Deutsche Welle: "La ségrégation s'installe en Belgique"
La Deutsche Welle ou DW, le service international de diffusion de l’Allemagne, a publié ce 16 avril 2010 un article consacré à la crise communautaire en Belgique. Vous trouverez ci-dessous la traduction de cet article.
La ségrégation s’installe en Belgique alors que la querelle linguistique s’intensifie
Une violente querelle entre les deux groupes linguistiques de la Belgique menace de s’emballer, des politiciens locaux essayant de séparer les communautés françaises et flamandes.
Dans le dernier chapitre d’une dispute bouillonnante, des Francophones ont été effectivement interdits d’acheter une propriété dans des villes flamandes.
“Je me batterai avec acharnement jusqu’à la fin”, dit Alexia Philippart de Foy dont l’offre sur une maison à Rhodes-Saint-Genèse a été repoussée par les autorités flamandes. "On ne peut pas accepter que quelqu’un qui est 100% belge soit interdit d’acheter une maison dans son propre pays”.
Les tensions sont à leurs combles alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler des plans pour réorganiser 29 communes situées autour de Bruxelles.
La zone, connue comme Bruxelles-Hal-Vilvorde, a toujours été un point sensible dans les relations depuis que la Belgique a été découpée dans la confusion le long de lignes linguistiques en 1963. Des habitants de cette zone ont de plus en plus campé sur leurs positions pour maintenir l’ « identité » de leurs propres communes, qu’ils soient Français ou Flamands.
"Invasion française"
Le pituresque, calme village de Gooik est situé à juste 20 kilomètres à l’ouest de la capitale bilingue Bruxelles, mais ses habitants de langue flamande parlent d’une « invasion » de Francophones.
“Nous voulons préserver le caractère flamand de cette jolie ville”, dit le maire de Gooik, Michel Doomst. "Nous ne voulons pas qu’il soit submergé de personnes qui parlent d’autres langues”.
Doomst, un caractère jovial, souriant, peut compter sur le soutien d’une large partie des 11 mille habitants de Gooik. Un vieil homme qui promène son chien explique: "Les Flamands se sentent comprimés ici parce de plus en plus de Francophones viennent de Bruxelles pour vivre ici. Les maisons sont moins chères et c'est plus verdoyant ici".
Une femme le dit en des termes plus tranchés: "Pourquoi ils ne peuvent pas nous laisser seuls? Ils sont si impérialistes, imposant leur langue française partout. Mais c’est une zone flamande qui devrait rester flamande".
Armes de dissuasion
Le maire Doomst a maintenant pris choses en main et a imposé son propre mécanisme informel pour dissuader les Francophones d’emménager.
“Nous avons un système d’incitants afin de donner la priorité aux personnes qui ont un lien clair avec cette commune”, dit-il. "Et oui, cela signifie des personnes Flamandes".
Les habitants qui mettent leurs maisons en vente sont aussi « encouragés » à vendre à des Flamands, dit-il.
Un peu plus loin dans la commune verdoyante, flamande de Rhodes-Saint-Genèse, les armes de dissuasion sont plus formelles. Les autorités ont imposé un décret appelé « Vivre dans sa propre région » qui établit des conditions claires pour les candidats acheteurs.
"Le décret dit qu’on ne peut acheter une maison à moins que l’on ait habité ou travaillé dans cette commune pendant six années ou que l’on a un lien clair avec elle", déclare Philippart de Foy, une femme d’affaires dans la trentaine. "Je travaille dans tout le pays mais j’ai habité ici pendant deux années avec mon conjoint, qui travaille aussi ici. Et notre fille est incrite à l’école ici. Mais ce n’est pas assez pour eux".
Il semble qu’il y ait peu d’espoir de résoudre le problème. Les 11 millions de personnes en Belgique ont d’une certaine façon appris à vivre avec ce fort courant de tensions politiques qui ont presque fait éclater la Belgique il y a trois ans.
Reprenant un sentiment partagé, un Francophone hausse les épaules et dit: "La plupart d'entre nous parvient encore à s'entendre. Mais il est très triste que les politiciens l'ont laissé aller si loin. Quelle est la chance de créer une Europe unie quand nous ne parvenons même pas à nous entendre en Belgique."
La ségrégation s’installe en Belgique alors que la querelle linguistique s’intensifie
Une violente querelle entre les deux groupes linguistiques de la Belgique menace de s’emballer, des politiciens locaux essayant de séparer les communautés françaises et flamandes.
Dans le dernier chapitre d’une dispute bouillonnante, des Francophones ont été effectivement interdits d’acheter une propriété dans des villes flamandes.
“Je me batterai avec acharnement jusqu’à la fin”, dit Alexia Philippart de Foy dont l’offre sur une maison à Rhodes-Saint-Genèse a été repoussée par les autorités flamandes. "On ne peut pas accepter que quelqu’un qui est 100% belge soit interdit d’acheter une maison dans son propre pays”.
Les tensions sont à leurs combles alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler des plans pour réorganiser 29 communes situées autour de Bruxelles.
La zone, connue comme Bruxelles-Hal-Vilvorde, a toujours été un point sensible dans les relations depuis que la Belgique a été découpée dans la confusion le long de lignes linguistiques en 1963. Des habitants de cette zone ont de plus en plus campé sur leurs positions pour maintenir l’ « identité » de leurs propres communes, qu’ils soient Français ou Flamands.
"Invasion française"
Le pituresque, calme village de Gooik est situé à juste 20 kilomètres à l’ouest de la capitale bilingue Bruxelles, mais ses habitants de langue flamande parlent d’une « invasion » de Francophones.
“Nous voulons préserver le caractère flamand de cette jolie ville”, dit le maire de Gooik, Michel Doomst. "Nous ne voulons pas qu’il soit submergé de personnes qui parlent d’autres langues”.
Doomst, un caractère jovial, souriant, peut compter sur le soutien d’une large partie des 11 mille habitants de Gooik. Un vieil homme qui promène son chien explique: "Les Flamands se sentent comprimés ici parce de plus en plus de Francophones viennent de Bruxelles pour vivre ici. Les maisons sont moins chères et c'est plus verdoyant ici".
Une femme le dit en des termes plus tranchés: "Pourquoi ils ne peuvent pas nous laisser seuls? Ils sont si impérialistes, imposant leur langue française partout. Mais c’est une zone flamande qui devrait rester flamande".
Armes de dissuasion
Le maire Doomst a maintenant pris choses en main et a imposé son propre mécanisme informel pour dissuader les Francophones d’emménager.
“Nous avons un système d’incitants afin de donner la priorité aux personnes qui ont un lien clair avec cette commune”, dit-il. "Et oui, cela signifie des personnes Flamandes".
Les habitants qui mettent leurs maisons en vente sont aussi « encouragés » à vendre à des Flamands, dit-il.
Un peu plus loin dans la commune verdoyante, flamande de Rhodes-Saint-Genèse, les armes de dissuasion sont plus formelles. Les autorités ont imposé un décret appelé « Vivre dans sa propre région » qui établit des conditions claires pour les candidats acheteurs.
"Le décret dit qu’on ne peut acheter une maison à moins que l’on ait habité ou travaillé dans cette commune pendant six années ou que l’on a un lien clair avec elle", déclare Philippart de Foy, une femme d’affaires dans la trentaine. "Je travaille dans tout le pays mais j’ai habité ici pendant deux années avec mon conjoint, qui travaille aussi ici. Et notre fille est incrite à l’école ici. Mais ce n’est pas assez pour eux".
Il semble qu’il y ait peu d’espoir de résoudre le problème. Les 11 millions de personnes en Belgique ont d’une certaine façon appris à vivre avec ce fort courant de tensions politiques qui ont presque fait éclater la Belgique il y a trois ans.
Reprenant un sentiment partagé, un Francophone hausse les épaules et dit: "La plupart d'entre nous parvient encore à s'entendre. Mais il est très triste que les politiciens l'ont laissé aller si loin. Quelle est la chance de créer une Europe unie quand nous ne parvenons même pas à nous entendre en Belgique."
0 commentaires:

