Manifestation belgicaine: "degré zéro de la pensée politique"?

Dimanche 23 janvier 2011 aura lieu à Bruxelles la manifestation citoyenne "Shame No Government ? Great country", initiée par quatre étudiants flamands, dont Felix De Clerck, le fils du ministre (flamand) de la justice Stefaan De Clerck (CD&V). Le message qu'elle lance est simple: la demande de formation d'un gouvernement fédéral; la Belgique a pulvérisé le record d'Europe de la plus longue crise politique et est en voie de battre le record du monde, détenu par l'Irak. Vendredi à 19h, 22 mille personnes avaient indiqué sur la page Facebook de l'événement qu'ils participeraient à cette manifestation tandis que 25 mille pensaient peut-être se joindre au mouvement.

Les organisateurs écrivent dans leur message à la population: "Nous considérons que la (mauvaise) politique menée actuellement est un exemple évident du je-m'en-foutisme animant les formateurs du gouvernement ... Nous voulons un gouvernement! Un dialogue ouvert et honnête entre tous les présidents de partis, tant flamands que francophones. Et ce le plus vite possible! ... Nos voix résonnant dans les rues de notre Capitale doivent réveiller la Rue de la Loi! L'Union fait la Force! Habillez-vous de blanc, amenez votre famille, vos amis, vos voisins et tous les sympathisants et joignez-vous à notre manifestation."

Cette manifestation belgicaine a bénéficié d'une très importante campagne de propagande orchestrée par les grands médias francophones de Belgique. En 2007 déjà, 35 000 personnes, majoritairement francophones, étaient descendues dans les rues de Bruxelles, à l'initiative de la liégeoise Marie-Claire Houard et des grands groupes de presse, pour défendre l'unité de la Belgique. Ce qui n'était finalement pas grand chose par rapport aux 80.000 nationalistes flamands qui encerclent Bruxelles chaque année et pendant une journée, lors du "Gordel" ("Ceinture", qui symbolise le carcan dans lequel Bruxelles et sa périphérie est étranglé).

Pour Jean Quatremer, correspondant permanent du quotidien Libération auprès de l'UE, "le slogan laisse rêveur: « un gouvernement ». Lequel ? Mystère. N’importe quel gouvernement, même dirigé par Bart De Wever, le leader des indépendantistes de la N-VA, ferait l’affaire, semble-t-il… Et pour faire quoi? Mystère! D'ailleurs, les organisateurs ne cachent pas l'abyssale vacuité politique de leur mouvement ... C’est le degré zéro de la pensée politique, revendiqué qui plus est ... Bref, la manifestation de dimanche fait dans l’apolitisme bêtifiant, alors que l’unité du pays n’a jamais paru aussi menacée."

Bien entendu, nous souhaitons tous un gouvernement. La question est de savoir lequel et pour quoi faire? Non, il ne s'agit pas d'un "jeu", les discussions en cours, qui ont en réalité débuté en juin 2007, portent sur des enjeux fondamentaux pour notre avenir: un appauvrissement significatif de la Wallonie au profit de la Flandre (Estimations du PS, BDW, CDH, SP.a et Prof. Decoster), la suppression de droits politiques et judiciaires des francophones de la périphérie bruxelloise, et une révision du statut de Bruxelles, sous la forme d'une co-gestion renforcée par la Flandre, voire la création de sous-nationalités.

Un organisateur explique le sens de sa démarche: Shame: "Il est largement temps que je m’exprime"

La Dernière Heure, le quotidien francophone le plus lu, appelle ses lecteurs à rejoindre la grande manifestion "Shame" ("Honte").

5 commentaires:

  1. Anonyme dit

    Et que penser de la dernière proposition de loi de la N-VA, qui vise à envoyer au chômage 80%des médecins et infirmières bruxellois. Il serait grand temps aux belgicins d'ouvrir les yeux.


    garibaldi bis dit

    Pourriez-vous Frncophones de Bruxelles dater vos “billets” (surtout dans la liste de tous les billets), il est très difficile de trouver les derniers en date sauf en passant par les derniers commentaires ?


    garibaldi bis dit

    Voici le commentaire que j’ai édité à ce propos sur le forum du Soir ce matin :
    Dans tous les pays, le nationalisme est l’idéologie de l’ignorance. Il faut donc ouvrir les yeux aux nationalistes de manière concrète pour qu’ils voient le tremblement de terre qu’ils ont créés.
    Au lieu d’organiser des marches sur Bruxelles, pour quoi faire ? Organisons plutôt un grand mouvement de transhumance de la population francophone de Flandre vers Bruxelles et la Wallonie, un jour de semaine et travaillé bien entendu. Chargeons les voitures de paquets et de valises, et quittons cette Flandre qui ne veut plus de nous. Remplissons les routes de queues d’éxilés, les trains de gens chargés de valises, et qu’ils viennent tous demander asile dans nos terres d’accueil. Les camions des enterprises nationales qui veulent continuer à travailler en Belgique accompagneront le cortège.
    Enfin là, la presse aura quelque chose à montrer et à dire. La monde entier verra ce chaos devenu réél et alors enfin les nationalistes verront leur belle Flandre qui leur appartient et qu’il ne faut pas déranger ni s’y immiscer se vider de toute son énergie et sa richesse tant économique que culturelle.


    Ils comprendront alors peut-être ce à quoi ils doivent s’attendre avec le programme de BDW pour lequel ils ont voté.


    Anonyme dit

    j'en ai ras-le-bol de ces flamingants et de cette flandre qui vote a 40% nationaliste (blok, NVA, LDD)
    pourquoi pas une vraie manif pour un etat wallobrux independant ? quand bruxelles sera independant, la nva n'aura qu'a se faire brosser et le parlement flamand decamper de gre ou de force.


    francophonedebruxelles dit

    Les dates sont affichées dans le menu déroulant en haut de la page. Je vais ajouter les dates dans la liste des billets ... progressivement, en fonction de mon temps disponible. Merci.