La Flandre interdit la vente de maisons à des Francophones

La Flandre vient de refuser la vente de maisons à des Bruxellois francophones parce qu’ils ne présentaient pas de liens suffisants avec la commune. Ce critère a été défini dans un décret régional adopté en septembre dernier "Wonen in eigen streek" ("Habiter dans sa région") qui s'applique dans 69 communes de Flandre (La Flandre réserve les terrains et immeubles aux Flamands). La chambre flamande du Conseil d'Etat n'a pas émis d'objections contre cette atteinte à la libre circulation des personnes. La Région Flamande en déduit que le décret est conforme à l'article 23 de la Constitution. L'objectif est clair: réduire la présence de Francophones et de personnes d'origine étrangère en Région flamande. Illustrations:

  • M. et Mme Lefèvre, un couple habitant Uccle (Bruxelles) passant ses vacances à la Côte belge depuis 1975, y possède aussi un appartement, à Saint-Idesbald, depuis 2000. Leur famille s'étant agrandie, ils ont passé un compromis de vente pour une maison à Oostduinkerke, une commune flamande située à moins de 5 km de Saint-Idesbald. L'opération a été annulée par la commission d'évaluation provinciale sur base du décret flamand. "Je suis dégoûtée", a déclaré Mme Lefèvre au Soir. "Nous exigeons la restitution de l'acompte. Nous souhaitons toujours vendre notre appartement de Saint-Idesbald et envisageons de chercher une maison ailleurs à la côte, à quelques kilomètres de la frontière belge, en France" (La Libre Belgique: "La Flandre leur refuse l'achat d'une maison").

  • Jeunes parents, le couple Wilder habitent dans un appartement devenu trop exigu à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles). En octobre, ils trouvent, à 3 km de leur domicile, à Grand-Bigard (Dilbeek) la maison qui leur convient. L'offre d'achat est signée à l'agence. Début décembre, l'acheteur est informé par son notaire qu'il doit rentrer un dossier auprès de la Province, pour se conformer au décret « Wonen in eigen streek ».

    M. Wilder plaide la « légitimité » de son acquisition: "Mon employeur possède des magasins à Bruxelles, Anderlecht et Alost. Ma fonction m'amène à me déplacer régulièrement dans nos succursales. Dilbeek est idéalement placée par rapport à Bruxelles et Alost." À l'appui de sa demande, M. Wilder joint huit lettres de « recommandation », émanant d’amis et membres de la famille domiciliés à Dilbeek.

    Le 19 janvier, le verdict de la commission d'évaluation provinciale (CEP) du Brabant flamand tombe: "Pas de lien professionnel, familial, social ou économique suffisant avec la commune". L'avocat du vendeur adresse alors une plainte à la CEP. Le 11 février, le dossier de M. Wilder repasse en commission. Et, quelques jours plus tard, celle-ci confirme sa décision: l'achat est refusé. Les Wilder envisagent d'aller habiter à Braine-l'Alleud, en Région wallonne (Le Soir:"Un couple de Molenbeekois empêché d'acheter à Dilbeek").

"Dilbeek, où les Flamands sont chez eux" annonce fièrement ce panneau placé à l'entrée de la commune qui borde le flanc ouest de Bruxelles.


7 commentaires:

  1. melodius dit

    Je me demande quelle explication oiseuse les belgicains de tout poil vont encore nous inventer pour justifier ce genre de pratiques qu'il faut bien qualifier de racistes. Je suggère pour ma part qu'on adopte le même type de réglementation à Bruxelles et refuse systématiquement l'établissement d'immigrés flamands "sans lien avec la commune".


    Anonyme dit

    @Melodius:
    d'accord: pour immigrer il faut des liens avec les communes à Bruxelles.

    Non seulement pour les immigrés flamands mais pour tous les immigrés

    Les CPAS auront enfin la paix.


    melodius dit

    C'est curieux, il me semble discerner un léger accent flamand dans tes propos ??


    Jaio Furlanâr dit

    Attendez, Charles Piqué va encore piquer une fausse crise et puis se taira pour pouvoir recevoir les subides:-)


    Jean Aimarre dit

    Et bien, que les personnes francophones qui aiment aller à la Côte fassent à peine une heure de route en plus et aillent en France. On vous y parle dans votre langue, on y mange bien et le littoral n'est pas défiguré par des buildings.

    Que les communes de La Roche en Ardennes, Marche en Famenne et autres lieux un peu valonnés très appréciés des Flamands refusent la vente de terrains à des non francophones.

    Oeil pour oeil, dent pour dent... le laxisme n'a jamais été payant, la preuve !


    Jean Simon dit

    A l'exception des recours présentés par Christian Van Eycken, le silence des Francophones, tous les partis confondus dans la même pusillanimité, est assourdissant au sujet de ce décret raciste. Tous ces valeureux défenseurs de la Démocratie seraient-ils devenus sourds et aveugles?
    " J'ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre le fascisme."
    [André Malraux]


    Anonyme dit

    Un jour qu'on distribuait un toutes-boites bilingue, on s'est fait agresser par une dilbeekoise qui nous a dit que seules les publicités en flamand étaient autorisés dans la commune.Elle a déchiré nos cartes et nious les a jetées à la figure. !!