Bart De Wever: "Nazis Flamands"

Dans une chronique publiée dans le journal flamand "De Standaard" ce mardi 21 septembre 2010 ("Vlaamse Nazi's"), le président de la N-VA Bart De Wever, parle du "mythe wallon" selon lequel la collaboration serait un phénomène essentiellement flamand et estime que la Wallonie n'assume pas son passé collaborationniste, contrairement à la Flandre. Traduction libre:

"Je suis un affreux misogyne, un affreux raciste et un abominable antisémite", tonnait un Georges Rémi agacé en 1977. La colère d'Hergé était sans doute inspirée par la conscience d'avoir quelque chose à répondre à chacune de ces accusations.

Les femmes dans l'univers de Tintin ne sont là que pour faire tapisserie, exception faite de quelques personnages autoritaires, pompeux et déplaisants comme Bianca Castafiore. Sa représentation des Africains dans le Tintin au Congo d'avant-guerre était peut-être encore conforme à l'esprit colonialiste qui prévalait à la sortie de l'album.

Mais même après la guerre, dans le manifeste antiraciste que fut Coke en stock, les Africains continuaient à tourner en rond comme des nègres stupides baragouinant un babil infantile. Quant à l'antisémitisme, il était perceptible en filigrane dans l'un ou l'autre épisode. C'était même l'un des thèmes de la version originale de L'étoile mystérieuse. Tintin y prend part à une expédition à la recherche d'un météorite avec des scientifiques qui, comme par hasard, provenaient tous d'Allemagne ou de pays notoirement germanophiles. La contre-expédition américaine, dirigée par le caricatural banquier juif Blumenstein, n'était animée que par l'appât du gain et ne reculait donc pas devant l'usage de la violence ni de la félonie (dans les éditions ultérieures, l'Amérique est devenue un pays fictif tandis que Blumenstein a été rebaptisé Bohlwinkel).

Cette BD est parue pour la première fois pendant la Deuxième Guerre mondiale dans le quotidien collabo Le Soir, au service duquel travaillait alors Hergé comme assistant de rédaction. C'était un choix logique puisqu'il avait jadis été employé comme jeune reporter par Le Vingtième Siècle, un journal catholique de droite placé sous la direction du père Norbert Wallez, qui affichait publiquement ses sympathies pour le facisme. Hergé dira plus tard qu'il devait tout à Wallez. C'est par ailleurs là aussi qu'Hergé fit la connaissance d'un certain Léon Degrelle - qui prétendra injustement toute sa vie avoir servi de modèle à Tinin - à l'approche politique pour laquelle Hergé a fourni des illustrations pendant pas mal de temps. Pour Le Soir, Hergé fut un véritable don du Ciel, les aventures de Tintin étant en effet l'une des principales raisons qui faisaient vendre le journal collabo.

De toute cette partie de l'Histoire, qui ne fut tout de même pas qu'un simple détail dans la vie et l'oeuvre d'Hergé, vous n'apprendrez absolument rien en visitant le Musée Hergé à Louvain-la-Neuve. Seul un documentaire projeté en boucle laisse voir Hergé lui-même se référer brièvement à la période pendant laquelle il a suivi le soi-disant vertueux exemple du roi Léopold III en continuant à travailler pendant la guerre. Yeah right! Le fait de passer sous silence cet aspect important de la biographie du brillant artiste est bien typique du mythe wallon d'après lequel la collaboration aura surtout été le fait des Flamands alors que la Belgique francophone résistait avec bravoure.

Les recherches historiques relatives à la collaboration francophone sont demeurées jusqu'ici particulièrement sommaires. Le contraste avec la Flandre ne pourrait pas être plus manifeste. Les bibliothèques regorgent de documentation sur tout et sur tous ceux qui auraient peu ou prou avoir la collaboration. Initialement surtout du fait des personnes concernées elles-mêmes et ce pour de très bonnes raisons. Contrairement aux Belges francophones, le lien établi entre la collaboration et le Mouvement flamand empêche en Flandre de balayer sous le tapis la tentation pour l'Ordre nouveau comme s'il ne s'était agi que d'une passade éphémère. Le passé est porté par un vigoureux mouvement communautaire qui se doit d'en tenir compte. L'enquête historique approfondie, dont l'un des pionniers n'est autre que le pas toujours bienveillant Maurice De Wilde, a contribué à remplacer dans les années 80 le plaidoyer flamand par une vision objective du regrettable flirt avec l'occupant. Le réveil n'en fut que plus douloureux du fait que depuis la fin des années 60, la représentation de la Deuxième Guerre mondiale a glissé d'une lutte entre Etats-nations vers un conflit idéologique entre la démocratie et le diabolique nationa-socialisme qui fut la cause de l'Holocauste. Le fait d'avoir pu choisir le mauvais camp est devenu de la sorte deux fois plus pénible.

Et contrairement à la Wallonie, il n'existe en Flandre aucune échappatoire. Voyez ce qui arrive maintenant à un autre auteur de bandes dessinées, Willy Vandersteen. On ne peut absolument pas prêter d'idées politiques au père de Bob et Bobette, en dehors du fait désormais avéré qu'il se soit fait payer pendant la guerre pour quelques dessins particulièrement malencontreux. Ce fait pèsera pourtant lourd dans l'héritage de ce grand artiste. C'est absolument incontournable. Il y a peu, la RTBF est partie dans un reportage d'images de la tombe de mon père pour mentionner mon grand-père, autrefois membre du VNV, saisissant ce prétexte pour truffer le sujet de photos de collabos en uniforme. Des dénonciations de mon prétendu nazisme continue d'apparaître dans un certain nombre de messages injurieux émanant parfois de Flamands mais surtout de francophones. Il vaut de toute façon mieux faire toute la lumière sur le passé d'une société sans masquer la réalité plutôt que de juger en vertu d'une supériorité morale déplacée et basée sur l'ignorance collective.

Ou, comme le disait François Mitterand lorsqu'on l'a confronté à son passé dans l'administration du régime de Vichy: "on ne tourne pas le dos à ce qu'on était, on change, c'est tout"

NB. Le "Soir" "collabo" cité par Bart De Wever est un "Soir" volé, occupé de force par les Allemands et rédigé par des journalistes félons. La rédaction d'origine avait fui à l'arrivée des Allemands, refusant de collaborer, tout comme les propriétaires du titre, avec l'ennemi. Certains journalistes ont même concoté un "faux Soir", distribué à Bruxelles, contre l'occupant. Plusieurs ont été exécutés, d'autres ont été déportés.

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3 commentaires:

  1. tueursnet dit

    Bart De Wever, historien jovial et radical qui a compris la racine du mal qui ronge le plat pays… a déclaré sans mâcher ses mots : « ce qui est derrière moi, c’est mon cul » !
    Voilà un homme qui a trouvé la bonne formule pour inciter tous les Belges à aller de l’avant… c'est-à-dire dans le trou béant qui se profilait à l’horizon depuis bien longtemps.
    Ça ne nous empêche pas de nous demander avec beaucoup de courtoisie, ce que c’est qu’un trou du cul ?
    C’est un trou de souris qui laisse passer n’importe qui. Surtout ceux qui naviguent à vue dans un brouillard total où même les plus avertis ont besoin de radar pour savoir dans quelle langue il faut s’injurier.
    Ce radical flamand a bien l’intention de défoncer les vieilles cloisons.
    D’abattre ce mur inexistant. Il faut le faire. Nul n’y est encore parvenu… venir à bout du néant… qui remet chaque jour en question l’identité de tout un chacun.
    Qui sommes-nous ? Je crois que c’est le NOUS qui assomme.
    Les un saignent… les autres se font saigner et cette hémorragie ne peut plus durer.
    La Belgique comme arrière pays, ou pays de derrière va enfin prendre les devants… en succombant à ses propres blessures.
    Elle laisse à l’Europe sa science du compromis. Sa conscience du compromis…Où rien n’est jamais ni tout à fait dit, ni tout à fait défait…
    ô mollesse ! ô faiblesse ! ô petitesse ennemie !
    Dehors les faux-culs… nous autres flamands avons su avant tout le monde, que l’Europe sera un jour ou l’autre le trou du cul du monde !

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20Wever


    botteur-de-cul flamingant dit

    tueurequesss!!t'es bien placé pour savoir ce qu'est un trou-de-cul il y en 16.000.000 chez vous et votre mâître a penser est celui qui pue le plus!vous étes occuper a fanfarronner et pas vouloir partager vos billes! mais vous oubliez le temps ou les flamands étaient bien content d'avoir la wallonie avec ses méttalos et ses charbonnages pour tenir le pays droit et dans l'oppulence. Mais votre mentalité brillent a travers tes propos, tous prendre rien partager ou le faire par obligation, et on ne s'excusera pas d'être humain car tout homme qui se tient bien qu'il soit arabe turc ou flamand, a sa place parmis nous (peut-être pas flamand) mais que peut bien comprendre des gens qui fleurtent avec l'extrème droite, des Lepen et autres vecteur de violence a l'humanité? rien a part l'argent, l'argent et encore le pognon.Fanfarronner tant que vous en avez l'opportunité car si cette séparation se réalise, nous regarderons votre beau navire rempli de botte cloutés couler sous le poid de la haine que vous vouez a tous ce qui n'est pas flamand, vous étes déja la risé du monde! vous qui aspirez, dans une époque de rapprochement,a une indépendance qui vous isolera d'un monde tolérant. Et a propos de faux-cul, votre "furheur"en est quand même le roi.Bien le bonjour au futur nouveau trou-du-cul du monde.


    Anonyme dit

    I ben de vriend van piet
    Ja zeg