Crainhem et Linkebeek décident le rattachement à Bruxelles

Le conseil communal de la commune "à facilités" de Linkebeek, située dans la périphérie bruxelloise, a voté ce lundi 27 avril 2010 une motion demandant son rattachement à la Région bruxelloise. La commnune de Crainhem devrait voter la même motion ce mardi soir. Ces deux communes sont dirigées par des bourgmestres FDF à qui la tutelle flamande refuse la nomination (La Libre: "Crainhem et Linkebeek veulent être rattachées").

La Flandre s'est toujours opposée à la consultation des populations locales, majoritairement francophones. Au moins six communes de la périphérie bruxelloise n'avaient pas été rattachées à Bruxelles, lors de la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1963 (Explications). Ces communes ont été désignées flamandes. En échange des "facilités" linguistiques avaient été accordées aux Francophones de ces territoires.

Ces "facilités" ont été progressivement fragilisées bien qu'elles soient "bétonnées" dans la Constitution belge: mise sous tutelle flamande de l'enseignement de la communauté française, non-nomination de bourgmestres démocratiquement élus, etc. La scission unilatérale de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde, exigée par la Flandre, supprimerait aussi des droits politiques et judiciaires des Francophones.

Cette stratégie flamande s'inscrit dans leur objectif final d'annexion pure et simple d'un million de Bruxellois francophones dans un Etat flamand dont ils ne veulent pas. Des résolutions ont été votées en ce sens ce dimanche 24 avril par le mouvement flamand "avec le soutien du gouvernement flamand" (Lien). Les élus francophones ont eux préféré la voie démocratique pour exprimer le choix des populations concernées.

Voici la motion soumise au vote à Linkebeek:

"Le conseil communal de Linkebeek, en sa séance du 26 avril 2010, requiert avec insistance, sauf en cas de non-scission de l’arrondissement électoral, d’intégrer la commune de Linkebeek à la Région bilingue de Bruxelles-Capitale. Ceci afin de renforcer la place de la région centrale du pays au moment opportun et de confirmer les droits tant des néerlandophones que des francophones qui sont identiques à ce niveau. De plus, le conseil demande la ratification de la convention cadre sur la protection des minorités nationales. Ceci a pour but de protéger et de rassurer les francophones qui resteront habiter en Région flamande. Ainsi, ils garderaient leurs droits tels qu’ils étaient d’application avant la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde."

6 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Bravo à vous, chers voisins "facilités" !
    Que vos semblables vous suivent !
    Moi, Bruxellois jusqu'au bout des ongles, je serais heureux de vous savoir parmi nous, dans une région à terme unilingue francophone, mais respectueuse des minorités.


    melodius dit

    Espérons en effet que Rhode, Wemmel, Drogenbos et Wezembeek suivent et lancent ensuite des référendums.


    André dit

    Et ce soir, Crainhem fera de même. Je reste à l'écoute de ce que fera la bourgmestre CDH de Rhode-Saint-Genèse, Myriam Delacroix ! ...


    Anonyme dit

    Pfft. Nous hurlons hystériquement quand les parlementaires flamands menacent de voter la scission de BHV en nous imposant ainsi leur majorité numérique nous basant sur la discrimination des minorités… Tout à coup, lorsque les francophones font la même chose dans une commune à facilités, ceci nous semble tout à fait démocratique et une confirmation de ce que la majorité a décidé. C’est beau, les principes, mais il ne faut pas uniquement les appliquer quand cela nous arrange.


    melodius dit

    Ce vote a déjà eu lieu. Ce sont les Flamands qui ont brisé le pacte des Belges et s'il a ressurgi du néant depuis, je ne m'en suis pas aperçu.

    Ce qui est en jeu maintenant, ce n'est pas la légalité belge, c'est l'avenir de la Belgique française. Et dans ce cadre, il est important de détacher autant que faire se peut les liens entre Bruxelles et la périphérie et la Flandre, du moins si nous voulons réduire au maximum les risques de nous retrouver pieds et poings liés dans l'escarcelle flamande lorsque l'état belge sombrera. Le respect sourcilleux de la légalité, c'est un souci pour ceux qui en ont les moyens.


    Anonyme dit

    @Melodius,
    Comme je disais, quand le moment est venu (« quand ça nous arrange »), les mêmes principes démocratiques, avec lesquels on accusait « les adversaires » de fascistes car ils ne les respectaient pas, sont mis de côté avec facilité. Appliqué dans ce cas des votes de Linkebeek et Crainhem, selon vous, il est justifié de mettre ces principes (ou le respect pour la légalité, comme vous dites) de côté, car apparemment le moment est venu de sauver les meubles dans ce pays. Peut-être vous avez raison, peut-être ce moment est venu, mais de grâce, cessons d’accuser les autres d’antidémocrates, pire, de fascistes, comme justification de cette politique.