer le Journal d’Anne Franck ! Pour les plus modérés, le nationalisme flamingant s’axe sur une relecture de la Shoah. On en parle comme d’un tremblement de terre : « C’est bien triste ce qui est arrivé à ces pauvres gens, mais la vie continue ». On se désengage de l’Histoire et on tourne définitivement la page de l’Extermination. Ce que je révèle dans mon livre, c’est comment ce transfert s’articule.
Nazie, la Flandre, alors?
Non ! Pas du tout ! C’est beaucoup plus subtil que ça. Il y a une série de mouvements qui sont pour moi clairement néo-nazis, comme le Vlaams Belang, le Voorpost, d’autres qui sont clairement nostalgiques, comme le VVB, une partie de la NVA, d’autres encore qui en ont surtout tiré un enseignement nationaliste « pratique », comme le TAK qui pratique un terrorisme « pacifique » ou « ludique » (comme si empêcher un élu de parler pouvais être pacifique ou ludique !) Et puis, tous ceux qui s’accrochent de près ou de loin au wagon nationaliste flamingant, soit en prônant une plus grande efficacité des Flamands par-rapport, par exemple, aux Francophones, soit en accusant ces derniers de vouloir « envahir » la « Flandre ». Or, l’idée même qu’il existe un sol réservé aux Flamands est nazie. C’est le Blut und Bodem. Le droit du sol lié au droit du sang. Et elle infecte tous les partis. Même la femme de M. Herman Van Rompuy a tenu des discours entachés de l’idée que le Flamand est respectueux et le Francophone impoli. C’est dingue, quand même !
Vous utilisez toujours des termes virulents : racisme, nazisme, apartheid.
Vous utilisez toujours des termes virulents : racisme, nazisme, apartheid.
Mais je ne dis pas « tous les Flamands sont racistes ». Au contraire, d’ailleurs, dans l’affaire des minarets, les Wallons étaient plus opposés à la présence de minarets que les Flamands. Tout mon livre tente d’expliquer cette étrangeté. En revanche, le discours politique et médiatique est de plus en plus dangereux. Je m’intéresse à des détails révélateurs. Je ne dis pas que la Flandre est un pays de nazis, je dis que les principes que la Flandre applique en termes de droit de l’habitat, par exemple, ou de sous-nationalité à Bruxelles, sont des principes hérités du national-socialisme. Et quand les hommes politiques parlent de « sous-nationalités » à Bruxelles, ce que personne ne comprend, moi, je préfère le mot « apartheid ». Une de mes amies s’est vue refuser un appartement à Bruxelles parce qu’elle n’était pas flamande. Le CD&V bruxellois voudrait instaurer une ristourne d’impôt aux seuls Flamands de Bruxelles. Un temps, les élèves d’écoles flamandes avaient seuls droit à la gratuité des transports ! Et on parle de sous-nationalité ? Non. Soyons clair. Dans tous les pays du monde, un droit qui s’applique selon l’origine, la race, l’ethnie, la religion ou la langue de l’individu, c’est de l’apartheid, de la ségrégation, de la discrimination, bref, tout ce que l’Europe de la Mémoire réprouve, condamne, interdit.
Selon quelles normes?
Selon quelles normes?
Tout simplement les plus universelles : le droit international, les droits de l’homme, le droit européen, le droit des minoités. Rien d’autre. Rien de moins. Ce sont donc aussi mes normes, évidemment.
Ce ne sont pas celles des Flamands?
Ce ne sont pas celles des Flamands?
Dans Walen Buiten, j’explique que le gouvernement flamand, avec des socialistes, des libéraux, des sociaux-chrétiens et des nationalistes, s’est engagé à ne ratifier la Charte des minorités sous aucun prétexte ! Quant à la N-VA, les nationalistes de Bart De Wever, l’un de leurs combats est de supprimer le Centre de l’Égalité des chances qui est l’institution par excellence qui permet de traiter juridiquement les discriminations. Pourquoi vouloir supprimer la soupape antidiscrimination, si on n’a pas l’intention de discriminer ? Donc, j’affirme que non, les normes européennes ne sont plus les normes de la Flandre. Mais bien d’autres pays européens ont un problème similaire, quoique moins grave : en France, le débat sur l’identité nationale fait bouger le public. En Flandre, hormis les étudiants qui protestent contre les subsides donnés désormais par les universités de Gand et de Liège aux groupements néo-nazis de la NSV / NJSV (pour info : les jeunesses hitlériennes flamandes s’appelaient NSJV…), personne ne descend dans la rue. C’est là qu’on se ressemble. Les Bruxellois et les Wallons restent tout autant calfeutrés chez eux. C’est un pays mou, quoi !
C’est ce qui vous a motivé à écrire ce roman?
Oui. Cette absence d’intérêt pour le drame qui est peut-être en train de couver. J’ai voulu, modestement (quoique…) réveiller les consciences. J’ai fait le constat qu’il y avait un problème gravissime en m’intéressant de près à l’actualité parce qu’on m’avait proposé d’écrire des scénarios pour TV Belgiek (RTL-TVI) au moment des élections de 2007. C’est donc à cause de mon humour que je me suis retouvé les bras dans le plus sérieux des cambouis. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que l’interview d’Yves Leterme par Jean Quatremer dans Libération, en 2006, était un événement bien plus important que je ne l’avais imaginé, et n’était pas isolé. Comme je le dis dans Walen Buiten, j’ai vraiment pensé que Leterme ne serait jamais premier ministre, que les Francophones ne laisseraient jamais passer l’homme qui avait insulté leur intelligence. Le fait qu’un confédéraliste associé à des séparatistes ait pu accéder à la fonction suprême (démocratiquement parlant — le roi n’étant pas élu) montrait bien qu’on était en train de faire de la Belgique un « non-country » comme dit l’autre à juste titre, avec à l’arrivée un gouvernement fédéral dont le seul rôle est aujourd’hui de gérer la liquidation de la communauté belge et/ou de faire semblant qu’une telle chose existe encore, au profit des entités moins connues de la marque « Belgium » (Brussels, Flanders, Wallonia).
Vous avez un point de vue assez radical, non?
C’est ce qui vous a motivé à écrire ce roman?
Oui. Cette absence d’intérêt pour le drame qui est peut-être en train de couver. J’ai voulu, modestement (quoique…) réveiller les consciences. J’ai fait le constat qu’il y avait un problème gravissime en m’intéressant de près à l’actualité parce qu’on m’avait proposé d’écrire des scénarios pour TV Belgiek (RTL-TVI) au moment des élections de 2007. C’est donc à cause de mon humour que je me suis retouvé les bras dans le plus sérieux des cambouis. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que l’interview d’Yves Leterme par Jean Quatremer dans Libération, en 2006, était un événement bien plus important que je ne l’avais imaginé, et n’était pas isolé. Comme je le dis dans Walen Buiten, j’ai vraiment pensé que Leterme ne serait jamais premier ministre, que les Francophones ne laisseraient jamais passer l’homme qui avait insulté leur intelligence. Le fait qu’un confédéraliste associé à des séparatistes ait pu accéder à la fonction suprême (démocratiquement parlant — le roi n’étant pas élu) montrait bien qu’on était en train de faire de la Belgique un « non-country » comme dit l’autre à juste titre, avec à l’arrivée un gouvernement fédéral dont le seul rôle est aujourd’hui de gérer la liquidation de la communauté belge et/ou de faire semblant qu’une telle chose existe encore, au profit des entités moins connues de la marque « Belgium » (Brussels, Flanders, Wallonia).
Vous avez un point de vue assez radical, non?
Oui. Mais il n’y en a pas d’autre. Plus on avance, plus on voit que les radicaux flamands s’encouragent à ne pas reculer. Bruxelles a besoin de plus d’argent, ils ne cèdent pas. Dès qu’un socialiste, même bruxellois, arrive au gouvernement flamand, il devient un flamingant radical, et il dit des choses comme : « plus un euro flamand pour Bruxelles ! » C’est un état de guerre économique à l’intérieur d’un état. Seule la Flandre peut gagner, parce qu’elle a tous les leviers en main !
"Walen Buiten" se concentre sur la période entre les élections de 2007 et l’ultimatum du 15 juillet 2008.
"Walen Buiten" se concentre sur la période entre les élections de 2007 et l’ultimatum du 15 juillet 2008.
C’est la durée du récit. Le héros commence sa quête en 2007, quand Leterme gagne les élections. Mais la plus ancienne anecdote remonte à 64 avant J-C et la plus récente à 2009. Par contre, ce qui est fou, c’est que deux ans après l’avoir écrit (j’ai écrit sur le vif), tout est encore d’actualité ! Ça signifie que depuis juin 2007, soit bientôt trois ans, aucun, absolument aucun des problèmes soulevés à l’époque n’a commencé à se régler. Le drame, c’est que le chantage sur le financement de Bruxelles (les partis flamands veulent ne financer Bruxelles à la hauteur réelle de ses besoins que contre une réforme de l’État dont les projets existants créent un statut d’apartheid à Bruxelles !) est devenu le modus operandi officiel de la Région flamande !
La décision par la Flandre de lancer des conflits d’intérêts systématiques contre les décisions de l’État fédéral qui ne lui conviendraient pas montre que l’obsession flamande ne s’est pas du tout calmée, au contraire : officiellement, pour le gouvernement flamand, le gouvernement fédéral est à son service, et ça, je l’avais prévu ! Cette évolution s’est accompagnée d’une seconde horreur belgiquement parlant : la distribution de pratiquement la totalité des postes en contact avec l’étranger à des Néerlandophones, aux trois-quarts du CD&V, que je qualifierais de parti confédéral. Le premier ministre (CD&V), le ministre de la Défense (CD&V), le ministre des Affaires étrangères (CD&V), le Commissaire européen (OVLD) et pour couronner le tout, le président de l’UE (CD&V) sont aujourd’hui tous flamands ! S’emparer de tous les leviers de pouvoir, c’est ce que je décris dans Walen Buiten ! Pire : quand la présidence tournante de l’UE passera à la Belgique le 1er juillet 2010, l’Europe sera dirigée pendant 6 mois par deux CD&V ! Sachant que ce parti s’interdit de ratifier la charte des Minorités et refuse toute reconnaissance à la minorité francophone de Flandre, ça fait tache ! Il n’y aura pas vraiment de présidence belge de l’UE, mais il y aura une présidence flamande ! Et si vous croyez que c’est un hasard, vous êtes naïf ! Ça fait trois ans que les postes étrangers passent petit à petit à la Flandre ! La défense et le commissaire européen sont les derniers en date. Les partis francophones laissent faire de peur que l’édifice ne s’effondre, mais il s’érode aussi lentement que sûrement !
Qu’est-ce qu’on peut sauver?
La décision par la Flandre de lancer des conflits d’intérêts systématiques contre les décisions de l’État fédéral qui ne lui conviendraient pas montre que l’obsession flamande ne s’est pas du tout calmée, au contraire : officiellement, pour le gouvernement flamand, le gouvernement fédéral est à son service, et ça, je l’avais prévu ! Cette évolution s’est accompagnée d’une seconde horreur belgiquement parlant : la distribution de pratiquement la totalité des postes en contact avec l’étranger à des Néerlandophones, aux trois-quarts du CD&V, que je qualifierais de parti confédéral. Le premier ministre (CD&V), le ministre de la Défense (CD&V), le ministre des Affaires étrangères (CD&V), le Commissaire européen (OVLD) et pour couronner le tout, le président de l’UE (CD&V) sont aujourd’hui tous flamands ! S’emparer de tous les leviers de pouvoir, c’est ce que je décris dans Walen Buiten ! Pire : quand la présidence tournante de l’UE passera à la Belgique le 1er juillet 2010, l’Europe sera dirigée pendant 6 mois par deux CD&V ! Sachant que ce parti s’interdit de ratifier la charte des Minorités et refuse toute reconnaissance à la minorité francophone de Flandre, ça fait tache ! Il n’y aura pas vraiment de présidence belge de l’UE, mais il y aura une présidence flamande ! Et si vous croyez que c’est un hasard, vous êtes naïf ! Ça fait trois ans que les postes étrangers passent petit à petit à la Flandre ! La défense et le commissaire européen sont les derniers en date. Les partis francophones laissent faire de peur que l’édifice ne s’effondre, mais il s’érode aussi lentement que sûrement !
Qu’est-ce qu’on peut sauver?
Les 150 chaises du Prince Philippe. Non, sérieusement ? Rien. Face à une situation où la Flandre bloque le fonctionnement de Bruxelles (qu’elle presse comme un véritable citron dont elle tire tout le jus pour ensuite le pointer du doigt en disant : « regardez comme il est moche, ce citron ; c’est la faute aux Bruxellois, sous-entendu aux Francophones »), je me suis dit qu’il fallait que j’écrive.
Vous écriviez déjà sur le blog de Jean Quatremer?
Vous écriviez déjà sur le blog de Jean Quatremer?
Oui. C’est même Jean Quatremer qui m’a amené à écrire Walen Buiten. J’intervenais régulièrement sur son blog dès que la Belgique était évoquée, parce qu’il est arrivé, un peu comme un alien, avec une vision très claire du problème belge, sans compromis, sans fausse pudeur. Il a, à la fois, appelé un chat un chat côté flamand, et ciblé la faiblesse des réponses francophones. J’avoue que je ne comprends plus les déclarations de certains politiciens du Sud qui laissent à penser que tout va bien, alors que, par exemple, un Bruxellois francophone est incité à ne pas aller habiter dans la banlieue directe de la ville, réservée aux Flamands, ce qui bloque complètement le développement de la ville. Ça s’appelle de l‘apartheid, non ? Comment sinon ? Mais quand on prononce ce mot, beaucoup de « Francos » (comme disent les jeunes Flamands) baissent la tête en disant « il ne faut pas exagérer ». Mais si seulement on exagérait ! Pendant toute la rédaction de Walen Buiten, je me disais : ne conclus pas ceci ou cela, tu exagères. Par exemple, la scène à Ostende, où je ne trouve personne qui me refuse de parler français. Eh bien, j’avais à peine envoyé ma dernière version à mon éditeur courageux (Alain Jourdan), que quelqu’un me racontait avoir passé une mauvaise semaine à la côte belge, où dans trois magasins, on lui avait parlé uniquement en néerlandais, jusqu’à ce que la personne dise « je suis française, je ne comprends pas votre langue » Et tout à coup, les vendeurs et vendeuses devenaient parfait(e)s bilingues ! Sur la N-VA, j’étais persuadé qu’elle quitterait le CD&V et que Kris Peeters serait amené à beaucoup plus de modération. Or, le scénario actuel va plus loin que ce que je décris.J’ai à peine effleuré la discrimination linguistique. Pourtant, j’en ai fait les frais fin 2008 (mais j’avais fini le livre à cette époque) quand on m’a expliqué qu’il fallait que je dise que j’étais Flamand pour obtenir un subside pour une production quelconque. Pour en réaliser la musique. Apparemment, un seul Francophone dans un dossier de subside peut faire capoter un projet ! Apartheid, discrimination, on en est là en Belgique, le chômage à Bruxelles atteint de sommets, et ce n’est que le début. Je décris aussi un cataclysme dans la Capitale au moment de la déclaration d’indépendance flamande, mais dans mon livre, je fait décrire cette bataille par un scénariste à l’imagination un peu fertile. Le problème, c’est que plus on avance, plus je vois un mur d’incompréhension se construire entre la VRT et De Standaard en tête d’une part, et les médias francophones d’autre part.
J’ai voulu au moins que les gens soient informés correctement de ce qui était enclenché. J’ai trouvé que Bye Bye Belgium, de la RTBF, avait été très mal conçu, et ne répondait pas à la question, ni n’alertait les Belges comme il se devait (l’émission a eu toutefois le mérite de l’électrochoc). Jean et quelques autres m’ont encouragé, je l’ai fait. Je crois qu’il était temps de mettre tous les scandales institutionnels flamands dans un document et de le publier. Jourdan a eu ce courage.
Pourquoi avoir choisi un roman plutôt qu'un essai politique?
J’ai voulu au moins que les gens soient informés correctement de ce qui était enclenché. J’ai trouvé que Bye Bye Belgium, de la RTBF, avait été très mal conçu, et ne répondait pas à la question, ni n’alertait les Belges comme il se devait (l’émission a eu toutefois le mérite de l’électrochoc). Jean et quelques autres m’ont encouragé, je l’ai fait. Je crois qu’il était temps de mettre tous les scandales institutionnels flamands dans un document et de le publier. Jourdan a eu ce courage.
Pourquoi avoir choisi un roman plutôt qu'un essai politique?
Une correction, d’abord : ce n’est pas un roman. Jacques Braibant, correcteur et « editor » de Walen Buiten, a dit que c’était un « essai romancé ». J’ai commencé par écrire un essai, qui faisait la somme des excès de la Flandre nationaliste, et que je destinais aussi bien aux étrangers qu’aux Belges. Mais il y avait deux problèmes. D’abord, ma correctrice, Karine Quarant-Schmidt, a trouvé tout ça très théorique : c’est vrai qu’on n’avait pas spécialement besoin d’un livre de plus sur le sujet. Elle a compris qu’il serait plus intéressant de coller une réalité vivante à tous ces aspects juridiques et politiques, pour qu’on comprenne ce que signifie, par exemple, BHV, non pas en termes législatifs, mais en termes de « qu’est-ce que ça signifie pour le gars qui habite Linkebeek, Dworp, ou Bruxelles ». Et mon ambition était que chaque Belge, chaque expat, chaque personne intéressée en France, en Suisse, ou ailleurs (en Flandre, par exemple), puisse, sans se prendre la tête, découvrir la réalité belge actuelle, et juger du statut éventuel d’oppression de la Flandre sur la Francophonie. Je n’avais pas envie de limiter mes critiques aux faits journalistiques, mais d’inclure aussi des événements qui m’étaient arrivés, ou que des gens dignes de foi m’avaient racontés, pour tenter de dessiner une « vie plausible » d’un Belge un tant soit peu intéressé par son pays, comme moi. Karine Quarant-Schmidt m’a donc envoyé sur la piste d’une fiction qui s’intégrerait dans l’essai lui-même. Une façon d’explorer la Belgique, de mener l’enquête en live.
La seconde raison de ce choix est que quand j’ai commencé à aligner les « scandales institutionnels flamands », je me suis vite rendu compte qu’on avait l’impression que la Belgique était un état totalitaire absolument épouvantable, situé entre Munich et la Bavière, entre 1932 et 1934 (je ne vous en dis pas plus). Or, la Flandre, ce n’est pas ça du tout ! C’est pour rétablir une sorte de « vérité » que j’ai donc eu besoin de nuancer mon propos. On ne croise pas de SA à chaque coin de rue. Le côté romancé (mais pas roman pour autant) permet aussi d’exprimer plusieurs visions d’un même événement, par plusieurs personnages.
La seconde raison de ce choix est que quand j’ai commencé à aligner les « scandales institutionnels flamands », je me suis vite rendu compte qu’on avait l’impression que la Belgique était un état totalitaire absolument épouvantable, situé entre Munich et la Bavière, entre 1932 et 1934 (je ne vous en dis pas plus). Or, la Flandre, ce n’est pas ça du tout ! C’est pour rétablir une sorte de « vérité » que j’ai donc eu besoin de nuancer mon propos. On ne croise pas de SA à chaque coin de rue. Le côté romancé (mais pas roman pour autant) permet aussi d’exprimer plusieurs visions d’un même événement, par plusieurs personnages.
En réalité, il y a un troisième aspect : l’histoire du train, des flamingants devant l’église, des épisodes d’enfance et une bonne partie de l’histoire du blogueur sont autobiographiques. En fait, pratiquement tout est vrai dans cette histoire. C’est la chronologie, le liant, qui est romancé. Et enfin, dans un roman, le but est d’écrire une histoire. Dans Walen Buiten, le but de la fiction est de transmettre un sujet difficile, tortueux comme une cuillérée de sucre. On prend plaisir à lire ce qui, mis dans un simple essai, aurait été compliqué. Mais le sujet est fondamental pour les Belges, nationalistes, rattachistes, belgicains.
A l’arrivée, c’est le sujet qui m’a imposé la forme et non l’inverse. Et aussi l’objectif. Je voulais que Walen Buiten soit le livre qu’absolument tout le monde peut lire sans s’ennuyer, aussi bien l’ouvrier que le journaliste. Le premier parce que je ne l’embête pas avec des détails, des noms tarabiscotés ou du jargon alambiqué, le second parce que derrière cette semi-fiction, il y a deux ans de recherche chez les nationalistes flamands, dans les textes de loi flamands, dans les discussions du parlement flamand, et je réserve au lecteur quelques perles qui justifient d’ailleurs le sous-titre : « Révélations sur la Flandre flamingante ».
Quel regard portez-vous sur l'avenir de la Belgique?
A l’arrivée, c’est le sujet qui m’a imposé la forme et non l’inverse. Et aussi l’objectif. Je voulais que Walen Buiten soit le livre qu’absolument tout le monde peut lire sans s’ennuyer, aussi bien l’ouvrier que le journaliste. Le premier parce que je ne l’embête pas avec des détails, des noms tarabiscotés ou du jargon alambiqué, le second parce que derrière cette semi-fiction, il y a deux ans de recherche chez les nationalistes flamands, dans les textes de loi flamands, dans les discussions du parlement flamand, et je réserve au lecteur quelques perles qui justifient d’ailleurs le sous-titre : « Révélations sur la Flandre flamingante ».
Quel regard portez-vous sur l'avenir de la Belgique?
Hem hem. L’avenir, dites-vous ? (rires). Un futurologue a dit « rien n’est plus difficile que la prédiction, surtout quand il s’agit de l’avenir ». Je ne vais donc pas prendre de risques. D’abord, dans le livre même, le héros rédige donc un scénario plausible de la fin de la Belgique (à l’antépénultième chapitre) qui va à l’encontre de celui de Bye Bye Belgium, le faux journal de la RTBF qu’il trouve trop optimiste. De fait, il y a un problème avec cette émission : les journalistes qui l’ont préparée ont fait comme si la Flandre déclarait son indépendance sans Bruxelles pour capitale. Or, cette indépendance, elle ne pouvait que la voter à Bruxelles. On imagine donc les députés flamands voter leur indépendance au Parlement flamand, et puis courir vite-vite hors de la ville, qui se retrouverait tout à coup à l’étranger, avec sous les bras des milliers de dossiers ? Impossible ! Tous les discours de tous les partis indépendantistes ou confédéralistes sont très clairs: « la Flandre n’abandonnera jamais Bruxelles ». C’est au point que Jean-Marie Dedecker, pourtant indépendantiste convaincu, a renoncé à l’indépendance de la Flandre, parce que sans Bruxelles, il n’en est pas question, et avec Bruxelles, c’est la guerre civile !
Je crois que les journalistes de la RTBF ont sincèrement voulu donner un électrochoc probablement nécessaire à la population, mais vu le tollé en Flandre, s’ils avaient été au bout de leur logique, à savoir montrer ce qui se passerait à Bruxelles avec une telle déclaration d’indépendance et d’annexion, ce n’est pas un tollé qu’ils auraient eu, mais des affrontements ! Donc, ils ont dû choisir entre ne donner qu’un bout de la vérité, ou provoquer un séisme totalement incontrôlable. Ils ont choisi la première solution, parce que la deuxième était inimaginable. Mais le problème, ce n’est pas d’avoir fait le bon ou le mauvais choix, mais bien d’avoir accepté de devoir faire un tel choix. Si l’idée de jouer avec la symbolique du journal télévisé n’est pas mauvaise en soi (on ne peut pas a priori estimer que le journal est inviolable — un journal télévisé antimilosevic aurait peut-être été utile en Serbie, en 1990…), mais si on ne peut pas, pour des raisons diverses, donner une version correcte, réaliste des faits, alors l’exercice doit être abandonné. C’est ce que la rédaction de la RTBF aurait dû faire : reporter l’exercice jusqu’au jour où les circonstances auraient permis de le faire à fond. Là, les critiques potentielles sont telles que ça n’aura jamais servi qu’à décrédibiliser la RTBF dans son rôle de service public d’information, et ce n’était vraiment pas le moment : on a besoin de comprendre précisément ce qui se passe, sans communautarisme ! A la VRT, ce n’est pas mieux, dès lors que le comité de direction est nationaliste à 40% et flamingant à 60 % ! Quand il n’y a plus de service public d’information fiable (aux yeux des gens ou de la Mémoire) dans un pays, on peut parler de non-pays, non ?
Vous êtes pour ou contre la fin de la Belgique?
Je crois que les journalistes de la RTBF ont sincèrement voulu donner un électrochoc probablement nécessaire à la population, mais vu le tollé en Flandre, s’ils avaient été au bout de leur logique, à savoir montrer ce qui se passerait à Bruxelles avec une telle déclaration d’indépendance et d’annexion, ce n’est pas un tollé qu’ils auraient eu, mais des affrontements ! Donc, ils ont dû choisir entre ne donner qu’un bout de la vérité, ou provoquer un séisme totalement incontrôlable. Ils ont choisi la première solution, parce que la deuxième était inimaginable. Mais le problème, ce n’est pas d’avoir fait le bon ou le mauvais choix, mais bien d’avoir accepté de devoir faire un tel choix. Si l’idée de jouer avec la symbolique du journal télévisé n’est pas mauvaise en soi (on ne peut pas a priori estimer que le journal est inviolable — un journal télévisé antimilosevic aurait peut-être été utile en Serbie, en 1990…), mais si on ne peut pas, pour des raisons diverses, donner une version correcte, réaliste des faits, alors l’exercice doit être abandonné. C’est ce que la rédaction de la RTBF aurait dû faire : reporter l’exercice jusqu’au jour où les circonstances auraient permis de le faire à fond. Là, les critiques potentielles sont telles que ça n’aura jamais servi qu’à décrédibiliser la RTBF dans son rôle de service public d’information, et ce n’était vraiment pas le moment : on a besoin de comprendre précisément ce qui se passe, sans communautarisme ! A la VRT, ce n’est pas mieux, dès lors que le comité de direction est nationaliste à 40% et flamingant à 60 % ! Quand il n’y a plus de service public d’information fiable (aux yeux des gens ou de la Mémoire) dans un pays, on peut parler de non-pays, non ?
Vous êtes pour ou contre la fin de la Belgique?
Je n’ai pas personnellement de dogme, je ne suis ni Belgicain, ni autonomiste. Je suis juste désolé qu’au cœur de l’Europe, on ne parvienne pas à faire en microcosme ce que l’Europe tente de faire en grand : abandonner le concept de « peuple » lié au concept de « sol » qui a provoqué des dizaines de millions de morts rien qu’au siècle passé. J’agis aussi parce que je perçois une dimension dramatique.
Vous croyez qu’on arriverait à des scènes de violence, comme vous les décrivez?
Vous croyez qu’on arriverait à des scènes de violence, comme vous les décrivez?
Je ne crois pas, je le sais. Cinquante pourcent de chômage chez les jeunes dans des quartiers centraux de Bruxelles, ça mène à quoi, d’après vous ? Il y a déjà eu des émeutes, il y en aura encore, de plus en plus graves, et à chaque fois, les médias flamands rejetteront la faute sur les « 19 baronnies », les « Bruxellois », les « socialistes francophones », etc. Or, ils ont toutes les rênes en main : pratiquement tous les postes à responsabilité, police, justice, intérieur, premier ministre sont aux mains des Flamands. 70 % de la police bruxelloise est flamande (pour une population à 70 % francophone, cherchez l’erreur). Quant au gouvernement bruxellois, il est à 50% flamand (pour une population à 12 % flamande, cherchez cette autre erreur). Bruxelles est devenu le punching-ball de la Flandre. Le problème, c’est que les émeutes vont se tromper de cible ! Et le plus grave dans tout ça, c’est que quand on regarde la stratégie à long terme de l’extrême-droite flamingante, on tombe sur ceci : mettre Bruxelles à feu et à sang pour que les institutions internationales s’en aillent et que la ville, acculée, soit obligée d’accepter de devenir flamande. On peut interpréter que les faits indiquent qu’on va dans cette direction sans être totalement déraisonnable. C’est effrayant, non ?
Le rattachisme, qu’en pensez-vous?
Le rattachisme, qu’en pensez-vous?
Je n’ai pas non plus de dogme en cas de séparation du pays. Je pense que le rattachement de la Wallonie à la France est compliqué à mettre en œuvre, et je ne suis pas sûr qu’il soit opportun, mais je n’y suis pas opposé a priori, tout comme je ne suis pas opposé à l’indépendance flamande, pourvu — et j’insiste lourdement là-dessus — que les droits des minorités après ces séparations soient respectés. Je ne crois pas qu’on doit s’identifier à notre langue, le français. On pourrait aussi se rattacher au Luxembourg, avec lequel la Wallonie s’est toujours bien entendue, et concevoir un pays bilingue français-allemand, plus le Luxembourgeois. Deux grandes langues ensemble, on serait un Suisse du Nord. Mais voilà, je veux dire qu’il y a plusieurs projets possibles, et ils me semblent intéressants. Je suis très attaché à l’idée de Belgitude. Mais si ce n’est plus possible, on a un avenir passionnant à vivre, non. Pourvu, bien sûr, et c’est là le problème, qu’on ne tombe pas dans un schéma violent, comme celui que j’ai décrit en me basant sur des faits plausibles !
L’autre possibilité, est que le pays reste uni. Mais alors, sauf si les politiciens francophones montrent enfin les dents de façon cohérente, concertée, s’ils ne refusent pas un gouvernement où le CD&V est en concurrence avec lui-même, et s’ils refusent enfin les délires flamingants fermement, on est très mal barrés, et c’est ce que j’explique dans le livre. En 1985, le chômage était équivalent à Bruxelles et en Flandre. En trente ans, il a plus que triplé dans la Capitale. Un quart des entreprises bruxelloises sont allées s’installer juste à-côté, mais côté flamand. Qu’une région concurrence sa propre soi-disant capitale au point de lui sucer l’emploi montre que le modèle actuel n’est pas viable.
Vous êtes inquiet? Mais c’est surtout Bruxelles qui risque d’aller mal? Quid de la Wallonie?
L’autre possibilité, est que le pays reste uni. Mais alors, sauf si les politiciens francophones montrent enfin les dents de façon cohérente, concertée, s’ils ne refusent pas un gouvernement où le CD&V est en concurrence avec lui-même, et s’ils refusent enfin les délires flamingants fermement, on est très mal barrés, et c’est ce que j’explique dans le livre. En 1985, le chômage était équivalent à Bruxelles et en Flandre. En trente ans, il a plus que triplé dans la Capitale. Un quart des entreprises bruxelloises sont allées s’installer juste à-côté, mais côté flamand. Qu’une région concurrence sa propre soi-disant capitale au point de lui sucer l’emploi montre que le modèle actuel n’est pas viable.
Vous êtes inquiet? Mais c’est surtout Bruxelles qui risque d’aller mal? Quid de la Wallonie?
Selon Rudy Aernoudt, les vrais transferts vont de Bruxelles à la Wallonie. Casser Bruxelles, c’est casser la Flandre et la Wallonie. L’économie, c’est tout. Un pays paupérisé est un pays violent. Aujourd’hui, on pressurise Bruxelles, et les soupapes se bloquent les unes après les autres. Or, quand une citerne est pressurisée de toutes part et qu’aucune issue ne se présente, elle finit par exploser, non ?
Pour paraphraser un personnage de Walen Buiten, je finirai par : « pourvu que je me trompe ! ».
Mon livre dit aussi qu'il y a une Flandre autre, belle, vivace, attachante, mais pas nécessairement engagée politiquement, c'est cette Flandre à la tolérance naturelle, ces grandes tapes amicales dans le dos, celle du labeur, brimée par l'arrogance des nantis du XIXe et du début du XXe qui, oui, fransquillons, ont refusé de parler la langue de leur peuple, celui qui écrivait « ici notre sang, à quand nos droits » sur les tombes des soldats flamands qui, en 1917, n'avaient pas droit à leur langue sur leurs pauvres croix de bois. Cette Flandre-là, je comprends très bien sa révolte. Je comprends Daens, je suis en empathie avec les soldats à qui on disait « et pour les Flamands la même chose » en français. Je tiens à cultiver mon néerlandais, parce que c'est une langue que j'aime, et dont je suis aussi un héritier, elle fait partie de mon histoire, et elle doit continuer à vivre à Bruxelles. Mais la Flandre institutionnelle fait aujourd'hui croire aux Flamands qu'il faut se venger de « l'arrogant Francophone », et confond ses propres élites d'antan avec les Bruxellois et les Wallons, qui font ce que font tous les gens de tous les peuples : essayer de vivre. C'est parce que mon livre est antinationaliste qu'il n'est en aucun cas antiflamand ! Et d'ailleurs, tous les titres de chapitres sont bilingues, d'abord en néerlandais, et ensuite en français. C'est un signe de respect.
Pour paraphraser un personnage de Walen Buiten, je finirai par : « pourvu que je me trompe ! ».
Mon livre dit aussi qu'il y a une Flandre autre, belle, vivace, attachante, mais pas nécessairement engagée politiquement, c'est cette Flandre à la tolérance naturelle, ces grandes tapes amicales dans le dos, celle du labeur, brimée par l'arrogance des nantis du XIXe et du début du XXe qui, oui, fransquillons, ont refusé de parler la langue de leur peuple, celui qui écrivait « ici notre sang, à quand nos droits » sur les tombes des soldats flamands qui, en 1917, n'avaient pas droit à leur langue sur leurs pauvres croix de bois. Cette Flandre-là, je comprends très bien sa révolte. Je comprends Daens, je suis en empathie avec les soldats à qui on disait « et pour les Flamands la même chose » en français. Je tiens à cultiver mon néerlandais, parce que c'est une langue que j'aime, et dont je suis aussi un héritier, elle fait partie de mon histoire, et elle doit continuer à vivre à Bruxelles. Mais la Flandre institutionnelle fait aujourd'hui croire aux Flamands qu'il faut se venger de « l'arrogant Francophone », et confond ses propres élites d'antan avec les Bruxellois et les Wallons, qui font ce que font tous les gens de tous les peuples : essayer de vivre. C'est parce que mon livre est antinationaliste qu'il n'est en aucun cas antiflamand ! Et d'ailleurs, tous les titres de chapitres sont bilingues, d'abord en néerlandais, et ensuite en français. C'est un signe de respect.
15 commentaires:



"Pourvu que je me trompe" ...
Non, jamais Marcel ne s'est trompé dans ses constats. Je le redis ici, après avoir "croisé le fer" avec lui sur le blog de Quatremer. Mais je peux comprendre que cet homme paisible et sympathique ne puisse ou ne veuille tirer les conclusions de son propre récit.
Cher Marcel, je t'engage à visiter le site http://www.upbf.net/ (et spécialement l'apport de Jacques Lenain) dont j'espère qu'il puisse contribuer à ton apaisement.
Pierre dit
Remarquable interview.
Remarquable analyse.
Merci Francophone de Bruxelles.
Anonyme dit
Espérons que ce livre pourra contribuer à éveiller les consciences francophones mieux que des textes purement politiques. Il y a urgence !
Concernant la conclusion et les solutions, je rejoins Bruxellois :-)
A.N.
Anonyme dit
Marcelleke,
les flamands sont des neo-nazies ou sont-ils sympa? Tu dis les deux menneke....Et en Flandre, les francophones ont le droit de faire la politique ou pas? Ils peuvent ponter des parties etc.. donc apartheid?
Tu deconnes, comme le VB, aveugle par je ne sais pas quel frustration.
Marcel Sel dit
@Anonyme : il y a des Flamands sympa et des Flamands néo-nazis. Comme il y a des Francophones sympa et des Francophones néo-nazis. Je suis le copain des sympa, et le pas-copain des néo-nazis. La seule chose qui me dérange en Flandre, c'est que le nationalisme, insufflé par les néo-nazis, est répercuté par la presse et répandu dans la population comme si c'était une chose normale, naturelle, fondamentale, liée à l'identité flamande. Mais outre le fait que « l'identité flamande » n'existe pas, je prétends que le Flamand n'est pas plus nationaliste qu'un autre. On le rend nationaliste pour des raisons très précises provenant d'une série de partis très précis. La haine du Francophone n'est pas fortuite, elle est organisée et réfléchie, et la haine du musulman est de même nature. les outis utilisés sont les mêmes que ceux de l'antisémitisme, dont ces néo-nazis de réclamanent.
Anonyme dit
marcel
Je suis d'accord avec toi que on est pas né nationaliste, mais on le devient. juste comme aucun ket franco est né avec une attitude superieure vis-a-vis le reste de la belgique, mais il devient ainsi....
ce qui m'etonne, vraiment et serieusement, c'est que chez ''nous, les flamoush'' il y a pas mal de gens qui detestent les nationalistes, il y a pas mal de presse contre de Wever et NVa, on a un cordon sanitaire, la pluspart des intellectuesl sont contre le seperatisme, la pluspart de nos kets sont bi-lingue etc , mais tout cela ne compte pas, n'est jamais vue....
et ....chez ''vous'': c'est pour le meilleur des mondes! chaque francophone est bon homme, democrate, respectant l'autre, faisant un effort pour respecter tout le monde etc etc....Wittamer parle de ''broodjes'' et Daerden est scheilzat quand il parle flamand...
cette stigmatisation est un peu enervant. Ce qui ne legitime pas un wooncode ou n'importe quel autre mesure debile du gouvernement flamand and by the way, le ministre a annonce que elle veut revoir le wooncode....de tout cela quasi nikske dans la presse franco.
Pierre dit
@ Anonyme
Quand j'additionne les intentions de vote dans votre belle région flamande, je constate que VB + DD + NVA = environ 40%
Si je considère que certains des amis de Marino Keulen (OVLD) et de Eric Van Rompuy CD&V) sont aussi rabiques que les 40% dont je parlais tout à l'heure, j'imagine que Vlaanderen comporte une belle majorité d'électeurs souhaitant aller au crash du belgium.
Je vous engage donc à commencer dès à présent votre croisade auprès de vos compatriotes flamands et s'il s'avère, en 2011, qu'un revirement de situation politique s'objective dans votre région, je serai prêt à revoir mon opinion sur la Flandre et ses velléités séparatistes, sur son racisme, sur son apartheid.
Marcel Sel dit
@Anonyme : il ne s'agit pas de savoir ce qui se dit en Flandre dans les familles. En Flandre comme partout ailleurs, il y a des gens qui détestent le nationalisme, mais on est arrivé à un niveau incroyable : NVA+VB+LDD dépassent ensemble les 35 %. Il y a des nationalistes au CD&V, au SP-A, dans l'OVLD et à présent même chez Groen ! avec Geert Lambert. Il est donc logique que les lois votées par la Flandre et les pratiques de plusieurs localitées soient devenues injustes et oppressives. Si vous vous battiez contre le panneau « Waar Vlamingen Thuis zijn », nous serions du même bord. Si vous ne vous battez pas contre ce panneau, et que vous le trouvez normal, vous êtes du bord nationaliste, raciste, partisan d'une forme linguistique de l'apartheid.
Si vous considérez que les Francophones deviennent tous arrogants, de toutes façons, vous faites preuve du même racisme que les Francophones qui traitent les Flamands de flamins, flamoutches et autres noms d'oiseaux.
Bizarre, d'ailleurs d'arriver, dans le même commentaire à faire comme si vous étiez antiraciste, et à utiliser envers les Francophones un amalgame tout à fait classique dans l'imaginaire flamingant. Vous devriez commencer par vous soigner vous-même.
Joe Bijoba dit
Bonjour Marcel.
Je ne te connaissais pas, j'avais juste entendu citer ton nom à Votez Pour Moi, le vendredi. A la Foire du Livre, j'ai vu un bouquin, "Walen buiten", et y avait ton nom dessus. Je me suis dit (parce que des fois je me dis des trucs, faut pas faire attention, c'est pas dangereux): tiens, ça doit être marrant. Puis non, pas vraiment, j'ai lu une phrase ici, puis une phrase là. Puis je l'ai pas acheté. Pas que ce ne soit pas intéressant, non, mais ce bouquin j'aurais pu l'écrire si j'étais pas si feignant. Je vois tout comme toi. Puis là, je viens de lire l'interview. Je suis bilingue, je lis Humo, je connais les dérives du mouvement flamand dévoyé, je suis aussi sceptique sur le devenir de la Belgique, bref t'es mon jumeau de pensée.
Perso, ma première confrontation avec le "problème communautaire", c'était lors de l'affaire des "guichets de Nols". J'étais petit, je rentrais d'une virée campagnarde avec un mouvement de jeunesse, j'habitais Schaerbeek. En arrivant, je vois la maison de mes parents encore dégoulinante d'eau. Y avait aussi un bâton qui traînait devant la porte. Je le prends en main, interloqué : y a eu un incendie, c'est quoi ? Une vieille qui arrive change de trottoir. Ah zut, c'est le bâton, je le repose. Je rentre, on habite au rez-de-chaussée, ce genre de vieille maison avec une fenêtre qui donne quasiment sur le trottoir. Avenue du Diamant. Ma mère me prend dans ses bras, elle est encore un peu sous le choc, rapport à l'eau et à la fenêtre. Je pige ensuite quand elle explique. Y'a pas eu d'incendie, l'eau, elle venait des autopompes et le bâton avait échappé à la main d'un gars du TAK. Ou du VMO, p'têt. Des Anversois, la plupart, j'apprends ensuite. Normal qu'ils aient fait un détour par l'avenue du Diamant. Bon.
Du coup, ça m'a toujours un peu trotté, ce truc-là. Et puis c'est oedipien quelque part : ma mère est wallonne et mon père est flamand.
Et je suis francophone...sans avoir "une attitude supérieure le reste de la Belgique", zievereer d'Anonyme. Wesdameugelek ?
Bref, pourquoi je t'embête avec tout ça, Marcel ? Je sais pas, sans doute parce que je voulais saluer ton analyse, fine, documentée et mesurée. Enfin de ce que j'en conclus là, et...je vais l'acheter ton bouquin.
Je te tiens au courant...
;-)
Anonyme dit
je ne dis pas « tous les Flamands sont racistes ». Au contraire, d’ailleurs, dans l’affaire des minarets, les Wallons étaient plus opposés à la présence de minarets que les Flamands"...
Les wallons seraient plus racistes ?
Sacré Bruxellois va !
Stéphane dit
Quand je lis tout cela, et bien je dépite.
Je dépite parce que encore une fois, tout ce que les francophones savent faire, c'est critiquer. Et bouh bouh les méchants flamants racistes.
Le racisme est un penchant naturel humain. Il n'est pas acceptable, bien sur, et on ne dois pas l'accepter, mais il n'est jamais que le reflet d'un sentiment. Et ce sentiment il apparait lorsque deux personnalités se confronte.
Alors, arrêter de regarder les flamants, et de les critiquer de raciste. Demander vous pourquoi une population entière commence à en avoir mare de vous.
Mais regardez-vous bon sans.
Vous avez une région sinistré avec un PIB à pleurer. Mais quand on ne gagne pas beaucoup, on ne dépense pas beaucoup. On est plus strict dans ses dépenses, et on met des sous de côté pour améliorer les jours futurs.
Mais tout ce que les partit au pouvoirs savent faire en Wallonie depuis 50 ans, c'est dépenser. Il y à 50 ans, ok, notre économie était florissante en Wallonie. C'était le moment de répartir un peu pour améliorer la vie de chacun. Et ils ont fait du bon boulot. Mais maintenant que l'on à tout dépensé... il serait temps de changer de façon de faire.
Ah, ça, nos partis, ils ont la dépense facile. On se fait bien voir quand on dépense des sous pour améliorer ceci ou cela. Ce serait bien plus difficile de dire à la population, désolé, mais ça, on peut pas le faire, parce qu'on à pas les moyens. c'est comme dans une famille, on est déçu quand on à pas ce que l'on veut.
On à besoin de structure légère, qui ne coute pas chère. On a mis en place plein de chose qui coutaient cher quand on avait les sous. Et bien maintenant, il faut se dire que l'on à plus les moyens. Diminuer le coût des structures, c'est moins de politiciens, moins de fondations de toutes sorte, moins de personnel pour faire peut-être moins de chose, mais ne plus faire que le strict nécessaire. Et penser à mettre le peu de sous que l'on à dans ce qui va améliorer le travail et la rentabilité des travailleurs. Valoriser le travail. Donner envie à la population de donner le meilleur d'elle même pour remonter la pente. C'est là que les partis doivent agir.
Mais nos partis sont gangrénés. Ils sont installés depuis si longtemps qu'ils n'ont pas envie de perdre leurs avantages.
Moins on à et plus on demande. C'est normal. Mais ils faut bien penser que moins on à, et plus il faut donner de son temps et de son travail.
Il faut motiver les gens à travailler. Pas les décourager comme aujourd'hui. Aujourd'hui, si quelqu'un veut travailler plus, soit il peut tout simplement pas parce que les lois lui interdise de fait des heures, soit s'il en fait, il est tellement taxé qu'il à tout simplement pas envie d'en faire.
Il faut donner envie au gens de se dépasser, parce qu'il y on un avantage. Il faut motiver les courageux.
Il faut donner du courage au paresseux. Et les paresseux, ils sont courageux que lorsqu'ils n'ont plus d'autre choix.
Mais que font nos partit politique??? tout le contraire.
Alors, pour en revenir au sujet initial. Quand on a un voisin, qui, plutôt que de mettre des choses en place pour se sortir de la mélasse, n'arrête pas de mettre des structures de plus en plus lourde et couteuse, et ne fait rien pour en sortir, et bien on en a mare. Et c'est le cas de la flandre, et ils ont bien raison.
Alors Wallon, mettez moi tout ces politiciens dehors, on les à assez vu. Votez autrement, c'est vous qui décidez. Sinon, accepter votre situation, et arrêtez de critiquer les autres.
PS je suis wallon francophone
Anonyme dit
L'immense majorité des Flamands qui se rendent à Liège, Namur ou Charleroi s'adressent en français aux Francophones qu'ils y rencontrent; L'immense majorité des francophones qui se rendent à Anvers, Bruges ou Knokke s'adressent en français aux Flamands qu'ils y rencontrent. Si on commençait d'abord par améliorer cette situation? En empêchant, par exemple, qu'un grand nombre de francophones accomplissent un parcours scolaire sans avoir appris le moindre mot de néerlandais; ce serait un signe fort de la part des politiciens qui tiennent tellement à la Belgique!
francophonedebruxelles dit
85% des francophones des communes "à facilités" de la périphérie bruxelloise sont bilingues. On voit ce que cela leur a rapporté.
Anonyme dit
Si 85% sont bilingues, alors il n'y a plus de problèmes puisqu'ils comprennent tous les documents administratifs qui leur sont adressés.
francophonedebruxelles dit
La priorité d'une langue signifie en Flandre l'exclusion de toutes les autres. Celui qui n'est pas né flamand est discriminé, à tous les niveaux: emploi, santé, culture, etc. Le bilinguisme n'a rien arrangé, au contraire, il attise les revendications nationalistes flamandes.