Chaque mois de novembre, une moustache pousse sur des millions de visages à travers le monde. Non, ce n’est pas une simple mode. C’est Movember, le mouvement mondial dédié à la santé masculine. Lancé en 2003 en Australie, Movember a depuis financé plus de 1 250 programmes de recherche et de prévention. L’objectif ? Briser les tabous, informer et sauver des vies. Car les hommes vivent moins longtemps que les femmes (79 ans contre 85 ans en France) et consultent beaucoup moins. Voici 6 choses à savoir sur la santé masculine pour comprendre les enjeux et agir.
1. Les hommes meurent plus tôt et consultent moins
Premier constat, et non des moindres : les hommes ont une espérance de vie inférieure de 6 ans en moyenne à celle des femmes. Ce n’est pas une fatalité génétique. C’est surtout comportemental. Les hommes consultent 40 % moins souvent leur médecin que les femmes. Ils minimisent leurs symptômes (« ce n’est rien »), reportent les rendez-vous, et arrivent aux urgences à un stade plus avancé des maladies. Un homme sur quatre n’a pas de médecin traitant. La culture du « guerrier silencieux » tue. Movember lutte contre cette idée reçue : prendre soin de sa santé n’est pas un signe de faiblesse, mais de responsabilité.
2. Le cancer de la prostate : le plus fréquent, mais guérissable s’il est détecté tôt

Le cancer de la prostate touche un homme sur huit au cours de sa vie. C’est le cancer le plus diagnostiqué chez l’homme. La bonne nouvelle : détecté tôt, il se guérit dans 90 % des cas. La mauvaise : trop d’hommes ignorent qu’ils doivent se faire dépister.
Qui doit se faire dépister ?
À partir de 50 ans pour un homme sans facteur de risque. Dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux (père ou frère atteint) ou si vous êtes d’origine afro-caribéenne (risque plus élevé). Le dépistage est simple : une prise de sang pour doser le PSA (antigène spécifique de la prostate) et un toucher rectal (indolore, rapide, et qui sauve des vies). Movember insiste : ne laissez pas la gêne vous tuer. En savoir plus en visitant cette page.
3. Le cancer du testicule : le cancer du jeune homme
Moins connu mais tout aussi important, le cancer du testicule est le cancer le plus fréquent chez l’homme de 15 à 35 ans. Là encore, le pronostic est excellent (95 % de guérison) s’il est pris tôt. Le problème : les jeunes hommes ne se palpent pas.
L’autopalpation : un geste simple
Une fois par mois, sous la douche (l’eau chaude détend le scrotum), palpez chaque testicule entre le pouce et les doigts. Normalement, ils sont fermes mais sans nodule. Si vous sentez une petite boule dure, indolore, ou si vous notez une augmentation de volume ou une sensation de pesanteur, consultez sans attendre. Ce n’est presque jamais grave, mais si c’est un cancer, chaque semaine compte. Movember rappelle ce geste aussi simple que se laver les dents.
4. La santé mentale masculine : le tabou absolu
Les hommes meurent aussi de leur silence. En France, 80 % des suicides sont des hommes. Les hommes expriment moins leur détresse psychologique. Ils ne pleurent pas, ne se confient pas, et « serrent les dents » jusqu’à la rupture. La dépression masculine se manifeste souvent par de l’irritabilité, de l’agressivité, des conduites à risque (alcool, vitesse), un repli sur soi ou une perte d’intérêt pour ce qui faisait plaisir.
Ce que Movember propose
Le mouvement finance des groupes de parole entre hommes, des lignes d’écoute dédiées (comme le 3114, numéro national de prévention du suicide), et des programmes pour apprendre aux hommes à reconnaître leurs émotions. L’idée clé : parler ne résout pas tout, mais c’est le premier pas. Si vous allez mal, parlez à un ami, à un médecin, à un psychologue. La force, c’est aussi de savoir demander de l’aide.
5. L’activité physique et l’alimentation : les boucliers méconnus
Movember ne se limite pas au dépistage. Une grande partie de son action vise la prévention par l’hygiène de vie. Car 40 % des cancers pourraient être évités par des comportements sains.
Bouger, c’est vital
30 minutes de marche rapide par jour réduit de 30 % le risque de cancer de la prostate et de 50 % le risque de mortalité cardiovasculaire. Et ça n’a pas besoin d’être une séance de sport intense. Montez les escaliers, garez-vous plus loin, descendez un arrêt de métro avant.
Manger moins de viande rouge, plus de légumes
Les régimes riches en viande rouge et en charcuteries sont associés à un risque accru de cancer colorectal et de la prostate. Adoptez le régime méditerranéen : légumes, légumineuses, poissons gras, huile d’olive, fruits secs. Et surtout, arrêtez le tabac (un homme sur trois fume encore) et limitez l’alcool (pas plus de deux verres par jour, et pas tous les jours).
6. Les trois rendez-vous annuels que tout homme devrait prendre
Movember a popularisé l’idée des trois check-up annuels. Ce sont des gestes simples qui sauvent des vies.
Le rendez-vous chez le médecin traitant
Une fois par an, même sans symptôme. Le médecin vérifie votre pression artérielle, votre cholestérol, votre glycémie, et fait le point sur vos vaccinations (tétanos, hépatite B, papillomavirus pour les jeunes hommes). Il vous orientera vers les dépistages adaptés à votre âge.
Le rendez-vous chez le dentiste
La santé bucco-dentaire est un marqueur de santé générale. Une parodontite (infection des gencives) augmente le risque d’infarctus et de diabète. Un contrôle annuel permet de détecter aussi des cancers de la bouche (plus fréquents chez les hommes qui fument et boivent).
Le rendez-vous chez l’urologue (ou le généraliste) pour le dépistage
À partir de 50 ans, ajoutez un bilan urologique annuel : dosage du PSA, toucher rectal, et simple questionnaire sur les troubles urinaires (vous vous levez la nuit ? vous avez du mal à commencer à uriner ?). Ces symptômes peuvent révéler un adénome de la prostate (bénin mais gênant) ou un cancer.
