La Belgique vue par "The Economist"
Le très sérieux hebdomadaire britannique "The Economist" (droite libérale) a publié dans son dernier numéro du 29 avril 2010 un article intitulé "Redessiner la carte, la carte européenne est dépassée et illogique. Voici à quoi elle devrait ressembler" (Lien). Imaginons que l'on puisse déplacer les pays, écrit "The Economist". On obtiendrait une carte de l'Europe beaucoup plus logique.
Plusieurs pays ont été déplacés souvent pour des raisons de politique étrangère ou économiques. Ainsi la Grande-Bretagne est déplacée dans le sud de l'Europe en raison de son endettement massif. La Suisse est placée à côté de la Norvège en raison de son opposition à l'euro. L'hebdomaire précise "L'Allemage peut rester où elle est, comme la France". Ces deux pays sont considérés comme très stables à tous les niveaux.
La Belgique et la République Tchèque ont échangé leur place. "The Economist" justifie: "Les querelles linguistiques incompréhensibles Flamands-Français (qui viennent de faire tomber un gouvernement) font penser à ce qu'il y a de pire en Europe centrale, en particulier les absurdités de la Slovaquie pour sa minorité ethnique hongroise. La Belgique devrait donc échanger sa place avec la République Tchèque".
L'analogie est faite: la Belgique poursuit une politique xénophobe de discriminations contre sa minorité française, à l'instar de la Slovaquie avec sa minorité hongroise au sud (lire aussi: Le Monde: "La Slovaquie provoque les Hongrois en interdisant les langues minoritaires"; et Le Courrier International: "Hongrie-Slovaquie: "Bien plus qu’une querelle linguistique"). The Economist ne parle pas de la Flandre: la Belgique est flamande.
En septembre 2007, "The Economist" titrait "Belgium should split" ("La Belgique devrait se scinder"): "Parfois il est bon qu'un pays reconnaise que son boulot est fait", en référence à la décision anglaise de créer la Belgique contre la France napoléonienne. Et d'ajouter que de la Belgique actuelle pourrait émerger facilement deux ou trois micro-Etats ou peut-être une France élargie et des Pays-Bas élargis (Lien).
En octobre 2007, The Economist avait consacré son éditorial à la dérive xénophobe et antisémite de Bart De Wever. Et d'écrire dans sa phrase introductive: "S'il y a un sujet que les nationalistes flamands détestent entendre discuté, c'est la pénible histoire de la collaboration belge pendant l'occupation nazie du pays et combien elle a été bien pire dans le nord de langue flamande que dans le sud de langue française" (Lien).
En novembre 2007, "The Economist" expliquait qu'en votant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, la majorité flamande avait brisé le "pacte belge" selon lequel les deux groupes linguistiques évitent de tenir des votes sectaires. "Une laide vérité a été exposée: la majorité flamande veut réorganiser la Belgique sans leurs compatriotes de langue française, que cela leur plaise ou pas" (Lien).
Dans son éditorial "Charlemagne" de novembre 2007, "The Economist" contestait certaines voix en Belgique qui accusent les correspondants étrangers d'exaggérer la crise politique: "Les observateurs étrangers ont le droit de sentir que ce qui passe pour de la politique quotidienne dans ce pays peut paraître étrange, vu de l'extérieur... il y a un point important et simple, pour un étranger, ces lois flamandes semblent bizarres, disproportionnées" (Lien).
Autres lectures recommandées:
"FrancophonedeBruxelles" dans le dossier du Figaro Magazine "Flamands contre Wallons - Divorce à la belge" du 30 avril 2010, par Véronique Grousset.
Un article d'Álvaro Vermoet dans le quotidien français "Le Monde", visant à expliquer aux étrangers la situation de l'Espagne et les parallélismes avec la Belgique et la situation des francophones: L'Espagne suivra-t-elle le chemin de la Belgique? par Alvaro Vermoet Hidalgo"
Un article de Georges Ugeux sur son blog "Démystifier la finance" du quotidien français "Le Monde": "La crise belge est une crise de la Flandre avec son extrême droite"
"FrancophonedeBruxelles" dans le dossier du Figaro Magazine "Flamands contre Wallons - Divorce à la belge" du 30 avril 2010, par Véronique Grousset.
Un article d'Álvaro Vermoet dans le quotidien français "Le Monde", visant à expliquer aux étrangers la situation de l'Espagne et les parallélismes avec la Belgique et la situation des francophones: L'Espagne suivra-t-elle le chemin de la Belgique? par Alvaro Vermoet Hidalgo"
Un article de Georges Ugeux sur son blog "Démystifier la finance" du quotidien français "Le Monde": "La crise belge est une crise de la Flandre avec son extrême droite"
5 commentaires:




Excellent votre billet cher ami ,avec force liens très interessants à lire
Sacrés Anglais!toujours cette extravagance et surtout cet anticonformisme qui ne veut pas avouer son nom.Remarquons qu'il s'agit bien sûr de l'Economist et pas du Daily Mail ou du Sun
Bon ce n'est pas tout,je serais très curieux de connaitre en juin les resultats en Flandre de vos elections federales et en particulier jauger le poids réel actuel du vote "d'affirmation nationale flamande".Suspense!
A +
Pierre (Wallonie) dit
Oui, j'aime assez aussi.
Si la NVA devient le premier parti belge en terme de suffrages, le roy va devoir prendre voix avec Bart De Wever et si un accord politique survient (on peut toujours imaginer), n'est-ce pas lui qui devrait être pressenti premier ministre du Belgium ?
Bon courage alors.
La fin est vraiment proche.
Thierry(France) dit
ah j'aimerais voir ça de mes yeux!BDW nommé formateur et lui -le républicain en puissance- donnant du Sire ou Monseigneur en entretiens à Laeken.En rêve!
Non,tout dependra du seul vote flamand car il y en une déja adoubée par la volaille franco (excusez moi du mot mais c'est l'image donnée ) qui ne rêve que de continuer son existence pepere-Marianne Thyssen
Alors là,c'est repartie pour un tour, et Val Duchesse et cie et Leterme en affaires courantes facile jusqu'à fin 2010
Enfin!on verra.
trotski1940 dit
Il faut tordre le cou à certain canard. La collaboration en Flandre ne fut pas pire qu'en Wallonie. L'image des Flamands collabo et des Wallons résistants, c'est de la blague.
La seule chose que l'on puisse souligner c'est le style de collaboration qui fut, peut-être, différent. Plus idéologique en Flandre, plus alimentaire en Wallonie. Et en core, cela reste à prouver. Aux cercles d'histoire locaux à faire le boulot.
Mais c'est une insulte aux résistants flamands et un trop beau cadeau aux fachos wallons que d'affirmer pareille ânerie.
Précision: je suis 100% wallon et partisan, en cas d'éclatement de la Belgique (à laquelle, je ne tiens pas plus que ça) au rattachement à la France.
Anonyme dit
@ Trotski 1940
peut-être mais aucun mouvement wallon ne commémore les collabos de 40, on n'a pas de noms de rue en l'honneur de sympathisants nazis à la Cyriel Verschave, on ne se souvient pas avec nostalgie du Verdinaso. Je pourrais vous en citer plein d'autres et je vous mets au défi d'en trouver l'équivalent au sud, même un seul!
http://blog.marcelsel.com/archive/2011/01/08/la-strategie-de-la-nva-devoilee-dans-terzake2.html