Marc Hooghe: "Les mauvais Flamands n'existent pas"

Le journal flamand De Standaard a publié ce jeudi 15 octobre une carte blanche de Marc Hooghe, professeur en sciences politiques à l'université de Leuven (KUL). Celui-ci estime que la forte pression morale qu'exerce la N-VA pour serrer les rangs flamands est inacceptable d'un point de vue éthique. Parce que ce "radicalisme nationaliste" nie le droit aux opposants politiques d'avoir leur propre identité: "Slechte Vlamingen bestaan niet" (Lien). Ci-dessous la traduction libre:

Les mauvais Flamands n’existent pas

Une attention trop forte sur les différences entre les néerlandophones et les francophones risque de nous faire oublier que l’opposition entre les radicaux et les modérés est aussi aiguë. Présenter ces derniers comme des « Mauvais Flamands » n’aide pas, prévient Marc Hooghe.

Le nationalisme est une idéologie quelque peu étrange, quand on la compare avec les autres doctrines politiques. La plupart des idéologies acceptent que les autres partis politiques aient leurs propres opinions. Wouter Beke n’attend pas de Caroline Gennez qu’elle adopte soudainement des points de vue chrétiens démocrates. Wouter Biesen n’exigera pas qu’Alexander De Croo s’incline devant les idées vertes. Le nationalisme forme une exception à cette règle, et les partis nationalistes ont une forte disposition à minimiser les oppositions au sein de leur propre communauté. Le clarificateur royal Bart De Wever a récemment tenu des propos acerbes sur le SP.a, parce que ce parti aurait brisé le front flamand en débattant avec les habitants de l’autre côté de la frontière linguistique. On peut difficilement reprocher à un parti qu’il collabore avec un autre parti qui a précisément la même idéologie.

Ailleurs, on voit dans le discours de De Wever une forte préférence pour l’homogénéité. Il prétendait parler au nom de « 80% des Flamands », malgré le fait que son parti ait obtenu tout au plus 28% des voix. Pourquoi les autres 52% n’ont-ils pas voté pour De Wever ? Et est-ce que les 20% restant sont de mauvais Flamands ?

Fausse homogénéité

Cette préférence pour l’unité est une caractéristique typique des partis nationalistes, mais il est un élément qui souvent négligé. Le nationalisme repose toujours sur deux processus complémentaires. Le premier reçoit le plus d’attention : mettre en évidence les oppositions avec un autre groupe. Mais il y a aussi un deuxième processus, qui est tout aussi nécessaire, et c’est la minimisation des oppositions au sein de sa propre communauté. Cet aspect reste dans l’ombre, parce qu'il est facilement mis sous le tapis. Personne ne veut être traité de mauvais flamand. Même les partis qui ont depuis longtemps changé d'avis sur les fameuses cinq résolutions du Parlement flamand n'osent pas l'admettre ouvertement. Ce silence devient encore plus assourdissant à mesure que la N-VA monte dans les sondages.

En raison de ce secret une fausse impression d'homogénéité se développe. En réalité, l’opinion publique flamande est naturellement tout aussi divisée que toute autre communauté. On ne pense pas tous la même chose sur la construction de viaducs ou de tunnels, ou sur la lutte contre la pauvreté. Du mouvement du Front au front de l’Yser il est encore question d’une « godsvrede » (ndlr: « paix de Dieu », une trêve), où toutes les forces flamandes mettent de côté leurs conflits internes. Depuis 1925, il ne reste pas grand chose de cette godsvrede et les accusations amères sur les collègues présidents de partis ne sont pas de nature à redonner vie à cette godsvrede.

De plus, on voit que les appels pour une nouvelle trêve fonctionnent uniquement dans un sens: ce sont les modérés qui doivent rejoindre les radicaux, et jamais l’inverse. C’est aussi un mécanisme très familier, et cela fait penser au conflit entre les radicaux et les modérés, qui a attaqué l’église réformée des Pays-Bas. Ce ne sont jamais les radicaux qui sont accusés de pousser dans l’abîme leur propre institution ou leur propre communauté en raison de leur intransigeance. Si on pense en termes de bons et de mauvais Flamands, cela ne peut mener qu’à toujours plus de radicalisation. Les virtuoses nationalistes ont totalement réussi.

Chaussettes noires

Il y a sûrement quelque chose comme une communauté culturelle flamande. Mais on y trouve d’un côté les Flamands qui fondent en larmes quand ils écoutent le Lion Flamand avec la main sur le cœur et de l’autre côté il y a ceux qui sont Flamands pour devenir plus Européen. Les chaussettes noires du mouvement flamand regardent avec mépris ceux qui veulent accepter un compromis raisonnable. Les compromis ne sont pas vraiment une sale maladie belge: le dossier sur le périphérique d’Anvers démontre parfaitement que des compromis sont conclus dans la politique flamande, juste comme dans tout autre système politique.

La forte pression morale pour serrer les rangs flamands et réduire au silence le débat interne ne sont pas uniquement contre-productifs, c’est aussi inacceptable d'un point de vue éthique de nier aux opposants politiques le droit à leur propre identité. Il est important pour tout le monde de construire son identité sur la base de l'appartenance à un groupe plus large. Un Flamand qui choisit un profil ouvert et modéré est aussi bon qu'un hypocrite nationaliste flamand. La radicalisation d'une partie du paysage politique flamand a donc deux victimes. D’une part, il y a les partis francophones, qui se préparent à se défendre contre ce qu'ils considèrent comme un diktat flamand. Mais d'autre part, il y a aussi les Flamands modérés, qui se voient soudainement collées une étrange étiquette. C'est le côté effroyable du radicalisme nationaliste: nous pourrions obtenir une Flandre plus autonome mais qui deviendra aussi à une Flandre plus pauvre à bien des égards.

9 commentaires:

  1. Anonyme dit

    En flandre te faut ne pas parlé anglais. Te faut flamand parlé. Un peut de respect pour la cultuur sil te plait. Il faut la caractère flamande préservé et arreter la tache d'uile de s'étendre... Assé de discuté, SPLIT BHV


    Georges Latour dit

    Bonjour,
    La sixième ligne et la suite du deuxième paragraphe de la traduction me font penser à la réaction des trois partis francophones (dont deux ont voté la division de la Belgique en 1962 laissant Bruxelles enfermé dans le carcan flandrien) envers le MR qui n'étant informé de rien par le soi disant front francophone s'est informé lui même auprès du président de la Haine-VA. Il n'y a donc pas que les nationalistes qui refusent l'opposition.


    Anonyme dit

    Nu alle pogingen met een informateur, een explorateur, een préformateur, een démineur en een clarificateur mislukt zijn, kan u het eens proberen met een VIBRATEUR, teneinde Milquet en Onckelinckx - en ook Di Rupo - over de streep te trekken.


    Anonyme dit

    La Flandre veut son indépendance? Mais qu'elle la prenne et qu'elle ne demande pas à Bruxelles de la suivre si ceux-ci ne sont demandeurs de rien. Comme dans toute séparation, on fera le solde des richesses accumulées pendant le mariage et on évaluera la valeur du patrimoine financé par le "couple" (port, aéroport, infrastructures, ...) puis on partagera la dette en conséquence. Les francophones ne seront alors plus obligés de connaître les dialectes de nos amis flamandophones sous peine de se faire traiter de fénéant. Bruxelles ne sera plus obligée d'avoir minimum 60% des travailleurs qui parlent le flamands (région de Bruxelles, administrations, grandes banques, compagnies d'assurance, police, sociétés de consultance, ...). Les bruxellois trouveront ainsi plus facilement du travail.
    Nous exigerons également que les sociétés de service opérant sur territoire francophone emploient des francophones. A l'heure actuelle, ceci est loin d'être le cas (aussi en raison de la composition du conseil d'administration de certaines sociétés "privée"). Personnelement, je ne pense pas que les mots "corruption", "fraude", "magouille" ne sonne pas mieux en néerlandais qu'en français et j'en ai marre de me faire dénigrer malgré ma volonté d'ouverture d'esprit vis-à-vis des flamands.
    J'ai donc décidé de boycotter TOUT les produits et services qui viennent de Flandre (agence de voyage, produits, villes, banque, assurance, électricité, ...) et d'exiger un correspondant francophone dans mes contacts en ma qualité de clients. Si comme moi, vous souhaitez savoir si une société est localisée en Flandre ou pas, vous pouvez consulter les statuts sur le site www.just.fgov.be/index_fr.htm et introduire le numéro de BCE (ou TVA précédé d'un O). Francophones soyons solidaires! Néerlandophones, si vous voulez prendre votre indépendance, on vous retient pas mais ASSUMEZ vos décisions et arrêtez de nous dénigrer et d'investir tout l'argent du fédéral principalement en Flandre. Arrêtez égelement de donner tous les emplois intéressants à des flamands car on voit bien votre petit manège qui dure depuis des années. S'enrichir en critiquant injustement les autres et en ne prouvant pas ce dont vous êtes capables. Vous avez l'opportunité de prouver ce que vous seriez capable de faire seul! Allez y, foncez!


    Anonyme dit

    La Flandre veut son indépendance? Mais qu'elle la prenne et qu'elle ne demande pas à Bruxelles de la suivre si ceux-ci ne sont demandeurs de rien. Comme dans toute séparation, on fera le solde des richesses accumulées pendant le mariage et on évaluera la valeur du patrimoine financé par le "couple" (port, aéroport, infrastructures, ...) puis on partagera la dette en conséquence. Les francophones ne seront alors plus obligés de connaître les dialectes de nos amis flamandophones sous peine de se faire traiter de fénéant. Bruxelles ne sera plus obligée d'avoir minimum 60% des travailleurs qui parlent le flamands (région de Bruxelles, administrations, grandes banques, compagnies d'assurance, police, sociétés de consultance, ...). Les bruxellois trouveront ainsi plus facilement du travail.
    Nous exigerons également que les sociétés de service opérant sur territoire francophone emploient des francophones. A l'heure actuelle, ceci est loin d'être le cas (aussi en raison de la composition du conseil d'administration de certaines sociétés "privée"). Personnelement, je ne pense pas que les mots "corruption", "fraude", "magouille" ne sonne pas mieux en néerlandais qu'en français et j'en ai marre de me faire dénigrer malgré ma volonté d'ouverture d'esprit vis-à-vis des flamands.
    J'ai donc décidé de boycotter TOUT les produits et services qui viennent de Flandre (agence de voyage, produits, villes, banque, assurance, électricité, ...) et d'exiger un correspondant francophone dans mes contacts en ma qualité de clients. Si comme moi, vous souhaitez savoir si une société est localisée en Flandre ou pas, vous pouvez consulter les statuts sur le site www.just.fgov.be/index_fr.htm et introduire le numéro de BCE (ou TVA précédé d'un O). Francophones soyons solidaires! Néerlandophones, si vous voulez prendre votre indépendance, on vous retient pas mais ASSUMEZ vos décisions et arrêtez de nous dénigrer et d'investir tout l'argent du fédéral principalement en Flandre. Arrêtez égelement de donner tous les emplois intéressants à des flamands car on voit bien votre petit manège qui dure depuis des années. S'enrichir en critiquant injustement les autres et en ne prouvant pas ce dont vous êtes capables. Vous avez l'opportunité de prouver ce que vous seriez capable de faire seul! Allez y, foncez!


    Kermit dit

    Tiens un flamand qui se préoccupe d'éthique, un espoir ?


    garibaldi bis dit

    @anonyme du 17 octobre
    Je voudrais prendre mes 5’ de mesquinerie…
    Moi aussi, dans la mesure du possible je tente de boycotter tout ce qui est cadenassé par le nord. Les gens ouverts et honnêtes qui nous voient trafiquer ce genre de boycott nous prennent pour de tous petits esprits mesquins. Moi-même, ce matin quand j’ai annulé un ordre permanent à ma banque, je me suis sentie toute petite, égoïste, pas fière du tout. Je vous raconte : il y a un an environ, je me fais arrêter par une charmante jeune fille francophone à la sortie d’un supermarché qui me demande de souscrire à une petite contribution régulière (ordre permanent mensuel) pour « Médecins sans frontière ». J’y souscris et voilà que ce matin, je me rends compte que je paie tous les mois à « Artsen zonder grenzen » ma fameuse contribution.
    Vraiment, c’est à en pleurer, dès que l’on remonte en amont, tout, tout, tout est récupéré par une firme ou institution flamande à Bruxelles. Cela me fait vraiment très peur parce que la Région bruxelloise ne fonctionne pas démocratiquement (50% - 50 % pour 95 % de population francophone) et toutes les instances et l’économie bruxelloise sont noyautées par la Flandre. Il nous faudrait des nouvelles lois électorales, il faudrait supprimer les représentations politiques non démocratiquement proportionnelles aux votes. Si nous ne faisons pas cela, c’est certain qu’un jour, même la Cour institutionnelle internationale ne nous reconnaîtra plus francophone malgré nos 95 % de population francophone, si tout est flamandisé en amont. C’est pour cela que les politiciens flamands rigolent et font tout ce qu’ils veulent.
    Quelqu’un pourrait aussi me dire où trouver une liste de « provider ? », celui qui me vend internet à Bruxelles, FRANCOPHONE. Là aussi tout a été récupéré par les Flamands. Et, si ça ne marche pas, comment se faire comprendre en français auprès des services techniques très chers à l’emploi. Mais encore une banque francophone, une firme de téléphonie ? etc.
    Et, si nous allons voir la réputation qu’on nous a faite à l’étranger. Réputation officielle, pas seulement de quelques touristes, la Belgique ou plutôt la « Belgïe » est flamande; c’est bien simple, il y a même des Wallons naïfs (je l’ai vécu !) qui s’imaginent que cela fait plaisir aux Bruxellois de nous envoyer des ouvriers flamands quand on les choisit parce que justement francophones, pour faire un travail ou sur les stands de foires , - par ex. Batibouw – où il est quasi impossible de parler français même auprès des firmes wallonnes…
    La seule force que nous ayons encore est le boycott de tous les produits et services mais il faut le faire en force et en quantité et avec une dureté de cœur sans pitié !
    Les Flamands n’arrêtent pas de nous dire : « On entend que t’es pas Flamand, t’as un accent. » Et, avec cette phrase, ils nous imposent tous leurs diktats. Eh bien ! A nous maintenant de leur dire : « On entend que vous n’êtes pas Francophone, vous avez un accent, vous faites de grosses fautes grammaticales, vous utilisez plus d’anglais que de mots français dans votre vocabulaire, etc. ».


    garibaldi bis dit

    @anonyme du 17 octobre
    Je voudrais prendre mes 5’ de mesquinerie…
    Moi aussi, dans la mesure du possible je tente de boycotter tout ce qui est cadenassé par le nord. Les gens ouverts et honnêtes qui nous voient trafiquer ce genre de boycott nous prennent pour de tous petits esprits mesquins. Moi-même, ce matin quand j’ai annulé un ordre permanent à ma banque, je me suis sentie toute petite, égoïste, pas fière du tout. Je vous raconte : il y a un an environ, je me fais arrêter par une charmante jeune fille francophone à la sortie d’un supermarché qui me demande de souscrire à une petite contribution régulière (ordre permanent mensuel) pour « Médecins sans frontière ». J’y souscris et voilà que ce matin, je me rends compte que je paie tous les mois à « Artsen zonder grenzen » ma fameuse contribution.
    Vraiment, c’est à en pleurer, dès que l’on remonte en amont, tout, tout, tout est récupéré par une firme ou institution flamande à Bruxelles. Cela me fait vraiment très peur parce que la Région bruxelloise ne fonctionne pas démocratiquement (50% - 50 % pour 95 % de population francophone) et toutes les instances et l’économie bruxelloise sont noyautées par la Flandre. Il nous faudrait des nouvelles lois électorales, il faudrait supprimer les représentations politiques non démocratiquement proportionnelles aux votes. Si nous ne faisons pas cela, c’est certain qu’un jour, même la Cour institutionnelle internationale ne nous reconnaîtra plus francophone malgré nos 95 % de population francophone, si tout est flamandisé en amont. C’est pour cela que les politiciens flamands rigolent et font tout ce qu’ils veulent.


    garibaldi bis dit

    Suite « 5 min…. »
    Quelqu’un pourrait aussi me dire où trouver une liste de « provider ? », celui qui me vend internet à Bruxelles, FRANCOPHONE. Là aussi tout a été récupéré par les Flamands. Et, si ça ne marche pas, comment se faire comprendre en français auprès des services techniques très chers à l’emploi. Mais encore une banque francophone, une firme de téléphonie ? etc.
    Et, si nous allons voir la réputation qu’on nous a faite à l’étranger. Réputation officielle, pas seulement de quelques touristes, la Belgique ou plutôt la « Belgïe » est flamande; c’est bien simple, il y a même des Wallons naïfs (je l’ai vécu !) qui s’imaginent que cela fait plaisir aux Bruxellois de nous envoyer des ouvriers flamands quand on les choisit parce que justement francophones, pour faire un travail ou sur les stands de foires , - par ex. Batibouw – où il est quasi impossible de parler français même auprès des firmes wallonnes…
    La seule force que nous ayons encore est le boycott de tous les produits et services mais il faut le faire en force et en quantité et avec une dureté de cœur sans pitié !
    Les Flamands n’arrêtent pas de nous dire : « On entend que t’es pas Flamand, t’as un accent. » Et, avec cette phrase, ils nous imposent tous leurs diktats. Eh bien ! A nous maintenant de leur dire : « On entend que vous n’êtes pas Francophone, vous avez un accent, vous faites de grosses fautes grammaticales, vous utilisez plus d’anglais que de mots français dans votre vocabulaire, etc. Au revoir et merci, je vais dépenser mes sous ailleurs."