Revue de presse

Le Soir, "Bruxelles n’est pas à vendre", édito de Béatrice Delvaux, 13 août 2010: "Le nord du pays réclame depuis des mois un déplacement du centre de gravité du pays et des compétences fédérales: ils sont en passe de le décrocher. Les Francophones ont fait une énorme et très difficile part du chemin en acceptant cette réforme copernicienne. Si, par contre, l’objectif réel des Flamands est l’indépendance du pays via l’annexion de Bruxelles, il faut le dire clairement et ouvrir la négociation franche et directe de la scission du pays. Mais dans ce cas, il vaut mieux le savoir: les Francophones n’abandonneront pas Bruxelles. Par principe et par intérêt économique et culturel. Habitée à 90 % par des Francophones, Bruxelles ne deviendra jamais une ville en Flandre."

Le Soir, "Dossier: Comment les Flamands veulent assimiler Bruxelles", La rédaction, 13 août 2010 : "Autrefois quelque peu snobée par les dirigeants flamands, la capitale est aujourd'hui l'objet de toute leur attention. « La Flandre a un projet cohérent, qui vise à emporter Bruxelles en cas de scission du pays », explique un négociateur. La stratégie mise en place ? Tout d'abord, il s'agit d'isoler la capitale. C'est tout l'enjeu de la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ensuite, maintenir un sous-financement de Bruxelles. Enfin, installer la cogestion. Pour les francophones, cette négation de Bruxelles est proprement inacceptable."

La Libre Belgique, "Mais que cherche vraiment Bart De Wever ?", Francis Van de Woestyne, journaliste politique, 14 août 2010: "Bart De Wever est-il, sera-t-il un jour capable d’accepter un accord équilibré ? La question est de plus en plus pertinente au regard de l’attitude du président de parti et de ses experts. Exemple: dans le cadre de la discussion sur la responsabilisation financière des entités fédérées - un mécanisme qui prévoit des récompenses ou des sanctions si une entité ne respecte pas les balises prévues - la N-VA a proposé que la Région wallonne se fixe pour objectif la création de 300000 emplois en dix ans. Magnifique mais impossible à atteindre. Donc sanction financière pour la Région wallonne. Les francophones sont persuadés qu’il ne veut donc pas seulement des compétences pour la Flandre: il veut aussi mettre Bruxelles et la Wallonie à genoux."

La Libre Belgique, "La Lettre que De Wever aurait pu écrire", opinion de Jérôme Grynpas, philosophe, 13 août 2010, "Quant à Bruxelles, notre stratégie n’a pas variée: la neutraliser, puis l’absorber. Ville administrative, ville de services, ville symbole, nous lui dénions toute réalité identitaire. Sa mise sous tutelle s’inscrit donc dans "la nature des choses". A nous de gérer intelligemment la plus-value qu’elle représente: les emplois qu’elle procure à des gens qui ne vivent pas sur son territoire, le prestige monnayable que lui vaut sa qualité-renommée de capitale de l’Europe, la diversité culturelle qui, notons-le au passage, l’empêchera d’être jamais une terre de culture française. Nous y veillerons. Tel est l’objectif actuel ... Maintenant, les "francophones" sont en état de choc, stupéfaits par notre victoire. Prions le Ciel de ne pas être, demain, confronté à des Wallons et des Bruxellois sortis de leur "stupéfaction"

Le Soir: "Le séparatisme dès maintenant ou demain ?", carte blanche de Jules Gazon, Professeur émérite, Université de Liège, 10 août 2010: "S’inscrire dans un scénario qui retarde l’issue fatale, la fin de la Belgique, alors qu’elle paraît inéluctable, sans pouvoir la contrer, est la plus coûteuse des solutions. Cependant la recherche de solutions équilibrées postule sans aucun doute le prolongement du cadre institutionnel belge pendant le temps nécessaire à la mise en place de l’alternative. Elio Di Rupo et Bart De Wever auront agi avec grandeur et courage s’ils posent, dans la clarté, les jalons d’un tel cheminement: le partage de la dette publique et un échéancier de réorganisation politique, juridique et administrative dans le cadre territorial définitif du séparatisme, qui respecte le droit des gens et le caractère francophone de Bruxelles. A défaut, ils prolongeront l’agonie coûteuse de notre pays et compromettront d’autant le bien-être des citoyens. Attendre l’indépendance de la Flandre sans préparer le devenir institutionnel de Wallonie-Bruxelles serait manquer de lucidité."

Le Soir, "Comment les Flamands veulent assimiler Bruxelles", Bernard Demonty et Véronique Lamquin, 12 août 2010: "La Flandre, aujourd’hui, ne veut plus abandonner Bruxelles. « Au contraire, elle veut la prendre », s’inquiète un négociateur francophone. « Elle a un projet cohérent, qui vise à emporter Bruxelles en cas de scission du pays », précise cet autre. La stratégie flamande, contre laquelle se battent les partis francophones, tient en trois points. Un, isoler Bruxelles. C’est l’enjeu du débat sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. Si on scinde l’arrondissement, on rompt le lien avec les francophones de la périphérie mais, surtout, on isole Bruxelles (géographiquement enclavée en Flandre). « Et on facilite son intégration dans une Flandre autonome voire indépendante. »
Deux, sous-financer Bruxelles. Bruxelles a beau être la troisième Région d’Europe en termes de PIB par habitant, elle tire le diable par la queue. La faute à une loi de financement qui ne la favorise pas et à des charges de capitale (mobilités, sécurité, propreté…) que supportent seuls ou presque les habitants de Bruxelles. D’où les demandes récurrentes de refinancement (500 millions), qui se heurtent sinon à un refus du moins à de lourdes réticences assorties de demandes de contreparties au Nord du pays. « Ce qu’ils veulent, c’est ruiner la Région, pour démontrer qu’elle n’est pas viable », dit un francophone. Ni aujourd’hui ni demain, si elle est amenée à gérer davantage de compétences.
Trois, cogérer Bruxelles. D’où la volonté, exprimée à la table d’Elio Di Rupo, de transférer aux Communautés une série de compétences. Flamands et francophones cogéreraient ainsi Bruxelles, en exerçant leurs prérogatives sur le territoire de la capitale. Une négation de Bruxelles proprement inacceptable aux yeux des francophones. « Et puis, il y a le risque que la Flandre fasse du dumping », souligne l’un d’entre eux. En clair, que le Nord offre des régimes plus favorables, auxquels un nombre croissant de citoyens se rallierait. « Et le jour où ils voudront prendre leur indépendance, ce sera l’un des arguments pour dire qu’ils emportent Bruxelles, explique cet autre. Parce que c’est cela qu’ils veulent. Toute leur attitude dans la négociation actuelle est dictée par cette volonté d’indépendance. »"

Le Vif, "Sur le fil du rasoir", éditorial de Christine Laurent, 14 août 2010: "Alors que les francophones tentent encore d'esquisser un compromis pour sauver quelques lambeaux de l'Etat fédéral, les Flamands, eux, ont déjà les yeux braqués sur l'après, l'étape suivante, le démantèlement de la Belgique. Enfin maître chez soi ! Reste à boucler une avant-dernière négociation, celle dont Di Rupo est censé dessiner les contours ces jours-ci, et qui devrait mettre d'accord provisoirement les amis-ennemis. Climat relativement serein, absence d'arrogance, pas de mots qui fâchent, de claquements de porte, la Belgique part en capilotade, mais sans faire de bruit. « Un pays sur le fil du rasoir », selon l'expression du politologue Pierre Vercauteren."

Le Soir, "Sécurité sociale, justice, formation: partout ils butent sur Bruxelles", Véronique Lamquin, 12 août 2010: "La N-VA et le CD&V souhaitent transférer à la Flandre et à la Communauté française le régime des allocations familiales et le système des soins de santé. Voilà qui contraindrait les Bruxellois à se déclarer officiellement francophone ou néerlandophone. On créerait ainsi des sous-nationalités dans la capitale. En clair, les Bruxellois ne seraient plus égaux. Pour toucher leurs allocations familiales, les parents devraient opter pour une mutuelle francophone ou flamande. Même chose en matière de soins de santé : les patients devraient opter pour le régime flamand ou francophone (avec les différences notamment en termes de remboursement qui en découleraient); les hôpitaux dépendraient soit du Nord soit du Sud, notamment en matière de financement."

10 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Bruxelles est une ville brabançonne située clairement en territoire séculairement "thiois" (germanique). Vu la richesse et l'esprit d'entreprise de la Flandre, les Bruxellois n'auraient-ils pas intérêts à proposer aux Flamands d'inclure Bruxelles au sein de leur République avec un statut similaire à celui de Berlin (voir Wikipedia pour ceux qui doivent rafraîchir leur mémoire). Une telle solution permettrait aux Wallons et aux Flamands de divorcer en paix et aurait l'avantage de permettre aux Bruxellois de vivre dans leur bulle sans gangrèner la vie des peuples qui entourent leur îlot de nombrilistes coloniaux et pédants.


    Arthur B. dit

    "La Richesse" de la Flandre ? c'est Bruxelles qui la tire vers le haut. Vous n'êtes pas d'ici vous :) Hélas, si les Flamands étaient digne de confiance, ce serait tout de même plus simple ;)
    S'ils tentent d'assimiler notre belle ville, nous riposterons avec force.


    gerdami dit

    Bonne initiative, cette revue de presse !


    Anonyme dit

    Jamais Bruxelles ne fera partie de la Flandre. J'ai hate de descendre dans la rue pour défoncer les institutions flamoush qui salissent ma belle ville.


    John dit

    "Jamais Bruxelles ne fera partie de la Flandre"

    C'est beau la naïvité, vous savez il ne manque qu'une seule chose pour que Bruxelles devienne à jamais flamand, c'est la scission de BHV.

    Si BHV est scindé et que Bruxelles n'est pas élargi, tout le reste ne sera qu'un détail pour faire de Bruxelles une ville unilingue flamande.
    Je suis toujours touché par l'ignorance de mes amis unilingues francophonnes de Bruxelles (étrangement les billingues sont moins naïfs), quand ils me sortent: "Mais Bruxelles ne deviendra jamais flamand, nous sommes 95%!!!"
    C'est vraiment sous-estimer les flamands, et surtout ne pas connaître les revendications du Vlaamse Volksbeweging.
    Il y a 20 ans Gand comptait 25% de francophonne et Anvers 15% de francophonnes, ces communautés ont aujourd'hui complètement disparue (les enfants se sont flamandisé, surtout suite à la stigmatisation: francophonne = immigré bourgeois consanguin trop bête pour parler NL).
    Ajouter à ceci : exclusion au droit de vote, exclusion à l'achat d'une habitation, exclusion à l'emploi pour les non-flamands, vous croyez qu'il faudra combien d'années pour chasser tous les francophonnes de Bruxelles ou assimiler leurs enfants?

    Soit tu deviens flamand et tu vis bien, soit tu restes francophonne et tu crèves de faim, sans toit, sans avenir, sans droit de vote, bref tu déménage en France ou tu meurs, mais de toutes façons tu disparaîtras.


    Johan van Bethune dit

    Bruxelles est une ville brabançone, située clairement dans une région billingue depuis le moyen-age... La tradition billingue du Brabant se retrouve également dans les nombreux doubles noms Français -néerlandais, pour même les plus petits Bleds de la région.

    Vous trouverez à Leuven , à anvers et à Gand des textes (moyen-ageux et de la renaissance) de loi, de jugement et de commerce en français. Faire de ces régions brabançonnes des régions unillingues flamand est une hérésie d'un point de vue historique. Ce n'est pas l'histoire révisioniste de l'extrême droite flamande qui changera cela.


    Yves dit

    John (15/8) vous rêvez un peu la linguistique ne dépend pas que de facteurs politiques, mais la linguistique est en quelque sorte une science : le français est une langue internationale qui même moins parlée en Belgique que le flamand (qui reste du niederdeutsch composé de plusieurs patois) y occupe un niveau nettement plus important avec l'anglais pour les relations internationales, il ne faut pas supposer que les flamingants vont réussir là où les nazis ont échoué en 1939/1945, ne pas oublier non plus la "verfransing" qui malgré des tas d'efforts contre se poursuit. Ce qui peut néanmoins se passer c'est que nous devenions des "administrativement flamands" s'exprimant en français...comme les Lillois.


    Anonyme dit

    Nous, les francophones, et moi homosexuel, ne nous verrons nous pas enlever nos droits acquis avec tant de difficultés.

    Tant qu'on y est, avec un chef de parti tel que ce porc de bart Dewever et ces idées d'extrême droite, invitons Sarkosy, Le Pen, Berlusconi... pour un festin de racisme, de repli sur soi, d'intolérance.

    Il est malheureux, scandaleux de constater que la majorité vote pour ces hommes politique aux idées rétrogrades, fascistes.

    J'espère que l'Europe aura son mot à dire pour Bruxelles et qu'elle ne laissera pas "tomber" les francophones de Bruxelles...


    melodius dit

    Le Brabant bilingue c'est terminé depuis la frontière linguistique.

    Bruxelles bilingue, c'est une méga-connerie. L'attitude des Flamands à Bruxelles est celle d'une cinquième colonne. Il suffit de voir combien d'entre eux votent pour des nationalistes durs type VB, NVA ou encore CD&V (Grauwels vaut largement De Wever, en plus antipathique). Il est suicidaire de donner à ces gens un pouvoir qui dépasse de très très très loin tout ce qu'imposent les traités internationaux en matière de protection des minorités. Si on veut tirer Bruxelles des griffes ménapiennes, il faut qu'au moins trois actions soient entreprises : l'élargissement aux communes francophones de la périphérie, la fin du statut privilégié de la minuscule minorité flamande et le départ des institutions flamandes.


    Anonyme dit

    Un autre article. À lire!